Drogue a moris - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

Précédent   Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice > Discussions > Nouvelles de l'Ile Maurice

Réponse
 
Outils de la discussion Modes d'affichage
  #1 (permalink)  
Vieux 09/02/2007, 16h12
Avatar de Dev
Dev Dev est déconnecté
Rambo Morisien
 
Date d'inscription: août 2006
Localisation: région Parisienne IDF
Messages: 5 519
Envoyer un message via Yahoo à Dev
Drogue a moris






Ces derniers mois, d'importantes saisies de drogues (calculées à plusieurs millions de roupies) ont été faites par la police lors d'opérations menées dans différentes parties du pays. Parallèlement, destinée à réduire la demande, la prévention, menée sur plusieurs fronts, s'intensifie, s'adaptant - dans la forme et dans le ton - au contexte. Pourtant, sur le terrain, la situation reste particulièrement affligeante. En dépit de tant d'efforts, le trafic de drogue dure prospère alors que la clientèle grossit, rajeunit et se féminise. Le constat n'est pas nouveau, et c'est ce qui interpelle…
Dans plusieurs parties du pays, surtout dans les régions qui sont considérées comme les principaux points d'opération des trafiquants, le trafic de drogue prolifère à un rythme inquiétant. "Chez nous, cela se vend comme des petits pâtés. Les trafiquants opèrent à longueur de journée et la clientèle ne semble pas manquer", dit un travailleur social actif dans l'un de ses quartiers sensibles de la Capitale. Plus loin, à Pailles, par exemple, depuis peu, les habitants vivent à nouveau un cauchemar. Au niveau de la Cité Saint Louis, le trafic a repris, ramenant dans le quartier une foule de personnes aux comportements douteux. Ce n'est plus que la vente qui s'y fait presque ouvertement. "On voit aussi des gens se shooter à même la rue. Certains baissent leurs pantalons pour se faire des injections dans l'aine en public", raconte l'un de ceux qui suit la situation de près. Et ce n'est pas uniquement à Pailles que cette situation a été notée. Cela concerne aussi certaines zones des Plaines Wilhems, entre autres. "La situation devient dramatique dans plusieurs régions. En dépit des récents coups de filets de la police et de la prévention, le trafic continue à croître" dit Cadress Rungen, membre du collectif des Soldats de Port-Louis et des Régions Avoisinantes (SPLRA). Ce phénomène, certains le mesurent davantage en considérant la vitesse à laquelle la toxicomanie, par les substances illicites, prend du terrain dans les principaux villages du pays. Il y affecterait surtout des jeunes qui s'approvisionnent principalement dans les régions urbaines alors que le trafic se met en place chez eux.
Baisse des prix. "La drogue pas manqué en cé moment. Mais bizin fer attention lor kalité qui zot vender…", dit un consommateur de drogues injectables. Sur le marché, la dose est vendue entre Rs 150 à Rs 200. En considérant qu'il n'y a pas très longtemps, la drogue était vendue à Rs 250, la baisse des prix est attribuée à une grande disponibilité de produits sur le marché. Situation étroitement liée à la mise en vente des doses de Subutex comme drogue injectable. "La plupart de ceux que nous recevons dans notre centre s'injectent du Subutex" confirme Imran Dhannoo, directeur du Centre Idrice Goomany. Ce produit aurait, en effet, très rapidement remplacé le brown sugar.
Médicament de substitution aux opiacés, le Subutex, disponible en plaquette, est légalement disponible dans quelques pays et, comparativement au brown sugar, se dissimule plus facilement pour être clandestinement introduit à Maurice. Comme le souligne Imran Dhannoo, l'autre facteur reste que sous le Dangerous Drugs Act, les peines frappant les personnes arrêtées pour consommation et trafic de Subutex sont moins lourdes. Pourtant: "So l'effet pas trop pareil. Parfois avec Subutex là, li pli fort encore. Avec sa bizin pike plisier fois", dit un toxicomane.
Depuis le début de cette année, le brown sugar a refait surface dans certains points de vente à travers deux gros trafiquants de la capitale À souligner que les estimations parlent désormais d'une population de plus de 20 000 usagers de drogues par voie intraveineuse à Maurice. Ceux souffrant de dépendance consomment moyennement de deux à six doses quotidiennes…
Facteurs. Selon un travailleur social, l'argent facile reste le principal facteur qui encourage des jeunes à devenir trafiquants. "Certains à 15/16 ans sont des revendeurs. D'autres, à peine plus âgés, sont déjà à la tête de leurs propres réseaux.", explique-t-il. Ces derniers passent rapidement d'une situation financière quasi-précaire au grand luxe: voitures, motos, bijoux, vêtements griffés, etc. "C'est la principale raison pour laquelle il y a désormais plus de personnes qui se livrent au trafic et, de ce fait, à travers différentes sources, la drogue reste constamment disponible." Il est aussi noté que des trafiquants sont financés par des individus qui n'avaient jusqu'ici aucun lien avec le milieu et qui ne chercheraient qu'à faire croître leur argent par ce type d'investissement.
Plaisir. De l'autre côté, c'est surtout la quête du plaisir qui rendrait de plus en plus de jeunes vulnérables à la tentation, dit Imran Dhannoo pour expliquer la hausse dans le nombre de consommateurs. "Nous avons aussi noté que de plus en plus d'épouses ou conjointes de toxicomanes commencent aussi à prendre de la drogue." Dans certaines régions, témoignent les travailleurs sociaux, la drogue dure touche aussi des pré-adolescents d'à peine 11/12 ans.
Indifférence et conséquences. Entre-temps, cette situation qui est toujours entretenue par l'indifférence des uns et des autres, a un impact direct sur l'ensemble de la société. Les travailleurs sociaux rappellent que plusieurs des délits commis dans le pays sont souvent commis par des usagers poussés par les crises de manque. Ce qui contribue à une situation d'insécurité croissante. S'ajoute aussi la problématique liée à la transmission du VIH par partage de seringues infectées. Imran Dhannoo rappelle que sur le plan économique la drogue rend plusieurs personnes improductives. Entre-temps, il revient à l'État de payer pour les frais occasionnés par eux au niveau des services de soin, d'encadrement, des prisons, ou autres. Ce qui représente un lourd budget. La drogue affecte aussi le climat social du pays plongeant des individus et des régions entières dans l'extrême précarité.
Si le trafic de drogue continue à prospérer, il demeure un fait que la corruption - qui ne profite qu'à certains au sein des institutions - reste l'un des grands fléaux du pays. "Sinon comment expliquer l'ampleur que continue à prendre la drogue ?" se demande Imran Dhannoo. De l'autre côté, les différents régimes politiques qui se sont succédé à la tête de l'État sont critiqués pour n'avoir su manifester une réelle volonté pour combattre le trafic. "Cette apathie des gouvernements fait que bien des décisions n'ont pas été prises quand il le fallait", poursuit-il. Maurice ayant atteint une situation extrême, Imran Dhannoo est de ceux à se prononcer en faveur de la peine capitale contre les gros trafiquants de drogue. Il est à rappeler qu'à travers des mesures fermes, des pays comme Singapour et la Malaisie ont pu réduire l'impact qu'avait à l'époque le trafic de drogue sur leur société pour se développer.




