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Vieux 08/02/2007, 18h44
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La police irlandaise enquête sur un réseau d'escrocs










Les membres du CID d'Irlande, Denise McMahon et Derek Smith, passant le contrôle policier aux Casernes centrales ce matin



Deux Detective Officers du CID d'Irlande, Denise McMahon et Derek Smith, sont actuellement en mission spéciale à Maurice suite à la découverte d'un réseau d'escroquerie portant sur l'émigration clandestine, avec comme paravent le recrutement de candidats à des études tertiaires dans des institutions irlandaises. Ces deux officiers de police, qui travaillent en étroite collaboration avec une escouade du Central CID, menée par l'assistant surintendant Oodally et comprenant le chef inspecteur Lutchmun, le Sub Inspector Requin, le sergent Chookravanen et le caporal Seemadree, procèdent depuis lundi à l'audition d'une dizaine de candidats à l'émigration clandestine, qui ont été refoulés d'Irlande peu avant le Nouvel An. L'on n'écarte pas la possibilité qu'après cette étape initiale, les responsables de l'agence de recrutement concerné et situé dans les Plaines-Wilhems soient convoqués au QG du Central CID pour des explications sur les procédures adoptées pour l'envoi de ces Mauriciens en Irlande. Cette enquête a été initiée suite à une demande soumise par les autorités irlandaises à l'Attorney General's Office dans le cadre du Mutual Assistance Request Programme dans des cas criminels.
Avec ces nouveaux développements, les candidats à l'émigration en Irlande - qui doivent verser quelque Rs 125 000 chacun en guise de frais et autres démarches -, ont intérêt à s'assurer du caractère Bona Fide des agents recruteurs, qui ont pignon sur rue. L'attrait de l'Irlande pour des possibilités d'émigration avec des études universitaires en guise de paravent s'explique par le fait que pour l'instant, les candidats au départ n'ont pas besoin de visa pour y débarquer.
Depuis quelque temps déjà, l'Irlande était devenue un nouvel El Dorado pour des Mauriciens de tous âges voulant s'exiler. Ainsi, ces agents promettaient des admissions dans des institutions tertiaires pour des études dans des filières comme l'informatique, le droit ou encore la Business Administration, des facilités pour des Student Loans, un logement pendant le premier mois et même le transfert de l'aéroport à l'arrivée contre la somme de 1 950 euros, soit moins de Rs 90 000.
Dans certains cas, les admissions pour des études tertiaires étaient fictives puisqu'il s'agissait d'institutions qui n'existent pas, et les représentants des agents en Irlande étaient des plus invisibles. Un groupe d'une dizaine de Mauriciens en a fait la mauvaise expérience à la fin de l'année dernière. Se retrouvant sans papier et sans aucune attestation pour des études tertiaires et quasiment sans le sou vu les fausses promesses d'embauche, ces Mauriciens, qui auraient versé chacun la somme de Rs 125 000 aux agents à Maurice, ont été renvoyés sur le premier avion vers Maurice à la fin de l'année dernière par les autorités compétentes.
Mais lors de leur audition par les officiels du département d'Immigration d'Irlande avant d'être expulsés, ces Mauriciens ont fait des dénonciations quant aux promesses qui leur ont été faites par les agents à Maurice lors des démarches initiales. Ces éléments d'informations ont été communiqués au CID d'Irlande, qui enquête depuis quelque temps déjà sur un réseau d'escroquerie à l'émigration, avec un Nigérian ayant épousé une Irlandaise comme le cerveau. Cette affaire remonte à 2004 et les documents saisis depuis indiqueraient une complicité et une complémentarité avec le réseau mauricien.
Depuis leur arrivée à Maurice en début de semaine, le tandem McMahon et Smith consigne les témoignages à charge de la dizaine de Mauriciens expulsés vers la fin de l'année dernière. Cet exercice, qui se déroule avec la participation active des limiers du Central CID au rythme de deux témoins par jour, devrait être bouclé vers la fin de la semaine. Le séjour en République d'Irlande ne serait qu'un transit vers une éventuelle installation en Grande-Bretagne, où les critères pour l'obtention de visas sont très stricts.
La suite logique de cette enquête devra être l'assignation au Central CID des responsables du bureau de recrutement des Plaines-Wilhems et d'autres agents mis en cause. Le nom du bureau a déjà été communiqué aux enquêteurs, mais les tentatives du Mauricien pour entrer en contact avec le bureau ont été vaines en raison d'un changement de numéros de téléphone.
Du côté des Casernes centrales, l'on se garde de faire des commentaires sur le déroulement de cette enquête ou encore la teneur des dépositions enregistrées. " Nous ne faisons que collaborer avec les détectives venus d'Irlande pour enquêter sur ce cas d'escroquerie et d'émigration clandestine. Les éléments versés au dossier à charge seront utilisés lors des procédures au criminel en Irlande ", fait-on comprendre du côté des Police Headquarters, qui demandent aux Mauriciens d'exercer leur discernement lors de démarches pour des études à l'étranger en général.
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Vieux 10/02/2007, 07h23
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Emigration : quand le pays désillusionne les Mauriciens

ENQUÊTE
Emigration : quand le pays désillusionne les Mauriciens


L’argent n’est pas le seul facteur qui entre en jeu. La «médiocrité» à Maurice fait fuir vers la G.-Bretagne, l’Australie, le Canada…
Et si l’on vous proposait de partir là maintenant ? D’aller là où l’herbe est plus verte ? Accepteriez-vous ? Certains demanderont un temps de réflexion. Pour d’autres, c’est tout réfléchi : ils sont prêts à faire leurs valises. Ce qui n’est certes pas une surprise. Un sondage réa-lisé par Taylor Nelson Sofres pour Business Magazine en octobre démontrait que 41,8 % des Mauriciens partiraient s’ils le pouvaient. La grande question est : Pourquoi ?

