L'esclavage - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 02/02/2007, 19h22
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L'esclavage

L'abolition de l'esclavage, commémoré tous les ans le 1er février, couma dir ene tabou...Line passe pratikman inapercu. Mo pane trouve bokou lartik dan lagazette lor sa commémoration la, alors mone décide pou ouvert ene thread lor la. Tous bane article nou trouvé lor commemoration esclavage kapav trouve so place la, zot opinions également
Merci


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Vieux 02/02/2007, 19h28
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CULTURE AFRICAINE

Résurgence d'une identité tuée par l'esclavage


Interdite, marginalisée à l'époque de l'esclavage, la culture africaine n'a jamais pu s'imposer à Maurice. Pourtant, depuis quelques années, on assiste à une certaine aisance à arborer le style africain. Que ce soit au niveau de la coiffure ou des tenues vestimentaires, le Mauricien semble moins complexé à se dire Africain. Il ne s'agit pas d'un retour aux sources pour autant, ce phénomène étant surtout une mode dictée par la musique black américaine.
"Ce sont les Afro-Américains qui ont redonné ses lettres de noblesse à la culture africaine. C'est grâce aux actions d'hommes tels que Martin Luther King et aux exploits sportifs et politiques de cette communauté que tous les descendants d'Africains sont aujourd'hui fiers de leur culture", avance Benjamin Moutou, historien. Selon lui, c'est à travers les médias et les livres d'histoire que les Mauriciens d'origines africaines se sont inspirés des Afro-Américains et sont maintenant fiers de leurs racines. Cette fierté est visible à travers leur style vestimentaire et leur coiffure.
Musique. Habitué de l'Afrique, ayant traversé le continent de Cape Town à Alger, Percy Yip Tong est, lui aussi, d'avis que la mode africaine vient des États-Unis, plus particulièrement des vedettes de la black music. Il fait toutefois ressortir qu'il faut distinguer entre deux styles propres : "Il y a, d'un côté, le style rasta qui vient de la Jamaïque et non pas d'Afrique et, de l'autre, le style africain qui est un phénomène de mode noir américain." Percy Yip Tong ajoute que s'il est peu probable de voir un Mauricien se gambader en boubou africain, en revanche, on aurait pu importer des tissus africains pour confectionner des chemises. Par ailleurs, il considère dommage que les radios locales ne diffusent pas de musique africaine, pourtant si riche.
Benjamin Moutou rappelle, de son côté, que le fait de priver les Africains de leur culture avait un but précis sous l'esclavage : "Les propriétaires d'esclaves voulaient ainsi les rendre dociles et obéissants. Ils avaient comme méthodes l'humiliation et d'autres actes barbares. Un exemple est le remplacement de leurs noms par d'autres très humiliants. Toutes ces actions avaient pour but d'abaisser les noirs pour qu'ils se sentent inférieurs aux autres cultures. Les principales victimes de ces actes ont été les Mozambicains et les Malgaches."
Méconnaissance. Cette méconnaissance de la culture africaine persiste encore aujourd'hui. Percy Yip Tong souligne qu'elle est "présente" uniquement dans les hôtels. "Comme il y a des soirées à thèmes, on doit obligatoirement avoir une soirée africaine. La plupart des groupes se spécialisant en musique et danse africaine le font avec ce but précis. Mais même là, c'est un peu de l'à-peu-près. Car ils n'ont pas la formation nécessaire pour cela. C'est carrément du showbiz."
Percy Yip Tong ajoute que le Centre Nelson Mandela pour la Culture africaine n'arrive pas à jouer pleinement son rôle dans ce domaine, surtout par manque de moyens financiers. "Les centres culturels indiens et chinois, par exemple, sont financés par l'Inde et la Chine, qui sont des grands pays avec de gros budgets. Or, le Centre Mandela est financé par l'État mauricien. L'Afrique étant un continent pauvre, on le sait, mais en même temps, complexe, avec 53 États et des cultures différentes, il n'existe pas une culture africaine propre."
L'absence de la culture d'origine, séquelle directe de l'esclavage, n'a pas uniquement un aspect négatif. "En perdant leur culture d'origine, ils ont donné naissance à une autre culture qui est la culture créole", souligne Ram Joganah. Il ajoute que l'histoire ne reconnaît pas suffisamment cette contribution et que "bann desider bizin ekrir listwar la byen pu nu truv sa bote-la". Il poursuit en disant la beauté de la langue créole adoptée par l'ensemble de la population et fait ressortir que l'absence de culture d'origine permet aux descendants africains d'être plus ouverts aux autres. "Alors que d'autres parlent de racines et de cultures ancestrales, eux, sont plus à l'aise pour la fusion. Pour moi, ce sont les vrais Mauriciens."
Ilois. Percy Yip Tong met aussi l'accent sur la créolité, née de l'esclavage. "La créolité est une culture propre aux îles ayant le même passé historique. C'est pour cela que je considère que le Centre Nelson Mandela ne devrait pas s'occuper du séga et de la ravanne. C'est l'affaire du Centre culturel mauricien. Car la créolité est une identité propre. Mais ici on confond tout. C'est là où la politique culturelle de l'État fait défaut."
Il exprime, par la même occasion, son désaccord avec ceux qui disent que les Afro-Mauriciens doivent effectuer un retour aux sources. "Est-ce que leurs racines ne sont pas ici ? Ce sont des îlois. L'Afro-Mauricien ne se reconnaît pas dans tout ce qu'on présente comme culture africaine. Il ne sait même pas de quelle partie d'Afrique il vient exactement." Il cite en exemple la cuisine africaine, inexistante ici, même dans les hôtels lors des fameuses soirées africaines.


