Pluies torrentielles - Page 5 - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 18/09/2008, 15h50
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Vagues de boue

Vagues de boue
Des routes sous les eaux, des rivières en crue, des maisons inondées... Les pluies torrentielles, sans faire de gros dégâts, ont quand même occasionné des soucis à plusieurs habitants du nord et du sud de l’île hier.

Route impraticable à Bel-Ombre. Les automobilistes voulant s’y aventurer le font au risque de laisser le moteur du véhicule prendre l’eau.Midi, hier, deux plongeurs de la Special Mobile Force (SMF) sont dans l’eau, à La Flora. Immergés dans la Rivière-du-Poste, ils tentent de déboucher une pompe. Normalement, cette pompe envoie l’eau de la rivière à la station d’épuration de la région. A cause du mauvais temps, un des appareils était obstrué par des débris. «On n’a pas les compétences pour faire ce travail», explique un employé de la station d’épuration de Rivière-du-Poste. L’ultime recours est de faire appel à la SMF. Dans l’eau boueuse de la rivière, retenus par des cordes, les militaires travaillaient d’arrache-pied. Hier, à travers toute l’île, les forces de l’ordre étaient sollicitées pour venir en aide à la population.

Dans le sud de l’île, rivières en crues et routes inondées ont posé problème aux habitants et aux autorités. Cependant, malgré une élévation conséquente de leur niveau, aucun débordement majeur n’était à déplorer pour les cours d’eau. Et ce, même si les régions du Morne et de Rivière-Noire ont été particulièrement touchées. Plusieurs familles ont dû évacuer leurs maisons, devenues inhabitables en raison des inondations. La police a même dû faire appel à des renforts.


Une tranchée pour évacuer l’eau

Autre conséquence des fortes pluies : d’importantes coulées de boue. Entraînée dans les rivières par les pluies torrentielles, la boue a vite fait de rendre l’eau opaque et marron. Conséquemment, l’embouchure des rivières dans le Sud donnait hier lieu à un spectacle unique. A Rivière-des-Galets, la mer était boueuse. Descendant des hauteurs de Chamarel, la boue a littéralement pris le dessus sur l’eau de mer. Ce spectacle était visible sur toute la côte sud de l’île. A Gris-Gris, les vagues étaient plus fortes que jamais. Heureusement, personne ne s’est aventuré sur la plage, ou dans l’eau.

«Pa kapav pase !» lance un jeune homme, debout sur le toit de sa maison. Il vit à Bel-Ombre. Dans ce village, une tranchée est censée évacuer l’eau de pluie, afin d’épargner les habitations. Hier à 13 heures, la tranchée était submergée, de même que les jardins qui la bordent. Debout sur sa maison, le jeune homme explique que deux maisons sont totalement inaccessibles à cause de l’eau. Devant la sienne, en guise de pont, une échelle de fortune est posée à travers la tranchée. Cette voie d’accès aménagée ne permet toutefois d’atteindre qu’une maison. Les autres habitants voulant rentrer chez eux doivent de ce fait passer directement dans le canal, à moins de trouver, eux aussi, un pont improvisé.

Florina, la trentaine, tente de rejoindre la maison de sa mère, à St-Martin, Bel-Ombre. La jeune femme, accompagnée de son fils, vient de Trèfles, à Rose-Hill. Avec son pantalon blanc et ses souliers à talons, il va sans dire qu’elle n’était pas préparée à affronter les pluies torrentielles d’hier. Pour arriver à destination, Florina et son fils doivent marcher dans une rue totalement inondée. Une voie d’évacuation d’eau, bouchée, a refoulé sur l’asphalte tout l’excès d’eau boueuse, qui descend ensuite vers la mer. Dans cette région, ce n’est pas la seule route inondée.