«Je partirai sans hésitation», lâche Faizal Hossanee, 42 ans. Cet homme qui vient de se marier joue avec l’idée de quitter le pays depuis quelques années. Mais le projet n’a pu se concrétiser par manque de finances. Faizal ne baisse pas les bras pour autant. Un jour, assure-t-il, il finira par en avoir les moyens.

Les raisons de cet état d’esprit inquiétant varient. Mais un facteur commun demeure : tous traînent une certaine désillusion par rapport au pays.

«J’en ai marre du règne de la médiocrité à Maurice, un pays où la méritocratie ne règne pas. Un pays où les avenues sont bouchées», explique Faizal. Pourtant, il n’a plus 20 ans. Mais cela ne veut pas dire que l’on n’a pas d’aspirations.

«Je suis allé en quête de bonheur», confie G.E., un homme d’affaires de 53 ans qui vit depuis huit mois à Montréal. L’a-t-il trouvé ? «En tout cas, je suis moins malheureux que je l’étais à Maurice.»

Marié et père de deux enfants, il explique que l’une des raisons ayant motivé son départ est les frais d’université de sa fille. Elle est en première année dans une université réputée du Canada.

En tant que Permanent Resident (PR) du Canada, sa fille aurait eu droit à des prêts que le gouvernement canadien met à la disposition des étudiants. Mais quand leur fille obtient une bourse de cette université, G.E et sa femme maintiennent leur projet d’émigration. «Cela fait un moment que nous étions désillusionnés par Maurice. Rien ne marche comme il faut. Vous allumez votre télévision et c’est la médiocrité partout. Vous allez au supermarché et les caissières sont énervées. Les passants sont impolis. Bref, c’était un ras-le-bol généralisé», explique-t-il.

Sa femme, enseignante dans un collège à Maurice, a pu trouver du travail à Montréal comme professeur de français. Elle est toujours sous le charme de son pays d’adoption. «Tout marche comme sur des roulettes. Les gens vous traitent avec respect. Paradoxalement, nous vivions mieux à Maurice mais les avantages du Canada dépassent de loin ceux de Maurice. Seul point noir : nous avons quitté une famille nombreuse et nous ressentons parfois un sentiment de solitude.»

Ceux qui quittent le pays aspirent à vivre mieux. Toutefois, l’on gagne peut-être plus ailleurs, mais l’on travaille aussi plus. C’est là souvent que l’on réalise que l’herbe n’est pas nécessairement plus verte ailleurs.

Ruben Moonien, 33 ans, est parti pour l’Australie en octobre dernier en tant qu’étudiant. Sa femme et son enfant en bas âge le rejoignent peu après. Mais à peine six mois que la famille s’est établie, son épouse, Pamela, et leur enfant reviennent. Pour subvenir à leurs besoins, Ruben travaille dans un restaurant la nuit. Le jour, il suit des cours à l’université. Résultat : il ne voit pas sa famille, souffre d’insomnie, est stressé et ne fait que travailler. L’aventure n’en valait pas le coup.

«On ne sait pas combien de temps l’on pourra tenir mais ce qui importe, c’est l’aventure», raconte une mère dont le fils est inscrit à l’université grâce au PR de la famille et au prêt du gouvernement canadien. À titre d’exemple : une famille qui vit à Toronto, au Canada, puise toujours environ $ 1 000 par mois de son compte en banque. Et ce, bien que la femme a un «bon» travail.

Emilie, Française mariée à un Mauricien, a vécu à Maurice pendant dix ans. Elle s’apprête à regagner la France avec sa famille. «Je ne supporte pas la petitesse d’esprit de beaucoup de Mauriciens avec qui j’ai travaillé pendant tout ce temps. Je n’ai pas encore trouvé de travail mais une fois sur place, ce sera probablement plus facile. Je prends le risque parce que j’étouffe à Maurice.» Son mari l’accompagne «parce qu’il y a plus d’opportunités là-bas».

Ce n’est donc pas forcément une question d’argent. D’ailleurs le sondage Taylor Nelson le démontre bien. Ceux au plus bas de l’échelle ne sont pas nécessairement ceux qui ressentent le plus cette envie d’ailleurs. Mais que l’on ne s’y méprenne pas : l’argent joue un rôle important dans la décision de quitter le pays. Surtout pour les jeunes.

Kabir, 25 ans, est en phase de terminer sa maîtrise en gestion à Melbourne en Australie. Il a déjà fait sa demande de PR. Bien qu’il considère Maurice comme son vrai «home», il ne compte pas y retourner pour le moment. Sa logique est simple : ses parents ont déboursé environ Rs 2 millions pour lui payer ses études et il a une sœur à l’université de Maurice et un frère de 16 ans. «Mes parents ne peuvent pas se per-mettre de payer les études de mon frère. Alors je vais travailler pour le financer et peut-être aussi financer la maîtrise de ma sœur en Australie.» Les quelque Rs 15 000 qu’il pense gagner ici ne feront certainement pas l’affaire.

