Une firme australienne en possession de l’ADN de 6 000 Mauriciens : vol, vente ou don - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 18/09/2008, 16h12
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Une firme australienne en possession de l’ADN de 6 000 Mauriciens : vol, vente ou don

Une firme australienne en possession de l’ADN de 6 000 Mauriciens : vol, vente ou don de notre patrimoine génétique ?


Peut-on réellement se fier aux experts qui veulent soi-disant aider ? C’est la question qui taraude certains professionnels de la Santé, à Maurice, après ce qu’il convient d’appeler l’affaire du patrimoine génétique mauricien.

Ces professionnels disent ne pas comprendre comment une compagnie (privée) australienne de biotechnologie se soit retrouvée en possession de l’ADN de Mauriciens. Est-ce qu’un professeur australien, venu faire une étude sur les maladies non-transmissibles à Maurice en 1998, y serait pour quelque chose? C’est ce qu’ils se demandent. D’autant que, premièrement, que l’étude en question nécessitait un prélèvement sanguin sur des patients mauriciens atteints de diabète. Et, deuxièmement, le professeur en question est l’ancien président du Scientific Advisory Board de la compagnie australienne.

C’est à travers des articles de presse, en Australie, que plusieurs médecins mauriciens ont appris que la compagnie australienne dispose d’échantillons d’ADN des Mauriciens. Tout laisse croire que cela a été fait à l’insu des autorités. Car le ministère de la Santé ne s’est jamais prononcé sur la question, en dépit des multiples dénonciations de la doctoresse Meera Manraj.

En effet, cela fait presque sept ans que l’ex-directrice suppléante du SSR Research Centre attire l’attention des autorités sur cette affaire. D’ailleurs, quelques mois de cela, elle a alerté de nouveau le ministre de tutelle, Satish Faugoo. Mais, la réponse de ce dernier se fait toujours attendre.

Soulignons que le 7 décembre 2006, la doctoresse Manraj a même adressé une correspondance au directeur d’alors de la branche locale de l’OMS, le Dr C.N Bissoonauthsing Dans sa lettre, elle s’interroge sur la façon dont la compagnie australienne a pu obtenir des échantillons d’ADN de Mauriciens.

« Ethnic melting pot »
Dans sa lettre au Dr Bissoonauthsing, la doctoresse Manraj donne aussi des détails sur l’étude du professeur australien. Elle explique qu’à travers un institut qu’il dirige, ce professeur a collaboré avec le ministère de la Santé à trois reprises – 1987, 1992 et 1998 – pour une étude sur les maladies non-transmissibles.

La doctoresse Manraj révèle qu’en 1998, 5 000 patients mauriciens ont été appelés à participer à l’étude du professeur australien. Dans le cadre de l’étude, il leur a été demandé de subir un prélèvement sanguin. Est-ce à partir de cela qu’un échantillon de leur ADN a été prélevé ?

La doctoresse Manraj en est convaincue. Un certain Satya Ratnam aussi. Ce dernier, qui a écrit un article très flatteur sur le professeur australien dans la dernière édition du Mauritius Times, évoque un lien entre cette étude et la compagnie australienne. « The blood samples taken from the patients were kept at the SSR Centre and a propostion of them was sent to IDI (International Diabetes Institute) to be analysed for DNA Extractions and Genotyping, as no such facilities exist in Mauritius. For the latter, an external genotyping contractor (le nom de la compagnie) was engaged », écrit-il.

Si tel est le cas, c’était illégal. Car aucun comité d’éthique, au niveau de l’Université de Maurice, n’a approuvé un prélèvement d’ADN. Même si l’étude, donc la prise de sang, avait été approuvée.

L’ancienne directrice du SSR Re­search Centre sera par la suite surprise d’apprendre qu’une compagnie austra­lienne de biotechnologie est en possession de l’ADN de Mauriciens. La compagnie en fait d’ailleurs état sur son site Internet en 2001. Elle évoquait un « human tissue and DNA repository for studies on Diabetes and Obesity including 6 000 samples from Mauritian population ». Soulignons par la suite que cette information a été retirée après que la compagnie en question ait changé de nom.


