10 ans après drame Gorah Issac - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 03/11/2006, 09h10
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10 ans après drame Gorah Issac

Swaleha JoomunMa vie 10 ans après Gorah IssacLa veuve courage est toujours en quête de justice. Swaleha Joomun veut une réponse sur la mort de son époux Babal dans la fusillade de la rue Gorah Issac le 26 octobre 1996.

L’activiste de l’alliance PTr-MMM d’alors avait été assassiné en compagnie de Zoulefekar Beekhy et Yousouf Mourade par «l’escadron de la mort». (Voir hors-texte.)
Épreuves, tristesses, larmes… Elle les a toutes connues et surmontées pour ses trois enfants pendant ces dix dernières années. Son état d’esprit surprend. «C’est vrai que 10 ans après ça fait beaucoup et peu en même temps. Mais vouloir squeeze tout cela en quelques mots... et c’est là que l’on se met à réfléchir sur tout ce que cela implique... les dégâts, les égratignures, les déceptions, les trahisons, les coups bas, les humiliations aussi. Beaucoup de dégoût en constatant que le public s’intéresse plutôt au côté sensationnel de cette tragédie. La vérité, on s’en moque. Malgré tout ce que cette perte nous a coûté à ma famille et moi, quelque part une certaine fierté de nous en être sorties fortes et étrangement la chanson de Christina Fighter...make me work that much stronger semble résumer en quelque sorte ces 10 ans», explique Swaleha Joomun à 5-Plus dimanche qui l’a contactée au lendemain de ce triste anniversaire.
Elle fait penser à Antigone, ce personnage de Jean Anouilh qui incarne la femme révoltée, marquée par le décès d’un être cher. Dix ans après le drame, elle trouve dommage que la vérité n’ait pas encore été établie. Swaleha habite aujourd’hui en Angleterre avec ses trois filles : «Partir en Angleterre m’a fait comprendre que mes racines à Maurice n’étaient pas si solides que ça... peut-être parce que le sol était aride. La seule chose qui a necessité un petit effort a été le climat. On ne badine pas avec le climat ici. N’empêche l’air que je respire n’est pas suffocant. Ma fille aînée aime me prendre la tête en me disant que je n’ai pas de fan club ici. Le grand soulagement c’est que je n’ai pas de hate club non plus. Nous sortons seulement les week-ends, surtout en hiver, les vacances c’est avec mon frère. Les jours de semaine c’est la routine d’une single mum comme on le dit ici : réveil, breakfast, puis hop tout le monde dehors avant 08h30. L’après-midi parfois les courses légères (légumes, fruits, lait, pain) ; le repas familial qui est sacré, ensuite un peu de lecture, de télé (je ne suis pas accro de la télé, plutôt regarder un bon film) ou surfer sur le net. Une vie différente mais bien remplie je dirai où j’ai le luxe de faire ce qui me plaît. Une vie simple car je suis comme toute femme et toute mère de famille avec tout ce que cela implique comme responsabilités. La vie normale d’une femme normale.»

Recherches et écriture

Les temps ont changé. Son époux décédé, elle a dû affronter les difficultés que l’on sait, se relever, faire face aux épreuves et se mettre au travail pour assurer l’avenir de ses enfants : «Je dois bosser comme tout le monde. J’ai fait pas mal de choses. J’ai appris l’informatique, j’ai essayé de continuer mes études (LLB) mais j’ai abandonné car j’avais trop idéalisé la loi et en réalité elle est trop synthétique. Puis j’ai eu 40 ans et je ne me voyais pas me perdre dans des bouquins écrits par des pédants. Je parle l’anglais, le français, le créole, et l’ourdou, un peu de punjabi aussi. Donc, j’ai fait des trucs par rapport à cela, un peu de marketing mais c’était trop fatigant. Je pense m’inscrire dans un cours de creative writing car c’est peut-être Gorah Issac qui m’a rendue friande de recherches et je trouve que l’écriture est un médium puissant.»
Elle puise sa force et son courage en ses filles : «Rushda, l’aînée, a 16 ans et est en Lower VI. Elle a eu de très bons résultats et a même été citée dans le Daily Telegraph. Lubnaa, la cadette, 14 ans, est en Form IV. La benjamine Haifaa a 12 ans (elle était bébé à l’époque et n’a pas eu la chance de connaître son papa); elle est en Form II. Haifaa est la sensitive flower de la bande.» (Voir l’hommage à son père ci-dessous).
Pourquoi avez-vous émigré en Angleterre ? La veuve ne mâche pas ses mots : «Pourquoi... Mais pour l’aventure, l’air, d’autres challenges, voir jusqu’où ça ira. Comme je suis de nature pragmatique, l’île Maurice n’offre pas beaucoup de choix pour une personne dans ma situation. Je suis ambitieuse pour mes filles et je tenais à ce qu’elles aient un bagage bien rempli pour affronter la vie, étant sans père. Puis, je pensais aussi à mon bien-être psychologique car vivre comme je le faisais, demandait et prenait trop de moi-même. Il fallait que je me retrouve et cesse d’être tout le temps Swaleha Joomun avec tout ce que cela veut dire. Une pièce est faite de deux faces différentes. Il fallait préserver mon bien-être et celui de mes filles.»

