|
||||
|
Marcel Cabon
James Burty David, le "rouge" pur et dur, confirme : "On connaît Marcel Cabon comme grand défenseur de l'action de Sir Seewoosagur Ramgoolam. Ses articles au moment de l'Indépendance, et même après, sa biographie de SSR, son soutien sans faille sont les expressions d'un engagement politique que l'Histoire devrait consigner. Il fut un homme de réflexion bien plus qu'un homme d'action. A chacun ses mérites. Mais cela ne diminue en rien son soutien politique". Le ministre des Administrations régionales a lui-même "connu Marcel Cabon alors que j'étais encore au collège. J'allais souvent au journal Advance pour lui remettre des articles, et profiter de quelques instants pour faire un brin de causette. Je l'ai ensuite rencontré quand il était le chef du service d'informations de la radio et de la télévision. Mais c'est surtout à travers ses écrits que je l'ai mieux apprécié".
Et comment l'homme de lettres James Burty David décrirait l'oeuvre littéraire de Cabon ? "Certains ont cru voir en Marcel Cabon un écrivain régional. C'est mal connaître la portée universelle de la littérature. Le village de Vallée-des-Prêtres a une dimension bien plus large. Il est transposable au-delà de ses frontières. Le personnage de Ram a aussi une riche dimension humaine. C'est la même réflexion que je ferai de Jean Giono dont les romans vont au-delà de son Manosque natal. Pourtant les critiques ont insisté sur l'aspect régional de 'Regain', par exemple. N'oublions pas que Le Morne a vibré au rythme et à l'envoûtement de 'Kélibé-Kéliba'. C'est dire que Marcel Cabon ne laisse pas insensible. C'est cela l'ambition de la littérature : toucher les fibres les plus intimes de l'âme. En ce sens, l'écrivain parle à l'humanité". "L'écrivain est un homme libre"Evoquant le souvenir de Cabon, il reconnaît que Maurice ne rend pas dignement hommage à ses fils du sol : "Malheureusement non. Les écrivains mauriciens sont inconnus, mal connus et souvent méconnus. Nous avons une riche littérature mais marginalisée dans la culture mauricienne. De temps à autre, 'Namasté' ou 'Brasse-au-Vent' est proposé aux étudiants de School Certificate. C'est tout. Une très mince reconnaissance. Ce désert culturel me peine. Pourtant, les grands courants venant d'Asie, d'Afrique et d'Europe continuent à enrichir notre patrimoine littéraire. En Angleterre, en France, Shakespeare et Molière sont toujours vivants. Le film 'Shakespeare in love' et le récent 'Molière' attirent toujours les foules. Les passionnés de la littérature devraient prendre le pouvoir culturel entre leurs mains. La culture ne se décrète pas. Il faut l'arracher et la conquérir. Nous ne sommes plus au temps où un monarque dictait la culture de l'Etat. Où sont les audacieux de l'écriture ? L'écrivain est un homme libre. Qu'il se montre et remette en question le carcan quotidien. Où est le Rimbaud mauricien ? Qui rouvrira les portes du surréalisme après Malcolm de Chazal ? J'ai été surpris qu'autour du 1er février, aucune référence n'a été faite à 'Brasse-au-Vent' de Marcel Cabon, où le thème de l'esclavage est traité. Personne ne parle du 'Notaire des Noirs' de Loys Masson autour du 1er-Mai, alors que la lutte des prolétaires y est évoquée. Il faut mettre une anthologie de notre littérature entre les mains de nos étudiants. Je trouverai bien du temps à l'écrire cette anthologie-là". Cependant, si certains ont oublié Cabon ou le cantonnent dans le ghetto de l'amnésie, d'autres ont tout fait pour que perdure son souvenir. Ainsi le Cercle Marcel Cabon, dont le siège se trouve à Pointe-aux-Sables où l'écrivain a longtemps habité, a toujours organisé des activités en sa mémoire, dont une messe commémorative l'année dernière. Il a également fait nettoyer sa tombe au cimetière de l'Ouest, à Les Salines. D'ailleurs, le ministre David connaît bien le Cercle Marcel Cabon, "qui se trouve dans [sa] circonscription". Il dit y avoir recontré les membres de l'association à deux reprises. "Ce cercle est actif pour perpétuer la mémoire de l'écrivain". Cabon est-il familier à la nouvelle génération d'écrivains ? Jean-François Colin, dit Jamel, amateur de slam, avoue que "Cabon [lui] est assez vague". "J'ai entendu parler de lui. Je sais qu'il était proche d'Hervé Masson et de Malcolm de Cha-zal. Je ne peux en dire plus". Thierry Chateau, poète et romancier, avoue "ne pas connaître grand-chose de Cabon. J'ai dû lire "Namasté" en diagonale. Je sais aussi qu'il a écrit "Kélibé Kéliba", un poème. Voilà ce que je peux dire de son oeuvre littéraire. Et je sais aussi qu'il a été journaliste, et qu'il a été enterré au cimetière de Petite-Rivière". Pour le poète Rishy Bukoree, "Cabon enn mari boug. Pour moi, c'est un vrai Mauricien. Et 'Namasté' est un des plus grands romans écrits, non seulement à Maurice, mais dans le monde. J'ai également lu 'Le rendez-vous de Lucknow', mais je n'ai pu le terminer, car je devais rendre le livre assez vite. Cabon a réussi à cerner la communauté hindoue dans 'Namasté'. C'est un livre extra. Au contraire d'Arthur Martial ou de Clément Charoux, qui évoquaient la femme hindoue par pur exotisme et avec des préjugés, le regard de Cabon est authentique. Il a bien restitué la souffrance des hindous dans ce livre". |
|
||||
|
Analyse critique sur l'oeuvre de Cabon
Marie-Josée Baudot : "C'est lui qui m'a lancée. . ."
