Dossier Misere à Moris - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 05/11/2006, 09h24
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Dossier Misere à Moris

ce matin le journal l'express fine fer ene bon dossier lors la misére à moris.Ene dossier voulumineux et important , désolé pour ban dimoune ki pou lire sa post la,ena beaucoup lectures pour faire. Bonne lecture a zotte tous.
Pauvres: Qui sont-ils ?
Plusieurs voies mènent à la pauvreté. Famille éclatée peinant à subvenir aux besoins des enfants, employé précaire qui ne travaille qu’un jour sur trois, chef de famille ne pouvant rêver de s’élever socialement en raison d’un manque d’éducation. Ou encore ancien détenu incapable de se réinsérer dans la société à cause d’un passé houleux, pêcheur souvent tributaire des caprices du temps.

Autant d’exemples qui illustrent les situations où la pauvreté devient tôt ou tard l’issue finale. En 2001-2002, il y avait 23 700 familles pauvres, selon la dernière étude sur la pauvreté du Bureau central des statistiques (BCS).

La misère humaine est multidimensionnelle. Quelle en est la ligne de dé-marcation ? À partir de quel revenu mensuel peut-on considérer qu’une famille tombe dans la catégorie des pauvres ?

Si l’on se réfère à la Banque mondiale, une personne avec moins d’un dollar par jour est jugée extrêmement pauvre (elles sont moins de 1 % à Maurice), celle avec moins de deux dollars est considérée comme pauvre. Elles sont moins de 1,5 % à tomber sous cette catégorie.

On considérait, il y a cinq ans, qu’une famille était pauvre si elle vivait avec moins de Rs 4 384 par mois, selon les chiffres du BCS. Mais de nos jours ce chiffre doit être revu à la hausse. Avec moins de Rs 7 000 par mois, une famille peut tomber dans cette catégorie, indique José Allet, Field Coordinator du Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups.

Magda Verdickt, Senior Programme Manager au Programme des Nations unies pour le développement, estime que Maurice ne possède pas une réelle ligne de pauvreté nationale.

« C’est dommage, car cela aurait aidé le gouvernement à mieux définir sa politique de l’emploi et décider ainsi d’un salaire minimum raisonnable. »

Le nombre de familles pauvres est passé, selon le Bureau central des statistiques, de 8,7 % en 1996-1997, à 7,7 %. De ces 7,7 %, 5 à 6 %, selon José Allet, vivent dans l’indigence absolue, avec Rs 700 à Rs 1 000 par mois. « Nos efforts ont payé, puisque de nombreuses familles sont passées du statut de démuni à celui de classe moyenne. Mais le pourcentage de la frange de pauvreté absolue n’a pas diminué. » Les causes de l’aggravation de cette situation : l’indifférence de la société.

« La société a beaucoup changé. Il y a une évolution des mentalités, beaucoup de rejet en raison des phénomènes liés à la drogue, la prostitution et le VIH/sida », poursuit notre interlocuteur. Aupa-ravant, une famille dans le besoin pouvait compter sur ses proches pour s’en sortir. Plus maintenant.


Vivre au-dessus de ses moyens

Les personnes qui vivent seules, principalement les vieux, et les familles monoparentales avec à leur charge des enfants, sont les plus vulnérables. L’étude précise aussi que les familles monoparentales avec une femme comme chef de famille sont plus à même de dégringoler.

La mort d’un conjoint, un divorce et une séparation mènent à la pauvreté. Les familles ayant comme chef de famille une personne sans éducation ont plus de risques de se retrouver dans cette catégorie.

Malgré sa situation, le pauvre vit parfois au-dessus de ses moyens. Chaî-nes satellitaires, hi-fi, appareils d’électroménager trônent dans des masures délabrées. L’achat à crédit qui offre des facilités de paiement alléchantes est un argument convaincant, quitte à devoir se séparer des objets « achetés » après quelques mois. « Certaines personnes vont s’endetter jusqu’au cou pour marier leurs enfants afin que les voisins puissent en parler. Elles ont soif de reconnaissance », affirme José Allet.