Pourquoi vouloir quitter le pays coûte que coûte ? Avant tout, il s’agit de la hantise de gagner moins que ce dont on a besoin. Pour certains le jeu en vaut la chandelle, au risque de se faire déporter ou de travailler au noir. L’Irlande est actuellement la scène où se jouent ces drames mauriciens au quotidien.

Si les plus âgés disent majoritairement vouloir éventuellement retourner au pays «dans leurs vieux jours», les jeunes sont en revanche moins attachés à une terre natale qui ne leur donne plus de raison d’aspirer à un avenir meilleur. La désillusion est presque totale. L’île Maurice, destination de rêve pour ces milliers de voyageurs, n’arrive plus à retenir ses enfants.

Un projet coûteux

Emigrer implique des coûts importants. À titre indicatif, pour émigrer en Australie sans sponsor, un professionnel doit payer dès le départ 1 990 dollars australiens (Rs 53 000) pour le traitement de son dossier. Il faut ajouter Rs 4 000 pour l’examen médical et Rs 4 500 pour l’examen d’aptitude en anglais et prévoir un minimum de 350 dollars (Rs 9 300) pour obtenir les équivalences pour ses diplômes. Soit un montant global de Rs 71 000, au taux de change actuel.

Et si le demandeur veut retenir les services d’un consultant pour s’occuper de son dossier, il devra prévoir jusqu’à 3 000 dollars (Rs 75 000) pour les honoraires. Au départ, il faut prévoir de l’argent pour les premiers jours, avant de trouver un emploi. Ce budget dépendra de la ville où on atterrit. À Sydney, un minimum de 150 dollars (Rs 4 000) par jour devrait faire l’affaire. Emigrer au Canada requiert un investissement relativement moins important. Les frais d’ouverture et de traitement de dossiers s’élèvent à environ Rs 25 000. Sur place, l’équivalence des diplômes nécessite au moins 100 dollars (Rs 2 900). Un aller-retour vers le Canada coûte plus Rs 50 000.


Deepa BHOOKHUN
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Vieux 10/02/2007, 07h30
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Depi ene semaine mo pe assiser avec mo ti lamal et mo ti transistor a Caudan pou attane ene bato pou kitte moi lote coter lorizon, juska l'heure rien.
Dimoune lek vini, jette cash avec moi, donne moi vier linges et ena amene manger pou moi tous.
Zote pa conner ki mo pe envie kitte ca l'ile maudis la.

Rocco
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Vieux 10/02/2007, 07h49
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Mo ti met ene l'article lot 60 pour cent des morisiens pé envie quitte pays pour alle rode la vie ailleurs. Aster nous PM pé fer campagne dans pays étrangers pour qui ban expat rentré, Où est la vrai valeur des choses la dedans?


lol

dir li donne nu 10 raisons valable kifer nu bizin retourne dan pays (apart zot patri sa...)



enfin mo p returner mwa apres mo graduation(mo lor contract r gouvernment)
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Vieux 17/02/2007, 15h12
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IRLANDE: PROSTITUTION ET STRIPTEASE

