82 % des enfants se disent victimes de violence - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 02/11/2006, 11h39
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82 % des enfants se disent victimes de violence

SONDAGE
82 % des enfants se disent victimes de violence
L’étude pour mesurer la perception de violence n’est guère rassurant. Sur un échantillon de 240 enfants interrogés, 82 % affirment avoir déjà été victimes de violence.

Appelés à expliciter la nature de la violence, 75 % la qualifient de physique. Selon ce même sondage, ce sont les parents et les enseignants qui se retrouvent au banc des accusés avec pour principale raison la désobéissance.

Le sondage indique aussi que la plupart des enfants victimes, c’est-à-dire 53 %, ne rapportent pas l’incident à une tierce personne. Soit parce qu’ils ont peur (24 %) ou qu’ils en ont honte (26 %).

Interrogés sur les différentes perceptions de violence, les enfants ont énuméré tout un éventail de situations. Ainsi, 218 sur 240 enfants trouvent que les disputes des parents sont signes de violence, 191 estiment que dire à un enfant qu’il ne vaut rien est synonyme de violence de même que repousser un enfant qui vient demander un “gate” pour 197 enfants.

Pour les adolescents, une situation violente équivaut à un viol (58 %), une frappe brutale (61 %), un meurtre (25 %), une négligence (23 %) et la violence verbale (23 %).




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Vieux 10/06/2007, 08h47
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Les Leker Kose: Briser le cercle de la violence

Collection d'histoires vraies

Les Leker Kose: Briser le cercle de la violence



"Mo apel Lilette (le nom a été modifié), mo ena dizwitan. Mo ti touzour kwar ki lavi zoli ziska ki mo kouzin Zozef fer atousman ar moi. Detrwa fwa sa finn arive. Mo ti kroir ant kouzin li ti normal sirtou ki Zozef ti pe azir normal divan bann fami. Sa ti enn labitid. Mo ti koumans pran gou… Zozef ti ena kinzan kan li ti koumans fer sa ar mwa ek moi mo pa ti ena mem sinkan. Letan pase, souvenir reste." Lilette a été abusée par son cousin, sa scolarité a été perturbée. Incomprise par son environnement familial, elle a été contrainte au silence et a même tenté de se suicider. Cette histoire, aussi sordide qu'elle puisse être, se termine néanmoins par une note d'espoir: "Mo ena de rev. Enn fer tou pou mo zanfan viv ere ek pa konn mem martir ki moi ek deziem donn enn koutme dan komba kont violans kont madam."

Le ton est donné. Les petites histoires contenues dans la publication trilingue Speak Out, Les Leker Kose, La Parole Libératrice, s'attaquent au problème de la violence envers les femmes et les enfants. Les affaires de violence domestique ou autres agressions occupent une place centrale dans cette collection éditée par Loga Virahsawmy, Dawn Lapierre et Marie Annick Savripène, en partenariat avec l'UNDP et le ministère des Droits Humains (Human Rights).

Dans son introduction, Loga Virahsawmy de Media Watch indique que ce sont des expériences douloureuses vécues et que les victimes ont pu se libérer à travers leurs témoignages lors de la campagne "16 jours contre la violence envers la femme". Les victimes, celles gardant souvent des séquelles de leur expérience, se sont confiées à des membres d'organisations en faveur des droits des femmes et des enfants, responsables de centres d'accueil pour jeunes victimes ou autres journalistes. Si l'exercice a eu un effet thérapeutique pour les survivants d'expériences douloureuses, il a aussi contribué à faire entendre des voix longtemps enfouies et à briser le silence des victimes.

Histoires d'enfants abusés, de femmes dans l'engrenage de la violence ou de solitude de personnes âgées. Ce sont autant d'initiatives pour prévenir les récidives, sortir de la honte, amener le réconfort et le soutien nécessaires aux victimes. Certaines histoires ont déjà été publiées par Gender Links en 2005 ou 2006. La publication s'inscrit dans une actualité brûlante à l'heure où les campagnes de sensibilisation envers la violence faite aux femmes et aux enfants se développent et se renforcent à travers les médias ou les différentes associations du pays.
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Vieux 18/11/2007, 16h25
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Société:Maltraitance

Maltraitance : Une souffrance qui vous poursuit


Chaque année 3 000 enfants sont maltraités. Mais ces chiffres de la Child Development Unit ne refléteraient pas la réalité. Dans le cadre de la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants célébrée demain, l’Ombudsperson for the Children se mobilise afin d’analyser les causes de la maltraitance et sensibiliser les gens à ce phénomène qui prend de l’ampleur.