Séquelles


"Maurice a longtemps été une société de regards et de mépris, où les descendants d'Africains, étaient au plus bas de l'échelle sociale et ont subi l'ablation de leur culture. Autrefois, c'était un crime d'être né avec la peau noire et les cheveux crépus", avance Benjamin Moutou. Il ajoute que les livres d'histoire ne reconnaissent pas suffisamment la contribution des esclaves dans le développement du pays. Certains ne parlent même pas d'eux : "En 1774, l'explosion d'un moulin avait fait plus de 300 morts parmi les esclaves qui y travaillaient. Mais, les documents de l'époque ne faisaient mention que de 13 victimes. À l'époque, la mort d'un malheureux faisait moins de bruit que le passage d'une souris", raconte-t-il. Selon lui, cette manipulation d'informations étaient orchestrée par la communauté blanche de l'île. "Les livres d'histoire ont été écrits par des blancs pour des blancs. L'histoire des noirs a été banalisée."
Selon l'historien, les répercussions sont encore visibles de nos jours. "Les plaies ne sont toujours pas cicatrisées, car cette injustice ne date pas de si longtemps. Les créoles sont perdus et n'ont plus d'espoir. Certains disaient que la réussite pour la communauté créole se trouverait dans l'éducation. Mais, aujourd'hui, plusieurs créoles éduqués ne trouvent pas d'emploi et cela est visible dans tous les ministères", s'indigne-t-il. D'après Benjamin Moutou, la communauté créole ressent aujourd'hui, la même frustration qu'hier.


Le Morne


La décision du gouvernement de proposer la candidature du Morne à la liste des patrimoines mondiaux de l'UNESCO est une bonne initiative, selon Ram Joganah. Toutefois, il ne faut pas se limiter à cela. "Ena ankor boukou desandan esklav ki finn tas lor resif e ki ankor pe lite. Bizin kone ki pou fer pou zot." Le chanteur engagé considère dommage qu'on passe souvent son temps à chercher les responsables de cette situation, alors qu'on devrait plutôt chercher des solutions. "Certains aiment bien les voir dans ces conditions pour pouvoir les exploiter d'en haut. Le 1er février doit être un jour de réflexion."


Leçons

Pour Percy Yip Tong, Maurice a beaucoup à apprendre de l'Afrique. "C'est un continent qui survit malgré toutes ses difficultés économiques, sociales, l'épidémie du VIH & SIDA, les guerres inter-ethnies… en raison de la débrouillardise de son peuple et de sa volonté à se battre." Il ajoute que le peuple africain est un peuple rempli d'espoir, toujours souriant et qui possède l'esprit de fête. Il juge aussi formidable que malgré la colonisation et l'évangélisation, les Africains aient su conserver leurs cultures.


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Vieux 02/02/2007, 20h16
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To ena reson serro,pane trop tan lor sa assé!
Sé ene reflexion ki bizin ale o dela 1 fevrié.Kan mo pensé ki dan mo disang ena sa boute ene esclave africain ki mo pa mem koné sa fer ene drole sensation.
Lesclavaz dan limem encore p fer so simé dan lavi moderne osi,li bon ki 2 tan en tan nou ralenti ,reflesi nou ban action ek pran konte dan ki manier nou p contribié pou ki lesclaze contigne existé.
Mo espéré debat la contigné car ena bokou pou kozé lor la.
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Vieux 02/02/2007, 21h32
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Cérémonie à Pointe-Canon

Protocolaire certes, mais pas seulement. La cérémonie officielle marquant le 172e anniversaire de l’abolition de l’esclavage à Pointe-Canon a été l’occasion de réaffirmer le rôle des esclaves et leurs descendants dans la construction de la nation mauricienne.

