Développement durable à MAURICE - Page 2 - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 20/10/2008, 16h52
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JOËL DE ROSNAY
«Le gouvernement aurait dû donner l’exemple en matière de biocarburants»
Maurice île durable à nouveau au centre des débats. Mais ils se veulent plus larges. Parce que le projet est global et procède d’une approche systémique et intégrée. Tour d’horizon du projet et des dossiers connexes avec son concepteur, le Professeur Joël de Rosnay.
On a peut-être trop réduit le projet Maurice île durable (MID) à l’aspect énergétique. Or, c’est un projet bien plus global. Quels en sont donc les autres aspects fondamentaux ?

Le projet MID a été lancé sur la base de la crise énergétique et la nécessité de penser à de nouvelles sources et aux économies d’énergie. En fait, MID est plus large que nous ne l’avions imaginé au départ. Le projet touche à tout l’environnement, c’est-à-dire aux enjeux urbains, sociaux, d’emploi, de formation, de recyclage des déchets, de la gestion de l’eau et de l’air, de l’esthétique des bâtiments. Le projet prend de l’ampleur dans toutes ces dimensions.


A la faveur du remaniement ministériel, le «Deputy Prime Minister» (DPM) Rashid Beebeejaun a été nommé également ministre des Energies renouvelables. MID est un projet global, dites vous. N’aurait-il pas fallu privilégier la forme interministérielle sous l’égide du bureau du Premier ministre par exemple ?


Le DPM a une place clé. C’est un des personnages les plus importants du gouvernement. Très tôt, le Premier ministre (PM) a mis sur pied un steering committee regroupant les ministères des Services publics et Energies renouvelables, des Finances, de l’Environnement, du Tourisme. Des mesures importantes ont été prises dans le cadre de cette coordination interministérielle et chacun pense qu’il faut aller plus loin dans cette démarche. Pour le moment, il est primordial de rassembler les différents ministères sous l’égide d’un grand ministère, ce qui est le cas aujourd’hui. Mais d’autres possibilités sont envisagées. Par exemple, un select committee composé de députés de la majorité et de l’opposition et dirigé par un chairman.


Peut-on imaginer une structure alliant vision politique et citoyenne aux capitaux des entreprises privées, une structure indépendante sous la forme d’un partenariat public-privé ?


En voyant ce qui a été fait avec l’Empowerment Programme et son succès dans la lutte contre la pauvreté, je pense que cela peut être une option. Cette structure, qui est devenue une fondation, jouit d’une grande liberté dans le recrutement des collaborateurs, le choix des thèmes… Ce modèle pourrait être transposé en faveur des énergies renouvelables et de l’environnement. Par ailleurs, la mise en place d’un plan stratégique nécessitera une grande ouverture vers le public, les citoyens. Reste à définir la forme…


Vous avez parlé de l’importance de la matière grise. Comment intéresser le secteur privé aux recherches universitaires ?


Cela se structure à l’échelle internationale. Toutes les grandes universités ont un système de valorisation de leurs découvertes. J’ai créé un système de valorisation à l’Institut Pasteur en France. J’avais recruté des gens pour travailler dans un service qui fait la promotion des brevets, des recherches, des découvertes, des publications des chercheurs, pour que les industriels puissent passer des contrats sur des actions précises. L’université de Maurice (UoM) doit se doter d’un tel système. Les recherches sont remarquables ici. Les départements de chimie et de biologie mènent des travaux très pointus sur la fermentation lignocellulosique, les parfums, les plantes médicinales. Malheureusement, ils ne sont pas assez connus. Je suis disposé à partager mon expérience en la matière en vue de créer un système de valorisation.


Quels sont les exemples concrets de projet dans la logique de MID ? L’hôtellerie pourrait-elle être un fer de lance en la matière ?


Le terme de fer de lance est approprié. L’hôtellerie a un rôle moteur. Elle gagnerait beaucoup à transmettre aux touristes la notion de green tourism. Il y a de nombreux exemples concrets. L’eau chaude fournie par panneaux solaires ou le pompage de l’eau de mer à 6°C au-delà du récif pour alimenter les climatisations, qui représentent 30 % de la facture électrique d’un grand hôtel du littoral. Et cette technique existe, ce n’est pas une utopie. Il y a les digesteurs à biogaz pour fabriquer de l’électricité à partir des déchets. On peut installer, dans certaines zones, sans abîmer le paysage, des éoliennes pour les combiner avec le biogaz. Les usines de dessalement, certes très demandeuses en énergie, peuvent être couplées à ces systèmes. L’industrie hôtelière a donc un grand rôle à jouer. Des contacts ont été pris dans ce sens.


D’autres petits opérateurs indépendants peuvent également participer du projet…


Oui. Ce sont des familles, des petits propriétaires terriens qui ont céder des terres dans le cadre des Integrated Resorts Scheme (IRS), RES ou regroupements sucriers. Ils nous demandent des conseils pour l’installation d’éoliennes, de centrales à biogaz ou hydroélectriques. C’est le concept de dé-centrale. On peut aller vers un éclatement sur le territoire de la production d’énergie. Aussi, nous réfléchissons à un clearing house pour la diffusion de l’information à ceux qui nous font des demandes.


Vous vous êtes exprimé sur le projet de centrale à charbon CT Power. En quoi ne cadre-t-il pas avec le projet MID ?


Je m’exprime publiquement à titre de scientifique. Je connais les centrales à charbon, les critères, les sites, les contraintes, les précautions. Concernant CT Power, les techniques sont anciennes, les déchets stockés près de la mer, et les camions qui achemineront le charbon vont apporter une pollution sonore et visuelle. Il y a aussi des zones habitées et touristiques tout près. Nous en avons discuté avec le PM et on peut penser à des modes alternatifs de production de cette énergie dont on a besoin. Une centaine de Méga Watts pourrait être obtenue d’usines bagasse-charbon dans la région.


La cogénération doit donc être davantage développée ? Peut-on aussi mettre en place une filière «sylvo-énergétique» utilisant le bois ?