«Enn gro ros dan kanal pe anpes delo ale»

«Ena enn gro ros dan kanal ki pe anpes delo ale», explique, de son côté, Hiswarlall Munsoo. Il vit depuis de longues années au village de Baie-du-Cap, juste après Bel-Ombre, et déplore que les canaux ne soient pas en meilleur état. Selon lui, c’est un énorme rocher dans le canal d’évacuation qui refoule l’eau sur la route. Cette eau boueuse descend en fait de Rivière-des-Créoles, en direction du village de Baie-du-Cap. C’est ce que nous explique Lauren, qui tient une tabagie dans cette localité. Elle craint pour la sécurité des plus jeunes, qui peuvent être facilement emportés par les flots. En face de son commerce, un homme travaille frénétiquement sous une pluie battante pour écoper son bateau.

«Bizin retourne !» lance un policier, revenant du radier de Macondé. Avec la montée de la marée, vers 13 h 30, les policiers ont décidé de quitter les lieux. Depuis hier matin déjà, ils avaient fermé l’accès à la route, même si certains automobilistes ont tout de même forcé le passage. A 14 heures, les policiers battent en retraite. Le radier de Macondé sous les eaux, la route qui y mène est presque impraticable et les policiers risquent d’être bloqués sur place. Ils mettent alors en place un nouveau barrage, plus haut sur la route, juste après le viewpoint de Baie-du-Cap. Dans le sud de l’île, les pluies torrentielles ont fait des dégâts hier, mais ce sont surtout les routes qui ont été affectées par les eaux.





Les éléments de la «Special Mobile Force» à pied d’œuvre à La Flora. Il s’agissait de réparer une pompe à eau.


A Macondé hier, on ne discernait plus la route de la mer, l’eau boueuse s’étant mélangée à celle de l’océan, lui donnant une teinte marron.

Vincent POTAGE
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Vieux 18/09/2008, 15h56
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PLUIES TORRENTIELLES
Une gestion améliorée

Terre-Rouge, Cité-La-Cure ou encore Clémencia. Comme en mars dernier, certaines localités ont encore été particulièrement touchées par les pluies torrentielles. Mais pas de drame comme à Mon-Goût. Les zones à risques sont connues. Et depuis, des initiatives ont été prises pour éviter d’autres tragédies lors des grosses pluies, réaménagement de drains et construction de ponts notamment.

(A)ménager les dégâts

Pas de réédition des tragiques faits divers de mars dernier. Les pluies torrentielles n’ont pas été meurtrières. Et la communication a, cette fois, admirablement fonctionné, si l’on en croit Tiberman Ramyead, consultant et ancien directeur de l’Environnement. Il n’empêche qu’en mars, des faiblesses ont été mises en relief : drain, défaut de politique d’aménagement du territoire, incivisme. Déjà, dans les années 1990, un livre blanc de l’Environnement mettait l’accent sur la question des drains.

Ces évacuations sont d’une nécessité capitale dans tout lieu aménagé, dans la mesure où les constructions modifient les axes de ruissellement des eaux de pluie et imperméabilisent les sols. Pour preuve de l’importance de cette question : le nouveau ministre de l’Environnement, Lormesh Bundhoo, a, dans sa première déclaration, fait mention des drains comme priorité de son mandat. Mais le problème reste, sinon entier, du moins en suspens, si on tient compte du coût des drains. «La construction d’un drain sur une route coûte très cher», s’exclame Tiberman Ramyead.

«Plusieurs facteurs coûteux entrent dans la construction d’un drain : la conception, l’excavation, le bétonnage, la pente… Au final, c’est plus cher que la route elle-même!» Pour autant, on ne peut faire l’économie de drains dans les zones habitées. Ceux-ci doivent être certifiés par la municipalité, le conseil des districts et la Road Development Authority (RDA). En fait, la question des drains est intimement liée à la politique d’aménagement du territoire. Or, un spécialiste en la matière, souhaitant préserver l’anonymat, déplore l’absence d’une politique cohérente dans ce domaine. «Les zones construites ou dites constructibles, le sont parfois en dépit du bon sens. Il n’y a pas de travail en amont pour l’identification des zones présentant des risques d’inondation. Il faut savoir que certains endroits, de par la géologie du lieu, la topographie ou la proximité d’un cours d’eau, sont des lieux habituellement ou exceptionnellement inondés. Les zones humides ou celles où le sol est plus ou moins imperméable devraient être inconstructibles ! Mais voyez ce qui s’est fait dans le nord à Grand-Baie ou Péreybère. Et en cas de pluies torrentielles, il faut pouvoir identifier clairement les endroits qui risquent d’être inondés. Dans l’approche, il faut une typologie claire.» Tiberman Ramyead va plus loin : «C’est vrai que l’urbanisation a bouleversé l’écoulement des eaux de pluie. Les drains servent à cela. Mais pour qu’ils remplissent leur rôle, il faudrait qu’ils soient bien entretenus. Il y a un autre élément important. En construisant des morcellements, on aplanit le relief. On touche donc aux exutoires naturels des eaux de pluie. C’est grave parce que les drains ne pourront pas jouer ce rôle aussi efficacement.»