Une réduction du pourcentage de pauvres passe par plusieurs volets. Une meilleure formation des ONG pour qu’elles puissent mieux accompagner les pauvres et les canaliser vers les aides offertes par l’État comme l’Empowerment Programme, une sensibilisation de la société et l’accès à l’éducation ainsi qu’un meilleur encadrement des enfants ayant des difficultés d’apprentissage, souligne le Dr Harris Rambhujun, chargé de cours au Mauritius Institute of Education (MIE), sont nécessaires à la réduction du nombre de pauvres. La travailleuse sociale, Edwige Dukhie, estime, quant à elle, que l’État doit revoir sa politique de logement et construire des maisons adaptées aux revenus des personnes. S’acquitter de Rs 1 000 à Rs 3 000 mensuellement pour devenir propriétaire est encore au-dessus des moyens des personnes qui vivent au jour le jour.
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Vieux 05/11/2006, 09h25
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Mère célibataire dans la misère
Mirella, que l’on voit ici avec ses enfants, garde de graves séquelles de ses brûlures. Eliette, 55 ans, a perdu la joie de vivre, en 2002, quand une lampe à pétrole s’est renversée sur sa fille Mirella. Brûlée au troisième degré, elle traîne depuis un lourd handicap. Elle est depuis incapable de parler et communique par des sons inarticulés. « Elle ne peut s’occuper d’elle et de ses enfants. Pour nous, cela a été un grand choc et Dieu seul sait ce qu’elle deviendra », soupire sa mère.

Ce qu’on pourrait interpréter comme de la coquetterie, n’est en fait qu’un tic que Mirella répète à longueur de journée. Sa main se porte à sa nuque, elle caresse ses cheveux et son visage se fend d’un sourire grimaçant. Son corps est parcouru de spasmes et son cou est parfois boursouflé. Les médecins l’ont soumise à une scanographie mais n’ont pu déceler de quel mal elle souffre.

Mère de son premier enfant à 13 ans, abandonnée par son concubin, Mirella qui a aujourd’hui 23 ans, vit la misère au quotidien. Ses parents, ses enfants et elle, s’entassent dans deux minuscules pièces en bois et tôle à la route des Pamplemousses, Port-Louis. Les conditions de vie sont pénibles. Deux lits dépareillés, sont, l’un pour Mirella et ses deux enfants, l’autre pour Jean son père, un malade chronique. Eliette se contente d’un matelas défoncé qu’elle étale sur le sol. La vieille dame s’use la santé à s’occuper de son mari, de sa fille et de ses petits-enfants. « Ki pou fer ? Bizin viv », dit-elle.

La pension de vieillesse de Jean et la pension d’invalidité de Mirella sont à peine suffisantes pour s’acquitter du loyer et des factures. La « ration » est composée essentiellement de denrées de base. Sans l’aide d’organisations non gouvernementales qui leur ramène de quoi remplir le réfrigérateur, la vie serait encore plus amère. Mais ces derniers temps, les bons Samaritains se font rares. « Parfwa, pa koné ki pou met lor l’estomac. Lerla nou manz dipain rassi ek dithé pur », raconte Eliette.

Pour le dîner ce soir (NdlR : jeudi), elle a prévu du riz, un bouillon de brède mouroum et du poisson salé frit préparés sur un réchaud alimenté en charbon. Cela fait des semaines que la cuisinière à pétrole n’a pas été utilisée faute de sous pour payer le combustible.
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Vieux 05/11/2006, 09h26
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L’analphabétisme de certains démunis
Pour les Mootoosamy (à g.) comme pour les Fattay, l’analphabétismedes adultes est un lourd handicap. Nous sommes le 2 novembre. Alors qu’il y a de l’animation dans les cimetières, chez les Fattay à Roche-Bois, c’est la misère la plus totale. « Ce matin, nous n’avons mangé que du pain. On n’a rien pour ce soir. J’irai frapper à la porte des voisins. Peut-être que je tomberai sur une âme charitable », soutient Dewantee Fattay.

Des jours comme ça, Bidianand, son mari, en connaît. Et ce n’est pas demain qu’il verra la lumière au bout du tunnel. Ce père de famille a le malheur d’être analphabète.

Il ne travaille qu’occasionnellement comme maçon. Cela lui rapporte en tout et pour tout environ Rs 2 000 par mois. La vérification du montant exact de son salaire est effectuée à la maison par son épouse. En cas d’erreur, il serait incapable de démontrer que ce n’est pas sa faute.