De tous ceux qui ont connu Marcel Cabon, Marie-Josée Baudot peut s'enorgueillir de l'avoir côtoyé jusqu'au bout. La jeune fille de 17 ans qui faisait ses premiers pas hors du collège se souvient d'ailleurs d'un homme "qui avait un tic". "Il passait souvent sa langue sur ses lèvres. Il dégageait une espèce de sensualité. Quand je montais l'escalier en colimaçon qui menait à son bureau, à Advance, je devais passer dans un couloir obscur. Je tremblais déjà !". La jeune Marie-Josée Hervel, "avec encore des nattes à l'époque !", se souvient de ces années soixante et du cours de diction d'Yves Forget. "J'étais une de ses élèves. Et les cours avaient lieu les samedis, sous l'égide de la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill. Lors de la grande finale, qui se tint au Plaza, le jury était présidé par Marcel Cabon. J'ai gagné le premier prix de comédie et de diction". Séduit par le talent de la jeune fille, Cabon l'invite alors à venir le voir à Advance. "Il en était le rédacteur en chef. Il y avait également Jehan Zuel et Francis Collendavelloo, le beau-père de Renganaden Seeneevassen. Je peux dire que j'ai rencontré toute l'intelligentsia de ce pays à l'époque". Cabon propose alors à la jeune fille de mettre en scène 'Les contes de Brunepaille'. C'est ainsi que Marie-Josée Hervel fait ses premiers pas à la radio. C'est Marcel Cabon qui m'a lancée. Nous avons également mis en scène ses souvenirs de voyage au Cambodge et ses Chroniques". Le bouche-à-oreille fera le reste. André Masson, André Decotter, Madeleine Mamet et Pierre Renaud, entre autres écrivains ayant entendu la douce voix de la jeune demoiselle, font alors tous appel à elle. Et c'est en toute logique que Hilda Tyack, directrice de Radio Maurice, propose à Marie-Josée Hervel d'y travailler. Elle prête sa voix à "Kéliba Kéliba", lors de la mise en scène de ce poème d'inspiration Malgache, au Morne. "J'étais tout le temps avec Cabon. Je dirais que c'était quelqu'un de très sûr de lui. Il avait le verbe haut. Sa voix, son parler, son intonation me fascinaient énormément. Il avait, je dois le dire, beaucoup d'autorité sur moi". Mais si Cabon engueulait souvent son voisinage, "il était tout miel quand il s'agissait de sa muse". "Mais quand il est devenu directeur de la radio, ce n'était plus le même homme. Il y avait comme un amoindrissement dans la liberté d'expression qui se dégageait de lui. Mais je peux dire que je l'ai côtoyé jusqu'à la fin". Comment conclure sur Cabon ? En lui laissant tout simplement le dernier mot. Celui qu'il a écrit dans la biographie qu'il écrivit en hommage à Rémy Ollier : "Il a été de ce pays comme personne. Il en a aimé à la fois la terre et les hommes ; à la passion et d'un c?ur de feu. Et c'est bien pour l'entente qu'il combattit contre tels éléments de la population. C'est qu'il se refusait à croire que l'homme est irrémédiablement mauvais et que la diversité n'est pas richesse ; que si grandes que soient les distances entre les êtres, il n'est pas possible de les raccourcir. Et comme le poète, peut-être pensait-il que notre affaire ici-bas, ce n'est pas de toucher le but, mais d'être en marche". Analyse critique sur l'oeuvre de Cabon Aslakha Callikan-Proag, exégète de Marcel Cabon, plus connue dans les cercles littéraires comme "Madame Cabon" a consacré maints ouvrages d'analyse critique à Cabon. Elle est d'ailleurs la seule chercheuse à avoir eu une telle constance dans ses travaux sur un auteur mauricien. Si Cabon est resté vivant dans la mémoire des Mauriciens, c'est en grande partie grâce au formidable travail de recherche entrepris par Aslakha Callikan-Proag. Parmi les ouvrages qui portent sa signature, figurent 'De Marcel Cabon à Malcolm de Chazal, deux "perdi bande"', un essai paru dans 'Sur Malcolm', paru aux éditions L'Ether Vague-Vizavi, et 'La pertinence de Marcel Cabon à l'aube du XXIe siècle', autre essai édité par les éditions Karthala et les presses de l'université de Maurice. Mme Callikan-Proag a également édité un recueil de contes de Cabon. Elle prépare une anthologie des oeuvres de son maître. |
|
||||
|
Article publié le Lundi 12 mars 2007.
