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Ces métiers qui disparaissent
Ces métiers qui disparaissent
Ferblantier, cireur de chaussures, ou marchandes de poutous ou de ‘kalamindas’ et autres merveilles. Des métiers qui enchantaient autrefois notre enfance et qui disparaissent peu à peu du paysage mauricien. Rencontre avec quelques-uns de ces irréductibles qui s’accrochent corps et âme à ces métiers d’antan. Cireur de chaussures… à 72 ans Il est 10h30. Jacques David s'installe devant le ‘Food Court’ au Caudan Waterfront, à Port-Louis. Il s’empresse de s'installer une chaise car les clients arrivent bientôt pour faire briller leurs chaussures ou lustrer leurs bottes. Son métier : cireur de chaussures. Il semble bien être le tout dernier recensé dans notre île. Jacques, qui porte vaillamment ses 72 ans, est père de quatre enfants et six petits-enfants. Il n'est ni artiste renommé ni homme de lettres. Pourtant, tout le monde le connaît, du moins ceux qui fréquente le front de mer de la capitale. Nul ne s'est plus attaché aussi longtemps à cette profession que cet auguste vieillard. Un métier qu'il n’a pourtant découvert qu’il y a huit ans de cela. « J'étais autrefois salarié dans une firme privée jusqu’à ma retraite. Il y a quelques années, la compagnie Grays qui est la représentante des produits Nugget, m'a demandé si je ne voulais pas travailler comme cireur de chaussures. Au début, j'ai hésité, puis après mûres réflexions je me suis lancé… », raconte Jacques David.Sa crainte, au départ, c’était qu’il ignorait tout du métier. Depuis il en a appris les rudiments et s’y est attaché. « Autrefois, on trouvait à chaque coin de rue des cireurs de chaussures. Ils ont hélas disparu et c'est cela qui me rend fier d'exercer ce métier. Un métier que j’exerce avec beaucoup d'amour », raconte le bonhomme. Depuis qu’il s’est lancé, Jacques David s'est fait une solide réputation. « C’est surtout à cause de sa gentillesse et de son travail de précision », témoigne Jean-Luc qui a pris place sur la chaise. Pfft ! D'un seul coup, fini le bavardage. Jacques a du pain sur la planche. D'abord, il sort une protège-cheville, indispensable pour « que les chaussettes ne se salissent pas ». Ensuite, vite un coup de chiffon pour ôter les poussières et la saleté de la surface des chaussures. Puis il applique une couche de cire à l'aide d'une brosse. « Cette étape est importante car il ne faut pas que la cire soit pâteuse », précise notre expert. En attendant que la cire sèche, Jacques s'attaque à la deuxième chaussure. Le même procédé est appliqué. Ensuite, à l'aide d'une brosse, il commence à polir le côté où la cire a déjà séché. Ce processus est toujours rigoureusement respecté, ce qui permet de donner aux chaussures un éclat luisant. Alors, il peut conclure sa partition en astiquant les souliers à l’aide d'un morceau de flanelle, supprimant définitivement les dernières poussières restantes. « La flanelle vient de Madagascar. C’est cela qui donne aux chaussures cet aspect brillant », précise-t-il. Temps nécessaire à l’opération : 5 à 10 minutes. Peu lui importe que des clients fassent la queue ou non, il ne changera pour rien au monde sa façon de cirer, chaque étape étant pour lui vitale. Entouré de magasins et de bureaux Jacques convoite tous ces employés qui représentent le plus gros de sa clientèle. Il cire quotidiennement entre 17 et 25 paires de souliers, d’escarpins, de bottes ou de demi-bottes, et autres modèles. « Les gens n'ont plus le temps de nettoyer leurs pompes et pour Rs 15, je le fais en deux mouvements », précise Jacques David. Cependant, s'il devait compter sur ces revenus-là pour gagner sa vie, alors cela serait difficile. « Je touche une petite allocation mensuelle de la compagnie Grays. Le cirage et tout le matériel sont fournis par la compagnie. J'arrive à m'en sortir », précise notre bonhomme. Et si un jour il décidait d'arrêter ce travail ? « Alors là, mes fils ne s'intéressent pas du tout à ce métier. J'espère qu'une autre personne prendra la relève, car sinon il n'y aura plus de cireur de chaussures. » |