Partenariat société civile/police

Le 24 février, le commissaire de police et des responsables de différentes unités rencontreront des travailleurs sociaux engagés dans la lutte contre la drogue. Cette décision fait suite aux rencontres que le CP a eues avec les responsables du Centre Goomany, dont Ally Lazer et Imran Dhannoo. L'objectif étant de renforcer les liens entre la société civile et la police pour plus d'efficacité dans la lutte contre la drogue. Par ailleurs, suite à une rencontre tenue vendredi, les membres du collectif SPLRA ont décidé de solliciter une rencontre avec le CP. Ils comptent lui faire part de leurs inquiétudes sur le trafic de drogue dans l'espoir d'une solution.


Dans l'attente d'un nouveau Master plan
La décision du présent gouvernement de mettre de côté le National Drug Control Master Plan 2004 - 2009 est toujours critiquée. Ce document avait été préparé dans le but de renforcer les actions dans la lutte contre la drogue à travers une cohésion entre les différents services et en développant une stratégie commune adaptée à la situation présente. Il avait été élaboré après la publication de rapports et études sur le sujet et grâce à la collaboration des différents acteurs. Lancé en 2004 le plan a été mis de côté, sur des considérations bassement politique, après le changement de régime. À l'époque, Sheila Bappoo avait parlé de l'élaboration d'un autre plan d'action qui se fait toujours attendre…


Réponse avec citation
Google
  #2 (permalink)  
Vieux 09/02/2007, 19h58
Super Fan RM
 
Date d'inscription: août 2004
Localisation: London UK
Messages: 3 908
Envoyer un message via Yahoo à Rocco
Si to envie reduire la drogue drastiquement a moris, to besoin remplace tous la force de l'ordre depi so coast guards, so la police, so douaniers etc.