![]() DOUBLE VUE Rémy Ollier inspire les écrivains Le Cercle Rémy Ollier renaît de ses cendres. Il a été officiellement réanimé le 8 mars, au Foyer du Théâtre de Port-Louis. Un comité a été créé pour superviser les activités. Il sera présidé par Camille Moutou, un des plus anciens membres encore en vie du premier Cercle Rémy Ollier. Fondé par l’écrivain Marcel Cabon, à la fin des années 1940, ce cercle regroupait de jeunes intellectuels du “ward IV”. Aux côtés de Marcel Cabon, il y avait le poète Edouard Maunick, Rivaltz Quenette, Jean-Georges Prosper, Emmanuel Juste, Raymond Devienne, Guy Balancy et le président actuel, Camille Moutou. Ils s’inspiraient du journaliste Rémy Ollier, révolutionnaire qui vécu au 19e siècle. Le nouveau cercle a été recréé sous l’impulsion du lord-maire Réza Issack (photo) et du conseiller Jean-Claude Caroopen. Ils font, tous deux, partie du comité. Le cercle regroupe plus d’une vingtaine d’écrivains et de poètes. Il devrait surtout s’élargir à la nouvelle génération, s’il veut renouer avec un glorieux passé. La première activité sera une soirée de poésie. Elle aura lieu le 23 mars, au Café du Vieux-Conseil. Mais le cercle veut surtout initier des débats et favoriser la création littéraire à travers l’édition de poèmes, romans, nouvelles, etc. Un projet de réédition des œuvres de Rémy Ollier est déjà à l’étude. (mo vine azoute mo boute surtout que c'est mo pépé qui président l'assoc la... mo bien fière de li...) |
|
||||
|
Citation:
|
|
||||
|
Ouiiiiiiii momo! c bel et bien li!
Pépé ti touzour content lire et écrire... Bé avoye li enn ti mot, ça pou faire li mari plaisir, malgré so vié laze li encore content bann tites attentions féminines... d'ailleurs dans la famille enna pas mal d'écrivain... (Emmanuel Juste ki n'est malheureusement plus de ce monde --->connu pour ses émissions à la mbc avec marjorie lenette ou encore frère mo pépé, Benjamin, ki lui est un historien assez réputé |
|
||||
|
Bel lecon d'histoire sur un homme bien Marcel Cabon. Mo rapelle journal Advance dans so lepok , si mo pas trompé journal la ne plis existé azordi. C'est dommage que nous ban morisiens nous pas conne assez nous ban romanciers et poetes morisiens, sa donne l'idée ouvert ene post lors la et fer tous nous ban compatriotes amene zot ti boute pour decouvrir et fer zot lire livres couma Namasté.
Ticia mo bien content pour to pépé Camille Moutou, Momo felicitations aussi pour to papi ki ti président cercle des amis de Marcel Cabon. Bon Titia couma dans la famille ena écrivain , to conné qui pé attane toi maintenant fi. |
|
||||
|
Citation:
Merci pour le ti clin d'oeil pour to papa |
|
||||
|
Citation:
Une coiffure de plumes. Kélibé-Kéliba. Une coiffure de plumes, des reins plus souples que le feu. Des bracelets de coquillages Kélibé-Kéliba, des bracelets de coquillages, des reins plus souples que le feu. Des nattes de passiava. Kélibé-kéliba, des nattes de passiava, des reins plus souples que le feu. Et dans mes bras ma Kélibé. Et dans tes bras ta kéliba. Et dans mes bras ma Kélibé. Et le vieux roi d'Asakali qui avait perdu sa couronne disait à la veuve jolie qu'il avait prise dans ses bras: "Hâtons-nous d'aimer:l'heure est douce. Hatons-nous d'aimer:l'heure est brêve..." Extrait de Kélibé-Kéliba-Marcel Cabon. |
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|
Discussions similaires
|
||||
| Discussion | Auteur | Forum | Réponses | Dernier message |
| Vendredi 2 février | monica__95 | Discussions Générales | 37 | 31/01/2009 09h34 |
| un hommage... | kaurali | Discussions Musicales | 6 | 14/12/2006 12h07 |
| Hommage Kaya | SheHzaD555 | Discussions Musicales | 3 | 25/02/2006 01h08 |
| [Paris, France] Hommage à Kaya. Le samedi 25 février 2006. | RadioMoris | Soirées et Concerts | 2 | 16/02/2006 16h00 |
Fuseau horaire GMT. Il est actuellement 00h06.











Mode linéaire

