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Vieux 15/09/2008, 09h38
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analphabète à maurice

24 heures dans la vie d’une analphabète
Retirer de l’argent au distributeur, lire son courrier ou écrire son nom. Ces tâches simples sont de véritables épreuves pour 15 % de la population mauricienne, selon un rapport du « Human Resource Development Council » (HRDC). Voici à quoi ressemble la journée ordinaire d’une analphabète.

6 heures. Joëlle (prénom fictif), 42 ans, veuve, deux enfants et analphabète, se lève. Une journée qu’elle aborde avec appréhension. « J’ai beaucoup de démarches à faire aujourd’hui : faire les courses, passer à la banque. Rien que d’y penser je me sens angoissée », avoue-t-elle. Comme un Mauricien sur quinze, Joëlle ne sait ni lire, ni écrire. « Je suis l’aînée de la famille. A cause de la misère, mes parents m’ont retirée de l’école alors que j’étais en ‘first’. Il fallait travailler pour nourrir la famille », déclare-t-elle. Depuis le décès de son mari, il y a un peu plus d’un an, elle est seule à élever ses enfants, âgés de 10 et 13 ans. Elle est livrée à elle-même dans une société où être alphabétisée est plus qu’indispensable. « Jusqu’à ce que mon mari soit atteint du cancer, il assurait les tâches administratives de la maison. Mais depuis sa mort, c’est très difficile », explique-t-elle.



9 heures. Elle se rend à la banque. Joëlle doit effectuer un dépôt sur son compte. Sachant qu’elle est seule et que personne ne pourra remplir le bordereau à sa place, c’est angoissée qu’elle pousse la porte de l’établissement. « En général je suis accompagnée d’une amie, mais elle n’a pas pu venir aujourd’hui. Il va falloir que je me débrouille seule pour remplir mon formulaire », souligne-t-elle. Joëlle a une stratégie et repère un agent de la police dans la banque. Elle lui explique qu’elle a oublié ses lunettes et qu’elle ne peut remplir seule son bordereau.

« Nous sommes obligés de mentir pour obtenir de l’aide. Il faut être malin. Peut-être qu’il a compris que je ne sais pas lire, mais c’est plus facile de dire qu’on a oublié ses lunettes plutôt que d’avouer qu’on est analphabète. » A la sortie de la banque, elle décide de faire un retrait. Une chose que Joëlle a appris à faire. « Avant j’étais obligée de donner mon code à une personne pour qu’elle le fasse à ma place, mais je me suis rendue compte qu’elle m’avait volé Rs 3000. Depuis, j’ai décidé qu’il fallait que je le fasse seule ». C’est en effectuant un travail de mémorisation, mais aussi de repérage, que Joëlle arrive à faire des retraits au distributeur. Elle explique : « C’est simple. Je sais que le bouton vert signifie ‘OK’ et le rouge ‘Annuler’. Lorsque l’écran change, c’est qu’on change d’étape. La touche située au-dessus c’est pour faire un retrait rapide, j’appuie dessus et les sommes s’affichent. A partir de là, je sélectionne ».



11 heures. Joëlle décide de faire ses courses dans une grande surface. Pour s’y rendre, elle doit prendre le bus. Un autre défi. Arrivée à l’arrêt de bus, elle demande au receveur dans quelle direction il se rend. Ce dernier, désignant l’affichage du bus, lui lance : « Pa pé trouvé cote li pé allé ?! ». Un affront pour Joëlle. « Les gens ne réfléchissent pas. Ils oublient que dans cette société, il y a des personnes qui ne savent pas lire. C’est dans ce genre de situation qu’on se sent totalement exclu », dit-elle. Se déplacer est très difficile. Elle ne sort que très rarement et préfère être accompagnée, ce qui n’est pas évident. « Ce n’est pas facile d’avoir quelqu’un à sa disposition. On n’est pas autonome, on dépend des autres pour tout. » Elle se souvient s’être trompée de bus. « Je suis montée dans le bus qui allait en direction de Bel Ombre, alors que je voulais aller à Rivière des Anguilles. Ça été très dur, je me suis sentie ridicule. »



12h30. Cette mère de famille arrive enfin à destination. Une fois au supermarché, elle fait ses courses comme n’importe quel client.

Elle distingue les produits les uns des autres et arrive à faire la différence entre la marque de deux bouteilles de soda. Elle explique : « J’ai développé un système de code. Pour moi les lettres sont des signes, j’arrive à les distinguer, mais je ne sais pas ce qu’elles signifient. C’est ce qui me permet de différencier les choses. »

Si Joëlle s’en sort comme un chef dans les rayons, ça se complique lorsqu’elle décide de se rendre aux toilettes du magasin. « Gents » et « Ladies », sont les écriteaux permettant de distinguer les deux portes. Joëlle va attendre qu’une personne se présente. Si c’est une femme elle empruntera la même direction, et la direction inverse, si c’est un homme. Une situation embarrassante.