La cogénération est mal connue. Elle permet de produire de la chaleur et de l’électricité dans un même processus bien plus efficace que la production de l’un ou de l’autre, et avec moins de pollution. Les gens ne pensent souvent qu’au solaire, à l’hydraulique ou l’éolien. On oublie qu’il y a le bois. La Suède a fait des efforts considérables pour alimenter par des trémis des grandes chaudières qui chauffent des maisons et des villes entières. On utilise des copeaux de bois traités avec de la résine, un formidable combustible. La condition est de bien gérer les forêts. Il y a aussi la géothermie. Maurice est une île volcanique. Sous nos pieds, il y a de la vapeur à haute température à exploiter. Par ailleurs, le biogaz en Chine est très utilisé. Enfin, l’énergie des vagues se développe rapidement. On est passé des prototypes à des produits commercialisés au Portugal, en Espagne ou en Australie. Tout cela est à ajouter au mix énergétique mauricien pour arriver aux 65 % d’autonomie énergétique en 2028, à condition d’avoir une approche systémique et intégrée.
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Vieux 20/10/2008, 16h52
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Suite entretien Joel de Rosnay

«C’est un projet
culturel, citoyen et
social. Il conduit à plus
de solidarité, plus d’entraide,
la croissance et le partage des
ressources.»



On peut aussi aller plus loin dans l’utilisation de la canne.


Les biocarburants et le bioéthanol n’auraient pas dû être abandonnés. Le gouvernement aurait dû donner l’exemple. Les camions de cannes et les bus devraient rouler au biocarburant. Je me réjouis de la baisse des taxes sur les voitures hybrides et bientôt sur les voitures électriques. Cependant, il est vrai qu’il y a une compétition entre food et fuel. On va donc vers une troisième génération de biocarburant. La bagasse brûle mais la gazéification est plus efficace encore. L’UoM est très en pointe sur ce sujet. On est à deux-trois ans de la réussite. Il s’agit de fermentation lignocellulosique. Des bactéries modifiées par génie génétique dégradent la lignine du bois et la cellulose, produisant un jus fermenté avec d’autres bactéries. On obtient ainsi du biocarburant. Et là, ce n’est pas que la canne qui est concernée, mais aussi des plantes à croissance rapide comme le bambou.


Choisir un bus lane plutôt qu’un mode de transport alternatif ne colle pas à la logique MID. Qu’est-ce qui peut être fait en matière de transport pour réduire la pollution, la demande d’hydrocarbures, les embouteillages ?


Le transport, c’est 50 % de la consommation d’énergie mauricienne. Il y a d’autres options. Surtout qu’il faut réduire la facture d’hydrocarbures, qui représente USD 2,2 milliards pour un Produit intérieur brut d’un peu plus de USD 7 milliards. Les Mauriciens travaillent deux jours par semaine pour payer cette facture ! On peut s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, comme la bicyclette à Paris. Des horaires plus flexibles pour réduire les embouteillages, et donc la consommation des voitures et la pollution. Développer le co-voiturage. Cela a pris 20 ans en France pour fonctionner. Il faut être patient.


Vous émettez des réserves quant à la pertinence de l’introduction de l’heure d’été.


Pour Maurice, il faut bien savoir ce vers quoi on va. En France, nous avions des réserves par rapport aux économies d’énergie compte tenu de l’impact du stress et des ruptures dans les rythmes biologiques des gens. Je ne suis pas certain que les économies espérées sont en relation avec les désordres sociaux et de santé, sans compter les pratiques religieuses.


Beaucoup reste encore à faire, notamment en matière d’aménagement du territoire. La ville nouvelle de Highlands pourrait-elle être au moins un laboratoire pour les techniques urbaines de développement durable ?


Pourrait, oui. On parle au conditionnel. Il faudrait se centrer sur les travaux des architectes. On sait faire des bâtiments à énergie positive qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. L’éolien urbain existe, pas sous la forme d’hélices mais de tubes dans lesquels l’air entre. Des panneaux solaires flexibles peuvent être mis comme persiennes. Or, que ce soit Tianli, Highlands, la zone franche ou encore les IRS, on ne s’est pas intéressé, à ma connaissance, aux bâtiments à énergie positive. Ces acteurs -à devraient produire tout ou partie de leur énergie. Malgré les normes Haute qualité environnementale pour les IRS, il faudrait que ces zones deviennent des exemples. La construction devra jouer un grand rôle dans le projet MID.


l● Le projet MID est aussi culturel et citoyen. Il vise à changer les mentalités, à indurer dans la conscience collective de nouveaux réflexes et modes de pensée…


C’est un projet culturel, citoyen et social. Il conduit à plus de solidarité, plus d’entraide, la croissance et le partage des ressources. Trop longtemps les ressources ont été accaparées par quelques-uns et là, il s’agit de les partager. Le projet MID permettra de sortir par le haut des conflits traditionnels. C’est un projet culturel car il vise à nous faire passer de l’égo-citoyen égoïste, qui pratique le chacun pour soi, à l’éco-citoyen solidaire qui pratique le chacun pour tous. ça s’enseigne dans les écoles. D’ailleurs les jeunes sont plus écologistes que leurs parents. Je milite pour un programme massif de formation et de pédagogie avec la télévision mauricienne. Déjà des entreprises locales ont préparé des petites brochures très bien faites. Il faut regrouper le tout pour bien le diffuser auprès du public mauricien, pour qu’il sache ce qu’il peut faire au quotidien, dans sa maison, son entreprise. Bref, pour être acteur du projet.






Gilles RIBOUET
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Vieux 21/10/2008, 03h51
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Mo fin lire des dizaine discours, articles, interviews etc coumsa lor internet durant boucoup letemps. Ena tou sorte qualiter projets, inventions, interventions etc qui supposer pou sauve lumaniter ek nou y compris. Mais the FACT est qui tou in fail pou arrete rechauffement planete et pou fail eventuellement. Qui faire? Parcequi dimoune gourmand. Jamais nanien assey.Humans want more, more, and more until the end of time!! Nou tou connai qui sa actuel crise financiere li fin arriver par greed mais personne fin jamais leve la voix et dire qui global warming aussi fin arriver par human greed. Tou pays pey gallouper comma a chicken with its head cut off pou fix sa crise financiere et act NOW mais en sey qui concerne la santer nou planete zotte pey move pli doucement qui courpas. Maurice ley vin durable mais at the same time grow par 7% par ans!! Comma mo vin dire plus haut growth veut dire expansion et expansion veut dire excessive exploitation lenvironment. Pour planete gagne ene chance to heal itself lumaniter bizin mette ene stop ek so gourmandise. Mo bien pessimiste lor question climate change moi parcequi greed li presque impossible pou eradicate from the human heart. C'est greed qui fin mette planete dans sa position la. Li ludicrous pou penser qui the same greed pou capav tire li dans sa position la. Solution la li simplement dans leker chaque etre humain comme tou ban les autre problem comma communalisme, racisme et etc.
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Vieux 26/10/2008, 11h48
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MAURICE ÎLE DURABLE
Nouveau souffle pour les énergies renouvelables

Trois membres de l’université de technologie de Compiègne, en France, travailleront sur une étude du potentiel éolien et hydroélectrique à Maurice. Ils comptent aussi prélever des données à Saint-Félix en vue d’y installer des aérogénérateurs pour la production électrique.