Rocco
Réponse avec citation
  #3 (permalink)  
Vieux 09/02/2007, 20h19
Avatar de SISTA
Super Fan RM
 
Date d'inscription: novembre 2004
Localisation: paris
Messages: 1 742
Envoyer un message via Yahoo à SISTA
Ene mari nettoyage bizin fer çà !
Réponse avec citation
  #4 (permalink)  
Vieux 29/06/2007, 15h04
Avatar de Dev
Dev Dev est déconnecté
Rambo Morisien
 
Date d'inscription: août 2006
Localisation: région Parisienne IDF
Messages: 5 519
Envoyer un message via Yahoo à Dev
Maurice 2e international dans la consommation d'opiacés



DROGUES : SITUATION

Maurice 2e international dans la consommation d'opiacés


De la troisième à la deuxième place mondiale. Telle est l'image que projette Maurice pour ce qui est de la prévalence dans la consommation d'opiacés. L'UNODC en fait état dans le World Drug Report 2007 rendu public mardi dans le cadre de la journée Internationale contre les abus des drogues et le trafic illicite.
Constat peu élogieux pour le pays aux yeux de la communauté internationale. Maurice a la deuxième plus haute prévalence de consommateurs d'opiacés dans le monde. Il suit l'Iran et se retrouve sur la même marche que la Russie. Ces dernières années, l'Office des Nations Unies contre les Drogues et les Crimes (UNODC) classait le pays en troisième position mondiale. Rendu public, le mardi 26 juin, le World Drug Report 2007 de l'UNODC devrait - logiquement - rendre le pays mal à l'aise.
Constat. Selon le rapport, 2. 0% de la population active (15 - 64 ans) du pays consommeraient des opiacés, à savoir : héroïne, bown sugar, opium ou autres.
En Iran, la prévalence est estimée à 2. 8%. 136 pays sont sur la liste de l'UNDOC consacrée à la consommation d'opiacés. Parmi figurent des zones sensibles telles la Bolivie (0. 07%), la Colombie (0. 1%), le Brésil (0. 5%). Principal pays producteur de ce type de drogue, l'Afghanistan a une prévalence de 1. 4% et le Pakistan, 0. 7%. Le Kyrgystan qui occupait la deuxième place avec 2. 3% l'année dernière se retrouvent en meilleure position avec un taux qui est désormais calculé à 0.8%. Ce qui témoigne que des améliorations sont possibles.
N0 1. Au niveau Africain, Maurice reste dramatiquement No 1. Dans la région Est Africaine, les autres pays cités sont le Kenya, la Somalie, le Rwanda, l'Éthiopie, l'Ouganda et la Tanzanie. La prévalence y est estimée de 0. 05% à 0.1%. Au total, 29 pays d'Afrique sont cités.
Trafic. Selon le rapport, les opiacés sont parmi les types de drogues illicites les plus consommés au niveau mondial. Ils constituent un problème majeur représentant 60% des demandes de traitement en Europe et en Asie. L'Afghanistan est considéré comme le plus grand producteur d'héroïne et de brown sugar. C'est vraisemblablement de là que provient la drogue vendue à Maurice. Selon le World Drug Report 2007, cette drogue passe à travers le Pakistan. L'Inde et la Chine sont aussi parmi les pays par lesquels passe désormais la drogue Afghane.
25 000. Maurice compterait présentement jusqu'à 25 000 consommateurs d'opiacés disent les observateurs locaux. La dernière estimation officielle avait été faite dans le cadre du Rapid Situation Assessment préparé en 2003/2004 par la NATRESA et l'UNODC. Ce rapport faisait état de 17 000 consommateurs de ce type de drogue injectables. Depuis, la situation s'est aggravée. De plus en plus de femmes et de plus en plus de jeunes se laissent toujours tentés rendant le problème davantage complexe.
Vendues de Rs 200 à RS 300 la dose, les drogues injectables sont toujours facilement disponibles sur le marché local. Introduit dans les années 80, le brown sugarest lentement remplacé par le Subutex. Conçu à l'origine pour le traitement, ce comprimé est plus facilement disponible et transportable pour les trafiquants. Ils sont aussi exposés à des peines moins sévères s'ils sont arrêtés.



parlement : L'astuce de Ramgoolam


Au Parlement, l'année dernière, le Premier ministre avait réagi sur les observations du World Drug Report 2006 en précisant que le pays n'était ni premier mondial, ni troisième Africain pour ce qui est de la consommation de drogue. Répondant au député Dworkasing, Navin Ramgoolam avait cité une correspondance qu'il avait reçue de l'UNODC. Mais la réponse du Premier ministre touchait à la consommation des drogues en général, ce qui comprend aussi le cannabis, la cocaïne, les amphétamines et les autres drogues citées dans le rapport. Sur certains de ces chapitres, il est à préciser que le pays n'est même pas cité. D'où la nécessité de préciser que pour cette année, Maurice est deuxième mondial et premier Africain dans la prévalence de consommation d'opiacés. Et c'est sur cette observation qu'une réaction est souhaitée de sa part.



