March 16, 2009 Dernier Albums

Chansons Patrimoine par Abaim

C’ est fou comme ces rythmes nous rappellent quelque chose. « Salame Bismila ”, “ Labouldana ”, “ Sega belo ”. Des senteurs déjà chantées par d’autres, et reprises parmi les « 31 ti parfin nou memwar » . C’était samedi dernier, à l’occasion de la sortie du double album du groupe ABAIM. Pour consolider encore son travail de collecte du patrimoine oral, le groupe de « kamarad » réuni autour de Marousia Bouvéry et Alain Muneean accompagnent le double CD d’un livret collector d’une extraordinaire richesse.

Car en sus d’y voir écrit les paroles des chansons, avec leur traduction en français et en anglais, ce collector donne des pistes pour explorer ces textes qui parlent d’un temps souvent révolu, de situations qui n’existent plus, de « dialogues » dont l’usure des ans avait fini par effacer le sens profond.

« Nou demars li avan tou enn ramasaz manyer ki bann dimounn asterla ankor sarye nou mzemwar kolektif » , explique ABAIM en introduction. Un groupe qui aura dû passer les barbelés de couplets ajoutés aux chansons au fil du temps. Passer les inconvénients de « bann konteni ki kapav ofansan zordi pou sertin dimounn » . Que faire dans ces cas là ? Pour ABAIM, il s’agissait d’actualiser certains textes pour leur donner le souffle qui leur manquait. De les, « retravailler en prenant soin de ne pas toucher à l’essence de leur fondement patrimonial » . Un travail de « rekreasyon » assorti d’une analyse à la fois musicale et thématique de chacun des 31 morceaux du double album. Pour que les dimensions de désespérance, de difficultés du monde du travail ne soient pas mise de côté au simple profit de rythmes qui font danser.

Exemple : Ayo Liza ! qui nous renvoie à la tradition de « nommer » quelqu’un dans un séga, une technique servant à exprimer un « sentiment de ras le bol qui force la personne à rendre public un élément personnel. Autrefois, on parlait d’aller publier cela dans un journal, d’où l’expression « al pik mwa lor zournal » . Fortement conscient de la responsabilité sociale qui traverse le travail de collecte et de préservation du patrimoine oral, ABAIM explique, dans le cas de « Salame bismila » que, « dan bann lane 1970, ti ena enn version byin nasyonalis ki ti alafwa kritik Coca Cola, bacon and egg ek camebert e valorik briyani, douri, dilo tanbarin. Group Abaim finn fer enn lot version ki sey gard enn eleman satirik kan li kritik kiltir zougader e anmemtan donn enn ti plas a dodo kouma enn tematik kiltir patrimwann dan sega » .

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