«Peu de nostalgie»

Depuis qu’elle est en Angleterre avec ses enfants, son regard sur Maurice a changé : «Il y a l’île Maurice brochure touristique et l’île Maurice politisée comme little India. Et puis, il y a l’île Maurice de toute une masse silencieuse pour ne pas dire endormie. Beaucoup de dégoût, très peu de nostalgie. La nostalgie est plutôt attachée à ma Plaine-Verte dont je suis fière d’être un produit. Je me demande à chaque fois quel séisme réveillerait Maurice de son sommeil. Un peu la belle au bois dormant. Tout est resté immobile et je me demande s’il faudra attendre 100 ans pour le baiser magique. Ériger quelques bâtiments çà et là, ce n’est pas le développement. Le peuple n’a toujours pas de fondation. Il faut du sang neuf, une jeunesse dynamique et non des fainéants comme exemples et guides.»
Comment voit-elle l’avenir : «Au niveau personnel, des trucs terre à terre comme subvenir aux besoins de ma famille, voir mes enfants grandir, se marier. L’espoir qu’un jour une de mes filles sera peut-être une politicienne, je sais ça fait très cliché et Bollywood, et qu’elle laissera quelque chose d’indélébile dans l’histoire.»
Blasée par les événements que l’on sait, Maurice ne lui manque guère : «On ne voit pas le soleil et la plage où je suis. Pas vraiment à part là où j’ai grandi mais je me sens plus au chaud en Angleterre qu’à Maurice.» Elle n’arrêtera jamais de nous surprendre celle-là. Ce qui fait d’elle une femme différente.
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Vieux 03/11/2006, 09h11
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Le mystère reste entier