Des dangers auxquels sont exposés les étudiants


Après la France, l'Italie et l'Angleterre, les Mauriciens qui désirent émigrer se tournent vers l'Irlande. Pour s'y rendre, ils sont nombreux à utiliser les études comme tremplin, mais une fois dans le pays, ils font face à des difficultés financières, explique Celva Runghen, consultant en immigration. Selon lui, certaines étudiantes, initialement employées comme serveuses, seraient contraintes à la prostitution. Nisha, qui était récemment de passage à Maurice, nous a raconté sa mésaventure dans ce pays.
Même si Nisha a fière allure lors du mariage de sa cousine, elle garde un lourd secret. Secret qu'elle a décidé de partager avec Scope afin de mettre en garde ceux qui désirent émigrer en Irlande. Non, précise-t-elle, l'herbe n'y est pas tout à fait verte, comme ledisentcertains agents en ce moment. Nisha (nom fictif), qui exige l'anonymat car elle ne veut surtout pas que sa famille sache ce qu'elle a fait en Irlande, raconte : "Après avoir versé une somme de Rs 150 000 (que mon père a empruntée auprès d'une banque) à un agent de la capitale, j'ai pu quitter Maurice en 2003. Lors de notre dernière rencontre, ce dernier m'a dit qu'il avait tout organisé et que je n'avais rien à craindre. Selon lui, j'avais tout payé, que ce soit l'université, le logement etc. Mais grande fut ma surprise quand j'ai atterri en Irlande, lorsque ma famille d'accueil venue me chercher m'a demandé de l'argent, car ils n'avaient rien touché encore.Il m'a fallu leur donner l'argent que j'avais sur moi. À peine une semaine passée, j'étais presque sans le sou. Pire encore : le collège où j'etais censée avoir été inscrite n'existais même pas.De peur que cela ne nuise à la santé de mon père, qui souffre de problèmes cardiaques, j'ai gardé mon sang-froid. Et il fallait à tout prix trouver de l'argent. C'est là que la femme qui m'hébergeait m'a conseillé de travailler. Je n'ai rien trouvé, si ce n'est qu'un job de serveuse dans un club. Les quelques amies que j'ai rencontrées durant mes premiers jours faisaient ce boulot. Et je m'y suis lancée. Quand j'ai quitté Maurice, l'agent m'avait dit que je trouverais de l'emploi dans des supermarchés facilement car je partais sur un work study program, mais c'était faux."
Vérité. Il y a certaines vérités que les Mauriciens doivent savoir avant de prendre le risque de partir pour l'Irlande, explique Celva Runghen, consultant en immigration."Les Mauriciens se laissent berner. En réalité, la situation est tout autre. Le Work Study Program n'existe pas vraiment dans ce pays. On ne dit pas aux jeunes qu'ils ne peuvent pas travailler au-delà de 20h par semaine. Ce qui fait que l'argent qu'ils touchent n'est pas suffisant, même pas pour payer le loyer. On dit aux Mauriciens qu'ils n'ont pas besoin de visa quand ils entrent dans ce pays. Toutefois, ils feront face à de grandes difficultés quand ils devront le renouveler, car c'est là que le Garda National Immigration Bureau (GNIB) demandera des explications et s'il découvre que la personne n'étudie pas alors qu'il est sur un visa étudiant, il y a le risque de déportation.Entre-temps, les Mauriciens qui se sont endettés pour aller en Irlande font tout ce qu'ils peuvent pour ne pas revenir. Certaines filles préfèrent même gagner leur vie en se prostituant", dit Celva Runghen.
Striptease. Ainsi, dans le club où elle travaille, en dehors de sa fonction de serveuse, on demande plus à Nisha. "Une copine de la Roumanie m'a présentée au patron d'un club. Le deuxième jour, il m'oblige à monter sur le bar. "Either you do it or you quit !" m'a-t-il lancé. J'avais peur, mais en même temps, j'avais besoin d'argent car je ne voulais pas rentrer au pays, tenaillée que j'étais par la honte. C'était à moi de rembourser ma dette, pas mon père. J'ai cédé. De toutes les façons, je n'avais pas le choix. J'ai commencé à avoir plus d'argent", avoue-t-elle. Mais la situation se corse quand Nisha est poussée vers la prostitution. "Le patron me proposa un beau jour de coucher avec un Égyptien. J'ai eu peur et j'ai regagné ma demeure pour ne plus revenir au club. Je connais des Mauriciennes qui le font encore. Finalement, c'est un cousin de Londres, à qui j'avais raconté mes mésaventures, qui m'a aidée à quitter ce pays en traversant le nord de l'Irlande en ferry pour gagner l'Angleterre. Il a pu m'inscrire à des études de nursing. À Londres, la vie est difficile aussi, mais on a la possibilité de travailler dans différents domaines." Nisha fait actuellement son National Vocational Qualification in Health and Social Care, niveau 3.
Facts. Soulignons que les autorités irlandaises sont au courant du fait que des étudiants sont contraints de se prostituer pour payer leurs études. Ainsi, dans un article de presse l'an dernier, Jenny Duncan, un membre de la National Union of Students en Écosse, a soutenu que les étudiants étrangers ne se contentaient pas seulement d'être strip-teaseuses mais se prostituaient à Dublin."We have heard of students being forced to work in strip clubs, but this is the first time we have heard about students in Dublin working as prostitutes for the week-end. If this is the case we have very real concerns about their safety and would urge any student worried about debt to contact their student association. Debt is a huge worry".
Un officier du Garda National Immigration Bureau (GNIB) d'Irlande a, lui, soutenu, dans un autre article l'an dernier, que "la prostitution et le strip-tease sont un chemin plus facile pour les jeunes de gagner de l'argent". "It is a business for these girls. There is no question that these girls are being trafficked. They are here for the money."
Celva Runghen est plutôt d'avis que ces jeunes sont poussés vers la prostitution car ils ont des dettes. "On dit aux gens qu'ils peuvent émigrer avec un Form IV, car il peut prendre 6 mois de cours d'anglais au préalable. Mais ce qu'on ne leur dit pas, c'est que pour pouvoir le faire, il faut faire une inscription pour un university diploma or degree. Que fait le jeune aussitôt qu'il débarque à l'Université (si elle existe !) et qu'on lui demande de payer une grosse somme d'argent (full fees) ?"
Arnaque. Ben, 20 ans, parti faire un diplôme en Hotel Management, peine à survivre en Irlande. Il nous raconte son calvaire au téléphone. "Après avoir payé à l'agent Rs 100 000, je ne savais pas que j'aurais eu à payer la famille d'accueil, le logement et les cours. C'est de l'arnaque et quand je rentre, je voudrai bien régler son compte à cet agent. Pour ne pas faire honte à mes parents, je continue mes études tout en travaillant comme serveur. Là aussi, avec les 20 heures de travail allouées aux étudiants, je me retrouve dans l'obligation de travailler au noir. Mais je conseille aux parents d'y penser à deux fois avant d'envoyer leurs enfants dans ce pays". Ben, qui ne fume et ne boit pas car il est asthmatique, est obligé de partager sa chambre avec deux drogués. "Ils tentent de m'influencer mais je tiens bon. L'agent n'a jamais dit que je devais partager ma demeure avec une autre personne. Je cherche une maison. Pour cette box room, je paye 300 euros par semaine. Souvent après paiement, il ne me reste rien pour la nourriture."
Ben compte regagner le pays prochainement, alors que Nisha ne veut pas faire marche arrière, ayant choisi de vivre à Londres. Le consultant en immigration insiste : la vigilance s'impose ! Il prévoit une "mass déportation" dans les mois à venir car ceux qui iront renouveler leur visa auront à prouver financièrement comment ils feront pour vivre.