Sa fille aînée, âgée de 14 ans, a dû cesser ses cours à l’école Emmanuel Anquetil de Roche-Bois. C’était pour aider sa mère à faire les tâches ménagères. Bidianand a six enfants, trois filles et trois garçons. Sa femme ne travaille pas. La famille habite une structure en bois recouverte de tôle chez le beau-frère de Bidianand. « Nous avons reçu l’ordre d’évacuer la maisonnette mais, faute de moyens, nous n’avons pas pu trouver une autre maison. Si on nous met à la porte, je ne sais ce que je vais faire. »


Rien à se mettre sous la dent

Bidianand souhaite acheter un appartement de la National Housing Development Company (NHDC), mais il lui est impossible de disposer du dépôt de Rs 50 000 qu’on exige. Ce n’est que durant une partie de la nuit que la famille reçoit de l’énergie électrique. Après, elle utilise des bougies avec les risques d’incendie que celles-ci peuvent occasionner.

Le seul luxe que Bidianand peut offrir à sa famille, c’est un curry d’ailes, de cou ou de pattes de poulet. La famille ne goûte aux légumes que grâce aux restes provenant de la vente à l’encan. Souvent les enfants partent à l’école sans rien à se mettre sous la dent. Bien souvent, ils sèchent les cours. « C’est grâce à Mme Jagessur de l’école maternelle de la municipalité que nos enfants ont à manger. Caritas de même que le prêtre de la paroisse nous aide aussi. Nous utilisons le bois pour cuire à manger. Nous n’avons plus de gaz. Ce n’est que dans deux mois, que je vais pouvoir acheter une bonbonne de gaz. »

La situation n’est guère plus reluisante chez Massilah Mootoosamy, dont le bébé pleure tout son saoul.

Il a soif. Sa mère lui donne le reste de son biberon de tout à l’heure, auquel elle a rajouté un peu d’eau et une demi-dosette de lait en poudre. Elle assure que l’eau qu’elle va chercher à un kilomètre de là, près de « lizinn saumon » (NdlR : la conserverie de thon) a été bouillie. Sait-elle qu’il faut bouillir le liquide pendant au moins 10 minutes avant de le donner au bébé ? Comment fait-elle pour stériliser les biberons alors que la cuisine est faite en plein air sur un feu de bois ?

Cette famille composée de six enfants vit en bordure d’autoroute de Riche-Terre dans une bicoque d’une pièce faite de tôle rouillée, dépourvue d’eau courante et d’électricité. Les Mootoosamy n’ont pas de salle de bains. C’est donc en plein air, à l’abri d’une tôle pourrie, que les enfants et les adultes se lavent. Ils n’ont pas de W.C. non plus. Heureusement qu’un voisin les laisse utiliser ses latrines…

Pourtant, malgré sa misère, Massilah reste digne. Elle veut que ses enfants arrivent à se faire une place au soleil même si elle n’est pas arrivée bien loin dans ses études. « Mes enfants c’est toute ma richesse. Je fais tout pour qu’ils n’aient jamais à dormir le ventre vide, même si mon mari et moi devons nous contenter de dilo douri. »
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Vieux 05/11/2006, 09h26
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Hawabibi Beekhun, une émouvante dignité
Un large sourire éclaire presque en permanence son visage, et sa simplicité commande le respect. Elle ne montre aucun signe extérieur d’une femme à qui la vie n’a pas fait de cadeau. Et pourtant, Hawabibi Beekhun, de Vallée-Pitot, fait partie de ces femmes qui souffrent en silence.

Hawabibi Beekhun est certes pauvre, mais elle se montre digne. Elle a eu trois enfants de son premier mari : deux filles, déjà mariées, et un garçon de 14 ans qui vit avec son oncle. Son second mari lui a donné cinq enfants, dont le plus âgé a neuf ans. Le dernier a un peu moins de trois ans et son mari ne travaille pas.

