July 16, 2009 Artists Ile Maurice

Roosta Killah l’histoire d’un rappeur mauricien

Des faubourgs de la Cité Malherbes, Curepipe, au département du 93 à Paris, Roosta Killah – Jean François Philippe – déclame son rap et parle de son vécu. Mais avec toujours dans la tête que ses racines sont mauriciennes. Intrusion dans le monde de ce poète urbain, monde aux senteurs de bitume, parfois de violence, imprégné d’un désir de poser ses textes et de tout donner pour la musique.

Il a fait la première de Daddy Mory, de Snyper, d’Old Kanry. A été présent à l’une des éditions du Festival Africolor. A été DJ pour Lordkox et DJ officiel de certains prestigieux festivals Hip Hop. On l’a retrouvé sur des compilations françaises ou encore dans des émissions radios spécialisées invité par Joey Star et autres. Décrit comme un véritable showman dégageant une énergie hors du commun, Roosta Killah est un personnage connu du rap français. Un pur produit de la rue commencée à Curepipe et qui se poursuit aujourd’hui à Paris.

C’est à l’age de 6 ans, qu’on l’a “mis dans un avion”. Turbulences, confusions, il ne se retrouvait pas dans cette jungle de béton où les rues sont froides, les gens aussi parfois. Mais Roosta est un survivant. Très vite, il apprend que survivre est la première des prérogatives, qu’il ne faut pas montrer de faiblesses et la rue devient son antre, son territoire où il fait tout pour s’imposer.

Roosta est loin des idées préconçues de rappeurs Bling Bling qui se prétendent fils de la rue et se la jouent gangsta. “La rue a été ma maison, et je n’ai pas fait qu’y traîner et y foutre le zouk, la rue, j’y ai vécue et je l’ai vécue. ” Roosta Killah est une espèce d’alliage entre les rues de Paris et l’Ile Maurice. Ce qui donne au rappeur une trempe certaine. “Certains rappeurs se contentent de faire semblant d’avoir connu la rue mais c’est faux. Moi je fais pas de rap pour les potes. Je fais du rap pour manger mais aussi pour les vrais de la rue, ceux qui y mangent, qui y vivent.”

Au cœur d’une époque. Roosta Killah a connu l’époque des batailles de gangs et de territoire. Ces mêmes conflits que certains rappeurs s’approprient aujourd’hui à des fins commerciales. C’était durant les 80’s, alors que dans certains quartiers c’était le disco, et le Mia qui faisaient rage, Roosta commence à composer les contours de son rêve de faire du rap. Personne pour lui payer à manger, pas encore de quoi lancer sa carrière, Roosta arpente les rues de Paris, défend son ” territoire ” et surtout fait la chasse aux Skinheads, ses véritables ennemis. Le Mauricien côtoie la violence de très près, l’effleure, s’y frotte parfois et en ressort; indemne? Lui seul le sait.

Qui sème le vent. Roosta se souvient de cette époque révolue. Depuis les années 80, tout s’est calmé et les gangs ont disparu de Paris. “Aujourd’hui, tout cela est fini mais si j’ai quelque chose à dire de cette expérience c’est qu’elle n’en valait pas la peine voilà.” Roosta se met donc à son véritable rêve, celui pour lequel il a tout donné; celui pour lequel il est prêt à tout. Ses expériences lui donnent de l’inspiration et ses textes. Roosta saisit toutes les occasions de se mettre au micro, fait des premières parties de concerts, de l’animation et travaille dur sur ses sons. “Aujourd’hui, je suis plus fort qu’auparavant lorsque je côtoyais toute cette violence mais qu’on vienne pas me chercher ou c’est le ko lyrical. ”

Mais s’il y a une chose sur laquelle Roosta insiste, ce sont ses origines de “l’ill Mo” comme il appelle notre chère patrie. Malgré le nombre d’années passées dans la capitale française, Roosta Killah reste Original comme a toujours refusé la nationalité française. ” Mauricen dans l’âme jusqu’à la mort ” fait il ressortir.

Le rappeur Mauricien compte aussi revenir dans l’île pour tourner des clips vidéos qui serviront pour les titres de son prochain album.

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