Le mystère reste entier
Après le non-lieu de Cehl Meeah, arrêté dans le sillage du triple assassinat de la rue Gorah Issac et le suicide de certains membres de l’escadron de la mort, on ne saura peut être jamais qui donnait les directives ?
«Sinserman mo prezant eskiz la cour, prezant eskiz bann fami ki la...», Liyyakat Polin, ex-membre de l’escadron de la mort, a plaidé coupable aux Assises, sous trois chefs d’accusation de coups et blessures, ayant causé la mort de Babal Joomun, Zoulefekar Beekhy et Yousouf Mourade, activistes du PTr-MMM, le 26 octobre 1996 à la veille des municipales à Plaine-Verte.
Ce soir-là, les activistes vérifient leurs affiches. Yousouf Mourad est dans une voiture alors que Babal Joomun est dans une autre avec Zoulefekar Beekhy. Ils rentrent chez eux quand survient la fusillade. Arrivés à la rue Gorah-Issac, un 4 x 4 rouge «finn depas nou a tout vites et mo finn tann son cout bal plizier foi», dit un témoin. Interrogé en 2000, Liyyakat Polin collabore à l’enquête. Il est poursuivi selon l’article 228 de la sub-section 3 du Criminal Code Act, pour coups et blessures infligés sans intention de tuer.
Adorateur de Cehl Meeah au début, Hateem Oozeer s’est retourné contre son bienfaiteur, l’accusant d’être la «tête pensante» de «l’escadron de la mort» qui a semé la terreur dans le pays. Toxicomane, Il raconte avoir trouvé Dieu en 1994 par l’entremise de Meeah et répond à son invitation en 1995, de faire venir sa famille à Mont-Blanc.
Il y rencontre Toorab Bissessur membre de la «branche la force» dirigée par Bahim Coco et dont les membres sont Liyyakat Polin, Reaz Jamaldeen, Noorani Boodhoo Islam Pakistanais et Afzal Chummun. Hateem Oozeer rejoint la bande. D’opérations d’intimidation, la bande braque des banques, des commerçants et tue le bookmaker Mio. Quelques jours après le triple assassinat de la rue Gorah-Issac, Hateem Oozeer est arrêté alors qu’il s’embarquait pour Madagascar.
Inculpé provisoirement de meurtre, il est finalement libéré. Son destin le rattrape en novembre 2000 lors d’un banal raid de la CID chez Khadafi Oozeer. Un véritable arsenal est caché chez ce sympathisant du Hizbullah qui ne tarde pas à avouer que ces armes sont à «l’escadron de la mort», responsable de l’attentat de la rue Gorah-Issac. Il balance le nom de Meeah et énumère les délits commis par la bande. La police lance des mandats d’arrêt contre Toorab Bissessur, Bahim Coco, Azad Nandoo, Reaz Jamaldin, Afzal Chummun, Noorani Boodhoo et Hateem Oozeer.
Le 16 décembre, Nandoo, Jamaldin, Boodhoo et Chummun sont cernés à Beemanique. Les trois premiers ingurgitent du cyanure et meurent. Le policier Chummun implique aussi Meeah. Quelques jours après, le repaire de Bahim Coco est identifié à Albion. Il est déjà mort, ayant avalé du cyanure. Jetant sa dose de cyanure, Hateem Oozeer se rend à la police peu après et se repent.
Il raconte comment, le samedi 26 octobre 1996, il véhiculait «l’escadron de la mort» qui avait pour mission de «tuer» Rama Valayden et mettre l’assassinat sur le dos de son adversaire, Rajesh Bhagwan. Au cas où Valayden serait introuvable, Babal Joomun devait être tué. De prédicateur, Cehl Meeah serait devenu «chef de gang», dit Hateem Oozeer. Mais d’autres croient en son innocence. Arrêté et traduit en cour, Cehl Meeah a bénéficié d’un non-lieu après des mois d’emprisonnement. Et le voile reste toujours à être levé…

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In loving memory of my Dad Babal
Ten years since you have gone.
I’ll do anything to turn back time.
And stop you from getting shot
By the gun.
Whoever killed you, I hope they are happy that I am a daughter without her daddy.
I was only two that day you went away
I want you to know that
Haifaa misses you
Your three daughters miss you
My Mum has to live without you
Your mum always cries for you
Your friends look for you
Mauritius remembers you
We all love you
But October 26 took you
Let every day blame this devil
Who can’t even smile,
As he is full of wiles.
Why can’t you come back to me?
Please, come back to me, Daddy
God surely understands
That this is hell for us
I never got the chance to say
‘I love you’
Why did they take you away?
One year, two years, and now
Ten years have gone away.
But Haifaa will always love you.
And no one will love them.
For they are bad, so bad
Since they took my dad!
Haifaa Ammaarah Joomun
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Vieux 26/06/2007, 12h27
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Cehl Meeah attendu au pays

APRÈS UN AN D’EXIL
Cehl Meeah attendu au pays

Cehl Meeah, qui a quitté le pays il y a un an, revient vraisemblablement aujourd’hui. Il devrait se rendre à la MCIT avec son avocat, Me Cook, pour répondre aux allégations formulées contre lui.

L’avocat anglais Nicolas Cook (à g.) venu parler à son confrère, Me Raouf Gulbul, à son bureau à Port-Louis hier.Des sources policières font état du retour au pays, aujourd’hui, de Cehl Meeah, leader du parti politique Hizbullah, après 12 mois d’exil. L’avocat anglais, Nicolas Cook, qui représentait Cehl Meeah dans l’affaire de la rue Gorah-Issac en 2006 devant la Cour d’assises, est actuellement à Maurice. Il est cependant resté évasif dans ses réponses à l’express quant au motif de son séjour et le projet de retour au pays du leader du Front Solidarité Mauricien.

“We cannot confirm anything. For the time being we cannot say anything”, a répondu l’avocat anglais qui a cependant précisé qu’il sera en mesure de faire des déclarations aujourd’hui : “I can talk to you on the subject tomorrow”. Autrement dit, dès qu’il aura obtenu d’autres informations. Raouf Gulbul, avocat mauricien, a, lui aussi, plaidé l’ignorance, présentant le retour de Cehl Meeah comme hypothétique : “He may come, he may not come. We are not in a position to say more”, a-t-il déclaré.

