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ESPRIT LIBRE Érotisme ? Pour clarifier les idées, il y a une distinction à faire : l’érotisme n’a rien à voir avec la pornographie. Alors que celle-ci fait appel, de façon obsessionnelle, à la mécanique animale du sexe, l’érotisme donne un sens humain aux pulsions de la sexualité. Il est l’intelligence du sexe : il y introduit la poésie, le choix, l’élégance. Copuler comme le fait un chien n’offre rien de séduisant quand on peut faire de cette opération un enchantement. Dans les présupposés de l’érotisme, il y a une certaine exigence : de finesse, de beauté, de tendresse. L’érotisme en amour est un art : de quelque chose en plus. Malheureusement, le commerce et un certain goût pour la vulgarité ont, sous la même étiquette, confondu l’érotique et le « porno »… Le tout sous des épithètes telles que : obscène, leste, cochon, paillard, etc. « Parler cul » n’a rien d’érotique, même si cette détestable expression s’est banalisée. Là comme ailleurs, plus les mots sont crus, sales et précis, moins ils font rêver. Notre époque a tué le mystère en bien des domaines, ce qui en disqualifie l’attrait. L’espérance légitime qu’avait fait naître, après 68, la « libération sexuelle », s’est finalement soldée par une frustration. Certes, le recours généralisé à la contraception, et surtout la mise au point de « la pilule », qui a heureusement libéré les femmes de cette peur ancestrale des grossesses répétées, a fait beaucoup pour l’épanouissement d’une sexualité justement revendiquée. Mais il en est de ce « jouir d’être » comme de tous nos besoins d’entretenir la vie : l’excès et l’absence de discernement se payent. Sur le plan de la nourriture, on « découvre » soudain – assez sottement, disons-le – que manger trop, « bouffer » n’importe quoi rend obèse. Et la presse parle de « fléau ». Ce sont des évidences que l’on sait depuis toujours. On ne peut pas faire n’importe quoi de son corps ; la nature se venge et nous rappelle à l’ordre. C’est le même faux problème avec le sida. « Le sexe est une clé, disait mon ami Pauwels. Mais l’obsession sexuelle est un mur. » Et quand on va dans le mur, on se brise.Il a fallu attendre des années avant de constater que la « libération des mœurs » n’avait pas libéré l’homme de ses errements. On a fâcheusement oublié que l’homme, et la femme surtout, sont plus compliqués, c’est-à-dire plus exigeants que de simples animaux. Si le sexuel n’est pas sous-tendu par le sentiment, il paraît pauvre, incomplet. « La vérité, écrit Julius Evola, c’est que le sexe qui existe dans le corps existe aussi et d’abord dans l’âme… On est homme et femme à l’intérieur, avant de l’être extérieurement : la qualité masculine ou féminine primordiale pénètre tout l’être, comme une couleur pénètre un liquide. » Si on n’aime pas, faire l’amour perd son sens. Ce n’est qu’un simulacre. En Chine, datant de l’époque des Ming, les « Manuels de la chambre à coucher » étaient de vrais traités d’éducation sexuelle, d’où la poésie n’était point absente : « Entretiens admirables de l’Empereur jaune et de la Fille de Candeur, préfacé par le ‘Maître du pavillon de la Cueillette des femmes’». Le Tao sexuel traite du sujet avec une liberté totale, qui est d’une qualité très supérieure aux pratiques de nos sinistres sex-shops. Faut-il aussi rappeler le très connu « Kama Sutra », les sculptures magnifiques de l’Inde où la liberté érotique vit dans la grâce de l’expression et du mouvement des couples enlacés… À côté de ces splendeurs, nos amours contemporaines font bien triste figure… N’oublions pas cependant qu’il existe, de nos jours, une littérature excellente sur la question. Outre des romans de très bonne facture, je pense plus volontiers à des livres de sexologie érotique, œuvres de médecins ou de philosophes qui rendent au thème du Sexe sa noblesse et sa vérité fondamentalement humaine. Comme « La fonction érotique » du Docteur Gérard Zwang, une véritable somme de la sexualité ; « Le sexe de la femme », superbe hommage à la beauté intime des femmes. « Les libérateurs de l’amour », où l’auteur Alexandrian présente quelques écrivains qui, bien avant que ce ne fut à la mode, ont contribué à libérer le sexe de son carcan moralisateur : Restif de la Bretonne, Choderlos de Laclos (« Les liaisons dangereuses »), Maria de Naglowska, etc. En résumé, l’érotisme, c’est tout ce qui peut contribuer à rendre notre « libido », comme disent les psychanalystes, plus belle, plus gaie, plus humaine. Restif de la Bretonne, raconte Alexandrian, avait l’obsession du pied féminin. Il arrêtait les passantes dans la rue « pour les prier de lui laisser admirer les leurs ». Il collectionnait les souliers de ses conquêtes. Rappelons aussi que la vogue de « l’unisexe », où un homme égale une femme – c’est-à-dire qu’ils sont interchangeables – a beaucoup nui à l’attirance réciproque. Ce sont les différences qui fascinent ; c’est le plus et le moins qui s’attirent. La polarisation sexuelle forte est une bonne condition pour une rencontre riche et intéressante. Le même n’a rien à apprendre au même. Plus un homme est viril, plus une femme est féminine, et plus les chances d’union réussie sont en place. Mais le sexe sans le cœur n’est qu’un corps sans âme. Michel BEDU |
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mici momo pou to l'article bien fait bien prononcé c vrai ke jeune veux vieilir mais vieux veux rajeunir a croire ke nous jeune on ne c pas se ki nous attend mais profiton de l'innoncence ke nous avons pck plus on vieilli plus on a de probleme a résoudre et c pas tjrs facile de devoir afronté les difficulté de demain ... :s
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INNOVATION:Ravanne, as-tu du feu ?