16 heures. Elle est de retour. Ses enfants reviennent de l’école et une fois de plus, ils doivent se débrouiller seuls pour leurs devoirs. Joëlle préfère se retirer dans la cuisine et préparer le dîner. Un moment difficile car elle ne peut aider ses enfants. « Je me sens totalement impuissante. Ils me demandent parfois de l’aide, mais je ne peux rien. C’est dur de devoir les abandonner à ce moment », avoue Joëlle.



20 heures. Une des ses voisines lui rend visite, comme chaque soir. Elle vient lui lire son courrier.

« J’ai des courriers confidentiels, je dois me les faire lire par d’autres. C’est très embarrassant parce que tout le monde est au courant de mes affaires », mentionne-t-elle.

Depuis quelques mois, Joëlle prend des cours d’alphabétisation au sein de l’association Caritas. Une décision difficile à prendre, à l’âge de 42 ans, mais nécessaire pour son bien-être. « La première fois où j’ai pu écrire mon nom a été un véritable moment de bonheur.


Ça peut vous paraître idiot, mais je me suis sentie vraiment fière », conclut-elle.







QUESTIONS A … JOSIAN LABONTE, RESPONSABLE DU PROJET ALPHABETISATION FONCTIONELLE A CARITAS

«15 % de la population mauricienne est analphabète »



Le mardi 8 septembre était dédié à la lutte contre l’analphabétisme. Existe-t-il un recensement de la population analphabète à Maurice ?


Selon le rapport du HRDC, 15% de la population mauricienne est analphabète. Les personnes les plus touchées sont issues de la classe pauvre.

Il y a autant d’hommes que de femmes, toutes générations confondues.



Quelles sont les facteurs qui conduisent à l’analphabétisme ?

La pauvreté est le principal facteur, mais il y en a plusieurs. Par exemple, les enfants issus de parents séparés, peuvent être concernés. Le système éducatif est aussi responsable car tel qu’il est, il ne permet pas de détecter les enfants en difficulté. Il faudrait réformer le système car l’apprentissage en anglais ne favorise pas tous les enfants.



Comment Caritas vient-elle en aide aux analphabètes ?

Il y a environ 35 bénévoles de Caritas répartis dans les différents centres à travers l’île. Nous fonctionnons selon une méthode d’apprentissage fonctionnel. On apprend aux gens à parler, écrire et lire. L’objectif est de leur permettre de pouvoir exister dans la vie de tous les jours.






Alexandra ORAISON

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Vieux 22/09/2008, 10h02
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POINTE-AUX-SABLES
Le Centre Firinga devient un complexe polyvalent


Monique Prosper fait du travail social. Le Centre Firinga à Pointe-aux-Sables sera converti en complexe polyvalent. Il y aura une garderie et une crèche. De plus, il sera utilisé pour conseiller les toxicomanes de la région et pour des réunions.

Jean-Claude Caroopen, travailleur social à Pointe-aux-Sables, est persuadé que cette école maternelle et cette crèche libéreront les parents de certaines tâches. «Nous voulons empower les parents. Ils pourront s’adonner à une activité rentable ou aller travailler. De plus, nous voulons que tout le monde ait accès à l’éducation», déclare le travailleur social.

Quelque 24 personnes avaient bénéficié d’une formation pour gérer les problèmes sociaux et familiaux. Ils seront désormais appelés à former d’autres personnes dans leur spécialité respective. Le bâtiment sera aussi utilisé pour des cours d’alphabétisation pour adultes.

Monique Prosper, autre travailleur social de Pointe-aux-Sables, déclare que la National agency for the treatment of substances abusers a promis son aide pour encadrer ceux qui ont des problèmes de drogue.

Par ailleurs, Jean-Claude Caroopen, conseiller municipal, annonce un projet qui vise à encourager les jeunes à se lancer dans le social. Ils devront s’occuper de l’environnement et de sport.






Patrick ST PIERRE
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Vieux 22/09/2008, 11h15
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Beaucoup parmi nous na pa realiser ki chance nou fine ena ki nou parents fine ena le moyen et encourage nous pou apprane lire et ecrire. Mo ena contacts ki kand to mette ene simple passage devant zote, zote vine aveugle immediatement et ca C bien triste.
Alphabete C ene outille important dans la vie ca.

Rocco
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Vieux 22/09/2008, 13h33
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Beaucoup parmi nous na pa realiser ki chance nou fine ena ki nou parents fine ena le moyen et encourage nous pou apprane lire et ecrire. Mo ena contacts ki kand to mette ene simple passage devant zote, zote vine aveugle immediatement et ca C bien triste.
Alphabete C ene outille important dans la vie ca.

Rocco
To ena raison Frero, nous ena beaucoup de chances fine capave lire et écrire, Mo mama pas ti conne ni lire ni écrire mais li fine toujours encourage moi pour faire l'études. C'est vrai aussi qui l'époque nous ban grand parents pas ti ena facilité et l'opportunité pour lire et écrire car ban dimoune misere ti pe travaille bonheur et pas ti gagne chance pou alle l'ecole. Azordi mo encourage tout ban zene pour continuer apprane et persévéré dans l'étude.
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