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Vieux 17/02/2007, 15h14
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Conseils de Celva Runghen, consultant en immigration

* Vérifiez bien sur le net si l'école ou l'université existe vraiment, car si elle n'existe pas, vous pouvez être refoulé vers Maurice.
* Sachez que le Garda National Immigration Bureau (GNIB) compte un nombre de collèges sur liste rouge.
* Effectuez le paiement de votre cours directement avec l'université, car certains étudiants ont eu à tout repayer une fois en Irlande, l'agent n'ayant rien fait.
* Avant de partir, communiquez avec la famille d'accueil pour éviter le risque d'avoir à payer quelque extra money.
* Vérifiez si le logement est décent et que vous n'aurez pas à partager la chambre avec des gens dangereux.
* S'il est possible, rien qu'avec un certicat de Form III, d'atterrir en Irlande pour un cours d'anglais de six mois, sachez, qu'il faut faire une inscription pour un diplôme juste après et qu'il vous faudra payer les full fees pour les deux cours.


Enquête irlandaise bouclée

Deux officiers de l'immigration irlandaise, Denise Mc Mahon et Derek Smith, venus à Maurice pour enquêter sur un réseau clandestin utilisant la filière éducative pour faire entrer des Mauriciens en Irlande, ont bouclé leur enquête et regagnent leur pays ce jeudi 15 février. Cette démarche fait suite au fait qu'une douzaine de Mauriciens, dont deux enfants, ont été déportés d'Irlande à la fin de 2004 alors qu'ils avaient payé plus de Rs 100 000 à un agent recruteur. Ce dernier serait de mèche avec un Nigérien marié à une Irlandaise. Durant leur séjour, ils ont interrogé les 10 adultes (qui seront peut-être assignés comme témoins) ainsi que l'agent recruteur basé à Quatre Bornes. Les enquêteurs étaient soutenus par des officiers de la Central Criminal Investigation Division (CCID) dirigée par l'assistant surintendant de police, Mamode Oodally. Ce dernier remettra son rapport au commissaire de police et des éventuelles actions seront prises si d'autres Mauriciens sont escroqués. À noter que l'agent recruteur aurait confié aux policiers avoir été dupé par un passeur irlandais.
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Vieux 21/04/2007, 07h28
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Des Mauriciens sans visa, sans travail et sans cours en Irlande

FERMETURE D’UNE «FAUSSE ÉCOLE»

Des Mauriciens sans visa, sans travail et sans cours en Irlande

Ils se sont laissé convaincre par les promesses d’agents recruteurs. Mais plusieurs Mauriciens étudiant en Irlande sont aujourd’hui dans une fâcheuse situation. Une soixantaine d’entre eux se retrouve sans emploi, faute d’un permis de travail. Le collège où ils étudiaient a été fermé après l’arrestation du directeur pour une histoire de trafic de visas. Une opération de l’immigration.

Ayant atterri en Irlande en pensant y trouver des études à un prix compétitif et un emploi qui rapporte, des Mauriciens se sont heurtés à la désillusion. Sur place, certains ont constaté que les collèges où ils avaient été admis n’étaient que de petites maisons composées de quelques chambres.

C’est à ce genre de situation que de nombreux étudiants, dont des Mauriciens, feraient face en Irlande, certains après s’être fait enregistrer pour des programmes d’études fictifs et après avoir dépensé des sommes allant jusqu’à un total de 7 000 euros pour les frais d’étude et la documentation. Des «études» qui dans plusieurs cas, servent de prétexte pour séjourner dans ce pays. Le journal Irish Independent a d’ailleurs fait état, jeudi, d’au moins cinq établissements privés suspectés d’être de fausses écoles offrant la possibilité d’immigration par des recours douteux.

Il semble que les agents font croire aux Mauriciens que travailler là-bas ne pose aucun problème légal. Or, ils n’ont le droit d’y travailler que 20 heures par semaine. Mais ils étendraient cette durée à 40 heures, de leur propre chef, ce qui n’est pas légal.


Prostitution

Celva Runghen, consultant en immigration, affirme que des étudiants dorment à dix dans une chambre. Faute d’argent, ils ne peuvent payer seuls leur loyer, qui représenterait le double de ce qu’ils touchent. Alors qu’ils croyaient avoir droit à un salaire de 1 300 euros par mois, ils en empocheraient la moitié. Certains se livreraient même à la prostitution. «Ils sont souvent approchés par des gens qui organisent des strip-teases. Une façon d’obtenir un peu d’argent.»

Le collège mentionné plus haut, rapporte un journal irlandais, a été récemment retiré de la liste des départements offrant des études à temps partiel. La direction a fait appel mais en attendant, les officiers de l’immigration ont refusé d’accorder un permis de travail à ces étudiants sans avoir eu des informations satisfaisantes du collège où ils sont enregistrés.

Le collège étant fermé, on imagine le désarroi de ceux qui y étaient inscrits. En février, l’avoué de l’établissement a déclaré qu’il comptait plus de 300 étudiants de Maurice, d’Inde, de Chine, du Bangladesh, d’Afrique du Sud et de Croatie. Certains ont été remboursés d’une partie des frais qu’ils avaient payés. Beaucoup se retrouvent sans travail, sans visa et sans cours.

