1 février, 172eme Anniversaire de L'abolition de l'esclavage - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 02/02/2007, 07h06
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1 février, 172eme Anniversaire de L'abolition de l'esclavage

Messe du 1er février : l'apologie de la résistance

Valérie Olla

La Tour Koenig, 1er février
(...) Ler tann lisyen zapé, ti bizin swazire. Ant retourn lor domenn, ouswa met listwar dan lasenn. Tan kout fizi tire. Leker ti tortire. Si pou twa se enn malsanss, pou mwa se rezistans (...)". C'est cette résistance, celle des marrons épris de liberté, qu'a voulu célébrer le Comité 1er février lors de la messe dite, jeudi, à l'occasion du 172e anniversaire de l'abolition de l'esclavage en l'église Saint Matthieu à La Tour Koenig.
Si les histoires de Tatakama, Coutoupa, d'Alexandre, de Diamamouve, Zéphir et Madame Françoise datent du 19ème siècle, aujourd'hui encore, au 21ème siècle, quelques-uns font toujours de la résistance. Ils combattent ce qu'ils considèrent comme une injustice de l'histoire. Lorsque la voix éraillée de Lisette Talat s'est élevée, c'était pour faire entendre ceci : "juska kan li pou coume sa seigneur ?" Lors de l'homélie, en trois temps, cette figure emblématique de la lutte chagossienne a livré son témoignage de résistance. Elle a relaté ses années passées à lutter pour regagner Diego Garcia, sa terre natale. Ses années de souffrance sur le sol mauricien.
"Pendant sa voyage dix jours la depi Diego juska Moris, nou pa ti pe gaigne dilo lor bato la. Avec l'oder, nou pa ti pe capav respirer. Ene partie dimoune ti lor pont ene lot parti dan la calle bato. Mo martyre pa ti encor fini", raconte Lisette Talat. Elle lâche, amère, que lorsqu'elle est arrivée à Maurice, il ne lui manquait que les chaînes... Cette descendante d'esclave a relaté qu'en moins de huit jours, après son arrivée à Maurice, elle a perdu deux de ses six enfants. Et que depuis quarante ans elle se bat. "Mone gagne baté avec la police, mone fer la grève de la faim, mone dormi dan prison", dit Lisette Talat. Pour la délégation chagossienne qui s'envole vendredi soir pour l'Angleterre, elle a demandé les prières du Seigneur.
Pour Jimmy Harmon, respon-sable du programme Prevokbek et membre du Comité 1er février, qui s'est également exprimé lors de l'homélie, le plus grand héritage qu'aient légué les marrons, c'est la langue créole. "La langue de résistance des esclaves", a-t-il dit. Jimmy Harmon a déclaré qu'il déplorait le fait que le créole soit consi-
déré à l'école comme une langue de moindre importance alors que "nou met debout nou bane zenfans kan nou reconet zot langage". Il a dit qu'il se bat avec d'autres pour la reconnaissance du créole à l'école. "Nou pe fer résistance pou tout zenfan", a-t-il soutenu.
La messe concélébrée par Jacques David, prêtre de la paroisse, a été présidée par Mgr Maurice E.Piat, évêque de Port-Louis. "Etant moi-même un descendant de colon, je suis tout de même ici aujourd'hui dans la joie et en franche solidarité", a déclaré Mgr Piat.
Citant Alain Romaine et un psaume qui parle d'une "pierre rejetée par les bâtisseurs qui est devenue la pierre d'angle", l'évêque de Port-Louis dira que les esclaves ont construit beaucoup de bâtiments et qu'aujourd'hui, leurs descendants peuvent contribuer à construire la nation.
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Vieux 02/02/2007, 10h38
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YES !!!
Courage Rebels du soleil


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Vieux 02/02/2007, 14h33
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A mon frère marron

HOMMAGE

A mon frère marron

Les historiens racontent mille et une histoires, pour nous dire comment des chasseurs ont tué tant de bêtes les plus sauvages, même le Roi de la jungle.

Pas un n'ose raconter comment " un matin un lapin a tué un chasseur ".

Mais toi l'esclave Marron, raconte-moi ton histoire.

Tu n'avais pas, tu n'aurais pas dû en avoir d'histoire, puisqu'interdite, inracontable.

Tu n'avais pas de nom.

D'immatriculation peut-être ?

Tu avais, par contre, une couleur : MARRON, au parfum de la liberté, comme la Rose marron qui pousse sauvagement en toute liberté.

Raconte-nous.

Tu n'avais ni droit d'existence, ni d'âme.

Il paraît que, grandeur d'âme, tu en avais : tu te rebellas contre cette vague immonde de la violence qui faisait de vous des sous-hommes, des bêtes à traquer.

Malgré le poids de la souffrance et de la dureté des luttes, tu avais des ressources pour réagir.

Comment faisais-tu ?

Pas d'abdication, et tes maîtres avaient peur de cette rébellion inopinée, inattendue.

OUI, raconte, comment pourchassés comme des cochons marrons, toi et les tiens vous étiez enterrés comme des tanrecs en hibernation, attendant votre heure.

- Curieusement les tanrecs à la couleur marron font la joie des descendants d'esclaves à chacune de ces fêtes de libération que sont Noël et Pâques.

Oui, toi et les tiens vous vouliez grimper vers le haut par sursaut, pour faire le grand plongeon dans l'abîme de la liberté.

Raconte ce combat journalier afin de ne pas se laisser submerger par cette violence inouïe, en préparant chaque instant cette fuite, en refusant d'être des sous-hommes sans hommes et des bêtes de somme.