Jusqu’ici, le CEB a installé trois éoliennes à l’île Rodrigues.Coup d’accélérateur pour le projet Maurice île durable. Trois membres de l’université de technologie de Compiègne, en France, sont arrivés dans l’île pour une étude sur la production d’énergie à partir du potentiel éolien et hydroélectrique à Maurice. Ils travailleront avec l’université de Maurice et comptent prélever des données également à Saint-Félix où un projet de mise en place d’éoliennes pour la production électrique a fortement intéressé Joël de Rosnay.

Léon Robert, de la propriété Saint-Félix, promoteur du projet, affirme que si les résultats de l’étude sont concluants, Saint-Félix Investment n’hésitera pas à aller de l’avant avec son projet de mise en place d’aérogénérateurs. L’électricité produite sera ensuite vendue au Central Electricity Board (CEB).

Maurice a longtemps hésité à investir dans l’énergie éolienne. Jusqu’ici, seul le CEB s’y est aventuré avec la mise en place de trois aérogénérateurs à Rodrigues. Ces trois éoliennes ne fournissent cependant qu’un pour- cent de l’électricité consommée à Rodrigues. Le CEB y ajoutera sous peu deux autres éoliennes pour arriver à produire 7 % de la consommation de l’île. L’installation de trois autres éoliennes est prévue pour 2009.

Le gouvernement a toutefois mis au frigo le projet du CEB de créer une ferme éolienne à Bigara. Il sera probablement vendu au secteur privé, alors que des voix s’élèvent contre le danger de confier au privé la production de plus de 50 % de notre besoin en énergie électrique.


« Équipements plus performants »

Le projet de Bigara et celui de Saint-Félix ne datent pas d’hier. Ils ont été remis sur le tapis avec la mise en place du concept Maurice île durable, et la flambée du prix du pétrole. Le projet de Saint-Félix date de plus de dix ans et il a été ressorti des tiroirs avec la bénédiction de Joël de Rosnay, conseiller spécial du Premier ministre en charge du projet Maurice île durable.

Le développement de la technologie et la grande disponibilité de fonds pour investir dans l’énergie propre ont également contribué à faire émerger le projet Saint-Félix.

« Quand nous avons initié le projet il y a dix ans, les équipements coûtaient très cher. Aujourd’hui, les prix sont beaucoup plus abordables et les équipements plus performants », explique Léon Robert. De fait, c’est la production des éoliennes capables de résister aux vents cycloniques qui a donné un certain essor à leur utilisation dans notre région.

Par ailleurs, rappelons que Maurice dépend de 80 % de l’énergie fossile – fioul et charbon – pour produire l’électricité dont elle a besoin. Et le gouvernement s’est fixé comme objectif de réduire, d’ici 2028, la production d’énergie à partir de sources fossiles ou non renouvelables à hauteur de 35 % (20 % charbon propre, 15 % fioul et pétrole). Les autres sources d’énergie devront représenter les parts suivantes : 35 % à partir de la biomasse (cannes et biogaz par la fermentation des déchets), 15 % de solaire, 6 % d’éolienne, 3 % d’hydroélectrique, 3 % de géothermie et 3 % de diverses autres sources (l’énergie marémotrice notamment – les vagues).






Raj JUGERNAUTH

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Vieux 28/10/2008, 09h10
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JEAN-NOËL MAURICE
Missionnaire vert

Dans six mois, MRU 2025, le «site web» consacré à l’environnement qu’il monte avec des amis sera opérationnel. L’écologiste coriace qu’il est, nous en parle.

Il veut un monde vert. Comme pour s’harmoniser avec la couleur de ses yeux. Jean-Noël Maurice ne se rappelle plus depuis quand a commencé l’idylle entre la nature et lui. Le front plissé, il fait travailler ses méninges. Et réalise que c’est une relation qui date, et qui dure. «C’est depuis toujours je crois… J’habitais près de la piscine Serge Alfred. A l’époque, il y avait un terrain en friche à la place, et j’étais tout le temps là-bas.»

Le jeune homme ne jure pas fidélité à la cause environnementale tout de suite. Il se contente de «critiquer, d’être amer dans mon coin.» Ses études et ses années «rebelles» terminées au Collège du St-Esprit, il devient apprenti-journaliste pendant deux ans. Impressionné par les documentaires de la National Geographic, il part en Australie pour des cours en Film & Production Techniques en 1999. Un peu influencé par son cousin, le réalisateur Stéphane Belle-Rose.

De retour à Maurice, il travaille avec Gaëtan Essoo sur Voisin Voisine pendant deux ans. Il est d’abord, responsable de l’équipe technique, puis réalisateur. Ensuite, il passe à Radio One en tant que responsable du studio de production.

En cours de route, il entend parler de l’association Nature Watch. A travers Jan Hookoomsing, la «cheville ouvrière de l’association», il est mis au courant de l’autoroute qui menace de profaner la verdoyante vallée de Ferney.

Jean-Noël, le «très timide», qui préfère rester derrière la caméra, plutôt que de s’aventurer devant, s’insurge. Au placard, la timidité ! «Quelquefois, il faut respirer un bon coup et y aller quoi.» Il rassemble amis et connaissances ayant des compétences dans la communication pour monter une campagne de sensibilisation contre le projet. Environ un an après, le projet d’autoroute est abandonné. Mais Nature Watch aussi.