On serait tenté de se poser une question quant à ces Mauriciens : pourquoi ne pas rentrer au pays ? Ils préfèrent rester par sentiment de honte, répond Celva Runghen. «Ce sont surtout ceux qui ont pris le lump sum de leur père afin de financer leurs études…»


Nicolas ATCHIANE
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Vieux 21/06/2007, 06h53
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SÉJOUR À L’ÉTRANGER :Etudes en Irlande

SÉJOUR À L’ÉTRANGER

Etudes en Irlande : séparer la bonne de la mauvaise herbe


Hôtellerie, comptabilité, médecine : la verte Irlande fait rêver les étudiants en herbe. Même lorsque la vraie motivation est d’émigrer, il y a des règles à observer.


Les rencontres avec des représentants d’universités (nord-américaines comme ici) font partie des outils de promotion et d’information à l’intention des étudiants.
Ghislaine Henriette est inquiète. Vivant à l’heure irlandaise depuis que sa fille Louise, 20 ans, y est pour des études de médecine, elle a entendu parler hier matin de ce ressortissant nigérian accusé d’avoir escroqué des Mauriciens en Irlande. “Cela n’a rien à voir avec des étudiants ?” demandait-elle à l’express.

Ghislaine Henriette se réfère en fait au dernier rebondissement dans une affaire d’immigration illégale qui défraie la chronique à Dublin et qui s’est conclue par l’expulsion de 14 Mauriciens vers leur pays d’origine il y a trois ans et un procès retentissant contre l’agent malhonnête, Olaitan Ilori.

Les Mauriciens étaient alors entrés en Irlande avec un visa touristique. L’agent leur avait fait croire qu’ils pourraient obtenir un permis de travail une fois là-bas… Tel est le récit de l’édition d’hier de The Independent d’Irlande. La désillusion a été à la mesure de l’espoir et de l’investissement.


S’exiler sous prétexte d’études

L’histoire met en tout cas en lumière les tentatives plus ou moins voilées d’immigration de compatriotes partis à la recherche d’une herbe plus verte. Cela est parfois même le cas de ceux qui s’exilent sous le prétexte d’études supérieures. Mais ces “combines” marchent-elles vraiment ?

Les sociétés qui proposent des prestations à ceux qui désirent étudier à l’étranger opèrent, elles, dans un marché assez solide. Même si pour l’année courante l’Irlande semble attirer moins de monde, un prestataire comme Excel Education Services, à Port-Louis, a vu passer au moins 850 personnes l’an dernier.

De la comptabilité à l’hôtellerie (qui est très demandée) du droit aux sciences humaines, les filières sont nombreuses dans les universités et “collèges” irlandais tel le Saint-Patrick’s College à Dublin. Ce pays, qui offre aussi des formations aux détenteurs de School Certificate, est en pleine croissance. Il n’est pas étonnant qu’il attire ceux qui y voient des lendemains meilleurs par-delà leurs chères études.

Mais déjà, il faut en moyenne quelque Rs 200 000 par an pour poursuivre des études en Irlande. Si le billet d’avion avoisine les Rs30 000, l’hébergement se situe dans les 180 euros hebdomadaires (Rs 28 000 par mois). A cela s’ajoutent les différents frais, l’argent de poche et le placement en matière d’emploi qui sont versés au prestataire.

Jenny Beeputh, la codirectrice d’Excel Education Services, fait un bref survol de la loi irlandaise sur les conditions d’entrée et de séjour : “Toute personne ne peut travailler en Irlande que si elle a un permis de travail en règle ou qu’elle a dûment rempli les procédures d’inscription dans une université qui lui donne droit à une carte d’étudiant et à un statut dit de PPS.”

Dans les faits, l’étudiant qui désire payer ses études est autorisé à travailler pour un maximum de 20 heures hebdomadaires en période de cours et de 40 heures pendant ses vacances. Ce cadre est suffisamment réglementé pour ne pas nécessairement servir de tremplin à ceux qui voudraient rester.

Reste que l’attrait de l’Irlande excite une concurrence de plus en plus marquée pour des sociétés comme Excel. Certains, pas forcément malhonnêtes, cassent les prix. Pour barrer la route aux profiteurs sans scrupule, le ministère de l’Education a mis en place depuis peu une condition pour opérer comme prestataire: telle Excel, la société doit verser un dépôt de Rs 500 000 pour obtenir un permis en règle.

Histoire de ne pas répéter ce qui, par le passé, aura pu mener les candidats de l’Eldorado dans un naufrage…


source l'express
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Vieux 12/07/2007, 13h00
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éditorial

Gilbert Ahnee


Un homme au sommet de sa carrière nous dit : " Je me retrouve difficilement ailleurs. Je suis profondément Mauricien. Mes racines sont bien ancrées ici. " Quel que soit son métier, quelle que soit l'ancienneté de sa famille à Maurice, cela est déjà assez réconfortant pour qu'on accueille chaleureusement son propos. Quand l'homme est l'ultime responsable de la qualité de la justice administrée au sein de notre démocratie, quand il nous fait savoir, par ailleurs, que son père et sa mère sont nés en Chine, cet enracinement dans la terre mauricienne rend hommage tout à la fois à la qualité de la personne qu'à celle de la société qui a su ne pas passer à côté de son talent. Mais Bernard Sik Yuen ne nous dit pas uniquement que le destin de sa famille est irrévocablement mauricien.