Mesures : Aussi médiocres que timides


De manière générale, les mesures déployées pour contrer le trafic de drogues illicites et la demande ont été aussi médiocres que timides. Le gouvernement n'ayant jamais démontré la volonté d'aller au-delà de pompeux discours et se limitant qu'à des effets d'annonce plutôt que de prendre des mesures concrètes. Entre-temps la drogue a changé l'ensemble du paysage mauricien. Elle est étroitement liée à la propagation du VIH, au sentiment d'insécurité grandissant et à une nouvelle forme de pauvreté et de misère humaine qui s'installent. Plusieurs commerces sont suspectés d'être liées au blanchiment de l'argent généré par cet important trafic qui a changé les mœurs et les valeurs de plusieurs Mauriciens. Nombreux sont-ils à financer ce trafic qui leur permet de recueillir de grosses sommes facilement. C'est ainsi que le gros trafic ne se limite plus qu'à quelques individus.
Comme le souligne le World Drug Report 2007, sur le plan international, le crime organisé profite des instabilités et de la corruption dans les pays pour développer le trafic de drogue. Il s'appuie, à Maurice, sur une corruption présente dans différentes institutions. En plus, les liens étroits entre certains politiques et trafiquants apportent une garantie sûre à ces derniers qui comptent parmi ceux finançant les partis politiques durant les campagnes électorales. Certains seraient tentés d'attribuer le peu de volonté dont fait preuve la classe politique à la lutte contre la drogue à cette situation.



réactions


Imran Dhannoo (Centre Idrice Goomany) : "C'est extrêmement grave pour le pays. Maurice dépasse les pays industrialisés où le problème de consommation de ce type de drogues illicites avait commencé. Les observations du rapport confirment un constat que nous faisons sur le terrain. La situation s'aggrave, il y a de plus en plus de consommateurs et ces derniers rajeunissent. Its a matter of concern quand on considère à quel point la drogue et le VIH sont liés." Cadress Runghen (Groupe A de Cassis) :"Je suis très triste et cela m'amène à réfléchir sur mon travail en tant que travailleur social. On ne devrait pas simplement s'arrêter aux chiffres du rapport. Chacun doit voir ce qu'il peut faire. Ceux qui sont indifférents doivent aussi mettre la main à la pâte. Le gouvernement doit certes donner les moyens, mais il faut veiller à ce que ces moyens ne soient pas uniquement dépensés dans des cérémonies ou pour des affaires administratives."


Réponse avec citation
  #5 (permalink)  
Vieux 01/07/2007, 07h23
Avatar de monica__95
Super Fan RM
 
Date d'inscription: octobre 2004
Localisation: Ile de France...France
Messages: 3 939
World Drug Report 2007 :Maurice, le mauvais exemplaire

World Drug Report 2007


Maurice, le mauvais exemplaire


Il y a l'Iran, avec 2.8%, puis juste derrière la Russie et Maurice avec 2%. Sur les 136 pays répertoriés par le World Drug Report 2007 de l'United Nations Office on Drugs and Crimes Maurice a le deuxième plus haut taux de consommateurs d'opiacés. Selon le rapport, 2% de la population active de Maurice (15 - 64 ans) consomme du brown sugar, de l'héroïne ou quelque autre subsance dérivée. Des 29 pays africains cités dans la partie du rapport dédié à la consommation d'opiacés, Maurice a le plus haut pourcentage de consommateurs. Le pays figure aussi sur la carte mondiale illustrant le trafic d'opiacé. Tels sont les d'information figurant dans le rapport rendu public mardi à l'occasion de la journée internationale contre le trafic illicite et l'abus de drogue.

Les éléments du rapport consacrés à Maurice ont déjà commencé à soulever la controverse dans le pays. Pour les travailleurs sociaux actifs sur le terrain et dans les centres de réhabilitation, le rapport reflète la gravité de la situation qui prévaut dans le pays. Un avis que ne partagent pas les représentants du gouvernement, dont la NATRESA, qui demandent à être convaincus. L'année dernière, quand les observations du rapport avaient été portées au Parlement, le Premier ministre avait contourné la question. Alors que la situation citée concerne la consommation d'opiacés, Navin Ramgoolam avait précisé avoir eu la garantie de l'UNODC que Maurice n'était ni premier africain, ni troisième mondial dans la "overall drug consumption." Le rapport prenant aussi en considération la consommation de cannabis, d'amphétamine, de cocaïne, entre autres.