«Mon rêve : une île Maurice
où il n’y aurait pas une très
grande différence sociale entre
les gens où les lagons seraient
reconstitués, avec des pans de
fôrets pour se promener, un toit
convenable pour se loger,
où on pourrait manger à sa faim».




Avec quelques amis de la défunte Nature Watch, Jean-Noël se charge de la relève. Dans six mois, sera prêt MRU 2025, un site web multimédia, qui se veut une plate-forme pour ceux qui ont à cœur la cause environnementale. Rendue possible grâce un programme de financement du Programme des Nations unies: la Global Environment Facility – Small Grants Programme. Mardi dernier, Jean-Noël et son équipe recevait une première tranche d’un total de 50, 000 dollars (Rs 1,5 million). «L’idée de ce site web est de se servir d’internet pour encourager les mauriciens à s’adhérer aux ONG, ou à défaut suivre leurs idées. Car plusieurs personnes ont la même démarche que nous. Mais, ils ne sont pas médiatisés.»

Pourquoi MRU 2025? Parce que la bande d’amis se donne jusqu’à l’an 2025 pour éduquer les gens. «Comme vont les choses, qu’est-ce qui va se passer dans 15, 20, 30 années ? Si demain pour x raison, il y a un grand conflit dans le monde, et que tout arrivait en rationnement, on ferait quoi ? Dimoun pou manz quoi?» s’interroge t-il, tout en rappelant l’ hyperdépendance» de Maurice. Dont la cause serait la mégalomanie mauricienne. «Le Mauricien veut être un américain. Il voit tout en grand. Il veut un super job, une super femme, une super bagnole…»

Et de telles considérations laissent peu de place à l’environnement, n’est-ce pas ? Les préoccupations de Jean-Noël sont différentes. «Quand mon enfant aura 18, 20 ans, je ne voudrait pas qu’il manque d’eau ou d’air, ou qu’il ait besoin de tuer son prochain pour survivre… C’est plausible ce que je dis. Cela ne relève pas du fantasme totalement.»

Pas totalement, mais un peu quand même? Jean-Noël, l’écologiste, Jean-Noël le fantasque. Pléonasme. A-t-il l’impression d’exagérer parfois? Que veulent-ils ces écolos ? Que le pays arrête net son développement ? On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs après tout. «Eh ben, pour continuer la métaphore, il n’y a plus d’œufs ... La nature a assez payé pour l’avidité de l’homme. Ne pas le reconnaître, c’est faire preuve d’un aveuglement le plus total.» tonne-t-il.

Et de citer ces projets de développement qui profite à tout le pays, mais, qui, au fait, «ne profite qu’à des nantis. Les promoteurs disent :j’ai fait du développement. J’ai donné de l’emploi. C’est viable pour cinq ans. Combien de petits employés pourront effleurer le rêve de séjourner dans cet hôtel-là un jour. Les terres autour de l’hôtel prendront une valeur extraordinaire. Prendre un prêt ? Ce n’est que quand votre enfant aura 60 ans qu’il pourra le payer…»

Argent. Un mot qui déchaîne des passions chez notre interlocuteur. Il s’interroge sur son importance. «Il faut arrêter de penser en termes d’argent. L’argent, ça va, ça vient. Est-ce que demain, on en aura besoin ? Tout ce qui se passe prouve que le capitalisme, ce n’est pas la bonne voie. Les gros mangent les petits allègrement,» dit-il avec véhémence. Qui cède aussitôt la place au sourire quand le thème Maurice île durable est abordé. Une idée qu’il juge «excellente.» «La seule chose que je trouve très dommage, c’est que ça a l’air d’être axé sur l’énergie seulement. Alors que pour vivre, on na pas besoin d’électricité uniquement.»

Et de quoi avons-nous besoin ? De quoi aurait l’air son île Maurice rêvée ? «Une île Maurice où il n’y aurait pas une très grande différence sociale entre les gens, où les lagons seraient reconstitués, avec des pans de forets pour se promener, un toit convenable pour se loger, où on pourrait manger à sa faim. Sans plus.» Sauf que c’est peut-être déjà beaucoup. Il s’empresse d’ajouter. «Je trouve étrange comment le prix de l’électroménager baisse, mais celui de la nourriture monte.» Alors, bien sûr qu’il s’est mis au travail. Il a monté son propre petit business agricole. Bio, cela s’entend «De plus en plus de planteurs devraient aller vers cela, vu le prix des intrants.»

Malgré tous les coups que se prend Dame Nature, Jean-Noël peint l’avenir sous de belles couleurs… Où les nuances du vert dominent. «Dix ans de cela, on ne concevait pas qu’il pouvait y avoir un groupe qui se battrait contre une décision du gouvernement. Maintenant, les gens se mobilisent.»






Corinne MINERVE
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Vieux 28/10/2008, 09h18
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Maurice île durable quel modèle ? Maurice île durable quel modèle ?

Maurice île durable quel modèle ? Maurice île durable quel modèle ?

Le concept Maurice île durable (MID) est contenu dans le dernier budget et s’articule autour de la gestion de l’énergie. Cependant, force est de constater que cette approche fort louable semble étriquée car elle ne tient pas directement compte des aspects environnementaux et sociaux. À titre d’exemple, l’île Maurice projette d’accueillir deux millions de touristes d’ici 2015. Les questions qui se posent sont entre autres :

● Quelles vont être les demandes sur nos ressources – énergie, eau, mer, plages, terres… ?

● Est-ce que les flux consommés permettent le renouvellement de ces ressources ?

● Quelle est la compatibilité entre ces activités et le maintien de la biodiversité et des écosystèmes ?

● Quels sont les impacts en termes de production de déchets et autres émissions polluantes sur notre environnement – air, sol, eau, plages, lagons… ?

● Quelles sont les conséquences sur notre tissu social – communautés locales, valeurs, moralité, criminalité… ?

