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Vieux 05/11/2006, 09h38
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Gaspillage lors ene projet informatique

BPML
Chronique d’une catastrophe annoncée
Tout a commencé par un beau projet et la volonté de mettre Maurice à l’ère de la technologie. Mais la mauvaise gestion de Business Parks of Mauritius Limited (BPML) a transformé la cybertour et le cybervillage en navires à la dérive.

La cybercité était censée devenir le symbole de la réussite du pays dans les technologies de l’information et de la communication (TIC). Mais depuis le début de l’année, elle symbolise autre chose. Avec ses Rs 1,7 milliard de dettes accumulées à fin 2005, Business Parks of Mauritius Limited (BPML), gérante de la cybercité, fait désormais office d’épouvantail. Ce qui démontre comment l’ambition mal maîtrisée d’un gouvernement peut finir par se retourner contre l’État.

Avec le recul, et en parlant avec ceux qui ont piloté la sortie de terre de la cybercité, on se rend compte que la catastrophe était prévisible. Ce qui a amené le Fact- Finding Committee (FFC), chargé de faire la lumière sur la gestion de BPML et de ses filiales, à arriver à des conclusions sévères contre le gouvernement précédent et les anciens membres du conseil d’administration de BPML. Passé la pilule du rapport, rendu public mardi, certains des anciens dirigeants de BPML déroulent le fil des événements.

Nous sommes en décembre 2000. Fraîchement élu, le gouvernement MSM-MMM veut développer de grands chantiers. Et il a une vision : faire de Maurice une cyberîle avec un partenaire de taille : l’Inde qui a déjà indiqué qu’elle l’aidera dans ce domaine.


L’aide d’experts et Rs 600 millions

Comment ne pas être ambitieux ? Le gouvernement mauricien croit avoir toutes les cartes en main. L’Inde a déjà mis à sa disposition une confortable ligne de crédit de Rs 600 millions et l’aide d’experts. Le secteur privé compte également participer à l’essor de ce cinquième pilier technologique à hauteur de Rs 500 millions. Devant l’apparente facilité à obtenir de quoi financer son ambition, le gouvernement voit donc grand. Le triangle d’Ébène abritera une cybercité, comprenant une cybertour, un cybervillage pour accueillir expatriés et cadres de la cybercité, un bâtiment administratif ainsi qu’un centre commercial.

Un ancien membre du conseil d’administration de BPML questionne l’implication même de l’État dans le financement de la cybercité. L’Inde, qui passe pour être notre modèle en matière de développement des TIC a en effet choisi une autre stratégie. Ses cybertours ou cybercités développées à Hyderabad ou à Bangalore ont été largement financées par les entreprises de la puissante National Association of Software and Service Companies (Nasscom) et non par l’État. Mais à Maurice, la tâche va être dévolue à BPML, dont le capital est détenu à 99 % par le gouvernement.

Dans le cadre d’un projet commercial normal, des questions cruciales commenceraient à être posées aussitôt. Quel sera le retour sur investissement ? Combien de clients attirera la cybertour ? À partir de quel prix de location le bâtiment sera-t-il rentabilisé ? Trouvera-t-on des clients pour les appartements du cybervillage ? Quel est le meilleur prix à pratiquer ? Des questions normalement contenues dans une étude de faisabilité digne de ce nom. Mais étude, il n’y en aura pas.

Chand Bhadain, le président du conseil d’administration de BPML nous l’avouait dans notre édition du 15 janvier. Le rapport reprend ce fait troublant. « Après sa nomination, il (Bhadain, NdlR) a demandé une copie de l’étude de faisabilité. Mais il a découvert que seul existait un concept paper sur le projet », y lit-on.

Ce qui n’étonne pas un ancien membre du conseil d’administration de BPML.

« Le gouvernement voulait aller vite. Alors pourquoi s’encombrer d’une étude de faisabilité qui allait prendre du temps. On était pressés, on s’est contentés d’un concept paper ! »

Pour compenser l’absence d’un plan réfléchi et détaillé sur la mise en œuvre de la cybercité, le gouvernement choisit alors de doter la BPML d’un conseil d’administration de haut vol.

Ce dernier est censé gérer efficacement les développements à Ébène en recrutant parmi la crème de la fonction publi-que : secrétaires financiers, Permanent Secretaries, directeurs d’organismes para-publics. Et en demandant également à des membres en vue du secteur privé de donner un coup de main.

Mais ce tableau n’impressionne guère le FFC, qui, au contraire, livre un jugement sévère sur la gestion des conseils d’administration successifs de BPML. Ainsi, dans leurs recommandations, les auteurs suggèrent « que tous les directeurs et le secrétaire qui ont travaillé pour le compte de BPML ou de ses filiales devraient se retirer volontairement avec effet immédiat. Et subir les conséquences de leur mauvaise gestion ».