Il touche une allocation de Rs 1 500. Cet argent sert principalement à régler les factures d’électricité et d’eau. Pour subvenir aux besoins de ses enfants, Hawabibi travaille une fois la semaine comme femme de ménage chez une famille et fait la lessive chez une autre famille. Elle vit avec un budget de Rs 100 par jour. « Je m’achète dix pains tous les matins et la moitié d’un paquet de beurre. Je donne Rs 5 à chacun de mes enfants. Avec ce qui me reste, je prends soit un peu de poisson salé ou quelques ailes de poulet. Je reçois régulièrement deux livres de riz ration de SOS Pauvreté et une de mes tantes me verse Rs 500. Mais souvent, mes enfants partent de la maison sans rien manger. Heureusement que l’école pré-primaire de SOS Pauvreté leur donne un repas. Pendant le ramadan, je me rends chez des familles aisées qui font le zakkat, une offran-de aux pauvres. »

Mais Hawabibi est une femme exemplaire. La violence conjugale dont elle est victime ne l’empêche pas de vouloir le plus grand bien pour son mari, qui est toxicomane.

« Je souhaite qu’il participe à un programme de réhabilitation. Il peut se tirer d’affaire. »

Et à un moment où le débat sur l’avortement fait rage, et où la violence contre les enfants est très présente, les cinq enfants d’Hawabibi Beekhun, loin d’être une corvée, constituent une source de fierté, de joie et de bonheur.


« Ma joie, ce sont mes enfants »

Quand ces derniers ont besoin de quelque chose d’essentiel et qu’elle n’a pas d’argent, Hawabibi Beekhun n’hésite pas à frapper à la porte des gens pour leur demander de lui confier des travaux de ménage contre paiement.

Lorsqu’elle était enceinte de son dernier enfant, par manque d’argent elle a fait l’aller-retour Vallée-Pitot- hôpital Jeetoo à pied. L’enfant avait seulement huit jours, lorsqu’elle a été contrainte de reprendre son travail. « Autrement, mes autres enfants allaient mourir de faim. Je souffrais d’une anémie sévère et le médecin a recommandé mon hospitalisation. Je me suis sauvée rien que pour m’occuper de mes enfants. Le fils issu de mon premier mariage est un véritable ami. Mon autre fils veut se faire policier. Je ferai tout pour assurer leur réussite. Ma joie, ce sont mes enfants. Pour rien au monde je ne souhaite m’en séparer. Leur simplicité me permet de croire qu’il y a des raisons de vivre qui sont plus fortes que la pauvreté. Pas question de m’en séparer. »

Si Hawabibi Beekhun a pu redonner un sens à sa vie, c’est grâce à Yusuf Dauhoo, président de SOS Pauvreté, qui l’a découverte tout à fait par hasard dans le cadre d’un recensement de personnes vulnérables. Elle le lui rend bien. « Ma famille, c’est SOS Pauvreté à qui je dois tout, en particulier la maisonnette que j’occupe actuellement. »
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Vieux 05/11/2006, 09h27
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L’enfer du travail précaire
Pierre se ronge les sangs. Cela fait plusieurs semaines qu’il n’a pas travaillé et, de ce fait, n’a pas ramené grand-chose pour garnir le garde-manger. À Cité St-Malo, dit-il, plusieurs maçons comme lui, « ape dormi lakaz », faute de travail dans sa localité. C’est le drame de ceux qui exercent un métier précaire.

Manier la pelle, battre le béton, aligner les parpaings, voilà tout ce qu’il sait faire pour assurer une vie décente à ses trois enfants. Par dépit, il s’est reconverti dans la cordonnerie, un métier qu’il a appris à Maurice peu de temps après son arrivée ici. Mais il a dû se rendre à l’évidence. Il n’est pas fait pour cela. « Mo vremem pa pe ressi trouve enn lizour », soupire-t-il.

Le métier de maçon est dur, mais paie bien son homme. À Rs 450 la journée, on arrive à garder la tête hors de l’eau… Le problème, c’est que le travail se fait rare. Il lui est de plus en plus difficile de payer le loyer de sa maison de type « Firinga », acquise après de nombreux obstacles. Et la situation ne cesse d’empirer. L’aîné de la famille, qui contribuait aussi au budget familial, est maintenant cloué au lit, à la suite d’un accident de moto. « Li ti pe ed mwa lor santie. Aster dokter dir li pa pou kapav fer travay dir aster parski li finn bizin ajoute enn viss dans so lipie. Li finn affebli apre sa aksidan la. »