En 2004, les estimations parlaient de 17 000 consommateurs d'opiacés à Maurice. Depuis, les observations faites sur le terrain permettent aux travailleurs sociaux d'affirmer que la situation s'est envenimée. La consommation d'opiacés dans le pays est aussi directement liée à la hausse exponentielle dans le nombre de nouvelles contaminations au VIH dans le pays. Maurice est désormais l'exemple le plus régulièrement cité au niveau international pour illustrer les relations étroites qui existent entre la drogue et le SIDA.



source Week-End
Réponse avec citation
  #6 (permalink)  
Vieux 18/05/2008, 20h50
Avatar de monica__95
Super Fan RM
 
Date d'inscription: octobre 2004
Localisation: Ile de France...France
Messages: 3 939
Drogue:sous l'emprise des trafiquants

DROGUE
Sous l’emprise des trafiquants

À malin, malin et demi. Si la police trouve des astuces pour mettre la main sur la drogue à destination de Maurice, les trafiquants sont loin d’être des niais. Ils rivalisent même d’ingéniosité pour jeter de la… poudre aux yeux des autorités. Ce business est loin de finir.
Maurice surprend, mais pour les mauvaises raisons. Ainsi, pour 1,2 million d’habitants, le pays figure dans le top 5 des pays consommateurs de drogues dures depuis 2001. Un récent rapport des Nations unies nous classe même comme étant le premier des pays africains consommateurs d’héroïne et le second à l’échelle mondiale. Et l’équation est simple : s’il y a une telle demande, il doit forcément y avoir une offre équivalente.

Des dispositifs trop perméables, des trafiquants astucieux et une population consommatrice d’opiacés toujours grandissante. Autant d’aspects qui rendent quasi vaines les tentatives d’endiguer le trafic de drogue. L’efficacité de la répression est mise en doute, car les trafiquants se réinventent constamment. Et avec succès. Voyage au cœur d’un trafic édifiant.

Au premier regard, cette image de Maurice est impalpable. Mais derrière ses allures d’île paradisiaque, c’est un visage plus glauque qui se profile. À l’image du village de Plaine-Magnien. « Ceux qui savent vous le diront : Plaine-Magnien, est l’un des épicentres pour le passage de la drogue. Tout se concentre ici, peut-être parce que l’aéroport est à proximité, et que touristes et Mauriciens se côtoient facilement », confie un habitant de la région.

Situé aux abords de l’aéroport, Plaine-Magnien a l’apparence d’un village ordinaire, avec ses rues animées, ses habitants qui jouent aux dominos. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le village est, hélas, un avant-poste du trafic de drogue.

Chaque jour, taxis et autres véhicules provenant des quatre coins du pays déferlent dans les ruelles. Revendeurs et « jockeys » se bousculent à l’entrée du village pour récupérer la marchandise : Gandia, Brown Sugar. « Il y a en permanence des allées et venues dans le village. Des taxis venant des faubourgs de la capitale et d’autres endroits font la navette. Il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre ce qui se passe ici », poursuit notre interlocuteur.

Mais l’action principale se joue au large de nos côtes et dans les airs. La fréquence des personnes interceptées à l’aéroport donne une idée des méthodes des trafiquants. « Ces derniers ne se déplacent jamais en personne. Ils ont des complices dans les aéroports. Par exemple, ils ont des contacts avec des agents d’entretien dans l’avion. De là, ces derniers vont placer un paquet sous un siège. Une fois que l’avion atterrit à Maurice, un autre complice récupère ce paquet », révèle une source des services des douanes à l’aéroport.

Et ce système n’est pas le seul utilisé dans les aéroports. Des passeurs prêtent aussi leur corps pour cacher de la drogue. On les appelle des « mules ». Ces derniers n’hésitent pas à avaler des préservatifs contenant de l’héroïne et d’autres substances. Certains préfèrent utiliser des méthodes plus classiques, comme le double fond d’une valise, des vêtements, semelles de chaussures et autres accessoires.


« mules » moins suspectes

Les trafiquants changent ainsi de tactique. Depuis les années 80 et le début de l’importation d’héroïne à Maurice en provenance de l’étranger, les « mules » étaient souvent des Indiens. Mais trop identifiables par les douaniers, et systématiquement fouillés, les « narcos » optent maintenant pour des « mules » moins « suspectes ».

« Pendant longtemps, les passeurs étaient des Africains ou des Indiens, trop repérables.

Ce que nous constatons actuellement, il y a un changement de profil. Les trafiquants emploient désormais des Sud-Africains et des Européens », souligne Imran Dhannoo, directeur du Centre Idrice Goomany.

Ainsi ces « mules » brouillent les pistes, partent de l’Inde, transitent par l’Afrique ou Madagascar et finissent par atterrir à Maurice. L’arrestation d’un consultant militaire américain, Scott Bradley Mertz, en mars dernier, illustre ce nouveau mode opératoire. Mertz, basé en Ouganda, est arrivé à Maurice le 29 mars, sur le vol MK 535 provenant de Nairobi. Ce sont ses contacts dans la capitale kenyane qui l’ont sollicité pour livrer 1,3 kg d’héroïne. Mauvaise pioche pour les trafiquants, l’Américain est repéré et arrêté.


