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Quelles furent les principales difficultés qui vous ont empêché d'avancer?
Il nous a été difficile d'avoir la confiance du pays, de ceux qui sont tout en haut. Parce que le pays continue à hésiter. Il t'observe, sans vraiment croire en toi. Et c'est finalement sans eux que nous avons Persiste pou ekzister. Si la Culture était soutenue par l'État, il y aurait eu des choses encore plus fortes dans le pays. Kaya, par exemple, n'a jamais bénéficié de soutien. OSB aussi a survécu sans aide. Récemment, nous avons entendu qu'un budget est prévu pour les artistes. Ce ne sera jamais de trop, mais nous voulons voir les choses se mettre en place. Derrière notre réussite, il y a eu un long combat. OSB a subi de vraies discriminations musicales à l'époque où il n'y avait qu'une radio, par exemple. On était censuré. Il fallait persister et insister. Alors nous avions décidé de faire des Sound Systems. C'était notre espace, notre vitrine à nous. Bientôt la police était là pour nous surveiller et le Dojo ne nous fut plus accordé. Nous sommes alors partis sur les terrains de football. Et là, des fois les responsables nous disent que ça va, après ils disent qu'ils ne peuvent pas. Et récemment, on a entendu dire que l'on aura plus accès aux stades. À bien y réfléchir, cela fait beaucoup en terme de difficultés traversées. Nous nous sommes mis en tête que nous avons persisté pour exister, nous insisterons pour avancer. Comment considérez-vous l'avenir? Nous avons la force et la foi d'avancer. Si nous sommes soutenus nous pourrons aller plus loin. Mais avec ou sans, nous avancerons. Parce que ce soutien, nous l'avons nous-même mis en place en structurant notre travail. Cette structure nous a permis d'avancer. Maintenant elle nous aidera à faire la traversée. Avec Live'n'Direk Entertainment, c'est ce que nous voulons faire. Nous misons beaucoup sur des échanges. En ce moment, plusieurs artistes de différents pays nous contactent pour participer au Festival Reggae Donn Sa. Notre travail a fait écho, le festival est aujourd'hui reconnu. C'est une vitrine pour les artistes du pays et pour le pays lui-même. J'aurais souhaité que nous soyons soutenus dans cela. Le prochain Reggae Donn Sa justement? La cinquième édition est pour le 8 mai. Mais nous ne savons pas encore où. Mais nous persisterons et insisterons pour qu'il existe. Nous avons plusieurs possibilités pour ce qui est des invités. Le choix se fera avec le public à travers des jeux concours. C'est vrai que je prends plaisir à faire ce festival, mais quand je vois le plaisir qu'en tire le peuple le mien devient encore plus fort. Quand je voyage, j'ai l'occasion de voir ces artistes en live. Souvent ce sont des moments extraordinaires à vivre. À chaque fois je sens monter en moi le désir de voir mon peuple vivre ces expériences. Pour lui permettre cela, j'ai décidé de lui emmener ces artistes. Derrière il y a du reggae business. Parce qu'un tel festival coûte beaucoup. Mon plus grand sponsor à ce jour a été le peuple, ceux qui achètent leurs billets pour venir au festival. C'est ainsi qu'il y a eu Pierpoljak, Neg Marron, Steel Pulse, Daddy Mory, Morgan Heritage, Wailers, Tiken Jah Fakoly, etc. Je pense avoir beaucoup fait. Mais je n'oublie pas que je dois avoir une contribution sociale pour rendre l'île meilleure pour les enfants qui viennent derrière. Nous avons le devoir de laisser derrière nous de bons souvenirs. Et je pense que nous avons déjà des traces que nous avonslaisséesdans différents domaines. Ce que je souhaite, c'est un peu de reconnaissance. Mais parfois, même ceux qui sont dans ton entourage font preuve de mauvaise foi. Il y a quelques mois, vous êtes rentrés de votre troisième tournée européenne. Que vous ont rapporté ces expériences internationales? Elle nous ont rapportés une autre motivation et nous ont aidés à mieux voir comment se passent les choses. Tout comme les compétitions internationales apportent à Stéphan Buckland des frottements qui lui permettent de progresser, pour nous aussi, musicalement, ça a été la même chose. Grâce à notre manager allemand, Achim Reiner, nous avons pu jouer dans de vrais festivals. Précédemment, nous avons été le premier groupe de la région à participer au Summer Jam, par exemple. C'était une fierté et un défi. Il y a eu foule pour nous accueillir et cela a fait écho en Europe. Nous avons aussi joué au Africa Festival où se produisent les grands noms du continent. Nous avons joué dans 17 festivals en Europe et dans la région. Certains étaient ces grands festivals reggae que l'on regardait en DVD à l'époque en rêvant. Nous avons même fait la clôture de l'un d'eux. Les organisateurs ont été convaincus de l'énergie que l'on dégage. Ils nous avaient vus sur notre DVD. En République Tchèque je me souviens que lors d'un Festival nous avions commencé avec une poignée de spectateurs. Juste après, les gens ont quitté le concert rock qui était donné juste à côté pour venir nous voir et danser. C'était merveilleux. Des gens nous découvraient et nous adoptaient déjà. Pensiez-vous en arriver là ? J'ai une très grande foi. C'est ce qui fait avancer les choses. On peut parfois trouver ce que je fais absurde, mais je garde la foi en Dieu. Et c'est lui qui décide de ce qui arrivera. La gloire ne m'appartient pas. Elle est à Lui. Ce serait de la vanité si je dis que c'est grâce à moi que les choses se sont faites. Que souhaitez-vous dire à vos fans pour ces 17 ans? Je demande aux jeunes de garder la foi et de ne plus dire qu'on ne peut plus. Obama à montrer la voie : Yes we can ! Suivez cet exemple, insistez, persistez, vous existerez. Il faut avoir la foi en Dieu, sinon, nous n'irons pas loin. Il est aussi important de reconnaître que l'on ne sait pas tout et qu'il faut apprendre. L'éducation est à la base de tout. Faisons les choses comme il le faut sans brûler les étapes. Je demande aussi aux artistes qui débutent de laisser les enfants venir vers eux et de ne pas les repousser. Donnons-leur ce qu'il faut pour qu'ils grandissent positivement. Ne faussons pas leurs perceptions des choses en leur disant n'importe quoi. Parce que notre pays a besoin de sécurité. En ce moment les gens s'appauvrissent, d'autres sombrent dans la drogue, ce n'est pas facile. Essayons de trouver des solutions.
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