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Madame Poutou
Elle a bonne mine. Elle est très avenante. Et ses petites galettes de riz, plus communément connues sous le nom de « poutous », sont tout aussi succulentes. Hélas, des marchandes comme Nirmala Yagambrum, il n'en reste plus beaucoup dans nos rues. Déguster des ‘poutous’ bien chauds avec un bon thé, cela fait partie d'un passé quasiment révolu, cela fera bientôt partie de l’histoire, sinon du mythe. Les marchands de ‘poutous’ se comptent maintenant sur les doigts de la main. Nirmala Yagambram, 52 ans, est postée à la gare du Nord, à Port-Louis. Elle a voulu reprendre le flambeau que lui a tendu sa tante, il y a 15 ans de cela.« Ma grand-mère faisait du porte-à-porte pour vendre ses poutous à Saint-Pierre. Mes tantes aussi étaient marchandes. Quand j'ai grandi, je ne voulais pas faire ce métier. J’ai travaillé à l’usine. Cependant, quand mon mari est mort, j'ai décidé de prendre le métier », raconte Nirmala. Auparavant, aidée par ses quatre enfants, Nirmala se retrouve bien seule aujourd’hui à écouler ses ‘poutous’. « Quand mes enfants étaient plus jeunes, ils venaient me donner un petit coup de main. Aujourd’hui, ils sont grands, ils ont honte de venir s'asseoir sous une gare pour attendre les clients », confie-t-elle. Assise sur sa chaise, elle veille ses galettes qui cuisent à la vapeur, dans le ‘poutou cola’. Les gâteaux sont présentés dans une petite vitrine bleue. « La préparation des galettes est un travail ardu et il faut se lever à 5 heures du matin tous les jours » Elle raconte le long procédé. « Pour commencer, il faut trier le riz, avant de l'écraser pour le réduire en poudre. Ensuite, il faut le tamiser et le mettre à sécher. Le lendemain, il faut y ajouter de la vanille, du sucre et du coco, avant de le mettre à cuire dans le poutou cola », explique-t-elle. Pour effectuer ces tâches, Nirmala reçoit tout de même l'aide de son fils Azagen, car trier trois kilos de riz chaque matin n'est pas très évident. Qunad tout est prêt, cap sur la gare du Nord vers 9 h30 pour tenter d’écouler ses galettes de riz. « Je vends environ 250 poutous par jour. Quelquefois, j’en écoule davantage », confie notre interlocutrice. Au prix de 5 galettes pour Rs 10, les ‘poutous’ de Nirmala font fureur auprès des passants, issus de toutes les communautés. Les plus friands de ces clients restent quand même les étudiants qui en achètent à la sortie de l'école. « Hélas, ces jeunes-là ne voudront jamais faire ce métier. Même chez moi, personne n’en veut, c'est très dommage », soupire Nirmala. C’est vrai que le métier est rude et demande beaucoup de patience. Ce n’est en effet pas avant 17 heures que Nirmala quittera la gare du Nord. Elle y sera de retour le lendemain et ce six jours sur sept, toujours à la même place. Et si d’aventure il n'y avait plus de marchand ‘poutou’, c'est sûr que notre palais en souffrirait. |
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Des ‘merveilles’ à la rue Labourdonnais
Des ‘merveilles’ à la rue Labourdonnais
Qui n'a pas dégusté une merveille, au moins une fois dans sa vie ? Le gâteau ‘merveille’ se fait de plus en plus rare, pour ne pas dire quasiment inexistant. Nuzroo Afroo, elle, continue à faire plaisir aux Mauriciens en proposant des merveilles à la rue Labourdonnais. « Les gens viennent de tous les coins de l'île pour déguster chez moi les merveilles, parce qu'on n'en trouve plus ailleurs », explique Nuzroo Afroo.En effet, avec sa forme frisée, la merveille se trouvait autrefois à chaque coin de rue. Assaisonnée d'un ‘chatini cotomili’, cette amuse-gueule plaît aux grands comme aux petits. « Avant, je ne vendais que des rotis mais depuis deux ans, j'ai commencé à vendre des ‘merveilles’ car les gens en raffolent », ajoute notre interlocutrice. C’est un proche de Nuzroo, qui lui rendait visite, qui