Plusieurs longueurs d’avance

Pour éviter de telles mésaventures, les trafiquants envoient des éclaireurs à Mau-rice. Leur rôle : observer le travail des douaniers et leur façon de fouiller les bagages, afin de les contrer. Une autre méthode consiste à laisser filtrer, auprès de la police, des informations concernant un autre passeur. Pendant que ce dernier se fait arrêter par la police, une autre « mule » passe entre les mailles du filet, avec plus de drogue. Ainsi, pendant que les autorités se vantent d’une saisie, une autre cargaison arrivée dans leur dos alimente le marché.

Cependant, selon la Mauritius Revenue Authority (MRA), les contrôles sont de plus en plus drastiques. Les agents de la MRA ont à leur disposition des chiens renifleurs à l’aéroport, mais aussi un scanner permettant de vérifier le contenu des conteneurs au port, autre point liant Maurice à l’étranger. Au moindre doute sur une cargaison, ils procèdent à la fouille du chargement. Si ces derniers découvrent de la drogue, ils font appel à l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU).

Mais malgré les saisies fréquentes, le rapport entre la consommation théorique des toxicomanes mauriciens et la quantité interceptée par les agents de l’ADSU demeure insignifiant (voir hors-texte). Les travailleurs sociaux sont les seuls à le clamer : les trafiquants ont toujours eu une ou plusieurs longueurs d’avance sur les autorités.

« Les drogues de Madagascar, par exemple, arrivent surtout sur des bateaux de pêche.

Les trafiquants se mettent en contact avec des pêcheurs malgaches. Très pauvres, ils acceptent de faire le sale boulot pour quelques sous », explique Ally Lazer, travailleur social qui a fait de la lutte contre la drogue un de ses combats principaux.

Les cargos sont aussi utilisés. « Cela concerne les navires provenant d’Afrique ou d’Inde. Ils transportent surtout de l’héroïne. Avant que le cargo ne rentre au port, un autre bateau vient à sa rencontre et récupère la marchandise », ajoute Ally Lazer. Et c’est principalement sur nos côtes, trop peu surveillées, que les bateaux de plaisance récupèrent des quantités massives de drogue du-re. Un de ces points de récupération est d’ailleurs très connu de certains cito-yens : une région près de Flic-en-Flac, pas très populaire à cause de la présence de falai-ses. Les patrouilles des gardes-côtes y sont moins fréquentes. Et les trafiquants en profitent…

Il aura d’ail-leurs fallu de la cavale des trois suspects dans l’affaire des braquages d’hôtels du littoral sud du pays, et leur arrivée – sans embrouille – sur les côtes de la Réunion pour sensibiliser les autorités au manque de contrôle sur nos côtes. Quelque chose, on imagine, que les trafiquants, eux, ont bien compris…


Le constat est édifiant

Au final, l’équation est simple. Les autorités assurent avoir saisi plus de 8 kilos de cannabis, 25 kilos de haschisch et 13 kilos d’héroïne en deux ans et deux mois. Or les travailleurs sociaux estiment à 57 kilos la quantité d’héroïne seule, consommée au minimum chaque mois dans le pays (voir hors texte). « Le pays ne peut produire à lui seul, une telle quantité de drogue. Mais Maurice n’a jamais connu de pénurie de drogue, et si pénuries il y a eu, elles étaient fictives et provoquées par les trafiquants eux-mêmes, pour faire monter les enchères. Nul doute que ces substances passent par nos frontières », conclut Ally Lazer. Ainsi, le constat est édifiant.

En attendant le prochain rapport sur la situation de Maurice, et en absence d’études officielles et fia-bles, il n’y a que le constat des travailleurs sociaux sur le terrain et les chiffres officiels d’interpellations et de saisies pour faire un bilan du trafic de drogue à Maurice.

Et le bilan est accablant : un échec sur toute la ligne.