Clairement, si les autorités avaient adopté, dès le départ, des lignes directrices claires d’aménagement de l’espace dans le processus d’urbanisation, les inondations n’auraient, semble-t-il, pas eu un impact si désastreux. Une politique d’aménagement du territoire devient capitale, d’autant que de nouvelles villes voient ou verront le jour – Ebène, Highlands, Tianli. De fait, la question de la gestion des eaux de ruissellement doit être réfléchie en amont afin que des zones inondables n’apparaissent pas trop tard. «La politique de la ville aussi est un des volets importants. C’est à la collectivité locale d’assurer le bon entretien des drains, sauf sur les routes principales (les routes Royales). Le problème, c’est que la fiscalité des villes n’est pas suffisante pour permettre à la ville de se doter des moyens nécessaires au bon entretien des drains. Et quand ces derniers sont mal entretenus, les dégâts peuvent être énormes», fait également ressortir notre interlocuteur urbaniste et aménageur.








Au niveau local

Plaies des collectivités locales, l’incivisme des administrés et le manque de moyens expliquent le désarroi, moindre aujourd’hui il est vrai, face aux intempéries et leurs conséquences fâcheuses. Il faut croire que la leçon de mars 2008 a été bien comprise. Depuis ces évènements, les différents acteurs locaux et nationaux travaillent de concert pour limiter, autant que faire se peut, l’impact néfaste du trop plein de précipitations. «Les habitants aussi ont une part de responsabilité», estime Sunil Somaroo, président par intérim du conseil de district du Nord.

En effet, l’incivisme est l’une des causes de l’embâcle des drains en période de grosses pluies. Ramalingum Maistry, maire de Beau-Bassin/Rose-Hill, abonde dans ce sens. «Dans les résidences ouvrières, il y a un problème de gestion des déchets. Du coup, les habitants se débarrassent parfois de leurs détritus directement dans les drains. Sur la route Royale, certains magasins utilisent les poubelles publiques pour y mettre leurs déchets. Elles ne sont pas faites pour en recueillir autant. Trop pleines, elles débordent et les déchets se retrouvent sur le chemin puis dans les drains, ce qui à la longue peut également les boucher. Dernier exemple, sur la promenade Roland Armand, les poubelles publiques sont aussi utilisées par des administrés qui y déversent leurs poubelles au lieu de les garder chez eux en attendant que les services de collecte des déchets passent. C’est le même scénario que sur la route Royale.»

Ces exemples mettent en relief la nécessaire coopération des citoyens. Les drains sont trop souvent bouchés par des déchets, et si l’écoulement des eaux de pluies ne se fait pas correctement, il y aura nécessairement un endroit qui en pâtira. Et le prix à payer est celui d’une inondation… pour cause d’incivisme. Bien entendu, les administrés ne peuvent être tenus pour seuls responsables. Le manque de moyens des collectivités est un autre problème majeur. Que ce soit au conseil du Nord ou à la municipalité des villes sœurs, on se plaint du manque de moyens. L’assiette fiscale est réduite et la levée de fonds pour les services de voirie n’est, de fait, pas suffisante. «Nous essayons de faire de notre mieux malgré nos moyens limités. Nos ressources humaines sont insuffisantes comparativement au travail à faire et nous ne disposons d’aucune machine. Par contre, nous travaillons en étroite collaboration avec la RDA en ce qui concerne les drains des routes royales et aussi avec la National Development Unit (NDU)», avance Sunil Somaroo. Par exemple, la veille de l’avis de pluies torrentielles, des fonctionnaires de la NDU et ceux du conseil du Nord se sont réunis pour avaliser le projet de construction de trois ponts.