Alors, Pierre passe ses journées à espérer des lendemains meilleurs pour sa famille. Son rêve de gérer un jour une petite boutique ou une tabagie s’éloigne de plus en plus. Il se retrouve à la case départ après 13 ans à Maurice. Et dire qu’il avait quitté Rodrigues dans l’espoir de trouver du travail et d’assurer un avenir meilleur à ses enfants.
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Vieux 05/11/2006, 09h28
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Le dur métier de pêcheur artisanal
Faute de moyens pour leurs embarcations, certains pêcheurs restent à terre. Les pêcheurs artisanaux qui travaillent à l’intérieur du lagon sont une espèce en voie de disparition. En effet, ceux qui n’ont pas les moyens de se recycler dans un autre métier ou la pêche hauturière vivent un véritable cauchemar. Claude Armel, de Bain-des- Dames et âgé de 55 ans, est de ceux-là.

« Je mets au défi un pêcheur artisanal d’exercer son activité dans les environs de Bain-des-Dames et ramener ne serait-ce que dix kilos de poisson. La situation est telle qu’il n’est pas impossible que sur dix pêcheurs, neuf souhaitent la détérioration de la météo rien que pour toucher l’allocation qui est prévue en cas de mauvais temps. En vérité, c’est sur cette allocation que nombre d’entre nous comptent pour faire marcher la cuisine et régler les factures d’électricité ou d’eau. »

Pour toucher cette allocation, il faut que la sortie du pêcheur soit certifiée par un policier. Et si par malheur, l’agent de police n’est pas disponible au moment où le pêcheur rentre, ses chances de toucher l’allocation pour mauvais temps sont compromises.

Bien de pêcheurs sont alors obligés de chercher des petits boulots, par exemple, sur les chantiers de construction, afin d’arrondir les fins de mois. Certains opèrent à perte, surtout dans les régions où la pollution a presque détruit les coraux, comme c’est le cas dans la région de Bain-des-Dames.

« Auparavant, nous pouvions pêcher des appâts, mais les récifs de la région sont tous morts. Nous sommes obligés d’acheter des produits frigorifiés, ce qui augmente les coûts d’opération que les recettes arrivent difficilement à couvrir. »

La situation devient insoutenable lorsqu’un moteur tombe en panne ou devient inutilisable.

« Mon moteur s’est cassé. Le prix d’un engin neuf de 5 chevaux, soit Rs 26 000, est au-dessus de mes moyens, d’autant plus que je ne vais pas bénéficier d’un taux préférentiel de la Banque de développement. Le remboursement aurait été de plus de Rs 2 000 par mois sur une période de sept ans. Cependant, si je disposais de cette somme, j’aurais été en mesure de ramener des prises intéressantes. Conséquence, je suis obligé d’utiliser des rames et je ne peux alors pas m’éloigner loin des récifs car les risques seraient trop énormes. »
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Vieux 05/11/2006, 09h29
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Le calvaire des ex-détenus
Certains anciens détenus essuient les refus catégoriques des employeurs. Les ex-détenus qui ont été condamnés pour des délits de drogue constituent une catégorie de gens très vulnérables. Et leur intégration est des plus difficiles. Pour corser le tout, l’échec de la réinsertion est un des facteurs de rechute chez les ex-détenus.

« La plus grosse difficulté que j’ai rencontrée dans mon existence, c’est de me débarrasser de mon étiquette d’ex-détenu, condamné pour consommation de drogue. Cela m’a cassé lorsque les employeurs que j’ai contactés m’ont balancé au visa-ge qu’ils n’emploient pas des gens comme moi. Depuis, je n’ose pas frapper à la por-te d’un employeur », témoigne Lerdain (nom fictif).


« Je veux refaire ma vie »

« Je souffre d’hépatite C. Je dois faire un travail qui ne nécessite pas d’efforts physiques considérables. En raison des difficultés que l’on me fait, je suis obligé de travailler comme maçon. Je gagne certes de l’argent, mais je dois tout dépenser si mon état de santé me contraint de cesser de travailler temporairement. J’ai fait de la prison neuf fois, mais j’ai pris la ferme résolution de ne plus jamais y retourner. Je veux refaire ma vie. Si j’obtiens un travail stable, je vais pouvoir ouvrir un compte en banque, bénéficier de facilités de crédit, acheter un appartement auprès de la National Housing Development Company au lieu de rester un éternel sans domicile fixe. Pourquoi refuse-t-on de me donner la chance de me ré-intégrer et de mener une vie normale ? »