L'express dimanche 18/05/2008

Alexandra ORAISON
Guillaume GOUGES
Amrish BUCKTOWARSING
Réponse avec citation
  #7 (permalink)  
Vieux 18/05/2008, 20h57
Avatar de monica__95
Super Fan RM
 
Date d'inscription: octobre 2004
Localisation: Ile de France...France
Messages: 3 939
Les routes de la came

LES ROUTES DE LA CAME

Madagascar-Maurice : Les enquêteurs de la brigade antidrogue mettent au jour, début avril, un réseau d’importation de drogue et arrêtent quatre Malgaches et un Mauricien. Au total, ce sont sept kilos de cannabis que les policiers saisiront, dont deux au domicile du Mauricien. Trois autres kilos avaient été dissimulés sur le bateau de pêche Bethu. L’un des pêcheurs arrêtés finira par avouer qu’il a balancé un colis contenant du cannabis, lesté d’une barre de fer, dans le lagon. Aidés par ces indications, les plongeurs de la National Coast Guard parviennent à récupérer le colis, qui contenait deux kilos de cannabis. Les trafiquants, semble-t-il, n’étaient pas à leur coup d’essai.

Afrique du Sud-Maurice : Les trafiquants de drogue utilisent de plus en plus l’Afrique du Sud et le Kenya comme pays de transit pour acheminer de la drogue à Maurice. À tel point que, dans les milieux de la police, on concède que les vols en provenance d’Afrique font l’objet d’une surveillance accrue. En août 2007, une ressortissante sud-africaine est arrêtée à sa descente d’avion à Plaisance, avec un kilo d’héroïne. La valeur marchande de cette drogue était estimée à Rs 10 millions. Les policiers découvriront peu après que les contacts locaux de la jeune femme l’attendaient dans une chambre d’hôtel à Belle-Mare. Les deux autres suspects seront arrêtés peu après.

Réunion-Maurice : Il n’est pas rare de voir des trafiquants faire le va-et- vient entre Maurice et la Réunion pour s’approvisionner. Un ingénieur français a été appréhendé à sa descente d’avion chez nous au début du mois, alors qu’il avait de la drogue en sa possession. L’individu, en provenance de la Réunion, avait dissimulé 2,5 kilos d’héroïne dans le double fond de sa valise. Une marchandise estimée à Rs 25 millions. Quand ce n’est pas par la voie des airs, c’est par bateau que les narcotrafiquants font entrer de la drogue. Ils dissimulent alors la marchandise à bord de catamarans ou de hors-bord, et larguent leur colis au large. Celui-ci est alors récupéré par leurs contacts locaux.



CES CHIFFRES QUI EN DISENT LONG

Ci-contre, les chiffres officiels communiqués par le Police Press Office par rapport aux délits enregistrés par la police de début 2006 à mars 2008.

Au premier abord, ces chiffres semblent indiquer une bonne performance des méthodes de répression mises en place dans le pays par les autorités, notamment l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU). Mais une analyse plus approfondie démontre que ces résultats sont insignifiants, voire ridicules.

Car il existe un décalage énorme entre la quantité de drogue saisie et la consommation locale pendant cette période.

Il en va ainsi de l’héroïne. Un rapport en 2004 avait estimé le nombre d’héroïnomanes à 20 000 à Maurice. Aujourd’hui, les travailleurs sociaux estiment que ce chiffre est passé à 25 000. Suivant la logique qu’un consommateur d’héroïne dépendant a besoin de trois doses par jour, les 25 000 héroïnomanes estimés par les officiers du Centre Idrice Goomany consommeraient, au minimum, un total de 57 kg d’héroïne par mois ! Or en deux ans et deux mois, l’ADSU a saisi un total d’environ 14 kilos, soit 0,9 % de la totalité de l’héroïne qui est arrivée à Maurice et qu’ont consommée les 25 000 héroïnomanes…

Autre exemple : le cannabis. La police a saisi, en deux ans et deux mois, 8 kilos de cannabis issus de l’importation, et non de la culture locale. Partant de l’estimation qu’un pouliah de cannabis contient environ un gramme, un groupe de cinq gros consommateurs – à raison de trois à quatre joints par jour pour chacun – consomme environ une dizaine de grammes quotidiennement, 300 grammes sur un mois, 3,6 kilos par an. Sur deux ans et deux mois, ce groupe aura consommé environ 8 kg de cannabis. Ainsi, l’ADSU aura saisi l’équivalent de la consommation de cinq fumeurs de cannabis seulement pendant cette période…


L'express 18/05/2008

Alexandra ORAISON
Guillaume GOUGES
Amrish BUCKTOWARSING



Réponse avec citation
  #8 (permalink)  
Vieux 18/05/2008, 21h01
Avatar de monica__95
Super Fan RM
 
Date d'inscription: octobre 2004
Localisation: Ile de France...France
Messages: 3 939
la FIU

La FIU : DES INFILTRES MADE IN MAURITIUS

Ils ne sont pas nombreux, une quinzaine tout au plus à travers le pays. Mais leur travail sur le terrain est d’une importance capitale dans le combat contre la drogue.

