La vie chère "Ma caraille aussi connaît la crise!" - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 22/03/2009, 07h05
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La vie chère "Ma caraille aussi connaît la crise!"

La vie chère

"Ma caraille aussi connaît la crise!"


Il y a des soirs chez Marie-Josée où le dîner est composé de riz(ration), assaisonné d'ajinomoto et accompagné de morceaux de carottes. Chez Chantal, la rougaille de thon en boîte- acheté uniquement en promotion- est toujours agrémentée de teokon pour faire de la quantité. Depuis que la flambée des prix et la crise économique ont contraint de nombreux consommateurs à revoir la quantité et la qualité des produits alimentaires et domestiques, à la baisse, Marie-Josée et Chantal ont dû réadapter leur cuisine en fonction de leur maigre budget. Même qu'elles ont fini par trouver des alternatives aux plats qu'elles ne peuvent plus consommer. Entre le vindaye de sardines et le cari d'arêtes de poisson et papaye, que ces mères de famille préparent souvent, elles ont toutes les raisons de dire: "Ma caraille aussi connaît la crise!"
"Vindaye saumon byen bon mo dir ou!", assure Chantal. Aux plus sceptiques qui ne connaîtraient pas plus de trois façons d'utiliser ce poisson-qui n'a pas toujours la côte- en conserve, Chantal explique que le résultat est surprenant. Il n'y a pas longtemps, cette mère de deux enfants découvre une autre déclinaison du populaire vindaye. Qu'on ne s'y méprenne pas, Chantal n'est pas une fanatique de cuisine ou une collectionneuse de recettes! Si depuis plusieurs mois, notre jeune mère de famille se met à des réalisations culinaires, les plus improbables, c'est pour une raison exclusivement économique. Comme pour plusieurs foyers, le porte-monnaie de Chantal n'a pas été épargné par la flambée des prix de ces derniers temps. Actuellement, les effets de la crise économique - terme qui s'est incrusté dans toutes les conversations - se font aussi sentir dans la caraille! Et pour que celle-ci ne reste pas vide, des ménagères rencontrées confient qu'elles ont eu à faire preuve d'imagination. Car, manger sans se priver quand le budget est limité et que les dépenses ont décuplé, n'est plus possible. Dans un contexte où même le poisson salé, pour certains foyers comme celui de Marie-Josée, est devenu un aliment trop cher pour être au menu, ce sont les femmes qui ont pour mission de trouver de quoi mettre dans les assiettes des enfants et du mari. Malgré les difficultés, elles arrivent à relever le challenge que leur impose une économie mondiale en détresse…
Quand on se serre la ceinture, on évite d'en parler par crainte du qu'en dira-t-on
Anne éclate de rire. Pourtant, cette mère de quatre enfants de 14 à 6 ans a toutes les raisons de grincer les dents. Sa bête noire, la vie chère, lui fait voir de toutes les couleurs. Mais, au fil des confidences, Anne qui raconte comment elle est passée de "trois tasses de thé par jour à deux, quand ce n'est pas une tasse selon les situations", explique qu'elle choisit de parler de son cas sous le couvert de l'anonymat pour lui éviter une situation cocasse; celle de voir ses poches débarquer chez elle avec des paquets de thé! Contrairement à Chantal et Marie-Josée, Anne, sans emploi, fait partie de la classe moyenne. Quand on se serre la ceinture, on évite d'en parler. "Ce n'est pas toujours évident d'en discuter par crainte du qu'en dira-t-on", concède Anne. Son paquet de thé mensuel, c'est à la paroisse de sa ville que Chantal va le chercher. "Cela fait un an que je reçois, à chaque fin de mois, un paquet de thé, un sachet de grains secs et une boîte de lait de la paroisse. Je me suis inscrite pour cette aide, parce que je n'arrivais plus à m'en sortir", confie Chantal. Depuis que sa santé s'est détériorée, cette dernière, qui est femme de ménage, a été forcée de réduire son rythme de travail. Résultat, il y a des fin de mois où l'argent n'est pas toujours au rendez-vous. Son mari, maçon, est payé à la semaine. "La ousi kan éna travay", précise Chantal. Le salaire ramené, dit-elle, "fini plis dan manzé". Cependant, les jours de courses, la famille doit se contenter d'un panier considérablement allégé.
Il y a de la place dans le placard. On n'achète plus de céréales, du fromage…
