December 10, 2009 Musique News

Viv to kréolité

Viv to kréolité, thème proposé par Bruno Raya pour cette quatrième édition du festival Kreol, est vu et analysé par des artistes locaux. Définition floue ou incertaine… les opinions divergent. La créolité est vivante dans son langage. Les mots de Triton, Marousia Bovery et Linzy Bacbotte pour écouter la créolité au pluriel.

Une seule question a été posée aux artistes. Vivez-vous votre créolité, et comment ? Les réponses s’accordent et se désaccordent selon la mesure des propos. Comme on a affaire à des artistes, musiciens, on plonge avec confiance dans cette océan d’opinions pour mieux comprendre la créolité dans sa vaste diversité.

Culturel. D’un point de vue culturel, notre créolité se retrouve dans notre langage, mais aussi au niveau culinaire. “Tout le monde mange presque les mêmes choses. On ne va pas refuser de manger des mines parce qu’on n’est pas d’origine chinoise, ou un dholl puri parce qu’on n’est pas de culture hindoue. La cuisine mauricienne est devenue la cuisine créole. Et la gastronomie créole c’est tout cela. On vit ainsi notre créolité au niveau culinaire aussi”, souligne Eric Triton.

Confusion. L’on note aussi un problème de positionnement entre le mauricianisme et la créolité, poursuit Triton. Il y règne une certaine confusion dans l’approche et la compréhension de ce mot. “Il y a ce problème de savoir si l’on vit sa créolité ou si l’on vit le mauricianisme. Dans mon cas c’est le mauricianisme qui l’emporte. Il y a là une confusion qui perdure…” Marousia Bovery partage le même avis, à un autre niveau. “On joue sur divers tableaux quand on parle de créole ou de créolité. Et je me retrouve pas dans ce concept car il y a trop de confusion. La créolité est une définition controversable, il y a trop de manipulation autour de ça”.

Partage. Linzy Bacbotte aborde les choses de manière différente. “Ma créolité, je la vis au quotidien. A travers ma musique, je fais la promotion de la langue créole, j’anime des émissions à la radio en créole. Vivre ma créolité c’est aussi apprendre et partager avec les autres. Comme on vit dans une île multiculturelle, je vais apprendre des autres et je partage ma culture. C’est aussi ça vivre sa créolité, accepter l’autre dans sa différence mais étant consciente qu’on est Mauricien, ilois, créole”.

Et après ? Aujourd’hui, après l’esclavage, l’engagisme, le colonialisme, notre société se refait et va dans la bonne direction. On vit une époque de décolonisation qui nous amène vers le progrès, note Marousia Bovery. Et dans ce sens la créolité, tel qu’on veut la définir, ne va pas dans cette voie. La solution ? Une vraie éducation sur la créolité et un détachement total du lien entre culture et religion autour de ce mot. “Il faut définir profondément le mot pour bien en saisir le sens. Ici, il y a trop de mauvaises interprétations. Beaucoup pense que c’est une religion”, laisse entendre Eric Triton pour sa part.

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