Ramalingum Maistry insiste également sur la synergie des acteurs. Les collectivités locales n’ont pas assez de fonds en général. «A la suite des évènements de mars 2008, la NDU finance plusieurs projets, notamment à Plaisance et à Roches-Brunes. Depuis les pluies torrentielles, les régions qui doivent être dotées de canalisation ont été identifiées. Pour les travaux, le financement est assuré dans ce cas par la NDU, mais la maîtrise d’ouvrage nous revient.» Pour pallier le manque de civisme des administrés, les élus comptent simplement sur leur bonne conscience et éventuellement des campagnes d’information et de sensibilisation du public.













Gilles RIBOUET
Sharon SOOKNAH
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Vieux 18/09/2008, 15h57
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inondations : les zones a risques

L’après-26 mars 2008

Goût amer. Les pluies torrentielles décrétées hier rappellent inévitablement celles du 26 mars dernier. Au-delà des dégâts matériels, elles sont aussi ancrées dans les mémoires pour avoir causé la mort de quatre personnes à Mon-Goût. Trois adultes et une adolescente avaient été emportés par les flots dans cette localité. A la suite de ces décès, diverses mesures ont été prises afin d’éviter, dans des cas similaires, qu’il y ait mort d’homme, et pour mieux gérer les problèmes liés aux fortes pluies.

Le cas du 26 mars dernier a surtout rappelé l’importance d’un bon entretien des drains. A la suite de ces événements, l’Emergency Rehabilitation Programme (ERP) a été mis sur pied, sous la présidence du ministre de l’Environnement. Le comité qui s’en occupe a, depuis, identifié 158 sites dits «critiques». Ces sites requièrent plusieurs types de réaménagement, principalement au niveau de drains ou de ponts. A ce jour, les travaux ont été complétés sur 25 sites et ont déjà été entamés sur 42 autres, selon l’ERP. Le comité annonce aussi que des travaux sur 22 sites additionnels commenceront bientôt.

Le réaménagement de trois ponts à Mon-Goût n’a, quant à lui, pas encore été effectué. Un consultant a cependant été désigné pour la conception des travaux et le ministère de l’Environnement a émis une lettre d’intention à la compagnie Transinvest, pour qu’elle entreprenne la construction de ces trois ponts. Au ministère de l’Environnement, on fait aussi ressortir que l’Etat a doté le réaménagement des drains d’un budget de Rs 990 millions, suite aux pluies torrentielles de mars dernier. Ce financement s’étalera cependant sur une période de trois ans.

Suite aux décès causés par les pluies torrentielles du mois de mars, les interrogations ont fusé par rapport à l’attribution des responsabilités. D’où l’instauration, par le cabinet du Conseil des ministres, d’un Fact-Finding Committee (FFC) présidé par le juge Bushan Domah. Ce dernier est soutenu, dans sa tâche, par l’ancien directeur de la météo, Ranjit Vaghjee, et par l’ancien secrétaire aux Affaires intérieures, Jacques Rosalie. La mise sur pied de ce comité d’enquête cadre aussi avec les critiques émises, sur les scènes publique et politique, à l’égard de plusieurs organismes, dont les services météo et le ministère de l’Education. C’était aux alentours de 13 h 30 que le ministère de l’Education avait passé le mot d’ordre pour que les étudiants rentrent chez eux. Le fait que le ministère n’ait pas fermé les écoles dès le matin a été largement controversé. La polémique a d’ailleurs été renforcée par la mort de Laura Paul, jeune fille de 13 ans, qui a été emportée par les flots à Mon-Goût alors qu’elle rentrait à son domicile. Les services météo ont eux aussi été montrés du doigt. La distinction entre averses et pluies torrentielles a été évoquée à plusieurs reprises par les services météo. Ses porte-parole ont notamment expliqué que la météo ne pouvait prévoir qu’il y aurait, en 4 heures, des précipitations de 150 mm.