Il est triste et a envie de pleurer tout le temps. Il a un comportement perturbateur en classe et est même agressif. Il a des troubles de la parole et de la nutrition. Il est constamment fatigué, léthargique. Il a un intérêt excessif ou un manque d’intérêt total pour la sexualité. Il porte des pulls l’été pour cacher ses blessures.

Ce sont là des comportements d’enfants qui souffrent de maltraitance. Selon la Child Development Unit (CDU), environ 3 000 enfants sont maltraités à Maurice chaque année. Mais ce chiffre ne refléterait pas la réalité, car toutes les violences sur enfant ne sont pas répertoriées, nous explique une investigatrice de l’Ombudsperson for the Children. « On essaye d’être présent sur le terrain pour qu’il y ait moins ou pas d’abus contre les enfants. Mais notre tâche devient de plus en plus difficile, car notre société est trop affectée par des fléaux comme la drogue et l’alcool. Même si nous travaillons 24 heures sur 24, c’est impossible d’éliminer la maltraitance de moitié. » D’ailleurs, certaines associations parlent de six à sept mille victimes de violence chaque année.

La maltraitance existe sous différentes formes : les abus sexuels, la violence psychologique, les privations, le fait de taper un enfant trop fort, trop souvent, un gamin livré à lui-même. Parmi les causes de maltraitance, on constate une mauvaise éducation ou un manque d’éducation, un divorce, une séparation qui se passe mal, des problèmes psychiatriques chez les parents, mais aussi l’alcool, la drogue, la précarité, le manque d’argent, le chômage. Selon les dernières statistiques de la CDU, c’est au sein de la famille que se produisent 90 % des violences.


Phobies, dépression et échec scolaire

Mais, il est difficile de savoir si un enfant est maltraité, car il ne parle pas. Selon Govinden Maurimootoo, psychologue mauricien qui encadre des enfants maltraités à Marseille, il y a plusieurs indices pour identifier un enfant maltraité. « Par exemple, des bleus dans le dos, un enfant qui est paralysé de peur quand on s’approche de lui, un changement brusque de comportement ou des nuits hantées par les cauchemars », explique-t-il.

La maltraitance envers un enfant n’est cependant pas un épisode critique momentané dans la vie de l’enfant. Même si ce dernier est retiré d’un milieu familial violent ou prend lui-même l’initiative de quitter la maison, les effets de violences subies pendant l’enfance risquent de demeurer toute sa vie durant.

Pour Shirin Aumeeruddy-Cziffra, Ombudsperson for the Children, la maltraitance envers un enfant peut avoir des répercussions sur tous les aspects de sa vie, notamment psychologique, physique, scolaire, interpersonnel, sexuel et aussi sur la perception de soi.

Et l’enfant qui a subi des mauvais traitements présente de nombreux problèmes. Cauchemars intenses et répétitifs, anxiété, un niveau de colère exceptionnel qui le mène à devenir très agressif. Des phobies soudaines comme la crainte de l’eau ou de l’obscurité ne sont pas à écarter.

Par ailleurs, un enfant maltraité est aussi exposé à certaines maladies psychologiques, comme des symptômes dépressifs, des épisodes prolongés de tristesse et un repli sur soi, qui peuvent l’amener à commettre l’irréparable.

En outre, les enfants qui ont souffert de négligences graves sont généralement plus petits et pèsent moins. Ils ont aussi un mauvais état de santé en général.

Du côté de l’Ombudsperson for Children, on estime également que l’une des conséquences les plus dévastatrices de la maltraitance envers les enfants est son incidence sur le rendement scolaire. D’ailleurs, les recherches montrent que les enfants maltraités ont un fonctionnement intellectuel réduit et réussissent très mal dans leurs études.

Et un mauvais rendement scolaire peut avoir de graves conséquences à long terme. En effet, l’échec scolaire a été associé à des comportements antisociaux et au décrochage scolaire, lesquels ont pour conséquence d’accroître les risques suivants à long terme : baisse de la productivité, dépendance économique et niveau de satisfaction plus faible dans la vie à l’âge adulte.