Elle était organisée par le ministère des Arts et de la Culture, le Centre Nelson Mandela pour la Culture africaine, et Le Morne Heritage Trust Fund. Invité d’honneur de la célébration, le vice-ministre de l’Education et de la Culture du Mozambique, Luis Covane, a souligné que Maurice et le Mozambique partagent une identité commune, héritée de l’esclavage. L’abolition de l’esclavage est, insiste Liuis Covane, une victoire de la justice sociale et de l’humanité.

Rashid Beebeejaun, Premier ministre par intérim et ministre des Infrastructures publiques, voit dans cette commémoration un moyen de rappeler aux jeunes générations que l’humanité a assuré sa survie aux dépens de vies humaines afin que la différence n’amène plus à la barbarie.

Le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, lance un appel afin que tous les citoyens gardent à “l’esprit et dans le cœur” l’horreur de l’esclavage. D’autant que les séquelles de ce crime contre l’humanité sont encore palpables au sein de la communauté créole.

Le ministre des Arts et de la Culture a, lui, rappelé l’engagement du gouvernement, et plus particulièrement de son ministère, dans le dossier du Morne. Selon Mahen Gowressoo, l’octroi du titre de Patrimoine mondial de l’Unesco n’est qu’une question de temps.


Spectacles mauricien et malgache

Par ailleurs, il faut trouver le juste milieu entre lieu de mémoire, développement économique et préservation de l’environnement. Le ministre de la Culture a, dans ce sens, invité tous les citoyens à prendre connaissance du management plan de la péninsule du Morne et à faire des suggestions. Deux spectacles, l’un mauricien, l’autre malgache, ont suivi. Des rythmes africains et chorégraphies suggérant le lien entre la mère-Afrique et les descendants d’esclaves en quête de leurs racines.

La cérémonie a également été l’occasion de lancer un CD sur les sites relatifs à l’esclavage à Maurice ainsi que la Revi Kiltir Kreol n°6 sur le thème “diaspora africaine et culture(s) créole(s)”.

Pour clore la célébration, une exposition traitant, d’une part, de la découverte de l’épave Le Coureur, à Pointe-aux-Feuilles, témoignage de la traite illégale au XIXe siècle et, d’autre part, de l’histoire des “liberated slaves” ayant transité par l’Aapravasi Ghat à la même période.
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Vieux 02/02/2007, 21h33
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Ode à la liberté sur la statue d’Adrien d’Epinay

L’an dernier, la menace du ministre des Administrations régionales James Burty David de “déboulonner” la statue d’Adrien d’Epinay lui a valu de vives critiques. Contraint, sous la pression, de faire machine arrière, il revient à la charge à travers une nouvelle forme de contestation. Ceux qui passent au Jardin de la compagnie pourront lire une nouvelle inscription au pied de la statue. Elle est inspirée du poète Paul Eluard sur la liberté et est gravée sur une plaque avec une représentation de chaîne brisée. On peut donc lire : “Sur cette statue qui glorifie l’esclavagiste

J’ose écrire LIBERTE

Contre les crimes commis envers mes Frères...”

La plaque a été dévoilée hier par James Burty David et le lord- maire de Port-Louis, Reza Issack.
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Vieux 02/02/2007, 21h35
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Une marche en l’honneur de ceux qui ont osé

Marcher près de cinq kilomètres sous un soleil de plomb un jour de congé public. Beaucoup s’en seraient abstenus mais pas quand ils ont un hommage à rendre à leurs ancêtres. C’était le cas de quelque 300 personnes hier qui ont marché du Morne Community Centre jusqu’à Trou Chenille, lieu où se trouve une plaque en mémoire des “ancêtres, victimes d’esclavage, qui ont osé défendre leur liberté et leur dignité”. A neuf heures du matin, Marcesse Perle, une habitante de Baie-du-Cap était déjà au Morne Community Centre. Prête pour sa longue marche. “En tan ki desandan esclav, mo bizin fet sa zour la, parski si nou nou lib zordi se parski nou ancet inn mor pou nou”, lâche-t-elle. Malgré le soleil qui chauffait l’asphalte au début de la marche, quelques “pèlerins” ont décidé de marcher pieds nus, à l’image de François Auguste, conseiller du district de Rivière-Noire et membre de Le Morne Heritage Trust Fund, son épouse. Cela pour “entrer de plain-pied dans l’esprit de l’esclavage, car les esclaves marchaient pieds nus”, confie François Auguste.