De plus, dans un article daté du 5 novembre 2001, paru dans le jourmal The Australian, ladite compagnie se targue d’avoir une DNA Database qui comprend celui des Mauriciens : « The formation of a DNA database is based on securing the rights to the genetic make-up of 300 000 Tasmanians, the whole of the island of Tonga in the South Pacific, and the people of Mauritius in the Indian Ocean of Africa, an ethnic melting pot which contains people – Chinese, Indian and Creole – from some of the world’s largest ethnic groups. »

Plus loin, l’article fait état de l’alliance stratégique entre l’institut du professeur et la compagnie australienne pour mener à bien une étude génétique sur le diabète et l’obésité à travers un « secured access to populations with a range of different racial backgrounds and high prevalence of diseases ».

Sur son site, cette compagnie de bio­technologie révélait également qu’elle était en possession des échantillons d’ADN de Mauriciens. « This repository currently holds over 44 000 serum and DNA samples collected from popula­tions in Tasmania, Mauritius, Australia and a number of Pacific Islands. The sam­ples include substantial window.google_render_ad();
data on medical histories, demographics and disease phenotypes…», était-il précisé sur le site.

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Les droits des Mauriciens bafoués
C’est ce qui explique les dénonciations de la doctoresse Manraj. Elle estime que les droits des Mauriciens ont été bafoués puisque l’ADN est le patrimoine de chaque être humain. D’ailleurs, à plusieurs reprises, au cours des comités au SSR Research Centre, elle a évoqué cette affaire.

C’est en 2002 qu’on note une première réaction des Mauriciens. En effet, Ashock Jugnauth décide de mettre fin à la collaboration entre le ministère de la Santé et l’institut du professeur. Mais, la doctorese Manraj aura à subir le contrecoup de ses dénonciations. Le SSR Research Centre est rebaptisé SSR Resource Centre et son budget pour la recherche est supprimé. Ainsi, depuis 2004, son activité principale demeure l’enseignement de la médecine. De plus, il fonctionne entièrement sous l’égide de l’Université de Maurice. Ce seraient les nombreux conflits entre les employés de ce centre, au sujet du professeur australien, qui auraient mené à cette décision. Mais, à partir de 2006, le professeur fait son come-back à Maurice.Grâce à de puissants lobbies, il est revenu sur la scène locale par le biais d’un accord entre son institut et le ministère de la Santé pour aider dans la lutte contre les maladies non-transmissibles.

Depuis, il tente vainement de convaincre le ministère de donner son feu vert pour une étude génétique sur les maladies non-transmissibles - Genetic Health Database - à Maurice. Il avait fait cette même proposition, par le biais de la compagnie australienne de biotechno­logie, au début du nouveau millénaire. Mais, elle avait été rejetée par l’Université de Maurice (2000), le ministère de la Santé (mars 2001), le Board of Investment (2002) et, enfin, le Mauritius Research Council.

Les échantillons sanguins stockés à Moka
C’est dans les anciens locaux du défunt SSR Centre for Medical Studies and Research, à Moka, que les échantillons sanguins des patients qui avaient participé à l’étude sur les maladies non-transmissibles en 1998 étaient stockés. En 2004, avant le déménagement dans les locaux de l’UoM, la doctoresse Manraj avait informé le ministère de la Santé de la présence de quelques échantillons.

Elle voulait savoir ce qu’il fallait en faire. N’obtenant pas de réponse du ministère de la Santé, quant à la marche à suivre, l’ex-directrice suppléante du SSR Centre for Medical Studies and Research a décidé de les détruire. Car elle est fermement persuadée que cela constitue une entorse aux droits des patients que de remettre leur ADN à leur insu à une compagnie étrangère.