lui en a fait la remarque. Il lui a suggéré d’en vendre; le hic, c’est que Nuzroo ne savait pas en faire. Après quelques leçons, elle est devenue experte dans le domaine. Elle avoue humblement que ce n'est pas facile à préparer. « C'est très difficile à réaliser. Il faut bien pétrir la farine avec de l'eau et du sel, jusqu'à ce que cela devienne une poudre afin de rendre la merveille croustillante. C'est vraiment dur et c'est pourquoi les jeunes, aujourd'hui, ne veulent pas en faire », précise Nuzroo. Préparation difficile certes, mais long également car il lui faut trois heures pour faire cuire 75 merveilles. Nuzroo doit se réveiller à 5 heures du matin. « Préparer des ‘rotis’ prend moins de temps mais cela ne remporte pas autant de succès que les ‘merveilles’ ». Elle en écoule environ de 75 à 100 par jour, à raison de Rs 7 par ‘merveille’. « C'est vraiment décourageant, car je travaille sur un petit profit. En comptant l'huile, le gaz, la farine et le sel, cela revient assez cher. Mais les clients aiment tellement en manger que je ne peux pas arrêter d'en vendre |
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James Velapenchetty, 58 ans, est réparateur de parapluies et de parasols. Cela fait 20 ans qu'il pratique son métier. Assis sur les marches d'un bâtiment, James est équipé de fils et d'une aiguille avec lesquels il coud des parapluies de toutes les couleurs. Il travaille tous les jours, entre 7h 30 et 15 h. Ce quinquagénaire déclare que si l'amour pour son métier est une qualité majeure dans ce qu'il fait, il lui faut néanmoins avoir beaucoup de patience. "Mo prié la vierge tou les jours pour gagne patience la force courage pou continier seki mo p fer", nous confie-t-il. Ce réparateur de parapluie déclare que rendre service aux autres est un de ses principales qualités et même s'il n'a parfois que deux clients dans une journée, il est comblé, car il aime gagner sa vie honnêtement. Souriant et bon vivant, James déclare prendre la vie comme elle vient. Il estime que, "banne zeness ki pena travay bizin aprane ene métier ai lié zot assizé sans rien faire". |
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Le glas a sonné
REPORTAGE : CORDONNIER Le glas a sonné Ils apportent un second souffle aux chaussures. Mais avec la popularité et l'implantation en masse des magasins spécialisés en chaussures importées, les cordonniers mauriciens perdent le sourire. Rencontre avec deux cordonniers qui partagent la même passion et qui nous expliquent les raisons de l'éventuelle disparition de ce métier. Une forte odeur de colle, des chuchotements provenant d'une radio allumée, des chaussures réparées sur des étages, le tout dans un atelier étriqué. C'est dans cette atmosphère que le propriétaire de la Cordonnerie Mona à Port-Louis, passe la majeur partie de sa journée. Visiblement très occupé, le vieil homme prend tout de même la peine de faire un résumé de son parcours : "J'avais 15 ans quand j'ai ouvert mon atelier. A l'époque, je n'avais pas de boulot et la vie était assez difficile. Les cordonneries étaient en vogue et ce fût ainsi que je pris la décision de suivre la tendance en prenant des cours d'apprentissage auprès d'un cordonnier de mon quartier. Je croyais que ce métier n'était que mon gagne-pain mais plus tard j'ai réalisé que c'était devenu une véritable passion." Ce dernier précise que "ça faire 45 ans qui mo dan sa business là." Pierre Etiennette, propriétaire de la Cordonnerie Etiennette à Rose-Hill, raconte que dans son cas, le métier de cordonnier s'est légué de père en fils. "Ça va faire bientôt 20 ans que j'ai repris le flambeau. J'ai réalisé mon rêve d'enfance en devenant cordonnier." Cependant M. Etiennette ajoute amèrement : "C'est dommage que ce fabuleux boulot soit en voie de disparition." L'importation. Même si le métier a bravé bien des tempêtes et traversé les années, l'existence des cordonneries est plus que jamais menacée. Une situation due à la déferlante vague des magasins