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L’Île Maurice, véritable brassage culturel de l’Océan indien, est le carrefour de plusieurs styles musicaux. Cependant, on ne peut pas parler de la musique traditionnelle dans ce pays, sans dire un mot sur le Sega, un genre musical fédérateur et rassembleur.

Sega et musique traditionnelle

Il n’y a pas de fête sans Sega à Maurice. Pas de soirées festives sans danser un bon Sega final, en guise de clôture.

Cette culture est ancrée dans l’ADN de la musique de notre pays depuis toujours. Du Sega typique des descendants d’esclaves au sega commercial (vente et distribution sur des supports Cd, Dvd et autres), cette musicalité a traversé les générations avec délectation, s’épanouissant naturellement donnant souffle à d’autres influences, notamment le seggae.Un mélange de Sega et de reggae.

Le Sega est la seule musique traditionnelle de Maurice, dérivée des influences africaines avec un rythme ternaire, le sega s’est  imposé comme la référence musicale de notre île.

Le Sega mauricien traditionnel est un art du spectacle emblématique de la communauté créole. Chaque soliste improvise des paroles, tandis qu’un tambour, une boîte-hochet et un triangle donnent le tempo et produisent le rythme typique. Les danseurs bougent les hanches et les mains, en faisant des petits pas pour évoluer les uns autour des autres.

Les praticiens transmettent leurs connaissances de façon aussi bien formelle qu’informelle par la participation et l’imitation. Le sega peut être dansé par tous les membres de la communauté et contribue à unifier différents groupes autour d’un patrimoine mauricien partagé.

La danse du Sega

Profondément ancré dans la culture mauricienne, la danse du sega se transmet de génération en génération, tel un héritage familial ancestral. Parents et grands-parents enseignent à danser aux enfants dès qu’ils tiennent sur leurs jambes. Il n’y a pas d’école de danse pour le sega, ce rythme est presque inné chez le mauricien. Et même si c’est la communauté dite créole qui pratique cette musique depuis toujours, elle reste une musique de toute la population.

Qu’il soit hindou, musulman, chinois ou tamoule, toutes les communautés composant la nation mauricienne dansent le Sega.

Les origines de la danse sega sont assez méconnues. D’aucuns prétendent que la musique sega trouve son origine dans la culture des esclaves arrivés d’Afrique ; or, il s’avère que le sega n’existe pas sur le continent Africain. Finalement, on s’accorde à dire qu’il s’agit d’une fusion de différentes danses, Africaines et Occidentales, qui ont permis aux communautés de se réunir, malgré leurs divergences de cultures, de langues, et parfois de religion. Le sega telle qu’on la connaît aujourd’hui est bien loin de ce qu’elle semblait être à l’époque.

On a remplacé les instruments d’origine par des instruments plus modernes comme la basse, la guitare et la batterie. Si les musiques sega sont propres à chaque île, la danse reste sensiblement la même.

Bhojpuri geetgawai

L’autre expérience du Sega avec un autre genre est le bhojpuri. Cette langue du Sud de l’Inde a connu à Maurice une dimension tropicale avec sa rencontre avec les notes du Sega. Dans un mélange de bhojpuri et de créole mauricien sur un rythme ternaire, cette sonorité a connu un moment faste à Maurice avec la formation musicale Bhojpuri Boys. Avec un savant mélange  de mélodies orientales sur le Sega, ce groupe a connu un rayonnement national et international.

Donnant à cette culture peu connue sur l’île, qu’on retrouve juste dans les gammats (veille de mariage hindou). Le bhojpuri est bien ancré dans les chansons ; que ce soit les morceaux folkloriques dits geetgawai, tels les sandhyas, jhumars, sohars, les chansons associées aux divers rites de passage, les chansons de la fête de Holi, les chansons de godna (tatouage).

Mais, c’est avec le geetgawai que cette musique s’est fait une place au soleil des tropiques, les autres styles sont surtout encore cultivés dans les villages. Des groupes continuent à promouvoir la passion et à garder vivant cette musique.

Dans ce brassage de sons et de mélodies, le Sega, avec les influences qu’il a connu est aujourd’hui le symbole d’une musique qui construit un pont entre l’Asie et l’Afrique. Une musicalité qui résonne loin de nos plages et s’épanouie au fil du temps. Son histoire est encore jeune, tout comme son pays, et grandit avec sérénité.

Instruments de musique

La ravanne, le triangle et le maravanne sont les trois instruments de base du sega. C’est de ces trois corps que le rythme ternaire explose. D’autres instruments se sont ajoutés à cette sonorité ancestrale, mais le trio reste le cœur de la musique du Sega.

Une musique qui a également évolué au fil du temps mais qui a conservé sa spécificité qui réside en « sa mélodie », comme l’expliquait Marclaine Antoine au quotidien Le Mauricien.

Oubliez les larges jupes à fleurs. Elles sont arrivées avec le Sega moderne et l’influence du secteur hôtelier. A la base du Sega, c’est ces trois s’instruments qui mènent la danse et souligne le tempo.

Les précurseurs

Quelques précurseurs de cette sonorité ont permis à cette musique marginalisée, à ses débuts, d’être entendue et immortalisée sur des 45 tours. De Tifrer à Menwar, le sega a connu un parcours fleurissant au cœur d’une île multicolore. Des mutations pour donner du souffle au seggae, une coloration différente avec le segaï de Menwar.

Voici quelques portraits des ambassadeurs du sega…

Jean Alphonse Ravaton, dit Tifrer, naît le 22 avril 1900 à Quartier Militaire, dans le district de Moka. Son père d’origine malgache était aussi chanteur, il animait de grandes soirées privées appelées le « bal bobesse ». Ti Frère grandit dans cette atmosphère de quadrille créole et de séga typique (style afro-mauricien). Il est illettré, mais capable d’improviser une chanson à la moindre demande.En 1925, il chante son premier sega, Tamassa.

Cette chanson sera mise sur un 45 tours en 1948 par la société Damoo Sound & Music. C’est le premier 45 tours créé à Maurice. Il est couronné « roi du sega » en 1964. Malgré sa popularité, Ti Frère a vécu dans la misère et est décédé en 1992.

Fanfan est un poète, conteur, compositeur, on peut décrire Fanfan comme un griot de lʼîle Maurice.Les chansons de Fanfan proviennent de la vie, relatée avec verve et saveur. Fanfan est lʼun des derniers à assurer la tradition du Sega Ravenne. Ses chants s’accompagnent à la Ravenne, la maravant et au triangle.

Menard, de son vrai nom Stephano Honoré, est auteur, compositeur et chanteur de l’île Maurice. Avec sa formation, il sillonne le monde en griot avecson longuement recherché saga pour raconter sa vie, son pays et ses idéaux. Aujourd’hui, en duo, avec son fils, il reprend sa guitare et sa Ravenne pour une nouvelle expérience Sega.