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Restauration pour noctambules
REPORTAGE NITELIFE
Restauration pour noctambules
Les colporteurs travaillant le soir dans les rues sont de plus en plus nombreux. Proposant de la nourriture, ils opèrent près des boîtes de nuit, casinos et autres endroits très animés. Avec leur petits stands, ils ont fidélisé une clientèle principalement issue du nitelife.
La nuit est tombée. Le long de la route Royal à Rose-Hill, plusieurs colporteurs allument leurs ampoules connectées à des batteries de voiture. Chacun d'eux est spécialisé dans la vente d'une variété alimentaire. Ainsi, on trouve des marchands de briani, de hot dogs, de grillades ainsi que des incontournables mines frits et boulettes très prisés par le Mauriciens. À Rose-Hill, ces petits commerçants ont élu domicile près des casinos et des discothèques.
Kal kof. Dans la pénombre, près de la galerie Evershine, trois marchands de boulettes s'activent au-dessus de leur wok. Le son des spatules se font entendre tandis qu'une odeur de friture flotte dans l'air. Certains noctambules attendent avec impatience leurs plats de mines avant d'entrer en boîte. Pour les uns, ce sera un petit gajak qui accompagnera leur beuverie ; les autres font le plein d'énergie avant d'aller user les pistes de danse. "Bizin kal kof avan al bwar", dit avec humour Kevin, son assiette de mines entre les mains.
Même si les prix des aliments offerts sont plus élevés à la nuit tombée, ils semblent avoir été fixés à un niveau accepté par tous. Personne ne s'en plaint. "À cette heure-ci, je trouve que Rs 6 pour une boulette de poisson, c'est pas cher. Il ne faut pas oublier que la personne travaille jusqu'à très tard", explique Jérôme, qui s'est arrêté près d'un marchand de boulettes.
Fin du mois. À Beau-Bassin, près de l'arrêt d'autobus connu sous le nom de bistop Maingard, leBest Snacka retardé ses heures de fermeture pour vendre du briani. Une activité qu'il ne pratique que le week-end. Un vieil homme, devant son deg,nous explique pourquoi il vend du briani à cette heure de la nuit. "Nou ouver tar zis dan bann weekend. Ena boukou dimoun ki vinn rod enn manze so so sa ler-la, sirtou pandan period la fin di mwa. Nou fasilit travay ban menazer", explique-t-il. En témoigne son deg de briani presque vide.
En quittant le Best Snack, nous nous dirigeons vers les hautes Plaine-Wilhems. Nous passons devant l'incontournableGool Hotel,qui est devenu une référence dans la restauration de nuit. Cet établissement de Beau-Bassin est un des pionniers du genre. Il est ouvert 24h sur 24.
Il est deux heures du matin et plusieurs des marchands ambulants ont plié bagage. Seuls quelques-uns sont toujours là, attendant que les clubbers sortent des boîtes de nuit avec un petit creux. "Quand on sort de boîte, on a toujours faim. Mes amis et moi savons où nous devons aller pour nous remplir le ventre. Parfois, nous achetons des pains catless chez Gool ou nous prenons la direction d'Ollier pour acheter des dholl puris chaud chaud …", explique Vickram, 22 ans, rencontré à la sortie d'une discothèque.
Hygiène. Lorsque certains colporteurs installent leurs stands au coin des rues animées, dans certains cas, on n'a pas besoin de les voir pour savoir qu'ils sont là. L'odeur de l'huile de friture et les aboiements des chiens errants à la recherche de nourriture s'en chargent. En effet, les mesures d'hygiène sont rarement respectées par ces commerçants. C'est notamment pour cette raison que Jenifer, 23 ans, télé-opératrice, n'achète jamais de nourriture de ces marchands ambulants. "Il n'y a pas d'hygiène et c'est pire le soir. On ne voit pas ce qu'on mange et l'odeur de friture n'est pas un plaisir pour les narines", explique la jeune fille.
Par ailleurs, la plupart de ces colporteurs opèrent dans l'illégalité. Nombre d'entre eux ne possèdent pas de permis pour vendre de la nourriture et c'est l'une des raisons pour laquelle ils opèrent le soir. "A swar, ena mwins kontrol. Lapolis pa kas latet ar nou. Ki pou fer, bizin trase. Pou nou, se enn mwayin pou gagn nou lavi", explique Robert, marchand de boulettes. Certains de ces colporteurs expliquent que ce n'est pas évident d'obtenir le permis d'opération. D'autres avancent même "ki bzin pous enn lanvlop, ou konn sertin dimoun pou gagne patant". Avec ou sans patant, ces marchands ambulants sont de plus en plus nombreux.
Sound X, un nouveau concept
Un peu plus loin de Gool,se trouve Sound X, un des endroits branchés du moment. Pendant la journée, il fait office de car wash, mais à la nuit tombée, nous pénétrons dans un tout autre univers, celui de la zen attitude prônée par les deux gérants, Jean-Axel Cangy et Veghen Iyahcootee. Ces deux hommes ont vite compris qu'il y avait de l'avenir dans la restauration de nuit. Ainsi, ils ont ouvert leur pizzeria qui opère jusqu'à fort tard. Parallèlement à ce petit coin gastronomique, Jean-Axel Cangy et Vefhen Iyahcootee ont ouvert un pub. "C'est un nouveau concept que nous proposons. Pendant la journée, les clients peuvent donner leur voiture à laver et aller se détendre dans notre pizzeria et le soir, notre car wash se transforme un tout autre univers. Les gens se détendent dans un cadre hôtelier et cela en plein centre-ville", expliquent les deux hommes.
Rent a driver
Sound X offrira bientôt un service de Rent A Driver. Ce dernier permet au client du club de louer les services d'un chauffeur pour le raccompagner à son domicile avec sa voiture. "Les lois concernant la conduite en état d'ivresse sont devenues plus sévères. C'est pour cette raison que nous proposerons très bientôt ce service. Ainsi, quelqu'un qui aura bu un verre de trop pourra louer un chauffeur pour le ramener, lui et sa voiture. Pendant que l'un de nos chauffeurs sera au volant, un autre le suivra à mobylette", explique Jean-Axel Cangy.
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