April 19, 2009 Musique News

Controverse : A qui appartient Banane, Ayo Lisa…

Banane, Ayo Lisa, Mama zordi et Ti kabo dan lamer, toutes des chansons en kreol, relèvent-elles du patrimoine mauricien? Le groupe Abaim en est certain. C’est d’ailleurs, dans cette optique, que ces quatre morceaux figurent sur son dernier album ReKreasyon. Celui-ci sorti récemment a fait l’objet d’un travail méthodique et basé sur des recherches axées sur les chansons d’autrefois. Pour sa part, Claudio Veeraragoo, est convaincu que les quatre titres n’appartiennent pas au patrimoine local. Pour cause, il les revendique. Ces chansons, le chanteur, les aurait enregistrées il y a plusieurs décennies sous d’autres titres. Et c’est à la justice qu’il a fait appel pour prouver ce qu’il avance. Claudio Veeraragoo qui a fait servir une mise en demeure au groupe Abaim, reproche également à la Mauritius Society of Authors (MASA) de n’avoir pas respecté ses droits d’auteur en autorisant au groupe d’exploiter les quatre titres. Conséquence, Claudio ne perçoit pas de royalties, puisque Abaim a déclaré les quatre titres selon les critères établis pour les chansons relevant du patrimoine. De ce fait c’est le Social Welfare Fund de la MASA qui encaisse les revenus découlant des droits d’auteur/compositeur. Selon les règlements, en cours à la MASA, dans ce genre de cas, les artistes perçoivent uniquement des droits sur l’arrangement musical de l’oeuvre reprise.

A la MASA, ce dossier met la société dans une situation plutôt délicate. Dans la mesure où il révèle une faille au niveau de la gestion d’un segment important réservé aux oeuvres faisant partie du patrimoine. L’an dernier, lorsqu’Abaim a déposé une demande auprès de la société pour l’exploitation des quatre morceaux concernés, il a eu carte blanche. Toutefois, aujourd’hui il revient que Claudio n’est pas le seul à réclamer les droits de paternité sur des titres de ReKreasyon. Selon nos informations deux autres auteurs se seraient manisfestés auprès de la MASA!

Selon le sentiment à l’intérieur du groupe, cette affaire ne devrait, entretemps, avoir aucun impact sur la mission de ReKreasyon. Mais comme le dossier est entre les mains de la justice, la bataille pour chaque partie risque d’être longue. Si au bout du compte elle contribue à soulever un sérieux débat autour des chansons du patrimoine elle serait pertinente. Car jusqu’ici, La Rivière Tanier est la seule à ne pas susciter de controverses. Mais dans elle est loin d’être le seul héritage oral…

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