Heureusement pour leurs pieds, une pluie fine devait s’inviter en cours de route...
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Vieux 02/02/2007, 21h38
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Un rendez-vous à ne pas manquer

Marianne Verte fait partie de ceux qui ont voulu faire d’une pierre deux coups : rendre hommage aux ancêtres tout en passant une agréable journée sous les filaos. “Ki la pli, ki soley, nou bizin la pou sadat la.” Et ce n’est pas la distance qui l’accable : elle vient de Camp-Levieux, Rose-Hill.

Pour l’occasion, Marianne a loué un van pour accommoder les quinze personnes qui l’ont accompagnée. Pour elle, l’histoire du Morne restera à jamais gravée dans les mémoires, en tout cas dans la sienne. “Mem lesclavaz enn zafer kinn fini pase, kinn fini aboli, mo enkor emu kan mo tann se ki zot inn pase. Kapav parski sa coule dan nou disan ”, explique-t-elle.

Tour à tour, ils vont chacun délaisser leur petite tente pour écouter les discours de ceux qui sont partie prenante de la cause du Morne. Et ils comptent quitter la plage vers cinq heures pour assister à d’autres célébrations au Plaza à Rose-Hill.

Poignante l’heure où quelques personnes vont déposer les gerbes sur la clôture qui entoure la montagne du Morne. Certains ont la larme à l’œil. D’autres, plus expansifs, se font l’accolade. Car “l’année prochaine, il n’y aura plus de clôture”, lâche François Odendaal, consultant à l’Unesco et chargé du dossier d’inscrire Le Morne comme patrimoine mondial.

Ces personnes pourront se rendre sur la montagne du Morne pour “enfin pouvoir rendre hommage à nos ancêtres comme il se doit”, déclare Jean Humbert, un habitant de Port-Louis. Pour ce dernier, c’est un “moment très fort” car certains se sont “accaparés de ce terrain et nous ont empêchés de nous y rendre. Donc, c’est définitivement une victoire pour nous”.

Pascal Pigeot, un touriste français de 28 ans, a suivi tous les discours et le spectacle culturel sur la plage du Morne, quasiment, sans cligner des yeux. “Je comprends assez peu la langue créole, mais cette ferveur des gens d’ici m’a fait vibrer. J’ai pu comprendre qu’ils ont lutté pendant longtemps et c’est bien de voir que, finalement, ils sont proches de la victoire”, déclare-t-il en applaudissant aux propos d’un des orateurs.
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Vieux 03/02/2007, 07h57
Manev
 
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1fevrier journée de memoire pou tous c'est homme et c'est femme ki ine donne zot la vie pou nous pays bizin montre nous konaisance envers zot merci bomli pou avoir si ce c'est ke penser a les rendre hommage c'est importan la nouvel zeneration bizin rappel ek konner kot zot sorti
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Vieux 03/02/2007, 10h42
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Ile Maurice: L'esclavage et l'"engagisme"


