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L’Algérien Bentaib recherche sa fille à Maurice :
Il lance son SOS de France.
«Aidez-moi.» C’est l’appel de détresse d’un père… Il veut retrouver sa fille qu’il a perdue de vue depuis, dit-il, maintenant huit ans. Il s’appelle Foued Bentaib, a 36 ans, est un Algérien vivant en France. Depuis 1999, raconte-t-il, son épouse, une Mauricienne – de qui il est depuis séparé – a disparu en emmenant, selon lui, avec elle sa petite fille alors âgée de 8 ans.
Ayant fait des recherches dans toute la France sans résultat, il se tourne vers l’île Maurice et implore l’aide des membres de la famille de son ex-femme, tout en espérant que quelqu’un l’entende et l’oriente vers une piste : «Tout ce que je veux, c’est parler à ma fille aujourd’hui âgée de 16 ans. En aucun cas, je ne veux me battre contre sa famille mauricienne.»
Étant resté marié pendant presque dix ans, il n’a jamais «vraiment compris» comment sa vie de couple s’est détériorée. Selon ses dires, tout commence en 1989 en France. Il a 18 ans lorsqu’il croise le regard d’une jeune femme de 16 ans qui arrive de l’île Maurice : «Ça a été le coup de foudre.» Les deux sont alors étudiants. Commence, selon lui, un beau roman d’amour : «On s’aimait vraiment.» Quelques mois plus tard, la jeune femme tombe enceinte : «Quand j’ai fait la connaissance de la mère de ma petite amie, j’ai compris qu’elle ne m’aimait pas. Plusieurs fois, j’ai eu l’impression que mes origines la gênaient.»
Au cours de la même année, selon Foued, sa dulcinée et la mère de celle-ci quittent la France pour rentrer à Maurice. Mais Foued choisit très vite de venir rejoindre sa «bien-aimée». Il reste au pays presque une année. C’est en janvier 1991 que sa fille voit le jour et quelques mois plus tard, les parents se marient. N’étant pas en situation régulière, Foued et sa petite famille regagnent l’Hexagone : «De retour en France, j’ai pris un emploi d’agent de sécurité pour pouvoir subvenir aux besoins de ma famille. J’ai arrêté mes études. Autant que je m’en souvienne, on s’en sortait très bien.»
Tout aurait dégénéré, selon Foued, quand sa belle-mère est revenue en France. À chaque fois, dit-il, elle faisait des allusions à ses origines. Quelque temps plus tard, sa belle-mère aurait décidé d’organiser des vacances à Maurice : «Elle prétextait que la petite devait connaître ses origines et qu’il fallait l’inscrire pendant quelque temps dans une école à Maurice pour qu’elle se familiarise avec la culture mauricienne.»
De retour dans la petite île, se souvient-il, les vacances se passent bien : «Comme ma belle-mère le désirait, ma fille a été inscrite dans une école privée. Je devais alors, selon elle, signer plusieurs documents rédigés en anglais pour permettre cette admission.»
Deux mois plus tard, de retour à Paris, Foued dit constater que les relations avec son épouse se détériorent. C’est ainsi, poursuit-il que les choses se seraient envenimées. En mai 1999, alors qu’il rentre du travail, il constate à son grand étonnement que son épouse et son enfant avaient disparu : «Elle avait pris toutes ses affaires et celles de notre enfant.» Ce n’est que quelques jours plus tard, dit-il, qu’il est mis en présence d’une demande de divorce : «J’ai essayé de voir mon épouse pour une explication, mais en vain. J’ai commencé à me battre pour récupérer mon enfant et c’est alors que les autorités françaises m’ont fait comprendre que j’avais abandonné mon droit de paternité. C’est là que j’ai réalisé que je m’étais fait piéger au moment où j’avais signé des documents qui je croyais étaient pour l’admission de ma fille dans une école à Maurice.»
Depuis, il dit n’avoir plus jamais revu sa fille et n’arrête pas les recherches pour la retrouver : «J’avais même engagé un détective privé. Je ne sais pas si ma fille est à Maurice avec sa mère ou pas; c’est pour cela que j’ai voulu lancer cet appel de détresse.»
Du côté des proches de l’ex-épouse de Foued à Maurice, on n’arrive pas à comprendre sa réaction : «C’est vrai, il était marié à la fille de ma sœur et il est le père de la fille, mais c’est vrai aussi que nous avons eu la garde de celle-ci. On ne comprend pas sa démarche. Il ne s’est jamais occupé d’elle», nous déclare un membre de la famille, se présentant comme la sœur de l’ex-belle-mère de Foued.
Nous hasardons les questions : est-ce que la famille était contre cette relation à cause de ses origines algériennes ? «Pas du tout», répond-elle. Est-ce qu’il a été trompé concernant les papiers d’adoption qu’il aurait signés à son insu : «C’est faux.» Pourquoi l’empêcher de voir sa fille : «C’est lui qui ne voulait pas la voir !» Est-ce que l’adolescente, aujourd’hui âgée de 16 ans, accepterait de parler à son père ? «On ne sait pas !» Est-elle à Maurice avec sa mère : «Elle est en vacances…» Elle ne nous dira pas plus.
Foued Bentaib, de son côté, refuse qu’on l’étiquette comme un mauvais père. Il tient à adresser un message à sa fille : «Tu es ma fille et je sais que tu seras très intelligente et que tu réussiras, malgré les on-dit, à comprendre la vérité …»
Il dit qu’il n’en veut pas à la famille de son ex-femme : «Je voudrais que l’on me laisse juste une seule chance de prouver à mon enfant qu’elle a un père. Si, par la suite, elle ne veut pas me voir, je me retirerai et je respecterai cette décision qui est la sienne et non celle de son entourage»…
Par Christophe Karghoo
5-Plus Dimanche
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