INNOVATION
Ravanne, as-tu du feu ? Plus besoin de chauffer la peau de l’instrument. La ravanne conçue par Zul Ramiah est assortie d’une série de vis qui tendent la peau. Le modèle a été présenté cette semaine. ![]() La ravanne qui donne les bonnes résonances à froid, est l’oeuvre de Zul Ramiah. L’idée a de quoi surprendre. Une ravanne qui n’a pas besoin d’être chauffée. Nepli bizin alime dife. Et si le look est en tout point identique à la ravanne traditionnelle, si le son est similaire à celui des autres modèles, une série de vis garnit le tour de l’instrument conçu par Zul Ramiah. Il insiste : “Li fer avek lapo kabri, pa sintetik, moi mo azout impe poezi.” Son concept, c’est une de ces bonnes idées, qui, une fois qu’on vous l’a expliqué, vous arrache une exclamation : “Il suffisait d’y penser.” Zul Ramiah, lui, y pense depuis une visite en Angleterre, en 1989. Invité pour animer un cabaret pour les Mauriciens installés là-bas, il fut confronté à la difficulté de chauffer l’instrument. “Enkor ici, mem Plaza mem MGI, ou kapav trase, alim enn dife.” Chose pratiquement impossible près de la salle de spectacle britannique. Le temps passe. Jusqu’à ce que le chanteur – actuellement président du conseil d’administration de la Mauritius Society of Authors – soit invité à nouveau à se rendre en Angleterre en 2004. Après la réflexion, c’est le temps de l’action. Zul Ramiah qui a aussi des aptitudes en menuiserie, se lance dans la fabrication de la nouvelle ravanne. Un apprentissage en solitaire Debout devant son établi, chez lui à la route Bassin, Quatre-Bornes, l’artiste se raconte. Comment grâce à la menuiserie, il a pu prendre sa retraite de la fonction publique à l’âge de 51 ans. Comment il est venu au travail du bois alors qu’il était un Clerical Officer qui recevait les fiches d’absence de laboureurs. “Lerla ou gagn enn ti paz kaye avek so diluil kari, so diluil zasar tou.” Comment il rentrait chez lui après avoir consigné les absences des autres, avec le sentiment de n’avoir rien fait de productif. “Ler mo reflesi, mo dir samem travay enn zom sa ?” Alors graduellement, il a retrouvé le goût de manier la caisse à outils qu’il a toujours vu chez lui, celle du grand-père, celle du père. Apprentissage en solitaire. Avec pour objectif être indépendant. Du coup, l’artiste devenu artisan, va à la source. Travaille lui-même les peaux de cabris à la chaux et au grattoir. “Mo mank zis pou soign kabri aster”, blague-t-il en nous montrant la machine avec laquelle il tend la peau sur le cadre, sans avoir besoin d’être aidé par un “manœuvre”. Entre ses mains, la ravanne prend forme. Sans tendeurs pour maintenir la peau en place. Sans tendeurs pour ne pas gêner ceux qui “kontan zoue par deryer”. Et pour l’essayer, il a demandé plusieurs avis. “Kan Menwar dir moi mari serye lerla monn gagn mo sertifika”, ajoute Zul Ramiah. Sceau d’authenticité à cause d’une part “le franc-parler de Leloup, sa passion pour les instruments et ses voyages à la quête de nouvelles sonorités”. Ravanne proposée dans un kit comprenant une maravanne en fleur de canne et un triangle. Quelle suite, maintenant que le concept a été lancé avec le concours de la MASA ? Zul Ramiah est catégorique. Il dit ne pas être intéressé par les brevets. Notamment à cause des procédures administratives et de leur coût. “Je ne souhaite pas me lancer dans l’exploitation industrielle, j’ai d’autres projets.” Son plan : placer dix ravannes (avec la maravanne et le triangle), à un “prix de soutien”. Et ainsi trouver les moyens nécessaires à l’enregistrement de son prochain album. source L'express Article publié le Lundi 25 juin 2007. Aline GROËME-HARMON |