La psychologue Véronique Wan Hok Chee, note qu’« il y a un manque de ressources financière et psychologique dans les familles mauriciennes. Les parents n’arrivent pas à accomplir leurs rôles. Ils sont pris par leur travail et leurs problèmes, et délaissent ainsi les enfants », Pour elle, la violence infligée aux enfants peut les empêcher d’avoir des relations satisfaisantes et adéquates avec autrui, même une fois l’âge adulte atteint.

Les enfants victimes de mauvais traitements ou de négligence sont toujours perçus, par leurs pairs, comme ayant un comportement socialement indésirable. Ils ne sont pas sortis de l’auberge.


EN CHIFFRES

Depuis le début de l’année, c’est une véritable série noire. De janvier à septembre 2007, 76 cas d’abandon sont à déplorer contre 62 à la même période en 2006. Ce qui constitue une hausse de 14 %. De ces 76 victimes, 41 sont des garçons âgés entre deux jours et treize ans, et 35 sont des filles âgées entre deux jours et onze ans. 322 enfants ont subi des violences domestiques et privées d’affection contre 466 pour l’année 2006. 19 filles et quatre garçons ont été victimes d’inceste contre 39 l’an dernier. Le plus grand nombre de victimes se trouve dans la tranche d’âge de cinq à treize ans. 593 ont subi des violences physiques de toute forme contre 345 pour la même période en 2006.
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Vieux 20/11/2007, 11h07
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Maltraitance : Une souffrance qui vous poursuit


EN CHIFFRES

Depuis le début de l’année, c’est une véritable série noire. De janvier à septembre 2007, 76 cas d’abandon sont à déplorer contre 62 à la même période en 2006. Ce qui constitue une hausse de 14 %. De ces 76 victimes, 41 sont des garçons âgés entre deux jours et treize ans, et 35 sont des filles âgées entre deux jours et onze ans. 322 enfants ont subi des violences domestiques et privées d’affection contre 466 pour l’année 2006. 19 filles et quatre garçons ont été victimes d’inceste contre 39 l’an dernier. Le plus grand nombre de victimes se trouve dans la tranche d’âge de cinq à treize ans. 593 ont subi des violences physiques de toute forme contre 345 pour la même période en 2006.
Des chiffres à méditer longuement pour nos enfants à maurice
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Vieux 08/09/2009, 08h27
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Enfants maltraités : Quand l’indifférence tue