Ainsi, la notion de durabilité n’est pas seulement de prévoir comment on aura l’énergie nécessaire afin d’effectuer ce développement, mais surtout de penser et d’accompagner les tenants et aboutissants de cet objectif dans sa globalité. Cela est mis en exergue par Albert Einstein qui disait : « Notre époque se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions. »



Perspective holistique

L’établissement ponctuel des Observatoire de l’Energie et autres Energy Management Office contenus dans le budget ne peuvent aider à régler un problème dit systémique. Ce serait équivalent à administrer du paracétamol à un cancer. Il nous faut changer de paradigme et dégager notre propre modèle de développement. L’érosion accélérée de nos plages, la quasi-absence de poissons dans nos lagons, la destruction massive de notre biodiversité, la pollution chronique de l’air, les sécheresses répétitives, les embouteillages monstres, les maux sociaux, etc. nous indiquent clairement qu’il y a péril en la demeure. À ce rythme, notre maison Maurice n’est certainement pas durable.



Grenelle pour le projet MID

À l’instar de la France, il nous faut de façon urgente un Grenelle sur le développement durable regroupant toutes les compétences et volontés de notre île afin de dégager une stratégie cohérente au lieu de la cacophonie ambiante. Ce Grenelle permettra non seulement d’affirmer notre vision de l’île Maurice durable mais surtout de dégager de façon consensuelle un plan et des objectifs chiffrés.

Et, avec l’apport conséquent du MID Fund, pourquoi ne pas envisager l’établissement d’un Organisme de coordination du développement durable (OCDD) ? Ce comité de pilotage coordonnerait les activités des organismes publiques et privés ; et devrait être géré et conseillé par des professionnels au-dessus de la mêlée politique.

À titre d’exemple, si on retient l’objectif de croissance de deux millions de touristes d’ici 2015, les Enablers correspondants devront être examinés de façon rigoureuse afin de déterminer si les résultats escomptés peuvent être obtenus ; à savoir la préservation de notre environnement (air, mer, plage, eaux, biodiversité, etc.), la création d’emplois, le partage des profits et surtout la stabilité sociale.

Un autre cas où les projets nationaux sont matière à réflexion urgente est celui du développement de la région ouest. En effet, il est envisagé dans un rayon de quelques kilomètres d’avoir : la réserve naturelle de Corps-de-Garde, un moulin centralisé, l’élevage intensif porcin de St. Martin, la station d’épuration des eaux usées, une ferme aquacole, trois Integrated Resort Schemes, deux centrales thermiques à charbon, un hôtel quatre étoiles, deux grands concasseurs, un mega-incinérateur d’ordures à La Chaumière, et bientôt le joyau de la Land Base Oceanic Industry (LBOI).

La juxtaposition de ces projets est effarante sinon effrayante car il y a incompatibilité manifeste. De façon aggravante, la complexité des interactions entre ces projets rend quasiment impossible la gestion des risques à la fois sur l’environnement et sur les populations de ces localités. Il est réconfortant de noter que le professeur Joël de Rosnay a souligné quelques-unes de ces contradictions.



Le fin mot

On s’aperçoit rapidement qu’il n’y a pas de « free lunch » ou de solution miracle pour une île Maurice durable car les solutions rapiécées sont vite dépassées. Ce constat découle naturellement du fait que les ressources du système île Maurice sont reliées avec des délais et surtout des limites. Nicolas Hulot nous a rappelé qu’on ne peut avoir une croissance à l’infini dans un monde fini.

Pour notre île, toute ambition et transformation radicale requièrent une approche d’ensemble, d’efforts et à l’image d’un Lee Kwan Yew à Singapore, de leadership éclairé. Est-ce que nous avons les conditions suffisantes et nécessaires chez nous ?

Hélas, seul le temps nous le dira…

Iqbal BHUGUN







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Premiers pas pour Maurice, île durable
Suite à un accord de partenariat entre l’université de Maurice et l’université de Technologie de Compiègne en France, trois étudiants ingénieurs français, représentant un total de quinze, sont venus recueillir des données et rencontrer les acteurs du projet Maurice, île durable. Cette collaboration entre universités devrait nourrir la réflexion autour du concept et évaluer, entre autres, les possibilités de production d’énergies propres.
De g. à d., Julie Brossier, Julien Palfart et Benoît Bulard en compagnie d’étudiants de l’UoM. Membres d’un groupe de quinze étudiants ingénieurs français travaillant sur le projet Maurice Ile Durable.Le travail a commencé. En fait, on en est encore au stade préparatoire. C’est que pour baliser les allées qu’on empruntera pour porter le projet Maurice, île durable (MID), il est nécessaire de faire des études préliminaires. Trois étudiants ingénieurs de l’université de Technologie de Compiègne (UTC) en France, représentant une quinzaine d’autres, sont venus à la découverte de Maurice afin de mieux percevoir les réalités et les potentiels de l’île dans la perspective du projet.

Dans le cadre de leur travail préliminaire, les étudiants cherchent à «comprendre les mauriciens, aborder des thèmes de manière plus concrètes dans la mesure où nous n’aurions pas eu la même information sans venir», explique Julien Palfart. Dans le même souffle, Benoît Bullard parle lui de «ressenti». C’est effectivement cela qui doit nourrir le projet : quelles sont les attentes des citoyens ? Se dédouaner du discours institutionnel pour retranscrire, au niveau de la conception scientifique, de l’évaluation des potentiels réels, les axes envisageables qu’il faudrait développer pour le projet MID.

L’université de Maurice est sans conteste un acteur majeur de MID. Le Professeur Joël de Rosnay a lourdement insisté sur le rôle crucial que peut et doit jouer la recherche scientifique en proposant des voies innovantes de développement, des procédés ou produits à vocation économique. La mise en relation avec les industriels est alors indispensable. L’équipe d’étudiants de l’UTC travaille donc de concert avec l’UoM. Leur atelier-projet s’inscrit dans leur cursus. Mais bien au-delà, il leur permet d’utiliser leurs connaissances au profit du projet, d’autant que «le regard extérieur permet d’être certainement plus critique» font ressortir les trois jeunes gens.




«Les départements de chimie
et de biologie mènent des travaux très
pointus sur la fermentation lignocellulosique,
les parfums et les plantes médicinales.
Malheureusement, ils ne sont
pas assez connus.»



Durant leur semaine mauricienne, les trois ingénieurs en devenir –tous trois sont en dernière année Génie des Systèmes Urbains – ont donc eu beaucoup à faire. Renforcer les liens entre l’UTC et l’UoM suite à l’accord de coopération signé le 15 octobre dernier, recueillir des données qui seront traitées par l’ensemble du groupe à Compiègne, visiter des sites révélateurs du potentiel et de la réalité ou des contraintes locales, établir des contacts tant au niveau institutionnels que privé… bref, mieux comprendre les attentes locales du projet.