L'Express (Port Louis)
2 Février 2007
Publié sur le web le 2 Février 2007

Cassam Uteem
Port Louis

Le 1er février, jour férié depuis ces quelques dernières années, nous commémorons, à Maurice, l'abolition de l'esclavage.
C'est un devoir de mémoire impératif car cette commémoration nous permet de réfléchir sur les actes d'abominations et de barbaries dont furent coupables mais surtout capables des êtres humains - certains en sont capables aujourd'hui encore - envers d'autres humains, tous créés, dit-on, à l'image de Dieu.
Elle nous permet également d'avoir une pensée toute spéciale pour ceux et celles qui furent les victimes du système inhumain de l'esclavage. Traités tantôt comme des bêtes de somme et tantôt comme des "meubles", ils furent agressés et souvent torturés, humiliés et rejetés, les femmes violées. "Plus Jamais Ca !", devrait être autant notre cri unanime de rejet de ce système, au nom de l'humanité, que notre engagement ferme aux côtés de ces descendants d'esclaves qui, aujourd'hui encore, sont très nombreux à traîner, tel un boulet au pied des forçats, les séquelles de l'état et du "statut" d'esclave de leurs ancêtres, des ancêtres communs à nombre d'entre nous.
Ceux qui mettent sur un pied d'égalité l'esclavage et l'"engagisme" - "new system of slavery", selon la formule de Hugh Tinker - système auquel furent assujettis les laboureurs engagés, après l'abolition de l'esclavage, commettent l'erreur monumentale de comparer ce qui n'est guère comparable. L'esclavage dépouillait l'homme et la femme esclaves de tout ce qui faisait d'eux des humains, chaque être dans son individualité, sa liberté et ses droits. L'esclave malgache ou l'esclave mozambicain, l'esclave guinéen ou l'esclave sénégalais une fois à Maurice, devenait apatride, faisait l'objet d'une déculturation en règle et on lui niait le droit de communiquer dans sa langue ou de pratiquer sa religion. On lui attribuait un nom de baptême, jamais de son choix car on ne lui demandait pas son avis. Esclave et choix s'excluaient mutuellement. Ainsi naissait l'esclave dont la vie allait, dès lors, dépendre du bon vouloir de son maître et être régie par le Code Noir. L'esclave était la propriété du maître, son bien acquis qu'il pouvait dispenser à sa guise.
L'engagisme fut un système contractuel humiliant et oppressant, qui exploitait la force du travailleur engagé. Celui-ci devait mener une vie d'enfer, à l'oeuvre dans les champs du lever au coucher du soleil, et n'avait que peu de temps pour accorder à sa famille. Très souvent, s'il était marié, sa femme passait elle aussi le plus clair de son temps à labourer la terre ou à travailler comme bonne à tout faire ou comme jardinière. Il était libre de ses mouvements à condition qu'il portât toujours sur lui, une passe l'autorisant à quitter le territoire assigné, faute de quoi il était incarcéré sous la charge de vagabondage. Il était libre mais "partout dans les fers" aurait dit Jean-Jacques Rousseau ? Il pouvait toutefois garder son nom, préserver sa langue et sa culture, pratiquer sa religion, même si, pendant un certain temps, clandestinement. Il y avait entre lui et sa patrie d'origine, et des fois son village natal, un lien ombilical qu'il pouvait toujours maintenir. Sa nourriture de même que son "accoutrement", très souvent objet de railleries, reflétaient sa culture ancestrale.
Il n'y a donc aucune comparaison possible entre l'engagé et l'esclave comme il ne peut y avoir entre l'être et la chose.
Si aujourd'hui les descendants de coolies engagés, recrutés massivement dans la deuxième moitié du 19e siècle, peuvent pratiquer leurs religions et continuent à montrer un certain intérêt pour leurs langues et leurs cultures originelles, c'est, dans une très grande mesure, grâce à la détermination et l'effort soutenu des premiers immigrants. La date de l'arrivée du premier contingent de travailleurs engagés a été décrétée jour férié, qu'on commémore le 2 novembre de chaque année. La commémoration ne suffit pas dans ce cas comme dans celui de l'esclavage. Il faut aider la jeune génération de Mauriciens à développer le sens de l'histoire, à apprendre à connaître leurs 'racines', à visiter les lieux imprégnés d'histoire que sont la montagne du Morne et l'Aapravasi Ghat. Les jeunes arriveront ainsi à mieux se connaître et à mieux comprendre le destin qu'ils ont en partage. Demain, le Morne accédera au statut de Patrimoine mondial. Auparavant, il devra être pour les Mauriciens, comme l'Aapravasi Ghat, notre patrimoine commun à tous.

Ces commémorations, pour importantes qu'elles soient, sont essentiellement de nature symbolique. Il nous faut en parlant de l'esclavage et de ses séquelles parler aussi du concret et de la vie quotidienne des familles. L'abolition de l'esclavage a certes apporté la liberté aux esclaves et à leurs descendants. Cependant, le traitement humiliant a longtemps duré et l'intégration dans la société ne s'est faite que très lentement et très partiellement, à telle enseigne qu'aujourd'hui encore, 172 ans après son abolition, les enfants des esclaves vivent nombreux en marge de la société, souvent dans l'indignité, et ils arrivent difficilement à prendre avantage des opportunités que leur offre le pays ...
Il est grand temps d'adopter une vraie politique d'intégration sociale, en s'inspirant du modèle d'"affirmative action " telle qu'elle est pratiquée aux Etats-Unis. Cette politique qui viserait en particulier les descendants des esclaves ne devrait exclure aucun autre segment de notre population qui se trouverait dans une situation similaire.
La solidarité s'exprime surtout à travers des actes concrets. Le 1er février devra aussi servir à nous le rappeler.
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Vieux 03/02/2007, 12h43
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Kel soulagement l'esclavage fine terminer 172 ans de cela, mais eski li fine terminer completement entier le monde? Mo crois pa, besoin ena kite blanc par la dans l'afrikm ou ailleur ki encore tini 2 trois noir comme esclave.
A moris, nou deja ena encore le sclavage moderne cote dimoune la travaille pou ene boucher manger mais li libre pou alle cote li apres so travail.

Rocco
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