Enfants maltraités : Quand
l’indifférence tue

Sharon SOOKNAH
Frapper un enfant pour le corriger est bien ancré dans notre culture. Mais alors que la loi impose l’obligation de porter assistance à une personne en danger, plusieurs n’en sont pas conscients…
FAIRE un geste pour éviter un drame. Les cas de maltraitance d’enfants choquent. Il y a prés de deux semaines, Manish Ramgolam, sept ans, décédait aprés avoir été battu à mort. Vendredi dernier, une fille de 11 ans faisait une déposition au poste de Plaine- des- Papayes, dénonçant les mauvais traitements que lui faisaient subir son pére et l’ami de sa mére. Pour l’instant, alors que l’enquête a été lancée, l’enfant a été confiée à sa grand- mére.
Ces deux cas soulévent plusieurs questions, dont l’identification des cas suspects de maltraitance.
Il faut savoir, selon la loi, que tout individu a l’obligation de signaler des cas d’abus.
Comme le rappelle un document préparé et circulé par le bureau de l’ Ombudsperson for Children , le Code criminel a été amendé afin d’inclure le concept de non- assistance à personne en danger.
Le personnel éducatif et médical a aussi un rôle trés important dans la dénonciation de cas d’enfants maltraités.
« Le Child Protection Act 1994 impose un devoir sur deux catégories de professionnels pour signaler les cas d’enfants en maltraitance : ceux qui sont dans les écoles et ceux qui travaillent dans les hôpitaux » , explique Shirin Aumeer u d d y - C z i f f r a , Ombudsperson . « De plus en plus, nous recevons des appels d’enseignants et même des directeurs d’écoles. Nous avons rarement quelqu’un d’un hôpital qui nous rapporte un cas ! » déplore- t- elle.
Cependant, même si les lois, sont bel et bien là, leur efficacité laisse à désirer. « Pour l’instant, on a l’impression que ces lois ne sont pas appliquées et on n’a pas encore vu le moindre procés pour refus de signalement ou non- assistance à personne en danger alors que des enfants meurent… » s’indigne Shirin Aumeeruddy- Cziffra. Elle souligne aussi que le citoyen semble peu conscient de son obligation de venir en aide à une personne en danger.
«
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Vieux 08/09/2009, 08h27
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« Le dresser comme un animal »
Cela dit, l’identification d’un cas de maltraitance n’est pas chose simple. Les symptômes sont en effet multiples. « Il y a tout un ensemble d’indicateurs quand il s’agit d’un cas d’enfant battu ou victime d’abus » , résume Rita Venkatasawmy, directrice du Centre d’éducation et de développement pour les enfants mauriciens ( CEDEM). « Ces indicateurs peuvent être physiques, mais peuvent aussi être liés au comportement de l’enfant » , ajoute- t- elle. Le guide produit par le bureau de l’ Ombudsperson fait, lui aussi, ressortir que « ces signes et symptômes peuvent être physiques et/ ou comportementaux et émotionnels ». La liste de ces signes est par conséquent longue. « Il ne faut pas cependant avoir une formation universitaire pour pouvoir identifier un cas potentiel d’abus » , insiste Rita Venkatasawmy. « Ce qui compte, c’est de le signaler aux autorités et d’appeler sur la hotline de la Child Development Unit. » Mais, si les proches sont au courant d’abus, pourquoi ne les dénoncent- ils pas à temps ? « Par indifférence » , répond Shirin Aumeeruddy- Cziffra. « Aussi parce que nombreux sont ceux qui croient qu’il faut battre un enfant pour le corriger, voire le dresser comme un animal. Ils sont donc tous complices car ils n’imaginent pas que la violence peut ‘ déraper’ et ils ne comprennent pas combien les punitions corporelles sont dangereuses en plus d’être improductives » , poursuit- elle.
La normalisation de la punition corporelle serait en effet un facteur déterminant dans la non- dénonciation des cas de maltraitance. La directrice du CEDEM estime qu’il y a une trop fine démarcation entre l’abus et la correction. « C’est dans notre culture que de penser que frapper un enfant, c’est une façon de le corriger alors que la loi interdit toute punition corporelle, même une claque » , fait ressortir Rita Venkatasawmy.
Manque de suivi
Le bât ne blesse pas qu’au niveau de la dénonciation des cas d’enfants maltraités. La prise en charge demande elle aussi à être améliorée. En effet, les capacités d’accueil sont limitées.
Les enfants sont redirigés vers le CEDEM, les Shelters for Women in Distress et les SOS Children’s Village « Les lacunes de la prise en charge sont le fait qu’il n’y a pas assez de places disponibles, qu’il y a un manque de réhabilitation et de suivi et que quasiment aucun travail n’est fait avec les parents ‘ maltraitants’ » , soutient Shirin Aumeeruddy- Cziffra.
Une analyse que confirme le dernier rapport de l’Observatoire des droits de l’enfant de la région océan Indien. « L’appui et le suivi psychologique des enfants victimes sont … insuffisants et sporadiques à Maurice » , y lit- on.
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Vieux 08/09/2009, 20h33
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Port Louis — Le garçonnet de 7 ans, mort sous les coups de son beau-père, fait encore parler de lui. La ministre de la Femme s'étonne du silence des proches dans cette affaire.
Quatre jours après le décès de la jeune victime, qui habitait Calebasses, la ministre de la Femme, Indranee Seebun , se dit concernée par le taux de violence qui existe au sein de certains foyers.

Indranee Seebun fait un appel à tous ceux qui son témoins de maltraitance envers les membres d'une famille de prendre le courage pour dénoncer ces actes avant qu'il ne soit trop tard.
Mais ce qui choque le plus Indranee Seebun, c'est le silence de l'entourage de la victime pendant tout ce temps. Il a fallu que le petit meure pour qu'on sache qu'il a été victime de tant d'atrocités.