L’enchaînement des événements du côté de la météo et l’interaction avec les autres parties concernées sont donc aussi revus à la loupe par le FFC. Au cours d’une audience, le numéro deux de la Police Information and Operations Room, Chetanansing Downut, a notamment soutenu avoir reçu le bulletin météo à 6 h 42 et a précisé que celui-ci «avait été émis à 5 h 45». Le FFC, qui a commencé ses travaux le 1er avril, poursuit toujours son enquête. Il doit évaluer le système d’alerte mis en place le 26 mars, les prévisions de la météo et les moyens déployés pour informer le public. Il devra aussi déterminer si les mesures préventives nécessaires ont été prises par les ministères de l’Education et de la Santé, ainsi que par la police.




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Vieux 19/09/2008, 10h14
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L’accalmie

L’accalmie
Ce n’est que vers 22 h 30 hier que l’alerte de pluies torrentielles a été enlevée. Des pluies éparses sont attendues ce matin. Toutefois certaines écoles resteront fermées.

Le collège Père Laval à Sainte-Croix n’ouvrira pas ses portes aux élèves aujourd’hui.Deuxième jour sous les eaux. Avec un avertissement de pluies torrentielles enlevé à 22 h 30 hier. Des établissements scolaires ont, eux, été inondés. Certains n’ouvriront donc pas leurs portes ce matin (voir la liste en page 5). Que nous réserve la journée d’aujourd’hui ? Selon les prévisionnistes de la station météorologique nationale, une accalmie se fera sentir. Mais le temps sera couvert avec des pluies éparses par moment sur toute l’île.

Et hier, le scénario catastrophe tant craint par les autorités ne s’est heureusement pas produit. Alors que la météo craignait encore des torrents de pluie, la journée a été plutôt calme. En revanche, si la pluie s’est quelque peu calmée, la journée des pompiers et de la police n’a pas été moins chargée. Pomper de l’eau par çi, enlever des détritus des routes par là…

Malgré des pluies moins intenses que ne le prévoyait la météo, celle-ci appellait néanmoins à la vigilance hier. «Il y a effectivement eu une accalmie durant la journée, mais la masse nuageuse responsable des pluies est toujours présente au-dessus de Maurice. Si l’on a pas eu de grosses averses cela ne veut pas dire que tout est terminé», prévenait la station météorologique de Vacoas. D’où l’heure tardive de l’enlèvement de l’avertissement de pluies torrentielles.

Vers midi, le bilan était déjà considérable : environ 250 maisons inondées dont la majeure partie se situe à Port-Louis et ses régions avoisinantes. Une trentaine de maisons a été inondée à cité Bois Marchand, une quarantaine autres à Abercrombie, le même nombre à Roche-Bois et également à Baie-du-Tombeau.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, 26 personnes se sont rendues dans des centres de refuge. Quatorze d’entre elles sont des habitants du Morne et 12 de Surinam. Elles ont cependant quitté le centre hier.

A Vallée-Pitot, Montagne-Longue, Anse-Jonchée, Macondé, Clémencia et Dagotière, les forces de l’ordre ont dû principalement se mobiliser pour rendre les routes de nouveau praticables. Des pelleteuses ont même été utilisées pour dégager les voies.

Côté réservoirs, quatre sont remplis à 100 %. Seuls Mare-aux-Vacoas et la Nicolière ne l’étaient pas encore, même s’ils avaient franchi le cap des 90 % hier soir.

La pluie a aussi convaincu un bon nombre d’employés de rester chez eux. Selon les données recueillies auprès des opérateurs, la fonction publique et le privé ont enregistré entre 5 et 7 % d’absents.