Regard extérieur et critique

Ce premier atelier-projet jette donc les jalons d’une réflexion globale. Les étudiants devront d’ici la fin décembre rendre un rapport à l’ambassade de France avant d’en présenter un autre en collaboration avec les professeurs et chercheurs de l’UoM. Julie Brossier plaide, en outre, pour une équipe de coordination plus étoffée afin que l’information circule au mieux. Le partage de l’information est primordial dans un tel projet.

Cette formule d’atelier-projet devrait être relancée vers le mois de mars 2009 si les parties, à savoir l’UTC et l’UoM, s’accordent à ce sujet. C’est pourquoi cette mission est, somme toute, importante. Les données recueillies permettent d’ajuster les travaux, la réflexion en conséquence. Surtout, le premier rapport sera nécessaire à la poursuite du travail. Il vise bien à en définir les axes. Par ailleurs, la partie mauricienne «pourra également rebondir sur les pistes que nous aurons définies. Aussi, notre équipe de quinze étudiants à l’UTC regroupe des profils assez différents, cela enrichit la réflexion commune».

A n’en pas douter, le regard externe, dépouillé de toute velléité ou intérêt particulier, ne peut qu’aider à établir un plan de travail critique, qui au demeurant n’a pas valeur de sacro-sainte vérité. Les étudiants ont bien insisté sur le fait qu’il s’agit d’une collaboration, d’un apport externe à la réflexion qui est menée pour faire de ce projet une réalité. Le sens critique est de fait indispensable.

Pour la suite, les étudiants de Compiègne souhaiteraient que les étudiants de l’UoM participent pleinement des ateliers-projets à venir. Julien Palfart précise: «beaucoup d’étudiants nous ont aidé durant cette semaine. Ils se sont montrés très curieux et intéressés par le projet MID. Ils ont posé de nombreuses questions». «Ils suivent l’information, s’intéressent, se documentent. Les projets à venir retiennent leur attention», renchérit Benoît Bulard.


Un projet de société

Pour que l’UoM puisse jouer pleinement son rôle dans le projet MID cette coopération avec l’UTC, et pourquoi pas avec d’autres institutions, doit être renforcée. Cela permettra notamment aux chercheurs et étudiants mauriciens de mieux faire connaître leurs recherches. Joël de Rosnay avait d’ailleurs rappelé que «les recherches sont remarquables ici. Les départements de chimie et de biologie mènent des travaux très pointus sur la fermentation lignocellulosique, les parfums, les plantes médicinales. Malheureusement, ils ne sont pas assez connus».

Au final, l’atelier-projet qui s’inscrit dans la coopération entre l’UTC et l’UoM est une manière somme toute innovante de penser le projet MID. Pour autant, Julie Brossier, Julien Palfart et Benoît Bulard ne cantonne pas la portée de la réflexion menée par les quinze étudiant de l’UTC au seul aspect technique et scientifique. «Le but est d’embarquer tout le monde. Globalement, il faut travailler dans une logique de démocratie participative parce que c’est un projet de société», souligne très justement Benoît Bulard.

D’ici le mois de janvier, l’UoM aura également rendu son rapport conjointement à celui de l’UTC. On aura alors une définition plus complète de MID et une première ébauche des avancées envisageables. Cela ne pourra sans faire sans le concours des acteurs institutionnels et du secteur privé. En vérité, ils sont déjà conscients de leur rôle ayant rencontré les étudiants de l’UTC.















Gilles RIBOUET
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Vieux 03/11/2008, 08h31
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LES UNIVERSITES, DES ACTEURS CLES

La convention de coopération, cofinancée par l’Ambassade de France, entre l’UoM et l’Université de Technologie de Compiègne (UTC) vise la mise en place d’un dispositif pédagogique de formation dans le cadre du projet Maurice, île durable (MID). Ce dispositif qui s’étale sur une période initiale de trois mois a pour objectif de mener une «étude exploratoire pour la mise en œuvre du projet MID». Pour ce faire, quinze étudiants ingénieurs du département de Génie des Systèmes Urbains de l’UTC mènent des ateliers-projets qui nourriront la réflexion et proposeront des pistes concrètes de mise en œuvre. Cette initiative a le mérite d’apporter un regad extérieur et critique sur le projet MID. Ceci est nécessaire afin de ne pas se laisser aller à la complaisance ou l’euphorie. Les ateliers-projets se déclinent de la façon suivante :

■ Définition transversale et pluridisciplinaire du concept d’île durable

■ Evaluation du potentiel de production d’énergie à partir du biogaz (technologies, coûts…)

■ Comparaison entre La Réunion, île verte et Maurice. La Réunion a près de 10 ans d’avance sur Maurice en matière d’énergies renouvelables. A l’horizon 2030, on peut envisager que les îles sœurs deviennent des modèles en matière de développement durable

■ Evaluation des conditions de production des énergies solaires, sous ces différentes déclinaisons (photovoltaïque, éolien…)

■ Evaluation des possibilités pour l’industrie hôtelière d’utiliser les énergies renouvelables. A bien des égards, l’hôtellerie pourrait être un fer de lance. Conscient de l’enjeu, une réflexion est menée au sein de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM) et des actions concrètes déjà prises.

■ Etude de la filière cannière et donc de l’utilisation de la canne à des fins écologiques.