« On a eu affaire à une bande d’incompétents »

Un ancien membre du conseil d’administration de BPML se montre d’une rare sévérité envers ses propres collègues et lui-même. « Oui ! On a eu affaire à une bande d’incompétents. Gérer un ministère et gérer un projet comme la cybercité, ce sont deux choses différentes. Beaucoup d’entre nous ont fait semblant de comprendre. D’autres se sont contentés de dire ”oui” à tout ce que demandaient les autorités. »

Le gouvernement indien ne nous sera pas d’une grande aide non plus. Il dépêche comme premier Chief Executive de BPML un fonctionnaire, D. Chaudhry, qui avait surtout occupé des tâches similaires à celles d’un secrétaire permanent au sein du ministère de la Technologie informatique en Inde. Donc pas nécessairement rompu à la rigueur que devrait avoir un gestionnaire du privé qui aurait à cœur de rentabiliser un projet d’envergure. Chez BPML, on va donc continuer à faire du copier coller à l’indienne.

Pas suffisamment clair sur ses objectifs, le conseil d’administration commence donc à dériver, notamment, en investissant sur des éléments superflus, à l’exemple des offsite services de la cybercité. C’est-à-dire les routes et l’éclairage qui sont traditionnellement financés directement des deniers de l’État et non par le promoteur.

D’autres malheurs frappent aussi BPML, comme la décision du secteur privé de ne pas financer le projet. « On ne pouvait pas ne pas emprunter pour poursuivre. On n’allait pas tout geler. On aurait été terriblement gênés vis-à-vis de l’Inde. Le gouvernement nous a dit d’aller de l’avant et c’est ce que nous avons fait », confie un ancien de BPML.

Ceux qui ont suivi les relations entre cette société et le gouvernement à ce moment-là relatent une situation cocasse, chacun croyait que l’autre maîtrisait son dossier. Ce que nous confirme notre interlocuteur. « J’ai eu l’impression que le conseil d’administration se tournait vers le gouvernement pour des conseils et des orientations. Sauf que le gouvernement n’était pas plus au fait de la marche à suivre. On a donc fait comme on pouvait, avec un gouvernement qui suggérait de construire un cybervillage ici, une route là, sans que BPML ne bronche. Car elle croyait en fait que c’était utile et nécessaire. »


Disparitions de palmierset de lampadaires

De là, faut-il en conclure que le gouvernement est coupable de « guilty knowledge » sur la détérioration de la situation ? Nos interlocuteurs ne vont pas jusqu’à dire que la faillite a été délibérément provoquée, mais expliquent que l’engrenage trouve sa source dans l’incompétence partagée du gouvernement et de BPML à gérer un projet qui les dépassait.

Mais quid alors des étranges disparitions de palmiers et de lampadaires dont le rapport fait mention ? Au bureau de l’Audit du gouvernement on n’écarte pas la possibilité que des petites magouilles aient eu lieu au moment de l’appel d’offres. « Ce n’est pas facilement décelable. Mais ce qui est sûr, c’est que ça ne peut pas être le fait d’un seul homme. Le président du conseil d’administration a dû, de manière volontaire ou non, permettre à certains de trafiquer au détriment de BPML. C’est à une éventuelle enquête de l’Independent Commission against Corruption de déterminer cela », explique cette source.

Mais comment éponger la dette de BPML ? Les plus pessimistes disent que l’entreprise ne va probablement pas sortir de la zone rouge financière de sitôt. Car la solution la plus drastique et immédiate serait la vente des actifs de BPML aux plus offrants. Mais rien ne dit qu’ils trouveront preneurs. Le gouvernement pense toutefois détenir la solution pour renflouer les caisses. Il va falloir attendre les semaines à venir pour les découvrir.
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Vieux 05/11/2006, 09h39
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Les perles du rapport

Les perles du rapport
Malgré la dimension « accablante » des conclusions du « Fact-Finding Committee », l’ancien président du Tribunal d’arbitrage permanent, Harris Balgobin, assisté de ses deux assesseurs, Bruno Dumazel et Raj Busgeet, s’est permis des piques humoristiques et sarcastiques dans son rapport. Ci-dessous quelques morceaux choisis.

■ « Il a fait référence à une mission à Londres où le représentant de BPML n’avait pas connaissance que le lieu de la réception avait été changé. Le séminaire a été un fiasco, et le cocktail qui l’a suivi encore pire. »

■ « Parmi les nombreux chapitres anecdotiques et folkloriques de la saga du Cyber Village, les éléments du paysage peuvent être élevés au rang de chefs-d’œuvre […]

Les 55 palmiers étaient introuvables. Lors d’une visite sur le terrain, le comité a été informé qu’à cause des brises de la saison, les palmiers auraient pu avoir Gone with the wind (excuses à Clark Gable !) »

■ « Selon M. Thannoo, même s’il les a vus au moment de la livraison, ces 110 arbres manquants n’ont pas résisté aux attaques de chèvres sauvages affamées, de même qu’aux athlètes vandales des Jeux des îles 2003… »

■ « Le projet a été malheureusement mal exécuté. En effet, neuf personnes sur dix seraient d’accord sur cela, et la dixième serait définitivement en train de mentir. »

■ « Le gouvernement a suivi la totalité de la saga (peut-être devrions nous dire séga ?) de ces compagnies en train de sombrer, et toutes les décisions détournant le projet de la cybercité du droit chemin […] »
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Vieux 05/11/2006, 09h42
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Zote tou faire pillage avec la monaie l'etat, apres kand zote dehors, C ti malheuruex la ki besoin serre ceinture.

Rocco
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ene, gaspillage, informatique, lors, projet

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