|
|||
|
OUVERTURE DU CIEL
Les Mauriciens voyagent-ils plus ? L’offre touristique s’est diversifiée. Mais encore peu de Mauriciens peuvent se permettre de prendre l’avion, malgré une baisse des tarifs, nuancée par une hausse des taxes. Ce sont plutôt des voyages d’affaires. Les agences de voyages diversifient leurs offres : aux côtés des destinations traditionnelles, de nouveaux horizons s’ouvrentà l’instar de l’Amérique latine ou des savanes africaines. Mais ces produits sont destinés à une clientèle restreinte. Le tourisme explose. Le Central Statistics Office prévoit des recettes, pour cette année, de Rs 36,4 milliards ! Cette performance est largement imputable à la libéralisation de l’espace aérien, selon les opérateurs. Si cette politique a surtout pour objectif d’attirer davantage de touristes et de diversifier les marchés, il semble intéressant d’inverser la problématique : les Mauriciens ont-ils bénéficié de l’ouverture du ciel ? Voyagent-ils plus, vers de nouvelles destinations ? Les traditionnelles Air France, British Airways, South African Airways et surtout la compagnie nationale d’aviation, Air Mauritius, subissent la concurrence des nouveaux venus. Virgin Atlantic annonce sa venue prochaine sur le tarmac de Plaisance. La libéralisation de l’espace aérien a engendré la venue de nouvelles compagnies. “La libéralisation du ciel mauricien répond à une politique précise : doper le tourisme mauricien en touchant de nouveaux marchés”, souligne-t-on au ministère du Tourisme. Il n’empêche que les Mauriciens peuvent également profiter de l’aubaine. Le directeur de Corsair pour l’océan Indien, M. Bourges, ne déclarait-il pas : “Corsair ambitionne également de se positionner comme alternative pour les voyageurs mauriciens?” Les vitrines des agences de voyages invitent au dépaysement. L’offre touristique s’est diversifiée. Les destinations traditionnelles évoluent : les pays de la région (Réunion, Afrique du Sud) et l’Europe (Royaume-Uni et France) gardent le haut du pavé. Singapour, l’Inde, l’Australie attirent aussi de nombreux compatriotes. Cependant, de nouvelles destinations et de nouveaux produits émergent. “Les clients qui en ont les moyens recherchent l’exotisme : les safaris en Tanzanie ou en Namibie, les croisières en Asie ou dans les Caraïbes”, relève-t-on chez Rogers Travel. En effet, même si la libéralisation de l’espace aérien a pu entraîner une baisse relative des tarifs au départ de Maurice, encore peu de Mauriciens peuvent se permettre des dépenses de voyages. “Le marché mauricien est restreint, la roupie a peu de valeur à l’étranger, et le voyageur mauricien est peu flexible en ce sens qu’il a souvent besoin d’un visa pour voyager”, note Willy Chung, directeur de l’agence Atlas Travel et président de l’Association des agences de voyages. La venue de nouvelles compagnies ne peut pas influer sur ces réalités contraignantes. En outre, pour Marc Benmergui, délégué d’Air France à Maurice, “le marché local est un marché de ‘bout de ligne’ car c’est bien au départ de Paris que l’on remplit nos avions”. Christophe Leloup, directeur commercial de Corsair pour l’océan Indien nous informe que “le remplissage des avions se fait à 90 % côté français et à 10 % côté mauricien”. Dans le même souffle, il admet qu’“il faudrait une offre plus importante pour mieux toucher le marché mauricien d’autant que nous offrons un produit différent car nous desservons directement Lyon et, de fait, le quart sud-est de la France”. La libéralisation a donc amené de nouveaux acteurs, mais aussi de nouveaux produits. Reste que chacun des opérateurs n’a pas les mêmes ambitions pour le marché mauricien. Force est de reconnaître que “le marketing sur le marché mauricien n’est pas très agressif”, déplore Willy Chung. Des promotions sont néanmoins offertes à certaines périodes. Ceci peut encourager les Mauriciens à voyager. Toutefois, pour Willy Chung, il s’agit d’une stratégie des “transporteurs pour ne pas gaspiller les sièges vides au départ de Maurice”. Par ailleurs, “il y a un paradoxe parce que si le prix net d’un billet d’avion a diminué, les taxes ont, à l’inverse, augmenté, si bien que le prix final n’a pas véritablement baissé”, nous révèle le service marketing de Rogers Aviation. Alternatives aux compagnies habituelles La libéralisation de l’espace aérien n’a pas véritablement profité aux Mauriciens d’autant qu’ils “sont assez conservateurs, ils ont tendance à privilégier les compagnies habituelles”, note Bruno Lebreux, directeur de l’agence Concorde. Si de nouvelles compagnies atterrissent à Plaisance, ceci ne signifie pas que les voyageurs mauriciens auront un accès plus aisé à de nouvelles destinations. Ces compagnies desservent les pays émetteurs de touristes traditionnels, qui sont, du reste, les pays les plus visités par les Mauriciens. En matière de politique touristique pensée pour les marchés extérieurs, la libéralisation de