" J'ai trois enfants. Deux qui sont à l'extérieur. L'aînée est mariée […] au Canada. Mon fils également est au Canada où il va se marier bientôt. Il était rentré à Maurice il y a quelques années avec une formation d'informaticien. Il a essayé de faire de son mieux, de trouver son créneau, il n'a rien pu trouver. Il semblerait que les opportunités dans certains secteurs à Maurice ne sont pas très bonnes ", nous dit également notre nouveau Chef juge.

Si son cousin Michael Sik Yuen, diplômé en marketing du Canada, fraîchement nommé président de Events Mauritius Ltd, semble avoir trouvé à Maurice des opportunités suffisantes pour renoncer à une vie canadienne qu'il devait avoir toutes les raisons d'apprécier, force est d'admettre que le fils du Chef juge, lui, a jugé. Il a jugé que le Canada, terre de promesses fabuleuses, était plus attrayant que notre hub informatique de l'hémisphère sud. Bernard Sik Yuen ne nous dit pas si son fils, le jeune informaticien, était revenu before or after the hype about the CyberIsland. Quoi qu'il en soit, que les terres d'Ebène aient été sous canne ou déjà sous béton au retour du jeune homme, quand on s'appelle Sik Yuen, quand on a eu le grand-père qu'on a eu, qu'on a pour oncle Thierry Sik Yuen, c'est, de toute évidence, pas la crainte de fin de mois difficiles qui encourage à voir du côté du Canada. Et tout cela ne souligne que plus cruellement cette question que se posent déjà de nombreux parents : pourquoi donc notre pays n'est-il plus en mesure d'inspirer la confiance à nos enfants ?

Ne parlons pas de ceux qui, parce qu'ils n'ont pas de contacts, seraient susceptibles d'avoir à attendre trop longtemps leur premier salaire décent. Ne parlons pas de ceux qui, parce qu'ils ne sont pas de la bonne communauté, du bon carat ou de la bonne caste, se sentiraient victimes de discrimination sur leur lieu de travail, qu'il soit privé ou public. Ne parlons pas de ceux qui, déjà mieux formés que leurs supérieurs hiérarchiques, ou porteurs d'une autre sensibilité, devraient attendre longtemps avant de pouvoir appliquer les idées qui leur semblent pertinentes. Cela se passe dans tant d'entreprises et pas uniquement entre Chef juge sur le départ et Senior Puisne Judge contraint de ronger son frein. Parlons plutôt de ces fils et filles de membres de notre establishment politique qui, aujourd'hui, avouent qu'ils préfèrent faire carrière à l'étranger, parce qu'il leur serait trop coûteux d'être victimes du soupçon qu'ils pourraient avoir réussi en raison d'un soutien politique occulte. Voilà où nous en sommes, au sein de notre société bloquée.

Si vous n'arrivez pas, messieurs les politiques, à vous débarrasser rapidement des nullités que vous placez à des postes de responsabilité, ce qui en décourage tant d'autres, ayez au moins une chose en tête. Beaucoup de parents vont se retrouver seuls dans leurs vieux jours. Pour vous faire pardonner d'avoir découragé nos jeunes, ayez au moins la charité d'inviter quelques investisseurs à créer des maisons d'accueil pour ces parents esseulés. Et demander à l'IVTB de considérer aussi la formation du personnel requis. C'est le moins qu'on puisse obtenir en échange de nos enfants exportés.



Le Mauricien
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Vieux 28/07/2008, 16h03
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Émigration : quand l’Eldorado tourne au cauchemar

Émigration : quand l’Eldorado tourne au cauchemar










L’herbe est-elle réellement plus verte ailleurs ? Les nombreux Mauriciens qui ont quitté le sol natal récemment diront qu’ils n’ont pas vu leur vie en rose sous d’autres cieux. Ils se sont rendu compte que les conditions de vie, ailleurs, n’étaient pas meilleures qu’ici.

Mais, un constat s’impose. Ces dix dernières années, le nombre de Mauriciens qui partent faire fortune à l’étranger est en nette croissance. Les destinations privilégiées sont : l’Angleterre, la France, l’Irlande, l’Australie et le Canada.

La fortune n’est pas toujours au rendez-vous de ce beau monde. Ainsi, nombreux sont nos compatriotes, ayant contacté de gros emprunts pour tenter leur chance dans ces pays, qui peinent à joindre les deux bouts.

L’Eldorado a vite fait de tourner en cauchemar pour eux. Logements exigus, cherté de la vie, travail au noir : les obstacles ne manquent pas. Cette situation ne concerne pas uniquement la Grande-Bretagne – cela fait des années que les Mauriciens se plaignent – et l’Irlande – les plaintes sont récentes –, mais aussi l’Australie. En effet, de nombreux Mauriciens, installés dans le pays des kangourous, donnent de la voix et dénoncent les difficiles conditions de vie (voir plus loin).

C’est en Angleterre où l’on dénombre le plus grand nombre de Mauriciens sans-papier. Le jeudi 10 juillet, trois de nos compatriotes ont été interpellés par la police britannique parce qu’ils travaillaient au noir dans un restaurant à Plymouth. Ce n’est là que la partie visible de l’iceberg. Il y a un mois, Sanjay, un Mauricien de 29 ans, parti faire des études en comptabilité dans la Blonde d’Albion, a été déporté. La raison : il travaillait au-delà des vingt heures hebdomadaires autorisées aux étudiants. «Rien qu’à Londres, il y a environ 7 000 Mauriciens qui sont en situation irrégulière. Ils sont directement menacés de déportation», s’alarme Celva Runghen, consultant en immigration.

