La Jamboli de Mario Justin
Il est réglé comme une horloge. Deux ans après Lamizik Lepep, Mario Justin livre son troisième album, Jamboli. Dans ce coffret de séga, il rajoute toujours ses épices à lui pour conjuguer le sega à sa sauce. Des chansons qui plairont à bon nombre. Une variation plaisante. Malgré les bourrasques qui agitent le milieu de la musique locale, il ne cesse d’avancer. Le leader de Zotsa demeure positif dans son approche et invite à Jamboli : danser…
Dix pas de danse avec JM
En dix pas dix mouvements RM fait le tour de Mario Justin ; de son album à ses projets en passant par son engagement social, ses soucis de producteur, sa tournée européenne… Il nous dit tout.
L’homme qu’on appelle JM
Amateur de jazz qui s’est tourné vers le séga, Mario Justin, fondateur du groupe Zotsa, est celui qui a donné des ailes à la carrière de Nancy Dérougère. Il poursuit en solitaire son cheminement musical. Après son premier album solo Bouk Emiser, il s’était, en effet, appesanti sur les albums de Nancy Dérougère. Et puis, boom ! il a pris son envol. Il ne pouvait, néanmoins, se contenter de ce disque. L’envie d’avancer davantage dans son élan solo a été plus fort que lui. Ainsi entre chaque album de la Diva Sega, il distille son album solo telle une parenthèse. Il y a eu Lamizik Lepep et puis le troisième, Jamboli. Sur cet album, comme les deux autres, il se permet des expériences sonores, des mélanges, des rencontres avec d’autres artistes. Il n’hésite pas à reformuler le séga, son séga à lui.
Jamboli
Mot africain qui signifie danser, Jamboli de Mario Justin ne se limite pas à son sens premier. Mario Justin se pose également en parolier engagé, qui prône des messages qui font prendre conscience. Pour la présente “galette”, JM propose dix titres, avec le concours d’autres artistes, en l’occurrence Joseph Denis Sunee, Jocelyn Perraud, Joseph Gem Potiron, Roland Fatime, Georges Marchand, Sylvain Attock et Patrick Jean. Au niveau des feats on retrouve “l’indéboulonnable” Nancy Dérougère (Metier peser) et Ultimatum Montana (Tilili).
L’engagé social
Il ne le hurle pas sur le toit du monde, ne se précipite guère au-devant des photographes pour que tous témoignent de son engagement social. Le citoyen Mario Justin s’est engagé depuis des années à soutenir ceux dans le besoin ; par le truchement de la musique, il a mené à l’intention de diverses associations des campagnes de prévention et de sensibilisation dans les quartiers portlouisiens, dont à Batterie-Cassée. Aujourd’hui encore, il poursuit cette action sociale à bien des niveaux.
Top des ventes
Il fait partie de la liste des gros vendeurs de disque sur le marché local. Mario Justin, en solo, ce n’est pas la même vente que Nancy Dérougère mais il vaut son pesant d’or. Les deux derniers disques de l’artiste figurent parmi les meilleurs ventes de l’année à laquelle ils étaient lancés. Cette troisième “galette” tend à prendre la même voie. Toutefois, JM évoque un marché saturé, avec une recrudescence du piratage menant à une situation pas forcément évidente pour les producteurs ; “Je souhaite que le disque connaisse le même succès que les deux précédents.”
Tournée européenne et australienne
Si Jamboli est sur le marché depuis samedi dernier (29 juin), Mario Justin est pour sa part en tournée en Europe. La promotion de l’album se fera après celle-ci : Genève, Paris et Tottenham aussi bien que l’Irlande. De retour à la mi-juin, il se rendra en Australie pour d’autres animations à Perth.
Concours de chant
Dans le cadre d’un projet social, Mario Justin lance un concours de chant sur la drogue. Les chansons doivent être axées sur des déviances, des cassures au sein de la famille liées au problème de drogue. Une maquette de la chanson doit être soumise avant la fin de juillet. Le concours est ouvert à tous les styles musicaux, l’objectif étant que le morceau puisse “faire réfléchir en dansant”. Les maquettes doivent être envoyées par voie postale : Mario Justin, rue St-Joseph, Baie du Tombeau. Les chansons seront mises à contribution lors de la campagne de prévention prévue à Bois Marchand, Baie du Tombeau et Cité Richelieu en octobre prochain.
Gros Sega lor lari
Ce concours, lancé en 2008 par Mario Justin pour la promotion de la danse traditionnelle mauricienne, a pris fin l’année dernière faute de soutien financier. Pourtant, cette manifestation avait connu un franc succès à travers l’île ; néanmoins, Mario, qui finance lui-même le projet, n’est plus en mesure de le faire. Les sponsors ne s’intéressent pas vraiment à cette culture populaire, estime l’initiateur du projet.
Concert anniversaire
Afin de lancer la promotion de ce présent disque, Mario Justin organise un concert-anniversaire le 22 août. De la musique live avec son groupe Zotsa pour faire un tour d’horizon de ses tubes et distiller toutes les 10 chansons de Jamboli. Dans le cadre de cet événement, il invitera à cette fête Blakkayo et Philip Toussaint (Seychelles). Le lieu de ce concert n’a pas encore été finalisé. Nous y reviendrons…
Production : en crise
Depuis quelque temps, il note une certaine baisse au niveau de la vente. “Aujourd’hui sur presque chaque clé USB, il y a un ou plusieurs albums d’un artiste local ; cela nuit à la vente des disques”, note Mario Justin. Si rien n’est entrepris en vue de mettre un terme à cette pratique et parvenir à des solutions adaptées à cette nouvelle vague de piratage, il sera, dit-il, contraint à s’orienter vers un autre domaine pour survivre. “C’est dommage d’arriver à une telle situation où l’on ne peut plus mettre en exergue son art comme on le souhaite”, regrette JM.
Projets musicaux
Mario Justin annonce la sortie de l’album de Ziakazom, en cours d’enregistrement actuellement. Avec sa chanson Danse enkor, cette formation portlouisienne a connu un succès appréciable l’an dernier et son opus devrait être dans les bacs dans quelques mois. Une production Mario Justin.