l’espace aérien est une réussite. Cependant, on peut regretter qu’elle n’ait été pensée que dans ce sens. Les Mauriciens sont de plus en plus demandeurs de dépaysement, d’exotisme. L’ouverture sur le monde de l’île, les médias excitent cet imaginaire lié aux voyages. “Nous pensons développer des produits touristiques – Maroc, Sénégal, Antilles - au départ de Maurice, qui profiteraient du hub d’Orly”, souligne Christophe Leloup. Mais à quel coût ? Et pour quelle clientèle ? Bien entendu, le contexte socio-économique et l’étroitesse du marché expliquent que les Mauriciens ne peuvent voyager aussi facilement que les touristes occidentaux. Néanmoins, il aurait été louable que les compagnies étrangères ne dédaignent pas totalement le marché mauricien et se posent comme des alternatives aux compagnies habituelles à des tarifs tenant compte des réalités locales. Gilles RIBOUET ![]() Le profil du voyageur mauricien En 2005, un peu moins de 236 457 Mauriciens ont voyagé (186 000 environ pour la période de janvier à septembre 2006) sur une population totale supérieure à 1,2 million d’habitants. Ces voyageurs sont pour la majorité des hommes d’affaires. Ce constat est confirmé par l’ensemble des agences de voyages contactées. Du côté de Rogers Aviation, “la clientèle est composée à près de 70 % d’hommes d’affaires”. Cette catégorie de voyageurs est très mobile car elle a conscience de la nécessité de se déplacer pour présenter les produits, les prestations et autres services mauriciens sur le marché international, notamment lors de foires. “L’économie mauricienne est ouverte sur le monde et dépendante des marchés extérieurs, c’est pourquoi les hommes d’affaires voyagent beaucoup et représentent le gros de notre clientèle”, note Willy Chung. Concernant cette catégorie, de nouvelles destinations s’affirment : la Chine, l’Inde et les pays d’Afrique de l’Est aux côtés des traditionnelles destinations européennes. Les voyages d’agrément sont souvent marginaux comparativement aux voyages d’affaires. Lorsque l’on évoque les voyages de loisir, il s’agit principalement des visites aux familles. Le pouvoir d’achat des Mauriciens étant limité, ce type de tourisme est le plus abordable d’autant qu’il évite les dépenses de logement. Les Mauriciens se rendent donc principalement au Royaume-Uni (24 133 entre janvier et septembre 2006), en France (23 710), en Afrique du Sud (9 641) et en Australie (5 555). Les voyages en Inde – première destination asiatique - et en Chine relèvent souvent d’un tourisme de “pèlerinage” compte tenu des liens historiques et culturels. Pour autant, la libéralisation de l’espace aérien n’a que peu profité aux voyageurs mauriciens dans la mesure où la part des voyages d’agrément, que les nouvelles compagnies auraient pu drainer, n’a que peu évolué. Quelques chiffres Entre 2005 et 2006 (période allant de janvier à septembre), les départs ont augmenté de 1,6 % passant de 182 923 à 185 770 résidents mauriciens qui voyagent, selon le Central Statistics Office. L’évolution des départs entre 2006 et 2007, pour la période de janvier à avril, est bien plus conséquente : + 9,2 %, passant de 40 992 voyageurs mauriciens à 44 747. On notera que Dubayy est la destination ayant connu la plus forte progression (+37,6 %). Il semblerait que la compagnie Emirates ait profité de la libéralisation, attirant de plus en plus de Mauriciens désirant notamment se rendre en Asie, voire en Europe, d’autant que Dubayy est un “hub” de première importance. |
![]() |
| Tags |
| les, mauriciens, voyagentils |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|
Discussions similaires
|
||||
| Discussion | Auteur | Forum | Réponses | Dernier message |
| Artistes Mauriciens | Bisoulili | Discussions Générales | 11 | 03/10/2005 17h42 |
| Passeports Mauriciens | Ticia | Discussions Générales | 10 | 16/09/2005 11h11 |
| Les mauriciens à l'étranger! | tipima | Divers. Miscellaneous. | 16 | 14/06/2005 10h10 |
| Je recherche des mauriciens | jennifer_girl | Discussions Générales | 1 | 01/05/2005 15h13 |
| CD MAURICIENS | DUBLAIX | Discussions Générales | 15 | 07/02/2005 11h53 |
Fuseau horaire GMT. Il est actuellement 19h56.






Les agences de voyages diversifient leurs offres : aux côtés des destinations traditionnelles, de nouveaux horizons s’ouvrentà l’instar de l’Amérique latine ou des savanes africaines. Mais ces produits sont destinés à une clientèle restreinte. Le tourisme explose. Le Central Statistics Office prévoit des recettes, pour cette année, de Rs 36,4 milliards ! Cette performance est largement imputable à la libéralisation de l’espace aérien, selon les opérateurs. Si cette politique a surtout pour objectif d’attirer davantage de touristes et de diversifier les marchés, il semble intéressant d’inverser la problématique : les Mauriciens ont-ils bénéficié de l’ouverture du ciel ? Voyagent-ils plus, vers de nouvelles destinations ? 


Mode linéaire

