February 19, 2009 Artists Ile Maurice, kaya, Musique News

Kaya Still Alive

Kaya

Kaya

Déjà dix ans qu’il nous a quittés. Kaya, même s’il est parti, a laissé à travers le seggae – mélange de séga et de reggae qu’il a inventé – un héritage qui, aujourd’hui encore, demeure vivant. Plusieurs artistes s’évertuent à garder vivante la flamme de cette musique dont les notes résonnent toujours.

La légende du seggaeman

Cela fera dix ans ce samedi depuis qu’il est mort, mais ses chansons sont plus que jamais vivantes. Sa musique, elle, reste éternelle. Ses compositions s’écoutent comme des textes sacrés. Depuis le 21 février 1999 – jour où il est mort en prison après avoir été arrêté la veille pour avoir fumé du gandia lors d’un meeting –, une légende est née.

Le héros est Kaya, le seggaeman. Tout le monde rend hommage à ce prophète de la paix, à l’avocat des opprimés qui se battait avec une seule arme : sa musique. Ses chansons Mo Tizil et Lam Sakrifis, qui figurent sur l’album Zistwar Révoltan, témoignent de son côté patriote. Jeunes et moins jeunes adorent cette musique qui est le fruit d’une fusion réussie du reggae de Bob Marley et du séga mauricien. D’ailleurs, beaucoup de chanteurs ont repris le flambeau, mais l’œuvre de Kaya reste unique en son genre, de par la richesse sans égale des paroles de ses chansons.

Natty Jah : «Il a eu la bonne idée de mélanger ces deux styles»

«Je ne pense pas qu’il a créé carrément un nouveau style de musique. Mais Kaya a eu la bonne idée de mélanger ces deux styles, le séga et le reggae, tout en les respectant scrupuleusement. C’est tout à son honneur bien sûr, surtout quand je constate que sa musique est toujours vivante, vu le nombre d’artistes qui font toujours des chansons seggae.»

Bruno Raya du OSB Crew : «C’est bon que les artistes pensent au seggae sur leurs albums»

«Le seggae est une musique riche et éclairée. Heureusement que dix ans après, des groupes n’ont pas quitté ce style de musique. C’est aussi valable pour les OSB. En tout cas, c’est bon aussi que des artistes, même s’ils ne font pas forcément cette musique, pensent à un hommage seggae sur leurs albums. Car si on oublie Kaya, on oublie une partie de sa culture et de son patrimoine.»

Ras Mayul : «Le seggae doit encore grandir»

«Le seggae continue sa route même si celle-ci est longue. C’est une musique gaie bien qu’elle revendique souvent la misère. Le seggae est l’oreille, la bouche et les yeux du peuple. Il veut nous mener vers un monde meilleur. Ena zoli vibration ladan. Cette musique est née en 1989. À ce jour, elle n’a que 20 ans et doit encore grandir avant d’atteindre sa maturité.»

Eric Célérine de Natir : «Le seggae a toujours de la valeur»

«Le seggae est toujours vivant. Chaque musique fait son temps, mais a toujours de la valeur même s’il y a des préjugés vis-à-vis des rastas qui la pratiquent. C’est pour cette raison qu’elle a tendance à couler. C’est aussi pour cette raison que le seggae est une musique de revendications et de dénonciations. Il y a trop d’obstacles, et de blocages, mais, kan laho la pu decide pa pu ena baré.»

Ras Natty Baby : Il faut continuer à être solidaire»

«Le seggae est une musique vivante. C’est le fruit d’un combat collectif. Il faut continuer à être solidaire. La contribution des médias est primordiale. Kaya a commencé le combat. Il y a d’autres artistes sincères. Certains doivent arrêter de se faire de l’argent sur leur tête. Le rastafarisme est une philosophie avec des messages universels de paix et d’amour Il faut mettre de côté les préjugés à l’égard des rastas, c’est-à-dire, ne pas les juger à cause de leurs dreadlocks ou parce qu’ils fument du gandia. Cot equal opportunity si enkor ena préjugé?»

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