Cependant, d’autres sources indiquent que la visite de Nicolas Cook à Maurice ne serait pas un hasard. Elle serait effectivement liée au retour de Cehl Meeah au pays. L’avocat anglais aurait, d’ailleurs, été reçu le week-end dernier par le surintendant Prem Raddhoa, chef de la Major Crime Investigation Team (MCIT).


Allégations d’un suspect

Les discussions entre les deux hommes auraient porté sur l’interrogatoire attendu de Cehl Meeah sur son rôle allégué dans le braquage de la bijouterie Bijoulux, le 22 août 2005.

Des éléments contenus dans le dossier de l’enquête indiqueraient qu’un suspect aurait allégué que Cehl Meeah serait le commanditaire du braquage. Selon nos renseignements, il ne sera pas arrêté à sa descente d’avion, et il n’y aura pas de comité d’accueil comme annoncé précédemment. Cehl Meeah se présenterait à la MCIT en compagnie de l’avocat anglais pour être confronté aux accusations portées contre lui.

Une délégation de dignitaires de l’Arabie Saoudite est également présente au pays, en prévision de ce retour annoncé de Cehl Meeah. Ce dernier a en effet bénéficié du droit d’asile dans ce pays. Cette délégation, descendue à l’hôtel Hilton, pourrait apparemment tenter d’intercéder auprès des autorités mauriciennes en faveur de Cehl Meeah.





Marc ATCHIANE
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Vieux 10/07/2007, 14h23
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Liyyakat Polin, transféré à la Bastille, retourne à Beau-Bassin

Liyyakat Polin, transféré à la Bastille, retourne à Beau-Bassin

Il y a deux ans, Liyyakat Polin était emprisonné pour 20 ans, pour meurtre. Il aurait maintenant des révélations à faire. Condamné par la cour d’assises, en 2004, dans le cas du triple meurtre commis à la rue Gorah-Issac à Port-Louis, Liyyakat Polin purge sa peine à la prison de Beau-Bassin. Mais dimanche, il était transféré à la Bastille, centre de détention de haute sécurité, pour des raisons de protection rapprochée.

Toutefois, un porte-parole de la prison centrale a indiqué que le commissaire des prisons a ordonné son retour à Beau-Bassin, où il a regagné sa cellule hier, vers 18 h 30. Liyyakat Polin avait récemment annoncé, dans une lettre adressée au surintendant de police Prem Raddhoa, des “révélations” sur Cehl Meeah, leader du parti politique Front solidarité mauricien.

Des sources à la Major Crime Investigation Team, dont le chef est le surintendant Raddhoa, déclarent que les “révélations” ne mettent pas en cause Cehl Meeah. D’autre part, Raouf Gulbul, avocat de ce dernier, a dit ne rien savoir à propos de cette lettre. “Tout ce que je sais, je l’ai appris à travers la presse”, a-t-il déclaré.

Les raisons de ce nouveau transfert d’hier seraient que Liyyakat Polin aurait dit ne pas se sentir à l’aise à la Bastille et qu’il préférerait un retour à Beau-Bassin où sa vie ne serait nullement menacée.

Une nouvelle rencontre est prévue entre le condamné et le surintendant Raddhoa.






Marc ATCHIANE

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Vieux 29/07/2008, 15h17
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Afzal Chummun : confidences d'un ex-membre de « l'escadron de la mort »

Afzal Chummun fine libéré mais Swaleha Joomun la femme de
Babal pas fine gagne ene réponse lors la mort de son époux Babal dans la fusillade de la rue Gorah Issac le 26 octobre 1996.Afzal , ene veuve courageuse pe toujours attane qui fine provoque la mort so mari......


Afzal Chummun : confidences d'un ex-membre de « l'escadron de la mort »



Enfin libre. Après huit ans derrière les barreaux, les portes de la prison de Beau-Bassin s’ouvrent devant Afzal Chummun. L’ancien policier a été condamné sous cinq chefs d’accusation. Ses camarades de « l’escadron de la mort » et lui avaient braqué la banque MCB de Belle-Mare, en décembre 1999. Rs 874 000 en espèces et Rs 330 000 de devises avaient été emportées. En 2000, il manque de peu de tuer l’architecte Jacques Wiehé.

Dans son village de Brisée-Verdière, Afzal Chummun s'adapte peu à peu à sa nouvelle vie. Oubliée la New Wing, l’aile de la prison de Beau-Bassin où il a croupi ces longues années. Vendredi, il a accepté de nous rencontrer. À 45 ans, sa foi en Allah et sa famille le soutient. « Mo éna mo vieux mama, li malade, mo madame et mo deux enfants. Sa meme compté », lâche-t-il.