"Je n'achète plus de fromage depuis juin 2008", dit Chantal avec précision. "La benjamine ramène le fromage distribué à l'école, qu'elle partage avec sa soeur", ajoute-t-elle. Désormais, dans le placard de la cuisine, il n'y a plus de complément pour le lait, plus de saucisses en conserve, encore moins le traditionnel "marmite", les céréales, le jus de marque des enfants a été remplacé par un sirop local… Fini les desserts après les repas. Chantal ne se souvient plus de la dernière fois qu'elle a rangé du yaourt au frigo. Et quand il n'y a plus de lait, le thé se boit nature et sucré. "Je ne me souviens même plus de la dernière fois que j'ai mangé de la viande ou du poulet. Telman lontan sa!" Faute de pouvoir se payer des vitamines, Chantal prend du sagou auquel elle rajoute du vermicelle "pour faire de la quantité".
De son côté, Anne, qui gère le budget familial, a diminué la quantité des aliments et autres produits achetés de moitié, rayé le plus de conserve possible de sa liste. Et revu les marques de cosmétique à la baisse! Quant aux plaisirs que procurent ses charcuteries préférés, ces sensations-là, Anne les accorde au passé. "Par contre, je fais tout pour ne pas priver mes enfants", souligne la mère de famille. Les commandes de gâteaux qu'elle reçoit de temps en temps est dans ce cas une rentrée d'argent non négligeable. Pour s'assurer que leurs enfants ne manquent de rien, Anne et Chantal sont souvent disposées à sacrifier la facture d'électricité.
"Mo trouve nwar kan mo bizin trouv kiksoz pou met dan zot dipain"
Pour sa part, Marie-Josée, qui s'est lancée dans la fabrication et la vente de "mines" compte sur ses maigres revenus et le soutien financier de deux de ses quatre enfants pour faire bouillir la marmite. "Mo trouve nwar kan mo bizin trouv kiksoz pou met dan zot dipain", confie Marie-Josée. Entre la pomme de terre et les oeufs, qui ont remplacé le "burger", le choix n'est pas très large. Pas de beurre chez Marie-Josée. "Trop cher! De plus, une fois le paquet ouvert, il n'en restera plus les minutes suivant!", dit-elle. Cette dernière, qui achète le minimum de denrées alimentaires, et ce au fur et à mesure que la nécessité se fait sentir, a aussi éliminé les boîtes de conserve de sa liste. Tout comme la lessive en poudre pour la machine à laver. "Mais je la remplace par du liquide pour vaisselle! Que voulez-vous? Je n'ai pas de choix", explique Marie-Josée.
"Le poulet est un luxe. Je n'achète que des morceaux mis de côté"
En revoyant leur liste de commission à la baisse, Marie-Josée et Chantal ont dû, en contrepartie, improvisé pour, d'une part, continuer à nourrir les leurs et, d'autre part, relever le goût des repas. C'est ainsi que Chantal, s'est même essayée au riz pilaf au saumon et au vindaye de saumon en boîte pour remplacer le poisson frais. "Je fais même du vindaye avec les sardines en boîte", explique-t-elle. Le pain rassis ne va pas à la poubelle, mais dans un moule pour être transformé en pudding. Lorsque le thon en boîte est en promotion, Chantal en fait une rougaille non sans ajouter un ingrédient magique, qui n'est autre que le teokon. "Le teokon, explique-t-elle, apporte de la consistance au plat. Li fer rougay la vinn buku." Pour le pain des enfants, Chantal a trouvé une bonne alternative-et pas chère- à la confiture industrielle. Il s'agit de la confiture de mangue et de papaye respectivement, faite maison. "Cette confiture sert aussi parfois de dessert", dit-elle. Mais, chez Chantal, la papaye se retrouve aussi en cuisine. En fricassée ou en curry, ce fruit (vert) remplace parfaitement le chou-chou. "Je fais même du kutchia avec de la papaye", ajoute Chantal. Plus loin, dans la cuisine de Marie-Josée, on trouve une autre déclinaison de la papaye. Et cette dernière de confier : "Le poulet, la viande de qualité et le poisson sont un luxe pour moi. Je n'en achète pas. J'achète des morceaux de poisson accrochés aux arêtes que je fais cuire avec de la papaye. Le poulet, c'est pareil… J'achète des morceaux qu'on met habituellement de côté, comme le cou, que je prépare, toujours avec la papaye." Les quelques morceaux de carottes qui ne sont pas utilisés dans la préparation des mines, nous dit encore Marie-Josée, agrémentent le riz au ajinomoto du dîner. A l'heure du repas, confie cette dernière, personne ne s'en plaint. Quand le réfrigérateur est vide on se contente de ce qu'il y a dans l'assiette…
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Vieux 22/03/2009, 12h20
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Il y a de la place dans le placard. On n'achète plus de céréales, du fromage…
"Je n'achète plus de fromage depuis juin 2008", dit Chantal avec précision. "La benjamine ramène le fromage distribué à l'école, qu'elle partage avec sa soeur", ajoute-t-elle. Désormais, dans le placard de la cuisine, il n'y a plus de complément pour le lait,