Il est vrai que devant tous ces chiffres que l'on peut lire, il faut que le silence soit rompu, et punir lourdement les auteurs de ses maltraitances et ceux qui n'apportent pas d'assistance à ces enfants.
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Vieux 14/11/2009, 19h11
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Société : enfants

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Maltraitance : reconnaître les signes







Une fois de plus l'Ombudsperson for Children a attiré l'attention sur des cas d'enfants maltraités dans son rapport annuel. De leurs côtés médecins et travailleurs sociaux indiquent une hausse dans le nombre de cas rapportés auprès d'eux. Au quotidien, ce sont de vrais drames qui se jouent, des vies entières qui sont détruites. Pourtant, n'importe qui peut réagir pour sauver des enfants victimes. Il suffit de rester attentifs et de reconnaître les signes. À cet effet, nous avons rencontré quelques médecins du service public.
"Mo ti envi ale ress kot mo mama parski mo matante ek mo tonton ti pé batt moi. Zot ti p zour moi… ene zour zot ine déchire tout mo bane linz. Zot ine risse moi après zot ine pile mo latet ek ross laver… mone réssi sové ek mone alle station…" C'est dans une voix dénuée d'émotion que Joëlle (14 ans) raconte son martyre. Cela fait à présent un an qu'elle se trouve dans un shelter où elle recommence à vivre et se réconcilie avec son éducation. L'histoire de Joëlle n'est pas différente de beaucoup d'autres enfants de Maurice, mais de la chance, elle en a eu. Elle est en vie. Ce n'est pas le cas pour d'autres. Seyfoullah Fokkerbux, Anne Jenia Arekion, Anousha Bannee, Aniket Ramgolam sont quelques-uns de ces enfants qui n'ont pas survécu à la maltraitance. Entretemps, d'autres vivent toujours le calvaire. Il revient donc à chacun de se montrer responsable pour leur venir en aide.
Il importe de comprendre la maltraitance dont sont victimes des enfants. D'après le bureau de l'Ombudsperson, la violence envers les enfants "comporte toutes les formes de mauvais traitements infligés ; physiques et émotionnels, les abus sexuels, négligence ou de traitement négligent, l'exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l'enfant, sa survie, son développement et sa dignité dans une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir."
Médical. Les enfants victimes de maltraitance affichent des signes distincts, souligne le Dr Emraz Boodhoo, neurochirurgien de l'hôpital de Candos :"Chez les enfants en bas âge, des blessures à la tête peuvent indiquer des cas de maltraitance." Par ailleurs, dans les cas de blessures présentés comme des accidents, la vigilance est de mise. "La moindre inconsistance entre l'historique de l'accident et les observations sur le patient peut être une indication. Ce sont des signes à prendre en considération. Tout comme le sont des visites trop régulières à l'hôpital", précise le Dr Boodhoo. Ainsi, le personnel médical est souvent en première ligne pour déterminer des cas de maltraitance. De même pour le personnel enseignant. Un enfant victime de maltraitance lance souvent des "appels" que l'on doit décoder : soit il est trop tranquille, soit il est trop excité. Certains souffrent de vomissements, de problèmes respiratoires, d'anémie ou affichent d'autres troubles de santé. Ce qui ne veut pas pour autant dire que tous les enfants malades sont maltraités.
Services pédiatriques. Avec l'âge, les symptômes et les signes varient. "Cependant les éléments de suspicion sont toujours présents", tient à souligner le Dr Cassam Peeroo, consultant en charge des services pédiatriques de l'hôpital Victoria à Candos. De l'apparence négligée d'un enfant, aux fractures, il faut toujours tout prendre au sérieux. "Quelques fois, la déprime d'un enfant ou le fait qu'il soit distrait ou trop bruyant sont des signes de maltraitance ; la négligence est aussi une forme d'abus", précise notre interlocuteur. Et de soutenir que si un enfant est abusé psychologiquement, il en découle un comportement modifié : "C'est quelqu'un de distrait, réservé et renfermé. Mais il peut aussi être excité et rechercher de l'attention."
Pour sa part, la Dr Vinita Purrun de l'hôpital Jeetoo affirme que "pour les plus de 5 ans, ils parlent déjà et c'est la plupart du temps en salle qu'ils divulguent des informations aux infirmiers et médecins. Tout récemment, un enfant de 2 ans et demi a été mordu par sa mère et il a dit que c'était sa maman qui l'avait fait. Quand on en a parlé on a su qu'il y avait des problèmes dans la famille." Elle poursuit : "Normalement, ils arrivent à en parler, mais pour ceux qui sont totalement renfermés, si l'on a des doutes, on se met en rapport avec les psychologues qui prennent alors la relève." La tranche d'âge des enfants victimes de maltraitance émotionnelle est de 5-15 ans : "C'est beaucoup plus difficile à détecter. Ces enfants viennent avec des complications telles que des maux de tête, des douleurs corporelles, des vomissements mais surtout des problèmes gastriques", fait ressortir la Dr Vinita Purrun.
"Prevention strategies". Dans les hôpitaux, quand il y a des doutes, "nous avons un protocole", indique la Dr Vinita Purrun. Déjà, si admis, l'enfant est placé en observation 24 ou 48 heures. Les infirmiers et le médecin de garde sont informés qu'il s'agit d'une victime potentielle. S'ensuivent des tests préliminaires. Alors, un skeletal survey est effectué pour déterminer si l'enfant n'a pas subi d'autres traumatismes. Si des doutes persistent, les médecins réfèrent le cas au social worker en vue d'une enquête approfondie. "Ce protocole aide les généralistes à identifier tous les enfants victimes de maltraitance", avance-t-elle. Le même principe a cours pour l'équipe du Dr Cassam Peeroo. "Aussitôt qu'on enregistre un cas douteux, on admet le patient directement en salle et on procède à des analyses préliminaires, dont des tests sanguins et une radiographie complète." Dans le milieu médical, "physicians are legally required to report suspected child abuse. The law does not require physician to provide evidence, prove guilt or make legal statement", fait comprendre le Dr Emraz Boodhoo. Voilà pourquoi ce dernier insiste toujours "to advise the young doctors that in case of slight inconsistency treat as child abuse and report the case." Plusieurs de ces signes sont identifiables par n'importe qui. Surtout qu'en société, nombre de personnes sont des témoins directs de ces drames. Mais trop souvent, elles préfèrent fermer les yeux devenant, à leur tour, complices.