« C’est un cauchemar »
« Les 400 coups avec l’escadron de la mort et mes compagnons Bahim Coco, Kadafi Oozeer, Azad Nandoo, Reaz Jamaloodin (suicidés) et Liyakat Polin (toujours en prison), sont choses du passé », insiste-t-il. « Ma vie de policier a été gâchée, je veux oublier. Ce passé, c’est un cauchemar. Ce n’est pas glorieux d’avoir fait de la prison », explique-t-il.

Libre depuis deux semaines, il veut réintégrer la société : « Ici, les gens ne me regardent pas de travers, même si j’ai été dans l’escadron. On ne me rejette pas. J’ai vu une centaine de personnes. Toutes parlent de choses positives sur moi. »

En huit ans, il a connu les geôles de La Bastille, à Phoenix, avec ses amis Cehl Meeah et Toorab Bissessur, entre 2001 et 2005. « On était enfermés 23 heures sur 24. La tête bizin solide. C’est une véritable torture de l’esprit », dit-il.

De temps à autre, il entrevoyait Cehl Meeah ou Toorab Bissessur. Finies les longues causettes. « Nous zis dire ene allo ou Assalam Ualaikum, c’est tout », résume-t-il. Aujourd’hui, il veut tourner la page de cette vie tumultueuse. « Cette période, je ne veux plus la revivre, parce qu'elle me détruira moralement. Rien que d'en parler me fatigue l'esprit. »

Les braquages à main armé, Afzal Chummun le regrette : « J’ai perdu tout mon temps pour des choses négatives. » Il se rappelle les critiques acerbes du public. « On a prétendu que, étant flic, j'organisais des fuites d’informations. C’est faux, jamais je n’ai été expert en armement. Certes, je savais manier une arme à feu. On a terni mon image en disant que, de par mon métier, j’étais expert en explosifs. »

Paroles étonnantes. En 2000, après l’attentat raté contre l’architecte Wiehé, à son domicile de Poste-La-Fayette, il change radicalement de position. « Mo pas content zaffaire du sang. Je ne veux plus aucune mort d’homme ou forme de violence… », confie-t-il. Il poursuit après une pause : « Les gens peuvent dire que je suis hypocrite. Non. Je ne veux pas qu’on me tue. alors, pourquoi accepterai-je qu’on blesse quelqu’un ? »

Il affirme avoir fait comprendre aux membres de l’escadron son aversion pour toute mort d’homme. Au moment du braquage de la MCB de Belle-Mare, il avait ordonné à sa bande
de ne pas tuer le policier de service. « Eh ! pas touye sa piti la, eh pa touye li », se souvient-il avoir dit. Et le policier eut la vie sauve...

Séparé de son « guru »
Il oublie ses souvenirs douloureux pour évoquer son amitié avec un célèbre prisonnier. « Mon plus grand regret, dit Afzal Chummun, c’est de ne plus être aux côtés de mon guru... » Après des secondes d’hésitation, il nous confie le nom de ce personnage qui mérite tant de respect… Non, il ne s'agit pas de Cehl Meeah, mais du Seychellois Alex Antoine Lionel, plus connu sous le nom de « Dallon ». Ce triste sire a été trouvé coupable du meurtre de plusieurs chauffeurs de taxi.

« Mon plus grand regret, c'est qu’on soit séparé. Lionel est une personne très calme, très intelligente sur la spiritualité. C’est grâce à lui que j’ai appris à survivre en prison et à être en relation directe avec mon créateur », admet-il.

Après cette vie très agitée, il aspire à l’existence paisible d’un citoyen ordinaire. « J’ai ma place dans la société, d’autant que je suis redevenu respectable.»

Afzal Chummun veut aussi effacer le sobriquet « Dilait Caillé » qui reste collé à son personnage. « Je ne sais pourquoi Kadafi m’a appelé Dilait Caillé, c’est mon frère qui vend de ce produit… » Et citant un hadith (NDLR. Recueil des actes et des paroles du prophète) il ajoute : « Celui qui gâche le nom de son frère fait trois péchés. Je n’aime pas qu’on m’appelle par ce nom. »

Sa priorité, désormais, c’est l’avenir de ses deux fils. L’un est en Form III et l’autre fait la CPE. En prison, il a appris le métier de boulanger et n’écarte pas l’idée de lancer son entreprise.

