December 10, 2009 Artists Ile Maurice, Dernier Albums

Laura Beg revient : Koze kozé

Elle a une voix qui ne laisse pas insensible. Laura Beg sort des rangs du chœur pour battre la mesure et prendre le volant. En route vers la reconnaissance d’une choriste à la voix de chanteuse avec un nouvel opus, Koze kozé. Attachez vos ceintures !

À 17 ans, alors que les filles prennent le chemin de l’école, elle bifurque à gauche. Les livres déboulent tout droit. Pas le temps de réciter les verbes ou jongler avec les chiffres, elle adopte les mots pour trouver son flow. D’un rythme à l’autre, elle plane sur du séga love, avec un album proposé par un producteur local séduit par sa voix. Laura Beg ne pensait pas qu’elle avait enfin trouvé sa voie…

On prend l’autoroute. Direction l’antre de mademoiselle Beg. Décor zen, canapé blanc, mur doré, piano noir… “Je ne joue pas, c’est à Alain”, souffle Laura avec un sourire. L’alter ego d’Alain Ramanisum a vu sa carrière prendre un coup d’accélérateur à ses côtés. Son guide, son conseiller lui a enseigné la musique et sa compréhension. Aujourd’hui, Laura se dit plus mûre, sachant clairement où elle va et ce qu’elle veut dans la vie et sur le plan musical. Elle jette un regard furtif dans le rétroviseur et lance : “Je considère cet album comme mon premier, disons le plus abouti de ma carrière. Car le premier a été conçu sans injection personnelle de ma part au niveau de la musique et de la conception. Mais il fallait passer par là.”

Koze kozé est une initiative plus intime. Avec ses mots elle composa l’ensemble de l’album, sauf Cap fit de Bob Marley. Oui. La jeune fille roule dans le monde du séga avec Ravanna, en tant que choriste, écoute aussi du Marley. Elle adore les messages véhiculés par Robert Nesta. Pour ce projet, les choses se sont faites avec beaucoup de patience et de minutie. Six ans après son premier opus, elle ne voulait proposer du réchauffé. Elle s’est investie complètement, épaulée à chaque épreuve par Alain, qui a réalisé le disque pour KDM Family Production. Elle y avoue un investissement personnel, fouillant dans son être pour noircir des pages blanches de son vécu, son histoire, son ressenti. Zigzaguant sur la route littorale, elle valse en le séga, le blues, le maloya et un peu de jazz.

Accueilli positivement par la presse et le public réunionnais, Oté Kafrine (devenu Koze Kozé pour le marché local) a confirmé le statut de chanteuse “à la choriste d’Alain Ramanisum”. Et elle endosse le titre de choriste sans médisance. Alors que des anciennes choristes devenues chanteuses renient ce cheminement, Laura l’assume pleinement. D’ailleurs, elle n’hésite pas à donner de la voix sur les albums d’autres artistes, notamment sur le dernier de Benjam ou encore David Ramen ou Sega’El (jeune chanteuse réunionnaise).

Si à ce stade du trajet vous ne parvenez toujours pas à situer Laura Beg sur la carte routière de la musique, sache qu’elle a participé dans des compils qui ont fort bien marché, ici et ailleurs. Parmi les plus connus, on cite Suprem Sega vol 1 (Mo blues twa), Suprem Sega vol 3 (Aimer jusqu’à l’impossible) et Fiesta Ravanan (Nou aller et désir).

Koze kozé sera dans les bacs dans environ deux semaines.

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