Pour l’agriculture, les pertes ne devraient pas être trop importantes. C’est ce qu’affirme Suresh Seebaluck, secrétaire au cabinet et président du Cyclone & Other National Disasters Committee, hier matin. «Le ministère de l’Agro-industrie est rassuré. L’on ne devrait pas avoir de pénurie. Cependant, si la pluie continue encore quelques jours, cela pourrait devenir critique», lâche-t-il. Les planteurs prévoient néanmoins que les prix prendront l’ascenseur…







Patrick HILBERT
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INFRASTRUCTURES
Vingt-neuf écoles inutilisables

Les salles de classes baignent dans l’eau et les cours ressemblent à des piscines. Ainsi, une trentaine d’établissements ne peuvent s’ouvrir aux étudiants.

A l’école Labourdonnais, impossible de faire venir les élèves travailler dans des espaces qui sont devenus des patinoires.Le ministère de l’Education s’est retrouvé devant un dilemme hier. Le bulletin météo de 16 heures tendait à un temps plus clément tout en maintenant l’avis de pluies torrentielles. Dur, dur, dans ce cas de figure de prendre une décision...

Devant ces données incertaines, le ministère a jugé plus sage de ne pas trancher hier, mais de reporter sa décision à ce matin. Il a donc appelé les parents à être à l’écoute des radios à 6 heures ce matin pour écouter le communiqué émis par les autorités éducatives.

Mais quoi qu’il en soit, les portes de 29 écoles préprimaires, primaires et secondaires resteront fermées aujourd’hui, et cela même si les autres établissements ouvrent. Les pluies torrentielles de ces derniers jours les ont rendues inutilisables. De ces 29 établissements, onze sont des écoles préprimaires, douze des écoles primaires et six des collèges.

Profitant de l’accalmie relative d’hier après-midi, Vasant Bunwaree, revêtu de son nouveau costume de ministre de l’Education, a fait une petite tournée des écoles. A la Labourdonnais Government School, située sur le flanc de la Montagne-des-Signaux à Port-Louis, le ministre a constaté l’étendue des dégâts. L’eau dévalant de la montagne a pénétré l’enceinte de l’école, transformée en piscine à ciel ouvert pour l’occasion.

Vasant Bunwaree s’est ensuite arrêté à l’école Père Laval, à Ste-Croix… Ce qui était un petit imprévu, puisqu’il devait en fait se rendre au collège Père Laval, situé quelques mètres plus loin. Après une toute petite ronde, et une fois la méprise constatée, le petit cortège s’est rendu à la bonne adresse. Au collège Père Laval, c’est le même constat qu’à l’école du gouvernement Labourdonnais : la cour de récré est sous les eaux.

Autre point commun entre les écoles : les problèmes résultent de facteurs extérieurs à l’établissement. Dans plusieurs de ces établissements, «ce sont des problèmes infrastructurels situés en dehors des écoles qui les rendent inutilisables». Le ministre Bunwaree penche pour la mise sur pied d’un comité interministériel pour éviter ce genre de problèmes, dans la mesure du possible, à l’avenir.

Autre constat : sur les six collèges fermés, quatre appartiennent à l’Etat. Alors que les établissements secondaires privés sont au nombre de 105, seuls deux d’entre eux sont inopérationnels. Des collèges d’Etat, qui sont 69 au total, quatre sont provisoirement hors service.

Le troisième trimestre étant un moment crucial pour les étudiants, Vasant Bunwaree tient à rassurer. «Tout sera fait pour rattraper les journées perdues. Et même s’il faut ajouter une journée de classe ou des heures supplémentaires, on le fera, avec l’accord de tous les partenaires de l’éducation bien sûr.»

A priori, le consentement semble déjà acquis. Narendranath Gopee, président de la Government Secondary School Teachers’ Union (GSSTU), affirme que ses membres sont partants pour «rembourser ces deux jours-là». Il souhaite la tenue de consultations avec le ministère «afin de voir quelle formule est la plus appropriée».



Patrick HILBERT








DEGATS

Quand l’eau fait des siennes

■ Deux jours sans discontinuer. Quarante-huit heures d’affilée à pomper l’eau des pluies qui a envahi la cour de la «Bel-Air State Secondary School» (SSS). Mais rien à faire : le niveau ne diminue pas. Il en sera ainsi tant qu’il pleuvra et aussi longtemps que la construction d’un mur de soutènement ne sera pas finie.