L’escadron de la mort
En novembre 2000 la police perquisitionne le domicile de Kadhafi Oozeer, rue Vélore, à Plaine-Verte. Tout un arsenal y est découvert : armes à feu, une centaine de balles, grenades lacrymogènes, cagoules, fausses plaques d'immatriculation et autres sabres. Arrêté, l’individu révèle l'existence d'une bande armée, baptisée « L'escadron de la mort » ou groupe « La Force ». S’enchaîneront diverses arrestations, dont celle du chef de la bande, Bahim Coco, puis celles de Liyakat Polin, Toorab Bissesur, Reeaz Jamaldeen, Azad Nandoo, et Afzal Chummun.

Cuisinés par les policiers de feu Prem Raddhoa, ils avoueront plusieurs affaires. Parmi ces délits, figure l’attentat de la rue Gorah Issac, durant la campagne électorale, le 27 octobre 1996. Bilan : trois morts, soit Babal Joomun, Zulfikar Beekhy et Yousouf Moorad.

La bande est à l'origine d’une série de hold-ups parfois sanglants : ceux de la MCB de Curepipe Road, le 18 octobre 1995, de la State Bank de Mesnil, en juillet 1997, de la MCB de Belle-Mare (butin emporté : Rs 1,2M) et de divers centres commerciaux du pays.

Le 16 décembre 2000, trois membres de l'escadron se suicident à Nouvelle-France en avalant du cyanure. Ils sont Reeaz Jamaldeen, Azad Nandoo et Noorani Boodhoo. Afzal Chummun, lui, préfère se rendre. Quelques jours plus tard, c'est au tour de Bahim Coco, le chef, de mettre fin à ses jours.

Cehl Meeah, leader du Hizbullah, fut arrêté. Accusé d'être le cerveau de toute cette affaire et d’être le commanditaire du massacre de la rue Gorah Issac, il bénéficia d’un non-lieu en 2003. Si Toorab Bissesur, Kadhafi Oozeer et Afzal Chummun ont purgé leurs peines, Liyakat Polin reste en prison.
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Vieux 22/12/2008, 13h33
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COUR Affaire Gorah Issac


Trois mois de prison pour avoir hébergé Bahim Coco et autres


Trouvé coupable d'avoir hébergé Bahim Coco et trois de ses acolytes de l'affaire Gorah Issac, par la magistrate Jane Lau Yuk Poon, siégeant en Cour intermédiaire, Ahmad Jeenatally (46 ans), un boutiquier habitant Plaine-Magnien, a été condamné à trois mois de prison. Deux autres habitants du même village, Abdool Kadder Jaylani Ochotoya (45 ans), un marchand de fruits, et Nazeemoodin Seebaruth, un éleveur de 60 ans (également poursuivis dans ce procès), ont été acquittés. Dans sa déposition, il avait admis avoir hébergé les cinq hommes recherchés par la police. Les deux autres accusés ont, eux, nié l'accusation.
On se souviendra que dans le sillage de l'enquête sur le triple assassinat de la rue Gorah Issac, cinq personnes, tous des membres de l'Escadron de la mort, étaient recherchées par la police. Outre Elias Abdool Sheriff, qui était plus connu sous le nom de Bahim Coco, il y avait également Afzal Ali Chummun alias Dilé Caillé, Mohammad Noorani Boodhoo, alias Bhai Noor, Mohammad Reeaz Jamaldeen, alias Riaz, et Abdool Raheeman Nandoo, alias Azad Nandoo. De ce groupe, la police a pu arrêter seulement le dernier nommé. Quant aux autres, ils ont préféré se donner la mort en ingurgitant du cyanure plutôt que de se rendre. Le 22 décembre 2000 ils se sont suicidés à Albion.
Les trois accusés de harbouring criminal ont été poursuivis sous l'article 172 (1) du Code pénal. La police leur reprochait d'avoir hébergé les suspects susmentionnés, qui étaient recherchés suite à la mort par balles de Babal Joomun, Zulfikar Beekhy et Yousouf Moorad, qui se trouvaient dans un cortège de voitures après une campagne de collage d'affiches pour l'Alliance PTr/MMM, dans la nuit du 26 octobre 1996.
Ahmad Jeenatally a décidé d'interjeter appel. Il a déjà payé la caution de Rs 10 000 imposée par la Cour intermédiaire, ce qui lui a permis de rester en liberté.
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