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Kaya à travers les événements

Kaya

Kaya

C’est à travers les différents articles que nous lui avons consacré que nous vous proposons de revivre la carrière musicale de Kaya. De la révélation, en 1989, à sa mort, en 1999, les membres de la rédaction ont eu beaucoup de bonheur à côtoyer un artiste d’une grande sensibilité, et à vivre, avec lui, les grands moments de la musique mauricienne.

La tournée réunionnaise de Racinetatane

Boudé par les médias locaux, mais adulé par le public, Racinetatane, après son succès à Maurice, est allé à la conquête du public réunionnais (…)

Dans ses bagages, Racinetatane ramène une bande enregistrée de onze titres, un album souvenir de la tournée, offert par la commune du Port, et la certitude d’avoir conquis un public à La Réunion, surtout au Port.

En effet, après quatre concerts en 48 heures, Racinetatane qui s’apprêtait à entrer calmement en studio (gratuitement offert par Radio Corail), s’est vu proposer par la mairie du Port, deux concerts de plus (…). Cela bien sûr grâce au succès que le groupe a rencontré tout au long de la première partie de cette tournée.

(WES 10-16 et 17-23 novembre 1989)

Racinetatane : enfin la reconnaissance

Cette année est celle de la reconnaissance pour le groupe Racinetatane, qui compte pratiquement une dizaine d’années d’existence. En effet, depuis la sortie de la cassette du groupe, le “craze” s’est emparé du public mauricien au point que sa participation à une manifestation quelconque est un gage de grosse assistance. Du coup, le groupe est demandé partout (…) Et surtout, Racinetatane représentera Maurice au festival de jazz et de musique populaires de fin avril à La Réunion, manifestation avec nombre d’invités prestigieux.

(Couverture WES 9-15 mars 1990)

Délire pour Racinetatane à la Place d’Armes

Il y avait comme de l’électricité dans l’air, dans la soirée de dimanche dernier à Port-Louis. Entre 10 000 et 15 000 personnes avaient envahi la Place d’Armes, et bien avant le début du spectacle, l’ambiance était déjà chaude. L’on nous pardonnera de parler encore une fois du groupe Racinetatane, mais on ne peut décemment passer sous silence l’accueil qui lui a été réservé ce soir-là. En fait, l’ambiance pendant la prestation de Kaya et de ses musiciens était telle que cela aurait pu tourner à la catastrophe (…). Des spectateurs trop excités étaient à deux doigts de renverser les barrières et les forces de l’ordre…

(WES 16-22 mars 1990)

Racinetatane à Magic Land 1990

“Nous sommes fiers que le concert du 14 mars ait connu la plus grande assistance de tous les temps chez nous, surpassant de très loin Goldman et Johnny Clegg.” Propos de Rajesh Bhagwan, maire de Beau-Bassin/Rose-Hill, faisant le bilan de Magic Land 1990. “Le 14 mars, jusqu’à 18h, on avait vendu un peu plus de 7 000 billets. Jusqu’à la fin du concert, le chiffre atteignait 52 000. C’est donc près de 45 000 personnes qui sont venues applaudir Racinetatane. À un moment, on a eu peur pour la sécurité…”

(WES 23-29 mars 1990)

Succès confirmé pour Racinetatane et les Natty Rebels à l’île sœur

La filière réunionnaise semble se confirmer pour deux de nos groupes locaux : Racinetatane et les Natty Rebels. Tout deux étaient à l’île sœur pour participer au Festival Vibrations, une importante manifestation qui en est à sa deuxième édition et qui a permis de révéler des groupes comme Ousanousava, Baster, Soukouss ou encore Raskaf (…) Racinetatane est le premier groupe mauricien à s’être produit au stade de l’Est. Les musiciens ont, par ailleurs eu l’occasion de clôturer le Festival Vibrations, juste après Didier Lockwood.