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ESPRIT LIBRE L’oubli ? «J’ai rêvé d’un machin qui nous remettrait la mémoire à zéro comme un compteur de bagnole », disait Boris Vian, lui qui sentait tellement la mort guetter sa vie à chaque coin des rues de Saint-Germain des Prés, ce quartier de Paris où, au Caveau de la Huchette, il faisait danser au son de sa « trompinette » la jeunesse au pull noir de ces années d’après guerre… On sent combien, dans ses romans (longtemps méconnus) comme « L’Ecume des jours », tendre et cruel drame, « l’amour fou se brise contre la mort ». La mémoire à zéro, c’est-à-dire pouvoir « recommencer ». En oubliant. Car qui dit mémoire, dit oubli. Mais, dans le labyrinthe de notre cerveau, dans ce duo d’enregistrement que sont le Cœur et l’esprit, « on n’oublie pas comme ça… On n’oublie pas ce qu’on veut oublier. » Il voyait juste, car c’est précisément ce dont on voudrait se délivrer qui persiste et vous marque pour la vie… L’oubli n’est au fond qu’un accident de la mémoire. C’est le « trou de mémoire » du comédien, dont le trac paralyse soudain la faculté de répétition. Panne ou distraction. Au pire, c’est le syndrome d’Alzheimer, le « compteur à zéro », mais qui efface tout, sans espoir de recommencement… Avec le temps, la mémoire accumule dans le magasin aux souvenirs, où s’inscrit une quantité prodigieuse de faits passés. Inconsciemment, il s’opère un tri dans ce musée d’images, selon un processus que nous ne contrôlons pas, car, sans le savoir, on oublie beaucoup. Il suffit, pour s’en convaincre, de relire un livre, déjà lu dix ou quinze ans plus tôt. On s’aperçoit alors que, si l’on a gardé mémoire du sujet, de quelques personnages, en revanche notre cerveau a laissé tomber en route une quantité de péripéties, de détails, d’incidents… Et on relit « autrement ». C’est comme de revoir un ami, un parent, après vingt ans d’absence. Ou, par exemple, de fouiller dans sa prime enfance. Plus on remonte le temps, plus l’image devient floue, jusqu’à nos premiers pas dont il ne reste rien. Dans la volonté d’oublier un passage de l’existence qui a blessé, qui a fait souffrir, il entre toujours une part de transfert : on parvient à reporter sur un être différent l’affect qui nous a perturbés – pas toujours avec succès. Une part de notre « moi » est détruite, et ne renaîtra pas. Ce que dit un texte de Jacques Brel : « On n’oublie rien de rien/on n’oublie rien du tout…/ On n’oublie rien de rien,/ On s’habitue, c’est tout… » Avec l’usure du temps, qui « dégraisse » ou schématise les chagrins. Pourtant, Montaigne, par exemple, déplorait « l’incroyable défaut de mémoire dont il souffrait ». Ce qui explique finalement ce désir qui le saisit un jour de fixer par l’écrit le contenu de ses pensées du jour – une sorte de journal personnel. Ce qui nous donna les « Essais ». Avec cette étonnante devise : Que sais-je ? qu’il fera graver dans le bronze. L’homme de notre temps, devenu « l’individu », désolidarisé au quotidien du monde réel (tout en croyant, par médias interposés, baigner au cœur du présent…) seul au milieu de la foule, de l’agitation d’un monde de plus en plus factice, perd peu à peu ce sens de la mémoire du passé. Jadis, l’Histoire nous reliait aux autres par des souvenirs communs. La collectivité développait des familles de pensée, proposait des buts partagés… De nos jours, c’est plutôt le « chacun pour soi », qui crée cette sorte d’isolement flottant, dans une marée d’événements que l’échelle du « temps humain » peine à mémoriser. D’où cette tentation d’oublier très vite ce flot de faits issus du monde entier, mis à la portée de tous, heure par heure, et dont la mémoire, par instinct de protection, opère le « nettoyage ». C’est très net chez le vieillard, (mais pas uniquement), qui oublie des faits récents, mais, par contre, se souviendra avec une netteté surprenante de son enfance, de son lointain passé. Ce que les gérontologues – spécialistes des processus du vieillissement — appellent la « mémoire antérograde ». Jung, dans son « Exploration de l’inconscient » le précise : « Oublier, en fait, est normal et nécessaire, afin de faire de la place dans notre conscience à de nouvelles impressions, de nouvelles idées. » Je ne sais plus qui disait : « J’ai une mémoire excellente : j’oublie tout. » À quoi bon se rappeler les injures, les échecs, les trahisons… Gardons plutôt le souvenir des bienfaits reçus, des moments de bonheur. Michel BEDU |
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