CERNER LA DEMANDE MAURICIENNE EN ENERGIE

■ Les étudiants de l’Université de Technologie de Compiègne vont s’intéresser aux pics de la demande locale en énergie. Cette demande n’est, bien entendu, pas constante. Ainsi, on observe un premier pic tôt le matin entre 6 h 30 et 8 h 00 environ, ce qui correspond au réveil de la population et donc aux premières grosses demandes en énergie. Après ce pic la demande diminue mais stagne à un niveau suérieur à celui du seuil constant de demande. Ce n’est que vers 18 h 00–18 h 30 qu’un deuxième pic apparaît. A cette tendance quotidienne, il faut ajouter les exceptions liées à des festivités du calendrier culturel ou religieux local. Par ailleurs, durant l’année on remarque que la demande en énergie est plus importante en été qu’en hiver (climatisations gourmandes en énergie), que le pic du soir est également plus important que le pic du matin, et qu’enfin la demande de la semaine est plus importante que celle du week-end ou des jours fériés (activités économiques et industrielles). A Maurice, ce sont les centrales bagasse-charbon, fonctionnant sur le principe de cogénération, qui répondent à la demande constante en énergie. Lorsque le seuil de demande constante est dépassé, ce sont les centrales thermiques fonctionnant à l’huile lourde qui complètent la demande énergétique. Ce n’est donc que très rarement que la centrale à gaz de la Nicolière est sollicitée compte tenu du coût d’opération particulièrement élevé. Le volet énergétique doit bien prendre en considération tous les aspects de la production et de la consommation d’énergie, mais également de son acheminement. On considère qu’environ 10 % à 12 % de l’énergie produite est perdue lors de son acheminement entre la zone de production et la zone de consommation. C’est pour cela que le concept de dé-centrale doit être adopté. Une production très centralisée ne peut convenir. Les petits producteurs indépendants d’énergie sont donc appelés à un rôle fondamental dans la nouvelle grille énergétique qui devrait se mettre en place à la faveur du projet MID.
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Vieux 09/11/2008, 11h11
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« La cause énergétique est urgente »

BRUNO CARTA, PROFESSEUR EN PHYSIQUE-CHIMIE :
« La cause énergétique est urgente »

L’ère de l’énergie conventionnelle est révolue. Aujourd’hui, on se tourne davantage vers les sources d’énergies renouvelables. Quelles sont donc ces nouvelles alternatives? Est-il urgent de les développer ? Bruno Carta, professeur en physique-chimie, qui animera une conférence à ce sujet, y répond.

Vous animerez bientôt une conférence-débat de l’Université populaire sur les alternatives envisageables pour répondre aux besoins énergétiques de Maurice. Est-ce une cause qui vous tient à cœur ?

Avec Joseph Cardella, mon collègue au Lycée des Mascareignes, et responsable de l’Université populaire, j’ai été appelé à animer deux conférences-débats, avec pour thèmes l’eau et les déchets, en octobre et novembre. Le troisième volet, qui se tient le 2 décembre, sera axé sur les énergies renouvelables. C’est un sujet qui est au centre des préoccupations actuelles. Cela me tient à cœur, et je détiens un BAC + 5 en physique-chimie appliquée en science environnement.

La hausse du prix du baril de pétrole nous a poussés à réagir. La cause énergétique est urgente. Et Maurice l’a réalisé. Quand j’entends que les autorités veulent œuvrer pour que Maurice devienne une île durable, quoique je préfère le terme ‘île verte’, je me dis ‘Enfin !’.

Il était temps qu’on se soucie de l’environnement et des énergies alternatives.

Comment définissez-vous l’énergie?

Le terme Energie vient du mot energeia, qui signifie « travail » ou « action en mouvement ». C’est une force qui se dépense. Il existe plusieurs types d’énergies régulières. Par exemple, l’énergie thermique (solaire), chimique, électrique et nucléaire. Mais évidemment, ces sources d’énergies conventionnelles sont associées à plusieurs problématiques.

Dans le cas de l’électricité, par exemple, où nous dépendons massivement de l’huile lourde, nous sommes confrontés à des coûts plus élevés et en même temps à un manque de ces ressources. Pour l’énergie nucléaire, cela engrange des déchets radioactifs. Ces effets secondaires sont considérables. Toutefois, on constate qu’il n’y a pas de solutions sans complications. C’est pour pallier cela que l’on se tourne vers les énergies renouvelables.

Quelles sont-elles ?

Il en existe plusieurs sources, certaines sont meilleures que d’autres.Je les classifie d’énergies renouvelables nobles. Le soleil demeure la source la plus fiable car elle possède moins d’inconvénients.



« En Europe, il y a même
des gens qui vivent à
la lueur des bougies ! »



En deuxième lieu, nous avons l’énergie du vent, donc les éoliennes. Nous n’avons pas forcément besoin, à Maurice, de ces grandes éoliennes. Les petites s’intègrent facilement à notre paysage pour faire tourner les turbines et produire de l’électricité. Un parc éolien, le premier, qui devrait s’implanter à Bigara, pourrait contribuer à produire 10% d’électricité.

Ensuite, nous avons l’hydraulique, l’énergie fournie par le mouvement de l’eau sous les formes de chutes, de marées et de cours. Elle peut être convertie en énergie électrique. Et finalement la géothermie, qui désigne la conversion de l’énergie issue de la Terre, en chaleur pour le chauffage d’eau.

Possèdent-elles des inconvénients ?

Trois problèmes se posent. En premier lieu, la faisabilité, c’est-à-dire la main-d’œuvre qualifiée et formée pour opérer ces centrales d’énergie renouvelable. Doit-on l’importer? Peut-on la trouver à Maurice? Peut-on bénéficier des dernières technologies pour faciliter le passage aux énergies renouvelables ?

Il faut répondre à ces interrogations. D’ailleurs, il m’est arrivé de croiser des personnes diplômées en sciences de l’environnement mais qui sont dans l’enseignement, par manque de débouchés. Deuxièmement, c’est l’investissement et en dernier lieu, la rentabilité. Si Maurice investit aujourd’hui, elle ne pourra pas forcément récolter les fruits à court terme mais à très long terme.

Il y a aussi d’autres sources d’énergies naturelles, mais les recherches à leur sujet ne sont pas très probantes, à l’exemple de la biomasse, qui regroupe l’ensemble des matières organiques des plantes. Soumises à la combustion, celles-ci vont produire de l’énergie sous la forme de biogaz, qui peut être utilisé pour chauffer l’eau. La biomasse peut aussi être utilisée pour des besoins de compostage. L’inconvénient, c’est que la combustion s’accompagne de dioxyde de carbone. De plus, dans le cas du compostage, seulement un tiers des déchets peut être utilisé. Par exemple, les pelures d’orange ou de chouchou fermentent bien, contrairement aux yaourts.