de chaussures importées. Le gérant de la Cordonnerie Mona donne son point de vue : "C'est certain qu'avec ces magasins de produits importés, notre travail a pris un sale coup. Au départ, c'était un job qui rapportait gros avec plusieurs commandes de chaussures. Mais maintenant, on ne vit qu'avec les réparations." Et si c'était qu'une question de modernité, "C'est vrai que les magasins donnent plus de choix et de variétés (chaussures pour le boulot, soirée, pour mieux s'adapter à l'été et l'hiver...) et avec les nouvelles tendances à l'instar des chaussures à petites talons et le grand retour des ballerines dont le design et la forme est beaucoup plus travaillé et raffiné, les personnes croient que la cordonnerie est un vieux métier qui n'arrive pas à se réinventer." Cette remarque est la triste vérité, rien qu'à voir les modèles exposés (des chaussures démodées), on comprend pourquoi les gens préfèrent acheter que commander. Quant à Pierre Etiennette, il estime que "ce n'est pas seulement la faute des prêts à porter mais aussi de l'importation des chaussures venant de la Chine. Elles sont vendues à des prix abordables et les mauriciens trouvent que c'est moins cher de dépenser Rs 300 que de Rs 700 (la matière première incluse) pour une commande chez un cordonnier." Absence d'ouvriers. Depuis quelques temps, les cordonniers se plaignent de manque de mains d'œuvres. "Il n'y a pas de relève. Les jeunes ne sont plus intéressés par ce métier. Auparavant, il existait des cours de cordonnerie à l'IVTB, qui faute de participation, ont dû s'arrêter. Une bonne majorité se tournent vers la mécanique et trouve que notre boulot est ennuyeux." Le propriétaire de la Cordonnerie Mona a bien raisons car il partage son travail avec deux ouvriers tous deux âgés d'une quarantaine d'année, qui essaye tant bien que mal d'aider le vieil homme à diminuer l'énorme quantité de chaussures. Même problème chez Pierre Etiennette : "La nouvelle génération n'accorde aucune importance à ce métier. Ils n'oseraient jamais travailler comme nous, c'est à dire, avoir cette humilité de toucher et travailler une paire de souliers en piteuse état. Banes zens la anvi garde zotte la main propre." Il continue tout ajoutant "je m'occupe tout seul la responsabilité de recevoir les clients et de m'atteler à la lourde tâche de réparation." Il se remémore le temps d'autrefois : "Auparavant, il était fréquent de voir une mère qui cherchait du travail pour son enfant dans une cordonnerie, mais aujourd'hui, cela ne se fait plus." Pour le gérant de Mona, les gens préfèrent chercher du travail dans des usines de chaussures pour la sécurité d'emploi et le salaire. Autre problème pour Pierre Etiennette : "Trop de machinistes. Le métier de cordonnier est avant tout un travail manuel. Un cordonnier doit toucher, voire sentir la matière de son travail avec ses doigts. En plus, je pense que travailler à la machine n'est qu'une routine et un travail paresseux tandis que le vrai cordonnier démontre tout son savoir-faire en montant la chaussure avec ses propres mains. C'est une des raisons qui explique pourquoi je n'ai pas d'ouvriers." Avenir flou. Le futur de la cordonnerie est grandement compromis, "Ce métier est mort. Personne ne veut s'assurer de son futur. Nous sommes les derniers cordonniers mauriciens encore en vie à exercer cette profession." Pour Pierre Etiennette, il y a longtemps que la cordonnerie a perdu sa valeur et que personne n'y prêtent attention. Il mentionne qu'avec "la génération étiquette qui préfèrent le luxe, la marque, ainsi qu'être à la pointe de la mode au confort et simplicité, la cordonnerie est vouée à disparaître en silence. Tout comme les tailleurs, maçons et tombalistes, les cordonniers deviendront de plus en plus rares." Il ajoute que leur métier s'éteindra avec leurs décès. A noter que ces cordonniers travaillent durement avec des hauts et des bas afin de survivre : "Si je savais faire autre chose, il y a bien longtemps que j'aurais renoncé à ce métier, mais bon, la cordonnerie reste mon domaine de prédilection." Les deux cordonniers sont d'accord sur le fait qu'ils assistent à la mort lente de la cordonnerie. |