Au premier regard, on a l’impression qu’ils sont maçons, marchands ambulants, etc. S’agit-il d’indicateurs de la police ? Non, ils sont bel et bien des agents, plus précisément de l’ADSU. Ils opèrent sous couverture afin d’infiltrer les réseaux de circulation de drogue. Eux, ce sont les membres de la Field Intelligence Unit (FIU). Leur rôle : recueillir des informations sur le terrain pour permettre à leurs collègues d’intercepter tout mouvement de drogue à l’intérieur du pays ou entre des individus. Les membres de cette unité spécialisée de l’ADSU, contrairement à leurs autres collègues de la brigade antidrogue, ne roulent pas dans des voitures banalisées, reconnaissables malgré tout, mais sont polyvalents, opèrent seuls et se fondent dans la population locale. Il faut savoir que l’ADSU est composée d’environ 300 à 400 agents de police, répartis dans une quinzaine d’équipes à travers le pays. Chaque équipe quadrille une zone. Ils sont donc dix à quinze par équipe à surveiller toute activité illicite liée à la circulation ou la consommation de la drogue. Mais pour procéder à une interpellation quelconque, les officiers de l’ADSU dépendent énormément sur les informations sûres que leur fournissent les agents de la FIU.

La technique semble issue des polars : l’agent de la FIU infiltre un réseau de drogue, se fait accepter par le groupe et finit par participer à des transactions. En même temps, il fait régulièrement des rapports à ses collègues sur les mouvements du groupe.

Le jour de l’interpellation des dealers ou consommateur, l’agent de la FIU se fait aussi arrêter pour ne pas éveiller les soupçons. Mais alors que les personnes incriminées sont retenues dans certaines prisons de l’île, l’agent de la FIU est remis en circulation, et transféré dans une autre zone où il recommence son activité sur le terrain.

C’est de cette façon que l’ADSU réussit de grandes saisies de drogue. Mais il n’y a pas que les agents de la FIU, mais aussi des indicateurs ou des groupes rivaux dans le trafic de drogue, qui se font « indics » d’un jour. Car les agents de l’ADSU sont souvent confrontés à des situations où il faut laisser passer un petit poisson – en échange d’informations – pour pouvoir en attraper un ou plusieurs plus gros. Mais malgré leurs efforts et les résultats, la réalité des chiffres tend à démontrer que le combat contre la drogue est loin d’être gagné.



L'express 18/05/2008




Alexandra ORAISON
Guillaume GOUGES
Amrish BUCKTOWARSING

Réponse avec citation
  #9 (permalink)  
Vieux 19/05/2008, 10h20
Avatar de Dev
Dev Dev est déconnecté
Rambo Morisien
 
Date d'inscription: août 2006
Localisation: région Parisienne IDF
Messages: 5 519
Envoyer un message via Yahoo à Dev
Merci Momo pour to l'article tres intéressant , mo espéré qui tout va bien pour toi à Brisbane en Australie
Réponse avec citation
  #10 (permalink)  
Vieux 19/05/2008, 19h00
Avatar de monica__95
Super Fan RM
 
Date d'inscription: octobre 2004
Localisation: Ile de France...France
Messages: 3 939
Citation:
Posté par Dev Voir le message
Merci Momo pour to l'article tres intéressant , mo espéré qui tout va bien pour toi à Brisbane en Australie
De rien Dev,tous va trés bien pour moi a Brisbane,bann Australiens bien aimables
Réponse avec citation
Réponse

Tags
drogue, moris

Outils de la discussion
Modes d'affichage

Règles de messages
You may not post new threads
You may not post replies
You may not post attachments
You may not edit your posts

BB code is oui
Les smileys sont activés : oui
La balise [IMG] est activée : oui
Le code HTML peut être employé : oui
Trackbacks are oui
Pingbacks are oui
Refbacks are non

Discussions similaires
Discussion Auteur Forum Réponses Dernier message
zoué vidéo ene la drogue pour zenfants Dev Nouvelles de l'Ile Maurice 5 23/10/2006 09h22
Lutte contre la drogue Dev Nouvelles de l'Ile Maurice 1 16/10/2006 09h23
campagne anti drogue violence etc Dev Discussions Générales 6 21/09/2006 12h29
"Fléo la drogue" Album OBLIZE(2005) Alain RAMANISUM Rovy Paroles. Classées 1 19/02/2006 08h14
Paroles de "La drogue" par Mighty Jah mamzelle_crapo Paroles. Classées 0 14/09/2005 23h00


Fuseau horaire GMT. Il est actuellement 19h53.


Édité par : vBulletin® version 3.7.4
Copyright ©2000 - 2020, Jelsoft Enterprises Ltd.
Search Engine Optimization by vBSEO 3.1.0 Tous droits réservés.
Version française #12 par l'association vBulletin francophone
© 2003-2008 RadioMoris.Com