(WES 21-27 septembre 1990)

Racinetatane embrase l’hôtel de ville

Événement musical à Curepipe samedi dernier. Après avoir nourri, de longues années durant, une retenue par trop déplacée face à la chose culturelle, les Curepipiens ont enfin repris goût aux grands rassemblements de masse. Et il a fallu que la véritable bombe rythmique du groupe Racinetatane soit agencée pour qu’explose cette indifférence qui d’habitude avait fini par rendre insidieuse (…). Racinetatane a simplement embrasé la place de l’hôtel de ville…

(WES 26 oct-1er nov 1990)

La paix universelle

Il nous paraît presque inutile de chroniquer la très attendue seconde cassette de Racinetatane, qui sera de toute façon, arrachée comme des petits pains. Néanmoins, la sortie de La paix universelle est un événement à saluer comme il se doit. Elle permet, d’autre part, d’évaluer l’évolution du groupe le plus populaire de l’île. Sur le plan des textes tout d’abord, pas de surprise, le thème qui revient le plus souvent est l’harmonie entre les communautés. Chapeau à Kaya qui a tout de même de bonnes qualités dans le domaine. Autre bon point, l’évolution du groupe vers plus de professionnalisme. Veuillez voir là, l’effet de Gaëtan Valentin et Georges Corette, les deux Mauriciens de Paris.

(WES 31 mai-6 juin 1991)

Nouveau Racinetatane

Joseph Réginald Topize et ses potes se sont retirés à Grand-Baie pour se préparer une grande offensive sur 1991. L’endroit est à l’écart des effervescences de la côte et toute la bande est au complet. Sous la houlette de Gaëtan Valentin, le nouveau et dynamique manager, Racinetatane se prépare et change de look. Charles (clavier) et Berty (percussions) sont toujours là. Jean-Claude (basse) est de retour après plusieurs années d’absence, Bruno, est le nouveau et jeune batteur. Georges sera à la guitare sur scène. Kaya, quant à lui, s’est bonifié comme le bon vin.

(WES 7-13 juin 1991)

Racinetatane : contact parisien établi

Kaya et sa bande ont fait vibrer la salle Gérard Philippe à St Denis (région parisienne) lors du festival Africolor qui a eu lieu en décembre dernier. Racinetatane n’a pas manqué son premier rendez-vous parisien le 19 décembre aux côtés de Ti Fock, Ziskakan et du Malgache Gizavo. Kaya a joué de larges extraits de “La Paix Universelle” , et un morceau de son nouvel album “Seggaeman”. Celui-ci est sorti à Paris, fin décembre.

(WES 15 – 21 janvier 1993).

Seggae man sort à Paris

Le troisième album de Kaya sort à Paris, sous la houlette de Gaëtan Valentin et Georges Corette. Les titres qui y figurent : Seggae man, Sime la limière, Soley ek Bondié, Sun love, Spirit seggae musik, Bizin leve, Chant seggae et L’esprit malin…

(Couverture WES, décembre 1992)

Kaya, le retour (II)

Depuis Seggaeman, son dernier album, nous n’avons presque pas entendu parler de Kaya et de sa bande, Racinetatane. Nous avions connu une situation similaire après la sortie de Seggae nu lamizik. À la fin de l’année dernière, il nous est revenu avec la cassette Ersatz of Bob Marley (…)

“Je ne suis pas de ceux qui sautent sur les événements pour sortir un album. Je préfère prendre mon temps…”

Toutefois, pendant cette absence, nous avons assisté à un retour en force du séga. Est-ce que le seggae n’est pas en baisse de popularité ? “Je suis très content que le séga ait effectué un retour en force. Cela me réjouit de voir le progrès accompli, mais je dois ajouter aussi que si aujourd’hui nous avons du séga genre Cassiya et Windblows, c’est grâce au seggae. Le seggae a permis au séga d’évoluer.”

Projets et souhaits, Kaya en a plein la tête… “Je veux que le seggae puisse devenir une musique internationale. Dans cette optique, j’ai fait des versions seggae de No woman no cry et de War, afin qu’on comprenne, une bonne fois, la différence entre le seggae et le reggae.”

(WES 24 février – 2 mars 1995)

Kaya, un homme, un symbole

Le troisième volet de l’émission Nou amenn ou sur la MBC aura pour invité le créateur du seggae. Depuis qu’il a révolutionné notre musique avec ce rythme à la fin des années 80, Kaya est devenu un symbole pour beaucoup…

“Seggaeman, seggaeman, mo ti truv ou lor televizyon”, “Mwa mo ti truv pe ale dan ou loto yer” … Ce sont les cris des enfants qui accourent en voyant Kaya à Roche-Bois. Ce faubourg de la capitale, plus précisément, Camp Zoulou, est le lieu de naissance de l’artiste. L’équipe de la MBC a aussi repéré la maison où il est né (…)

Sur les murs, des graffitis témoignent de sa grandeur : “Kaya le roi”. Et plus loin encore, une tabagie baptisée “Taba J Seggae”.