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Reportage: Métier oublié
Reportage: Métier oublié Charbonnier maître du feu L'exploitation du charbon de bois ne date pas d'hier, ses utilisations non plus. La carbonisation du bois par les charbonniers dans la forêt a longtemps donné un excellent combustible domestique, utilisé aussi en industrie. "Sarbon létan lontan" est aujourd'hui associé au barbecue avec la société des loisirs. On trouve encore dans les forêts du nord du pays des "fours" reliés les uns aux autres par de petits sentiers. Ce sont les derniers vestiges d'une activité séculaire dont l'un des enjeux de production est d'éviter les dégâts en milieu naturel et sur la santé. Suivez les traces d'un charbonnier de Roches-Noires pour comprendre une activité liée à la maîtrise du feu. Pour rejoindre Dadone, 31 ans, charbonnier depuis 10 ans, il faut emprunter un étrange chemin coloré par de la cendre. On quitte rapidement les grands arbres pour pénétrer un lieu isolé dans les bois de Roches Noires. Là, on trouve des places aménagées pour les "fours sarbon." Ce sont des lieux reculés qui témoignent des conditions rudes de travail. Le charbonnier Dadone nous explique d'emblée pourquoi il fait ce métier : "Bizin tire ration dan mo lacaz, pena travay, pou tras lavi bizin fer sarbon... sa travay la fer ici depi lontan... dimoun encor servi sarbon pou cuit manzé meme dan la ville... mais bizin kone brile sarbon." Le développement de l'activité a toutefois ralenti. Il y a de plus en plus de contrôles sanitaires et de "spot check." Il faut une "patente" pour exercer de nos jours, nous dit le charbonnier. Mais il ne se décourage pas et prend les précautions nécessaires. Il travaille pour un contracteur et surveille son "four" jour et nuit. Le savoir-faire du charbonnier consiste à contrôler les flammes sinon on obtient des cendres et non du charbon. Sarbon ene produit bien ancien On utilise les méthodes anciennes pour fabriquer le charbon de bois dans ces places charbonnières à Roches-Noires. Des travailleurs sont sur place le matin pour décharger le bois. L'un deux s'arrête pour nous expliquer comment le charbon est obtenu. Il y a d'abord le choix du bois qui va être carbonisé : bois de filaos, eucalyptus, longanier - du bois qui ne brûle pas vite. Une équipe de quatre personnes au moins se charge d'empiler le bois pour faire un assemblage en forme de volcan, environ huit mètres de haut. Le bois empilé va du plus gros morceau aux fines branchages aux extrémités. La pyramide peut être construite en un jour ou deux selon l'équipe. On peut monter jusqu'à cinq fours dans les places charbonnières tout dépend de la fourniture en bois. Le bois empilé est recouvert de paille et de terre en laissant un espace libre au centre du four. On enflamme le tas recouvert par le bas. La flamme est envoyée dans ce trou. Le feu prend en l'espace de huit heures et se propage jusqu'en haut. Une partie du bois consumé par la chaleur transformera l'autre partie en charbon. Le charbonnier assure une surveillance jour et nuit. Le four peut exploser comme un volcan. Il faut alors remettre du bois en le faisant chauffer. Le four cuit pendant huit jours de haut en bas. On sait que le charbon est prêt lorsque le tas de bois se transforme en poudre, nous dit le charbonnier. "Après 8 zour commence casser ek trouv sarbon..." Après le démontage, le chargement se fait dans des sacs (balles). Le charbon est vendu aux quincailleries et aux particuliers. Le charbonnier Dadone nous dit que le barbecue a donné un nouveau souffle au charbon de bois: "Sarbon la pe alé..." Lui, continue à surveiller ses fours dans l'isolement. Une activité peu valorisée, mais sans le charbon de bois, il serait sans emploi.
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