Le Mauritius Research Council énonce, dans ses études, plusieurs sources d’énergies renouvelables comme l’huile de coco et la Waste Vegetable Oil, en substitut au diesel ou la biomasse, justement pour chauffer l’eau. Où allons-nous avec toutes ces alternatives?

L’innovation est salutaire. Cela peut être bien perçu, car ce sont là les premiers coups de pioche. Mais en même temps, se donner vingt ans pour tout développer, c’est comme passer du rien au tout! C’est très ambitieux… Trop ! Pour l’huile de coco par exemple, qui est déjà utilisée par certains opérateurs, est-ce que de l’autre côté, on va planter plus de cocotiers pour cette exploitation ?

Il faut identifier les fondements de ces stratégies évoquées. Sans recherche fondamentale et appliquée, nous ne saurons pas quelle direction prendre.

Il faut susciter un partenariat entre le secteur public, les entreprises privées, les personnes qui s’intéressent à l’environnement et qui ont des idées pour faire avancer les choses.

L’innovation dans ce secteur sera le fruit de la collaboration entre ces parties concernées. Une fois que nous avons bien défini ces axes et les stratégies qui vont avec, on pourra mieux s’aligner pour concrétiser les actions. Diverses entreprises ont déjà emboîté le pas avec le biocarburant par exemple, ou en développant des stratégies internes pour se mettre au vert. Toutes ces initiatives sont louables mais il reste encore du chemin à parcourir afin que chaque citoyen se sente concerné et mobilisé.

Que peut faire le citoyen pour économiser l’énergie conventionnelle et aider au développement des sources renouvelables ?

C’est très facile de recevoir et d’utiliser l’électricité à partir d’un fil ! Mais pour économiser cette énergie, c’est une autre paire de manches. Pour l’instant, de nombreuses actions sont effectives. Par exemple, celle des ampoules économiques. Cela marche car on touche au porte-monnaie du Mauricien. En Europe, il y a même des gens qui vivent à la lueur des bougies !

Les chauffe-eau solaires sont aussi de bons moyens d’économiser l’énergie. D’autant plus qu’il y a davantage de facilités à la disposition du public pour leur acquisition. Le compostage et le tri des déchets sont aussi des mesures efficaces à échelle individuelle. En achetant son matériel, le citoyen peut aussi créer sa propre énergie mais il faut tout de même une certaine connaissance. Plusieurs projets scolaires ont abouti à des éoliennes, entre autres.

Ce sont là des indications que tout un chacun peut s’y mettre. En fait, l’idéal est de savoir comment rendre accessible le matériel aux gens qui n’ont pas forcément de gros moyens.

Quel est l’avenir des énergies?

Il est clair que les combustibles fossiles qui nous servent à produire de l’énergie conventionnelle s’amenuisent. L’ultime solution repose sur l’économie de cette énergie et sur le développement des sources renouvelables, tout en respectant l’environnement.

C’est là tout le fondement du développement durable. Nous sommes très loin de tout maîtriser.

Et pourtant, nous avons toutes ces sources naturelles à notre disposition…









Melhia BISSIÈRE
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Vieux 11/11/2008, 11h25
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Mon île durable, et moi, et moi, et moi

Mon île durable, et moi, et moi, et moi

En huit lettres, « énergie stockée dans les végétaux ». Vous ne connaissez pas la réponse ? Alors offrez Mon île durable à votre enfant et il pourra certainement vous le dire. Le développement durable est dans l’air du temps. Il était grand temps que quelqu’un décide de le capturer de sorte à le rendre accessible aux plus jeunes. De fait, Mon île durable, écrit par Pascale Siew et illustré par Henry Koombes, créateur de notre Tikoulou national, est de loin un des livres pour enfants les plus intelligents et intéressants à émerger de Maurice cette année.

Tout y est. Du changement climatique aux énergies renouvelables en passant par le triage des déchets, l’eau et la biodiversité, le quatrième livret de la collection Curieux de Nature couche sur ses 24 pages les grands enjeux du développement durable avec une facilité admirable. Sans jamais traiter le jeune lecteur avec condescendance.

Ce qui impressionne avant tout avec Mon île durable c’est qu’il explique avec une clarté prodigieuse des sujets que même des adultes peuvent trouver tortueux. La biodiversité, par exemple. « Nous ne sommes pas seuls sur Terre. Nous vivons aux côtés de millions d’espèces vivantes, plantes et animaux. C’est ce qu’on appelle la biodiversité, et toi aussi tu en fais partie. Chaque espèce, de la minuscule fourmi à la baleine géante, a un rôle à jouer dans l’équilibre de la planète. Protéger la biodiversité, faut aussi partie du développement durable. » Ou encore, les énergies renouvelables. « Pour produire de la chaleur et de l’électricité, nous utilisons principalement de l’énergie non renouvelable et polluante comme le gaz, le pétrole et le charbon qu’on appelle les énergies fossiles. Pourtant il existe d’autres énergies qui, elles, sont propres, naturelles et renouvelables. La première est l’énergie solaire qui représente en une année 15 fois nos réserves de charbon, 167 fois nos réserves de gaz et plus de 300 fois nos réserves de pétrole. »

Les chapitres sont superbement illustrés. Des explosions de couleur, les dessins de Henry Koombes agrémentent parfaitement les textes, rendant le livre si attrayant que le lecteur ne peut s’empêcher de dévorer le tout d’un seul trait. Les créateurs de Mon île durable ont tenu à rendre le livre « ludique et pédagogique ». Ainsi, chaque chapitre est suivi d’un petit exercice en forme de mots croisés, de questions à choix multiple et autres permettant au jeune lecteur de tester ses connaissances. Autre bel outil, les « eco-conseils » qui parsèment le livre. Par exemple, pour se débarrasser des mauvaises herbes, « pas besoin de pesticides. Ils sont très toxiques. Jette de l’eau brûlante dessus, ça suffit ! » Selon les éditions VIZAVI, le livret vise à conscientiser tout un chacun à « l’urgente nécessité d’un changement d’attitude dans nos modes de vie ». Tout semble indiquer que Mon île durable remportera son beau pari. Pour le plus grand bonheur des jeunes férus d’environnement. Et, au final, c’est le projet Maurice : île durable qui en bénéficiera.

Mon île durable est en vente dans les librairies et grandes surfaces en versions anglaise et française.
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