A Bel Air, hier, avec quatre à huit pouces d’eau stagnante, la cour intérieure de l’école ressemblait à une piscine. Selon la direction, il est impossible d’y accueillir les collégiens avant lundi. Fort heureusement, l’eau n’a pas pénétré dans les salles de classe.

Même constat à la «Rajcoomar-Gujadhur State Secondary School», à Flacq, où mercredi, «ça allait encore». Mais l’école étant située dans un bas-fond, l’eau s’est suffisamment accumulée. pour compromettre le retour des élèves avant quelques jours.

«C’est difficile, voire impossible d’ouvrir l’établissement aux élèves, explique Bhanudeo Naga, car tant que la pluie ne s’arrête pas, les pompiers ne pourront pomper l’eau.» Il n’en revient pas que son collège soit sous les eaux en plein mois de septembre. «Nous avions pris des mesures préventives mais on ne s’attendait pas à des inondations à cette période de l’année.»

Après les inondations de mars, Bhanudeo Naga avait fait déplacer la bibliothèque qui se trouvait jusqu’alors au rez-de-chaussée. 75% de pertes, cela fait réfléchir et, surtout, agir.

A la «Labourdonnais Governement School», à Port-Louis, agir devient plus complexe lorsque l’eau qui descend de la montagne stagne dans les drains de la cour de l’école…



Valérie OLLA














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SANTE

Risques accrus de maladies

Attention aux recrudescences de gastroentérite. Un pédiatre met aussi en garde contre la conjonctivite virale et le chikungunya dont les vecteurs sont les moustiques. Il y aura une évaluation, après trois semaines, pour en dénombrer la population et décider s’il y a nécessité d’utiliser le «spraying» pour leur éradication. Il faut évacuer l’eau accumulée sur le toit des maisons. Il est conseillé de faire bouillir l’eau pendant au moins quinze minutes et de laver abondamment les fruits et légumes avant d’en consommer. De même, rincez-vous les mains au savon avant de faire la cuisine, de manger et de s’occuper des bébés.








A Anse-Jonchée, une équipe de la SMF hisse un tronc d’arbre, à l’aide de cordes, avant qu’il ne passe à la tronçonneuse.
SECURITE

Intervention musclée de la police

Que donne une équipe de génie au travail ? Des hommes impressionnants par leur taille, camouflés en uniformes kaki et coiffés d’une casquette aux emblèmes de la Special Mobile Force (SMF) mais surtout munis d’énormes tronçonneuses, de cordes. Les hommes du génie étaient à l’œuvre, hier, à Anse-Jonchée dans le sud de l’île.

Le major (assistant surintendant de police) de la SMF, Rémy Nicole, responsable de la région du sud, surveille d’un regard critique. «Retirez ce gros tronc en premier, hissez-le avec les cordes.». Ho hisse, ho hisse, et hop, le tronc est hors de l’eau.

Place maintenant à la tronçonneuse. Deux officiers, munis de gants, saisissent les deux extrémités du tronc. En deux temps, trois mouvements, il est tranché en deux dans un bruit assourdissant.

Que faire de ces morceaux qui jonchent la route ? Entre la JCB, une machine, l’air effrayant, qui va tout déblayer, explique le major Nicole. Elle a, plusieurs fois aidé lorsque les rivières étaient en crue et lors des grosses marées.

Du radier de Macondé jusqu’à Grande-Rivière-Sud-Est et dès 6 heures, le major Nicole a déployé plusieurs équipes sur les routes qui pourraient être inondées.

Une équipe de la SMF est sur la brèche au radier. «Depuis 12 h 45, nous avons des pluies intermittentes, précise le major, mais il faut veiller à ce que rien ne bloque le passage sous le pont.»

Justement il y a quelque chose qui vient entraver le passage. Les officiers du Groupe d’intervention de la police mauricienne, en gilet de sauvetage et munis de cordes, s’affairent à enlever l’obstacle. Ce dernier leur donne du fil à retordre mais ils s’obstinent.

Un dernier effort et hop ! Surprise : le morceau de caoutchouc s’avère être une énorme roue de… camion.



Anushka MOOTIA






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