
10/09/2009, 14h19
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Rambo Morisien
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Date d'inscription: août 2006
Localisation: région Parisienne IDF
Messages: 5 519
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Le nouveau Mo Mam Twa
En 22 années d'existence, le groupe Mo Mam Twa a su marquer le monde du spectacle de sa présence. Référence de la danse africaine par excellence, il est aujourd'hui appelé à se réinventer, pour s'adapter dans un monde qui tourne très vite et où le 'déjà vu' ne fait pas recette. La bande de Plaisance injecte du sang nouveau dans ses veines et fait la place aux jeunes.
Le rythme effréné du tambour donne lieu à des déhanchements endiablés. Des mouvements de pieds et de mains… on s'élève dans l'espace pour retomber accroupi, tel un fauve en quête de sa proie. Et ça repart dans un tourbillonnement et des 'hulululu'… Un spectacle captivant, contagieux. Point de grâce, mais de l'énergie. Beaucoup d'énergie. À tel point que lorsque la musique s'arrête, c'est comme ci le monde s'était aussi arrêté avec elle.
Passion. Au beau milieu de toute cette agitation, Nora Françoise est imperturbable. Calme, posée, le regard lucide, elle fait attention à chaque mot qu'elle prononce. La responsable du groupe Mo Mam Twa est l'inverse même de ce qui fait son monde. Elle a beau porter la couronne d'une African Queen, mais elle ne s'en prend pas la tête. La danse africaine, c'est avant tout une passion. Si elle lui a permis de gagner sa vie, c'est comme on dit, joindre l'utile à l'agréable. Quand elle a lancé Mo Mam Twa avec d'autres amis en 1987, c'était "par pur passion à 100%". Au même moment, les hôtels de l'île voulaient changer des traditionnels soirées de séga. Avec ses danses africaines, Mo Mam Twa est venu apporter un nouveau souffle à l'animation dans les hôtels et à la musique locale en générale.
Évoluer. Mais comme le temps et les tendances évoluent très vite, nous sommes entrés à nouveau dans une nouvelle ère. "Si nous voulions y rester, il fallait absolument évoluer nous aussi." Ainsi, le Mo Mam Twa nouveau, outre son identité africaine, s'est orienté vers d'autres styles de danses : arabes, latines, indiennes… "Nous sommes capables de nous adapter à n'importe quel style de spectacle."
Pour cela, Nora Françoise a préféré laissé la place à d'autres, se contentant de gérer simplement. Depuis l'année dernière, Stéphanie Siniska et Frances Pierre, assurent les chorégraphies du groupe. La première pour les danses modernes et la seconde, les danses culturelles. Il faut dire que les deux ont une longue carrière dans l'hôtellerie, notamment au sein de l'équipe d'animation du Coco Beach. Des jeunes sur qui Nora Françoise peut compter. D'autant comme elle le concède : "C'est difficile de trouver des jeunes qui veulent faire de la danse leur métier aujourd'hui. Ils préfèrent aller vers d'autres secteurs qui semblent plus intéressants."
Formation. Si la danse africaine ne repose pas sur la grâce des mouvements, cela ne veut pas dire pour autant qu'on peut le faire n'importe comment. Nora Françoise y tient et s'assure que le spectacle soit soigné dans tous ses aspects. "Pour les chorégraphies, je me documente beaucoup. Je visionne des DVD, je fais des recherches sur Internet. Lorsque nous avons l'occasion de rencontrer des groupes africains, nous en profitons pour apprendre. Il y a à peine deux mois, nous étions en Algérie pour le Festival PanAfricain. Il y avait 51 pays d'Afrique, nous avons côtoyer beaucoup d'artistes et nous avons aussi appris beaucoup."
Nora Françoise considère ainsi dommage qu'il n'y ait pas d'école de danse africaine. Elle invite les jeunes qui s'y intéressent à venir vers elle. De même, elle reconnaît que jusqu'ici, Mo Mam Twa a agi indirectement comme une école, vu que beaucoup ont évolué au sein de sa troupe avant d'aller fonder leur propre troupe de danse africaine. Commentant les différents passages de chorégraphes étrangers venus animer des stages de formation à Maurice, elle dit son regret qu'il n'y ait jamais ce genre d'événement pour la danse africaine.
Positiver. Même si la demande de la part des hôtels a sensiblement baissé ces derniers mois en raison de la crise financière, Nora Françoise reste positive. "C'est bientôt la saison festive, à partir du mois d'octobre ça va aller très vite. Il me faudra, à ce moment-là, un effectif de 30 à 40 personnes pour pouvoir répondre à la demande." Il lui arrive de recruter des danseurs uniquement pour cette période ou de chercher de l'aide auprès d'autres groupes. "Il y a même des étudiants qui viennent me voir pour trouver un petit boulot pendant les vacances."
Lorsqu'on l'interroge sur sa positivité, alors que généralement, les animateurs d'hôtels brossent un tableau assez noir de leur univers, Nora Françoise soupire et se contente de dire : "Écoutez, il y a la pression et les ennuis dans tous les boulots. Il faut faire avec."
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