Sollicitée par Le Défi-Plus, elle a confirmé toutes nos informations mais se garde de faire de commentaires pour le moment. Plusieurs parlementaires, dont des ministres, ont été informés de cette affaire jugée comme étant un grave scandale.

Étude génétique à Maurice : vaines tentatives de la compagnie
En 2000, le professeur australien et deux représentants de la compagnie australienne de biotechnologie étaient en visite à Maurice du 13 au 16 août en vue d’un ‘Forthcoming signing of Agreement’ pour une étude génétique à Maurice.

Ils avaient rencontré, entre autres, le Dr P. Chitson, responsable d’alors des maladies non-transmissibles du ministère de la Santé et le Dr N. Gopee, alors directeur de la branche locale de l’OMS et l’actuel Director General of Health Services du ministère. Cependant, cet accord n’a pas été signé puisqu’en décembre de la même année, un scandale, lié à cette affaire, a éclaté dans les îles Tonga.

En mars 2001, un autre représentant – d’origine mauricienne - de la compagnie australienne avait tenté d’obtenir l’autorisation du ministère pour une « Mauritian Health Database to study genes and genetic variations involved in the development of all human diseases found in Mauritius ». Mais le ministère de la Santé avait campé sur sa positions. La compagnie australienne a fait d’autres tentatives auprès du Mauritius Research Council (mai 2001) et du Board of Investment (mars 2002). Mais, celles-ci sont demeurées vaines.

Les questions adressées au ministère de la Santé
Voici les questions que nous avons adressées au ministère de la Santé, depuis mardi, et que ce dernier a choisi de ne pas répondre. Car, à l’heure où nous mettions sous presse (vendredi midi), ses réponses ne nous étaient pas parvenues. Faute de les publier, nous proposons aux lecteurs de lire les questions que nous avons envoyées. Aux lecteurs de dire si elles étaient pertinentes ou pas sur un sujet aussi important que notre patrimoine génétique...
  • Le ministère est-il au courant que (le nom de la compagnie) est en possession d’échantillons d’ADN des patients mauriciens ? Si oui, a-t-il donné son accord ?
  • Est-ce à travers une étude d’un professeur australien que ces échantillons ont été envoyés à cette compagnie australienne ?
  • Les patients concernés étaient-ils au courant ?
  • Ces échantillons ont-ils été achetés par (le nom de la compagnie) ? Si oui, comment Maurice a-t-elle bénéficié de cette offre faite à (le nom de la compagnie) ?
Silence radio de la compagnie australienne
Nous avons envoyé des questions à la compagnie australienne. Nous lui avons demandé comment elle avait fait pour avoir l’ADN de patients diabétiques mauriciens. Mais, elle n’a pas répondu non plus
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Vieux 18/09/2008, 16h14
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Le professeur australien : « De fausses allégations ! »

Le professeur australien : « De fausses allégations ! »


Interrogé par Le Défi-Plus, le professeur australien qualifie cette affaire de « vieille histoire ». Il dit en avoir ras le bol avec ces « jeux ». « Maurice a un fort taux de diabète et nous voulons aider le ministère de la Santé à le combattre », précise-t-il.

Il évoque le nom de la doctoresse Manraj, qui avait soulevé cette affaire, qui, pour lui, « has no validity ». Il fait ressortir que l’affaire avait été évoquée récemment avec le ministre Satish Faugoo et qu’elle a été jugée comme n’ayant aucun fondement. Il ajoute également qu’il avait mis la doctoresse Manraj en garde contre ses accusations qu’il qualifie de très « diffamatoires. »

Il précise que l’étude sur le diabète en 1998 avait été menée à la suite d’un partenariat entre son institut et le ministère de la Santé. Son institut a financé cette étude,
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approuvée par le comité d’éthique de l’Université de Maurice.

Il fait ressortir que l’affaire est revenue sur le tapis en janvier dernier, lors de sa visite à Maurice pour une réunion au ministère de la Santé. « These claims were again refuted to the entire satisfaction of the Ministry and Mrs Veerapen apologized for the wrong perceptions on the matter and agreed to send me a letter to this effect », affirme-t-il.