Conséquences



Les enfants maltraités gardent souvent des séquelles durant toute leur vie. "There can be growth arrest, chronic epilepsy and visual impairment", soutient le Dr Emraz Boodhoo. Cependant, les blessures physiques vont se cicatriser. "Le plus dur c'est l'effet psychologique et les séquelles", estime le Dr Cassam Peeroo. Rita Venkatasawmy (CEDEM) précise qu'avant de pouvoir évaluer les conséquences, deux critères doivent être pris en considération : la durée de l'abus et l'intensité. Pour expliquer son point, elle ajoute qu'une fille de 14 ans, victime d'attouchement une fois, peut être réhabilitée et a toutes ses chances de grandir de manière adéquate. Néanmoins, une autre fille abusée sur une longue durée par un parent proche, et avec violence, peut voir sa vie basculer ; il devient dès lors très difficile de la réhabiliter. "Ces mêmes enfants, quand ils grandissent, deviennent des délinquants et ne parviennent pas à vivre dans une atmosphère familiale", met en avant le Dr Cassam Peeroo ou comme le dit Rita Venkatasawmy, certains de ces enfants deviennent à leur tour des abuseurs. "J'ai connu une fille qui avait été battue depuis le plus jeune âge ; quand elle a eu un enfant, à deux jours elle le frappait ! Elle a été socialisée ainsi et répète le comportement."

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Vieux 14/11/2009, 19h13
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Des observateurs inquiets du nombre de cas en hausse

Des observateurs inquiets du nombre de cas en hausse



Avec le nombre de cas de maltraitances qui augmente, Rita Venkatasawmy (CEDEM) se dit de moins en moins surprise mais très inquiète. Face à ces drames, "on n'a pas assez de personnes qualifiées, et les structures ne sont pas suffisantes", estime-t-elle. Le Dr Peeroo indique pour sa part que "cela fait 25 ans que je travaille en tant que médecin et ces jours-ci, ce genre de cas devient de plus en plus fréquent. J'ai au moins 3-4 cas d'enfants maltraités par mois." Pour Rita Venkatasawmy, la prévention et la sensibilisation demeurent très importantes : "Il ne faut jamais cesser les causeries dans des écoles. Plusieurs fois, après les campagnes de sensibilisation, les enfants viennent vers nous pour dire qu'ils sont maltraités." Ce fléau de la maltraitance des enfants n'est plus une affaire d'organisations non-gouvernementales, de dirigeants mais de toute la société mauricienne, affirme Rita Venkatasawmy : "C'est un cancer qui nous ronge mais qui n'est pas très visible. Le jour où ce cancer explosera, il sera malheureusement trop tard."

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