Kaya aura trente-six ans le 10 août prochain. Pour avoir créé une musique qui accroche et écrit des paroles qui reflètent la réalité de beaucoup de gens, il est devenu un symbole, malgré lui…

(WES 26 juillet-1er août 1996)

Kaya frappe fort à la Réunion

La tournée promotionnelle de Kaya à La Réunion, vient de se terminer. Invités par la radio EXO FM, le seggaeman et ses musiciens ont donné six concerts – trois en plein air et trois en boîte – chez nos voisins. Ce grand retour de Kaya a été très médiatisé. Dans le quotidien du vendredi 9 août, Vincent Pion écrit : “Allélujah ! Kaya lé la !” Et plus loin il reprend : “Kaya a eu raison de prendre son temps. Sa voix chaleureuse qui rappelle bien souvent les intonations du maître Marley, achève de donner son unité à cet album (ndlr : Zistwar Revoltant) …”

Dans sa rubrique hebdomadaire au Journal de l’île, André Maurice parle aussi de la sortie de Zistwar Revoltant qui : “relance véritablement la carrière de ce grand nom de la chanson mauricienne.”

(WES 23-29 août 1996)

Zistwar Revoltant lancé à Maurice

C’est au cours d’une grande soirée au Banana Café à Grand-Baie, qu’a été lancé l’album Zistwar Revoltant. L’occasion aussi de célébrer également l’anniversaire de Kaya et l’implantation de Discorama (le producteur) à Maurice. Les titres sur ce nouvel album sont : Freeman, Allelujah, Frer ek ser, Grand ter, Lam sakrifis, Mo ti zil, Share your life et Zistwar revoltant…

(WES août 1996)

Kaya : Mo Lamisik, un nouveau CD

Un an et demi après la sortie de Zistwar Revoltant, Kaya revient avec un nouveau CD regroupant trois de ses plus grands succès. Instigateur du seggae, il affirme qu’il défend toujours ce style, malgré les changements apportés dans la forme. “Le seggae n’est pas mort comme on a voulu le faire croire après la sortie de Zistwar Revoltant. Il continue d’évoluer et de prendre de nouvelles formes. Toute musique, tout musicien, est appelé à évoluer, à chercher de nouveaux sons. On ne peut pas s’attendre à ce que je passe exactement le même style de musique que je faisais en 89. J’ai besoin d’évoluer et ma musique avec moi. Je crois que ce qui s’est passé avec Zistwar Revoltant, c’est que beaucoup n’ont pas su apprécier et comprendre la finesse des musiciens. Je le répète, le seggae n’est pas mort, il continue d’évoluer.”

(Couverture WES 14-20 janvier 1998. Dernier entretien accordé à la presse, un an avant sa mort)

Seggae Experience

Le tant attendu best of de Kaya est enfin dans les bacs. L’attente valait la peine, car Seggae Experience est le fruit d’un travail très recherché. Entouré de musiciens chevronnés, dont Mike et Clyke Armoogum, Kiki Arouff, Hans Mallet, Glen Terry, Neshen Teeroovengadum, Georges Corette, Damien Elisa, Momo Manancourt, Nada et Kesseven Cunden, Sunil Deerpaul, Ramesh Ramkhelawon, Cyril Michel et Afro Tribal Drums, Kaya nous propose de nouvelles versions de dix de ses meilleurs morceaux. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ces chansons ne sont pas de pâles copies des originales, mais bien des morceaux complètement retravaillés et réussis…

(WES 29 décembre 1998. Dernier article sur Kaya, deux mois avant sa mort)

Lam Sacrifis

Disciple de la paix et de l’amour, Kaya restera dans nos mémoires comme l’un des plus grands musiciens mauriciens. (…) On disait de lui, le Marley mauricien. Comme le Jamaïcain, il a eu un parcours semé d’embûches. Comme lui aussi, il est parti à la fleur de l’âge. Et comme lui surtout, il jouissait d’une étonnante popularité et demeure un symbole pour toujours . (…) Kaya est parti, le seggae est orphelin, mais son nom restera à jamais gravé dans notre mémoire et dans notre histoire. Les rastas pleurent un frère, les musiciens pleurent un génie, un ami, Maurice pleure un fils. “Mo ti zil ploré personn pas suy so lizyé.”

(WES 25 février 1999)