September 21, 2016 Artists Ile Maurice

Droits d’auteurs nouvel album : les artistes ne décolèrent pas

Il y a de la bagarre dans l’air. Le Kolektif Artis Morisien remet sur la table des sujets de mécontentement récurrents chez les artistes : amendements au «Copyright Act», paiement des royalties, CD piratés toujours en vente. Même le concours de Disque de l’année sur les radios privées et/ou publiques ne trouve pas grâce à leurs yeux

Ça gronde à nouveau chez les créatifs de la musique. Pourtant, l’heure était à la victoire – c’est le mot qui a été utilisé – quand les accusations provisoires contre quatre d’entre eux ont été rayées, le lundi 12 septembre en cour correctionnelle de Port-Louis. Et cela, neuf mois après leur arrestation.

Mais vendredi, lors d’une conférence de presse ayant justement pour thème l’arrêt des poursuites contre ces artistes, c’est un couplet sensiblement différent qu’a entonné Bruno Raya du Kolektif Artis Morisien (KAM). Les sujets de discorde ne manquent pas alors que la fin d’année, considérée comme la saison de la coupe pour ces artistes, approche à grands pas.

Cd piratés toujours en vente
L’année dernière, plus précisément le 30 décembre, une vive discussion impliquant des marchands ambulants, vendeurs de CD piratés, et ces artistes avait mal tourné. Elle s’était terminée au poste de police de Trou-Fanfaron, au milieu d’allégations de brutalités policières.

Neuf mois plus tard, quelles sont les mesures prises par les autorités pour contrer la vente de CD piratés ? Une situation qui a tendance à s’aggraver en fin d’année. Question que se pose Bruno Raya du KAM. Tout en affirmant que le Kolektif compte maintenant poursuivre individuellement les policiers impliqués dans cette affaire, il constate que «seki tris, sa bann zafer pirat la ankor vande. Est-ce que cela veut dire que les pirates se fichent des artistes et des autorités ? Si les pirates sont toujours là, est-ce que ce sont les autorités qui se fichent de nous ?»

Vendredi, le KAM a sollicité une rencontre avec le commissaire de police, le responsable de l’Anti Piracy Unit, la Rights Management Society (ex-Mauritius Society of Authors), le ministère des Arts et de la culture et le ministère des Finances pour que, «case 2015 pa rearive an 2016.» Bruno Raya d’ajouter : «si cette demande est ignorée, les autorités seront tenues pour responsables.»

Disque de l’année, quelle contrepartie ?
L’honneur d’être classé premier au concours du Disque de l’année sur une ou plusieurs radios privées et/ou publiques, c’est bien joli. Mais cela n’aide pas l’artiste à vivre. «Les auditeurs des radios qui participent à ces concours gagnent des cadeaux. Bann bel bel portab tou. Les radios font tourner ces disques en boucle et cherchent des sponsors. L’artiste lui, qu’est-ce qu’il y gagne ? Il ne reçoit même pas un trophée», déplore Bruno Raya.

L’an dernier, plusieurs artistes avaient demandé à ne plus figurer sur les listes établies par les chaînes de radios. «Au sein du KAM, nous avons pris de nouvelles résolutions, nous désirons trouver des solutions. Disk de lane pa kapav pass parey». Bruno Raya, lui-même animateur freelance sur les ondes d’une radio privée, tempère : «Nous ne cherchons querelle avec personne.» Ce qui ne l’empêche pas de citer des exemples à l’étranger où, à l’issue d’un concours, les artistes se voient offrir la possibilité de faire une tournée.

Royalties, éternel mécontentement
À septembre 2016, deux tranches de royalties ont été payées aux artistes par la RMS. Paiement d’une somme totale de Rs 23 millions (une tranche de 13 millions en avril et une autre de Rs 10 millions le mois dernier), annoncé en grande pompe par le Conseil des ministres en février. À l’époque, les artistes avaient accueilli cela positivement. Avant de déchanter au mois de mai quand Bruno Raya, Jean Jacques Arjoon, Alain Ramanisum, en présence de l’avocat Rama Valayden, sont montés au créneau. Ils se sont alors dits «déçus» des montants qui leur avaient été alloués.

«Nou pe dimann nou kass.» Celui qui devrait résulter de l’utilisation des œuvres par les radios privées et publiques, la compagnie d’aviation nationale, les hôteliers, entre autres. Avant de faire ressortir, «ce n’est pas au Conseil des ministres de dire quand il faut nous payer, c’est une décision qui relève de la RMS.»

Sujet lié à l’épineuse question de la collecte et de la distribution des droits d’auteurs : les amendements à la loi. Un High powered committee pour la révision du Copyright Act a vu le jour en janvier. Il ressort que dix séances de travail ont eu lieu entre les représentants de divers ministères, du State Law Office et des représentants des artistes. Une ébauche du projet de loi est en circulation. Mais les artistes ne sont pas satisfaits. «Ena boukou kitsoz ki maskaro (NdlR, bizarre)», s’indigne Bruno Raya. Si pour l’heure, il ne souhaite pas dire précisément quelles dispositions de la loi ne conviennent pas aux artistes, il avance seulement que «des choses manquent».

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