Exemption du visa d’entrée
C’est après 2002 qu’il y a eu un exode vers la Grande-Bretagne. Et ce, après la décision des autorités britanniques d’exempter les Mauriciens du visa d’entrée. Cela ne s’applique qu’à ceux qui font une demande pour les visas touristes uniquement. Car ceux qui s’y rendent pour étudier doivent toujours obtenir au préalable un visa d’entrée auprès du haut-commissariat britannique.

Dans la plupart des cas, les Mauriciens font une demande de visa étudiant afin d’obtenir un permis de séjour, alors qu’ils se rendent en Grande-Bretagne avec la ferme intention d’y travailler. De ce fait, nombre de nos compatriotes se voient dans l’obligation de travailler au noir.

«Les autorités britanniques sont hypocrites. Elles n’ont pas la volonté de combattre le fléau de l’immigration clandestine, car cela représente une main-d’oeuvre bon marché. Ainsi, les petites entreprises peuvent faire de bonnes affaires. Les Anglais veulent faire croire que le problème se trouve à Maurice alors que c’est chez eux qu’ils doivent mettre de l’ordre», fulmine Celva Runghen.

Sanjay, le Mauricien déporté, explique qu’il n’avait d’autre choix que de travailler au noir. Car ses dépenses étaient énormes.

Ce jeune homme, originaire de Ville Noire, confie : «Je louais une maison de quatre chambres pour 70 livres sterling par semaine (Rs 3 780). J’étais plongeur dans un restaurant à East Ham à Londres et je gagnais 100 livres par semaine (environ Rs 5 400). Mes frais de transport s’élevait à 15 livres sterling par semaine (Rs 810). De plus, je dépensais 20 livres chaque semaine ( Rs 1 080). Comment aurais-je fait si je ne travaillais pas au noir? Mon père a emprunté Rs 800 000 pour m’envoyer étudier en Angleterre. Je ne sais plus où mettre la tête».

D’autres étudiants se sont retrouvés dans la même situation que Sanjay. Une source au haut-commissariat britannique à Port-Louis indique que 36 000 Mauriciens se sont rendus en Angleterre l’année dernière. Toutefois, on se refuse à dire combien d’entre eux sont restés au pays de sa Majesté. «Ces chiffres sont confidentiels », nous dit-on.

Quand l’Irlande déçoit
L’Irlande est une autre destination qui a beaucoup déçu les candidats mauriciens à l’émigration. Ce pays, qui était l’un des plus pauvres d’Europe, a connu un succès économique fulgurant. À tel point qu’il est devenu un exemple. Donc, sur papier, l’Irlande réunissait les conditions de vie séduisantes pour nos compatriotes. Depuis quatre ans, il y a eu un engouement sans précédent pour la terre qui vit naître la bière Guinness. La quinzaine d’agents recruteurs qui opèrent y sont pour quelque chose.

Ils ont promis monts et merveilles à nos compatriotes. Ces derniers s’enten­daient dire qu’ils allaient facilement obtenir un emploi et que leur vie allait drastiquement changer… Des promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. Nombre se sont
rendus à l’évidence qu’ils ont été victimes de leur crédulité.

D’autant que, pour obtenir un permis de séjour en Irlande, la plupart d’entre eux se font passer pour des étudiants. «Souvent, ils ont recours à des agents recruteurs qui ne sont pas enregistrés, qui font toutes sortes de promesses.

Sur place, c’est une autre réalité qui les attend. Les collèges sont en tôle et les logements proposés sont exigus. Sans compter que c’est difficile d’avoir un emploi décent. Certains ont honte de retourner à Maurice et préfèrent avaler l’amère pilule», dénonce un officier au Passport & Immigration Office. Résultat : 300 Mauriciens sont menacés de déportation en Irlande. «Ces agents recruteurs font de la publicité en offrant un ‘work and study programme’. Or, c’est illégal. Soit vous allez dans un pays pour travailler soit vous étudiez», soutient Celva Runghen.

Pour contourner le problème des sans-papier, le gouvernement anglais envisage de réintroduire la demande de visa pour les Mauriciens souhaitant se rendre en Grande-Bretagne.

«Les Mauriciens aiment rêver. Ils croient qu’ils trouveront facilement de l’or ailleurs. Or, c’est une utopie. Il faut bosser dur pour mener une vie décente. Malheu­reuse­­ment, nos compatriotes sont cré­dules et se font exploiter », relativise Siven, Mauricien qui s’est établi à Londres dans les années 60. Son mot d’ordre : prudence !

Quelques détails
  • Ceux qui partent étudier à l’étranger ne sont autorisés à travailler que pendant 20 heures par semaine.
  • Les principaux jobs disponibles sont : serveurs, éboueurs, laveurs de voitures.
  • En Irlande, environ 300 étudiants du Medway College se retrouvent, d’un coup, sans institution. Les autorités irlandaises ont décidé de retirer ce collège de la liste officielle des institutions privées reconnues. Ceux qui se sont tournés vers d’autres institutions ont eu à payer des frais supplémentaires pour poursuivre leurs études.
  • Le ministère de l’Éducation recommande à ceux qui veulent étudier sous d’autres cieux de bien vérifier l’authenticité de l’établissement de leur choix.
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