January 25, 2009 Musique News

Festival Reggae Donn Sa 4

Tiken Jah Fakoly, retenu pour être la tête d’affiche du concert

Les organisateurs du Festival Reggae Donn Sa, avaient le choix entre cinq vedettes internationales. Et c’est Tiken Jah Fakoly qui a été choisi pour représenter le reggae africain sur la scène mauricienne au stade Anjalay, en mai prochain. Si l’artiste ivoirien vient chez nous, il ne sera pas à son premier contact avec le public mauricien. En août dernier, Tiken Jah Fakoly partageait l’affiche (peu éclairée!) du festival Sakifo, aux Salines, avec d’autres pointures internationales.

C’est un artiste qui ne mâche pas ses mots, sensible au problème des ventes d’armes à l’Afrique, du pillage de ses richesses et des soutiens occidentaux à la dictature et qui dénonce les injustices qui a été retenu pour être la tête d’affiche du prochain Festival Reggae Donn Sa. Lui, c’est Tiken Jah Fakoly. Les organisateurs du festival: OSB Company Ltd et Live N Direk Entertainment, ont fait leur choix parmi cinq artistes internationaux, en lice pour le festival. Notamment, Wyclef Jean, Jimmy Cliff, Tiken Jah Fakoly, Gentleman et Buju Banton. Et c’est le reggaeman ivoirien, qui a été choisi. Tiken Jah Fakoly a aussi été plébiscité par ses fans mauriciens. Cet élément a été pris en considération par les organisateurs. “A aujourd’hui, nous sommes à 80% sûrs que c’est Tiken Jah Fakoly que nous accueillerons”, explique Bruno Raya, de l’organisation. Celle-ci qui a enclenché la machinerie, souhaitent donner un cachet régional à l’événement, prévu à Maurice pour le 9 mai au stade Anjalay. “A ce jour on peut dire que les Seychelles- et Maurice bien entendu-, font partie de l’itinéraire de l’artiste que nous avons choisi”, ajoute-t-il. D’ailleurs, c’est le groupe Red, Gold and Green qui a été choisi pour représenter l’archipel. D’autres artistes de la région sont également attendus. Quant à Maurice, elle sera représentée sur la scène par les groupes Racines, Mystic dan zil et les OSB.

Who’s Tiken Jah Fakoly?

Doumbia Moussa Fakoly est né le 23 juin 1968 à Odienné au nord-ouest de la Côte d’Ivoire. Issu d’une famille de forgerons, Fakoly découvre assez tôt la musique reggae et monte son premier groupe, Djelys, en 1987. Il réussit peu à peu à se faire connaître au niveau régional puis national avec ses concerts.

Très concerné par l’évolution sociale et politique de son pays, Tiken Jah écrit des textes incisifs sur la situation électorale qui fait suite à la disparition d’Houphouët-Boigny en 1993, ce qui lui valut une grande popularité au sein de la jeunesse. En 1998, il monte pour la première fois sur scène en Europe, à Paris…

Il y a cinq ans Tiken Jah Fakoly vivait encore à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, son pays. A cette époque, il y faisait même construire une maison dans son quartier de Yopougon. En l’espace de quelques années, cet artiste dioula originaire du nord avait exaucé son rêve le plus cher : devenir une star du reggae africain. Avec ses albums Mangercratie (1996), Cours d’Histoire (1999), Le Caméléon (2000), Franc afrique (2002) et Coup de Gueule (2004) il démêlait l’écheveau d’une réalité politique et sociale confuse à l’aide d’un langage simple et direct. Ses cibles étaient précises et il n’en ratait aucune : les politiciens qui attisent la haine ethnique, s’étonnant ensuite qu’il y ait des massacres, ceux qui font leur beurre avec le système ” franc afrique “, où trafics et délits d’initiés sont monnaie courante, au détriment du reste de la population qui crève la dalle ainsi que ceux qui pratiquent la corruption à tout va. Sa pertinence, son audace, son acharnement lui permirent de gravir rapidement les échelons de la notoriété, chez lui en Côte d’Ivoire mais aussi dans le reste de l’Afrique francophone où il occupe désormais une place prépondérante. En France, ses albums Franc afrique et Coup de Gueule ont été certifiés disques d’or et en 2003, il obtient une Victoire de la Musique. Mais cette popularité lui a valu également de terribles inimitiés et en 2002, alors que la situation se dégrade dans tout le pays, Tiken doit se résoudre à l’exil. Sa vie en dépend. Il s’installe à Bamako, au Mali, terre dont ses ancêtres mandingues sont originaires. Et là, l’Africain entame sa reconstruction.

Lors d’un festival de rap à Dakar, Sénégal en décembre 2007, Fakoly demande entre autres au président Wade de ” quitter le pouvoir s’il aime le Sénégal “, il parle aussi du danger que court le pays. Fakoly est déclaré ” persona non grata ” au Sénégal suite à ces déclarations jugées ” fracassantes, insolentes et discourtoises ” par le gouvernement sénégalais. Un arrêté d’entrée et de sortie du territoire sénégalais a été pris par le ministre de l’Intérieur. Fakoly quitte le pays le lendemain.

Tiken Jah a financé deux établissements scolaires dont le premier fut inauguré à Touroni, Cote d’Ivoire, en Décembre 2008. Les photos sont disponibles sur le site “Un concert une Ecole”. Pour sa tournée Afrique 2009, parrainée par Cheick Modibo Diarra – Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, Tiken a l’ambition de reverser l’ensemble des revenus issus de la billetterie au bénéfice de la construction d’école. La tournée, prévue pour une première partie dans sept pays d’Afrique francophone, devrait être financée grâce au soutien de grandes marques internationales et locales

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