Bien triste tous sa,enn enfant bisin produit laitier tous les jours pou zot croissance ena pays kot ena bcp gaspillage
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Vieux 22/03/2009, 13h34
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Le gaspillage de nourriture est une affaire de société avant tout car chaque personne est en mesure de fournir une partie de la solution. Les consommateurs possèdent un pouvoir d'achat mais aussi un pouvoir de gaspiller la nourriture mais ils devraient penser que pleins d'autres vivent dans la privation à travers le monde.



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Vieux 23/03/2009, 01h12
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Dans la vie chakene besoin gette so priorite.

Rocco
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Vieux 23/03/2009, 07h20
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Le gaspillage de nourriture est une affaire de société avant tout car chaque personne est en mesure de fournir une partie de la solution. Les consommateurs possèdent un pouvoir d'achat mais aussi un pouvoir de gaspiller la nourriture mais ils devraient penser que pleins d'autres vivent dans la privation à travers le monde.



Je suis d'accord avec toi mais j'appuierai que cela se passe dans les pays où il y en a de trop car lorsque je regarde une émission sur certaines régions,cela me fait pitié en regardant les images. Les dirigeants devraient avoir honte quand ils étalent leur fastes alors que le peuple vit dans la pauvreté.
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Vieux 24/03/2009, 16h46
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Pomme d'amour : Rs 100 le demi-kilo


Le prix de la pomme d'amour n'a cessé de grimper ces deux dernières semaines pour atteindre Rs 100, depuis hier, dans différents marchés du pays. La situation n'est guère mieux concernant d'autres légumes.
" Inconcevable ", affirment des consommateurs ; d'autres trouvent que " pe fer dominer ar nou ". Des maraîchers répondent que c'est la loi de l'offre et de la demande. " Il n'y a pas beaucoup de plantations de pommes d'amour ces temps-ci. Tout le monde sait comment cela se passe à l'encan. À Rs 2 500/3 000, voire Rs 4 000 la caisse de 20 kg, comment vendre la pomme d'amour à moins de Rs 100 le demi-kilo ? " s'interroge un maraîcher au marché de Port-Louis. Mais quand le consommateur paie la pomme d'amour à ce prix, le chou à Rs 40 l'unité, la carotte à Rs 40 le demi-kilo, la courgette à Rs 75 l'unité et le margoze à Rs 50, il ne peut s'empêcher de noter : " Be, nou pran tou nou lapey nou met dan legim. "
Les raisons de cette hausse des prix ? Il y en a plusieurs, déclare Tunraz Rampall, président de la MAMCF. D'abord, le mauvais temps, qui a prévalu depuis le passage du cyclone Gaël en février dernier, a perturbé les plantations de légumes, surtout des plantes les plus fragiles comme celle de la pomme d'amour. " La plupart des plantes qui étaient en rapport sont mortes alors que celles qui étaient petites ont dû subir les grosses pluies, par la suite. Elles n'ont pas résisté à de telles charges. Ce légume a absorbé beaucoup d'eau et aussi d'humidité qui ont fait qu'ils ont commencé à pourrir très vite ", souligne M. Rampall.
Une autre raison avancée par notre interlocuteur est le manque d'investissements dans la culture de pomme d'amour, qui, dit-il, est capital intensive. Pour un arpent de plantation, il faut au minimum Rs 80 000 afin de permettre aux plantes d'atteindre la première récolte. " Les planteurs n'ont pas les moyens d'investir autant d'argent. La situation climatique difficile l'oblige à ne pas prendre de risques ", déclare M. Rampall. Le manque de main-d'œuvre est une autre raison qui fait que les planteurs ne sont pas prêts à investir dans cette culture. " Il nous fait trouver de la main-d'œuvre pour entretenir les plantes et pour répandre les pesticides toutes les semaines, entre autres travaux ", explique-t-il.
La solution, selon lui, reste la culture protégée des légumes. " Nous connaissons tous les dégâts causés par le changement climatique ; des fois on a de grosses pluies et d'autres fois, des sécheresses. Donc, le seul moyen d'avoir des légumes régulièrement et à des prix raisonnables c'est de se tourner vers la culture protégée qui comporte plusieurs autres avantages, outre celui du prix : l'utilisation de moins de fertilisants et de pesticides, une bonne gestion de l'irrigation et une meilleure qualité des légumes qui seront protégés des insectes ravageurs et aussi des maladies ", fait-il ressortir.
Le problème, encore une fois, reste l'investissement. Le planteur doit trouver environ Rs 800 000 pour un arpent de culture protégée qui sera opérationnelle durant plusieurs années. Au vu de sa situation financière, que compliquent les hypothèques auprès de la Banque de Développement (DBM), il ne peut se permettre d'avoir recours à cette solution. " Nous ne pouvons plus continuer ainsi et les prix des légumes ne devraient pas atteindre de tels sommets. Pour cela, je pense que l'Etat doit aider les planteurs par rapport à la culture protégée, comme c'est le cas en Europe et à La Réunion ", soutient M. Rampall.




Prix des principaux légumes à Port-Louis, ce matin


Pomme d'amour : Rs 80/Rs 100 le demi-kilo
Chou : Rs 40 l'unité
Tomate : Rs 110
Carotte : Rs 40
Chou-Chou : Rs 10
Giraumon : Rs 10
Lalo : Rs 10/Rs 20
Bringelle : Rs 10
Pipengaille : Rs 15
Voëme : Rs 40
Margoze : Rs 50
Concombre : Rs 15/25
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