Le groupe Elan s’est fixé comme objectif d’aider les ex-détenus à se fondre dans la société. Depuis sa création, il y a cinq ans, Elan a aidé près de 600 ex-détenus. Ce coup de pouce consiste, notamment, à leur trouver un emploi, un logement et un centre de réhabilitation. Le dégel de leur compte bancaire constitue un autre problème auquel les ex-détenus doivent faire face. « Nous avons écrit au Directeur des poursuites publiques (DPP) pour enlever le gel imposé sur le compte bancaire des ex-détenus qui n’ont visiblement pas le statut de trafiquants de drogue. La situation est plus pénible pour les retraités dont la pension est versée sur leur compte. Ils ne peuvent pas toucher à cet argent. Nous regrettons que, jusqu’ici, nous n’ayons reçu aucune réponse du DPP. Plus d’une centaine d’ex-détenus sont confrontés à un tel problème », déclare Lindsay Aza, le responsable d’Elan.
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Vieux 05/11/2006, 09h53
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Merci pou la peine to fine mette ca banne lartik la pou nou, mo forme parti de ce group, mais zote fine oublier mentione moi ladans.
La misere la gagne ene gout fiel, terrible ca.

Ca kantiter dimoune ki dans mo situation la, hier mo ti capave conter commien ti assister ca la marche organiser par les sindicats a Rose Hill.

Moi mo dire, si ou vente gronier, sorte dehors et faire tou dimoune conner kand ena une marche

Rocco
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Posté par Rocco
Merci pou la peine to fine mette ca banne lartik la pou nou, mo forme parti de ce group, mais zote fine oublier mentione moi ladans.
La misere la gagne ene gout fiel, terrible ca.

Ca kantiter dimoune ki dans mo situation la, hier mo ti capave conter commien ti assister ca la marche organiser par les sindicats a Rose Hill.

Moi mo dire, si ou vente gronier, sorte dehors et faire tou dimoune conner kand ena une marche

Rocco
c'est vrai ki hier seulement 600 dimounes fin fer marche contre la misere et aumentation prix.To ena raison ,kan pas d'accord,montré l'état to mécontentement en faisant une marche de solidarité
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Vieux 05/11/2006, 11h33
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Posté par Dev

« Ma joie, ce sont mes enfants »

Quand ces derniers ont besoin de quelque chose d’essentiel et qu’elle n’a pas d’argent, Hawabibi Beekhun n’hésite pas à frapper à la porte des gens pour leur demander de lui confier des travaux de ménage contre paiement.

Lorsqu’elle était enceinte de son dernier enfant, par manque d’argent elle a fait l’aller-retour Vallée-Pitot- hôpital Jeetoo à pied. L’enfant avait seulement huit jours, lorsqu’elle a été contrainte de reprendre son travail. « Autrement, mes autres enfants allaient mourir de faim. Je souffrais d’une anémie sévère et le médecin a recommandé mon hospitalisation. Je me suis sauvée rien que pour m’occuper de mes enfants. Le fils issu de mon premier mariage est un véritable ami. Mon autre fils veut se faire policier. Je ferai tout pour assurer leur réussite. Ma joie, ce sont mes enfants. Pour rien au monde je ne souhaite m’en séparer. Leur simplicité me permet de croire qu’il y a des raisons de vivre qui sont plus fortes que la pauvreté. Pas question de m’en séparer. »

Si Hawabibi Beekhun a pu redonner un sens à sa vie, c’est grâce à Yusuf Dauhoo, président de SOS Pauvreté, qui l’a découverte tout à fait par hasard dans le cadre d’un recensement de personnes vulnérables. Elle le lui rend bien. « Ma famille, c’est SOS Pauvreté à qui je dois tout, en particulier la maisonnette que j’occupe actuellement. »
c'est bien triste mais c'est enn belle exemple de femme courageuse,belle leçon de vie ki fer nou trouver ki fodé pas trop plainié ena pli misére ki nou malgré so misére,so tristesse et so souffrance li garde tjrs le sourire et so dignité même si la vie pas facile c'est enn battante ki pense so bann enfant et aide so mari a s'en sortir avant tou.Mais mo espéré ki avec tou sa banne recensement ki pé fer la gouvernement pou met impé la main dans poche pou aide sa bann dimoune misére la.
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