Par ailleurs, il nie catégoriquement être intervenu pour que la compagnie australienne ait accès à l’ADN de patients mauriciens. « Any testing of blood samples was done to establish a way of predicting which people might be at risk of diabetes, a very important aspect of trying to reduce the number of people with diabetes in Mauritius », se contente-t-il de préciser tout en éludant la question sur la façon dont la compagnie australienne a pu avoir des échantillons d’ADN de patients mauriciens en sa possession.

Il conclut en nous avertissant des implications légales que notre article pourrait avoir.
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Vieux 18/09/2008, 16h15
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Le cas Tonga

Le cas Tonga


En 2001, après une tentative de la firme australienne de convaincre le ministère de la Santé de donner son aval pour une étude génétique sur toutes les maladies à Maurice, la doctoresse Manraj avait prévenu les autorités des risques. Elle a souligné que la même compagnie avait un accord similaire avec le ministère de la Santé des îles Tonga et a pu obtenir l’ADN de tout le peuple de ce pays. Mais, dans les îles Tonga par la suite, les défenseurs des droits humains se sont opposés à cet accord.

La doctoresse Manraj soulignait que cette compagnie australienne allait avoir mainmise sur le patrimoine génétique des Mauriciens pendant cinq ans. « Through that agreement which would bring only Rs 25 000 000 for collection of DNA and medical resources on Mauritian citizens, (le nom de la compagnie) would hold a monopoly of genetic studies in Mauritius for five years or more, excluding de facto perspectives of collaborations with other institutions, academic, pharmaceutical companies or other biotechnology companies. The amount of money which can be generated by (le nom de la compagnie) through contracts with pharmaceutical companies for resources provided for each and every disease is potentially worth 10 to 100 times what they are providing us in the Agreement », prévenait-elle dans une lettre adressée au ministère de la Santé, le 19 mars 2001.

Suite à la mise en garde de la doctoresse Manraj, le ministère de la Santé n’a pas agréé à la demande de la compagnie australienne pour cette étude génétique sur toutes les maladies à Maurice. La doctoresse Manraj mettait l’accent sur laa nécessité de l’île Maurice d’avoir, plutôt, sa propre banque génétique pour des études.
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Et ce, en s’inspirant des pays comme l’Estonie, afin d’avoir un contrôle total sur son patrimoine génétique.

Pour revenir aux îles Tonga, précisons que c’est en 2000 que la compagnie australienne a conclu un accord avec le ministère de la Santé. Mais, après les protestations des défenseurs des droits humains, furieux que le patrimoine génétique de la population du Tonga se retrouve entre les mains d’une firme privée, le gouvernement a annulé l’accord. Dans un article, écrit en mars 2001, le théologien Sr Keiti Ann Kanongata a dénoncé l’exploitation commerciale du patrimoine génétique du peuple des îles Tonga par cette compagnie. Il a qualifié cette affaire de « biopiracy », impliquant des donneurs (les citoyens des îles Tonga), la compagnie et le « middleman who is the negociator and the go-between ».

Sr Keiti Ann Kanongata pose des questions pertinentes. Il se demande notamment si ceux qui ont donné leur ADN étaient dûment informés de la démarche de la compagnie. « The community rights and their social structure, cultural norms, traditions and customs must be taken into consideration with highest respect before and always during the process of biotechnology. Patent rights sells life just like the sale of Sunday hot bread in Tonga…. Does the provider of the raw material, be it blood, hair, seed, knowledge or whatever, have prior rights? How can gene engineering be free of dehumanizing manipulation? », s’interrogeait-il.

Cet article a été publié en 2007 dans le livre « Pacific Genes & Life Patients - Pacific Experiences and Analysis of the Commodification and Ownership of Life ». Ce bouquin est copublié par Call of The Earth Llamado de la Tierra et The United Nations University Institute of Advanced Studies.
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