Prisonnier, victime d'agression quotidienne, coup de fouets, punitions :

Comment étiez-vous à rester sur le qui-vive à chacune de vos tentatives et de vos refus d'obtempérer ? Récalcitrant, va !

Au travers des sentiers escarpés, longeant des terres arides et des forêts infranchissables, vous cherchiez les fleurs de la liberté.

Etait-ce pour que la mémoire de cette lutte ne soit pas méconnue et occultée ?

Quelle lutte !

Enfin raconte-nous comment de cette haine invincible, devant tant de souffrance terrifiante :

toi et les tiens ont choisi en quelque sorte de ne pas condamner toute l'humanité à un enfer. Tu as voulu en luttant pour ta liberté rester un être humain, sachant que tout humain est capable de commettre des actes épouvantables.

Ta quête de liberté ressemble à la passion du vrai maître que tu ne connaissais sans doute pas.

Lui, il a toujours été, en priorité, du côté des perdants.

Rien n'est jamais perdu ! Ta lutte, ta mémoire seront là avec toi, avec nous, jusqu'au bout quoi qu'il en coûte.

Aujourd'hui, tu défraies la chronique de tant de journaux, et pour te conter des chasseurs de primes.

Au fait, est-ce les fleurs de la liberté que tu cherchais tant avec les tiens qu'on dépose ces jours-ci au sommet et au pied des sites symboliques ?

Encore une histoire insaisissable !

Comme disait feu mon ami : " La pendule peut avoir un retard, Mais l'heure doit sonner. "

Hommage à toi mon frère Marron.

Alex Maca
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Vieux 02/02/2007, 17h20
Avatar de brunoyaka
Sirdar
 
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C'est un beau texte. J'en rajoute un d'un écrivain antillais, Ernest Pépin. Il est un peu long mais je le trouve fort.



Fils des murailles
Nous avons transporté les bosses du désert
Jusqu’aux portes du refus
La terre sous nos pieds déroulait ses frontières
Hissait des barbelés
Et refusait nos mains de pèlerins
Les passeurs cassaient nos âmes
Nos corps marqués au fer du soleil
Nos langues sèches de barbares errants
Et froidement tétaient l’argent de nos exils
C’est l’heure d’une folie douce
Nos genoux ont balisé l’enfer
Notre faim a mangé la poussière
Et nos silences ont grimpé la tour de Babel
C’est l’heure d’une folie douce
Là-bas
La ville amarre la misère
Le visage de l’épouse allume une feuille morte
L’enfant qui naît enjambe l’avenir
Là-bas la mort embarque les jours
Et les nuits dévorent la chair des étoiles
Nous sommes d’un long voyage
Un voyage d’ancêtres au cœur maigre
Un voyage de sauterelles affamées
Un voyage de pays sous perfusion
Un voyage d’ombres sans corps
Nous sommes de ce voyage
Où les nuits font contrebande de chair
Où les jours ont honte de leur soleil
Où les hommes quémandent le droit de respirer
Nous sommes de ce voyage
Nos yeux chavirent comme des pirogues blessées
Nos mains dénouent le nombril des vents
Et nul arbre n’accueille l’ombre de nos rêves
Partir n’est pas partir
Quand les murs sont vivants
Partir n’est pas partir
Quand l’oiseau est sans nid
Partir n’est pas partir
Quand la terre se cloisonne
Dans la peur des peuples
Nos pas effraient la tour Eiffel
Les capitales repues du sel des colonies
Les usines à chômage
Les bourreaux d’arc-en-ciel
Les bourses mondialisées
Et les marchands de peau
Nos pas dérangent la marche du monde
Nos pas vont en fraude supplier l’horizon
Ils ne savent pas ouvrir les monnaies de l’accueil
Et ils s’en retournent humiliés
D’avoir à retourner
Au seuil de nous-mêmes
Est-ce la peau qui refoule
Est-ce l’homme qui dit non
Nous sommes les arpenteurs du refus
Les déserteurs sans papiers
Les capitales ont tissé nos douleurs
Et leurs lumières sont des flocons de sang
Des feux rouges sans paupières
Des enseignes interdites
Insectes saisonniers
Nous jouons
A recoudre l’espace
Derrière l’incendie
Nous jouons des jeux de prisonniers
Le monde entier est notre prison
Et nous jouons nos vies
Au casino des riches
Voici venue la saison des fleuves vides
Voici venue la saison des barbelés
Voici venue la saison des marées humaines
Voici venue la saison des esclaves volontaires
Même le village a mangé son midi
Et nos villes drapées dans la poussière
Sortent des seins maigres comme des aiguilles
Ô pays !
Nous avions rendez-vous avec les pays du rêve
Avec une autre géographie
Avec les grandes puissances de l’or et de l’euro
Leurs villes sont des vallées de miel
Des cornes d’abondance
Et leur pain quotidien récite sa prière
A l’ombre des cathédrales
Nous n’avons rien à déclarer sinon la faim
la faim n’a pas de passeport
Nous n’avons rien à déclarer sinon la vie
la vie n’est pas une marchandise
Nous n’avons rien à déclarer sinon l’humanité
L’humanité n’est pas une nationalité
La misère ne passe pas
Passager clandestin
Elle retourne au pays
Nos sandales ont usé les nuits
Nos pieds nus ont écorché les dunes
La rosée pleurait une terre inhumaine
Et nos mains mendiaient une autre main
Les drapeaux ont peur de leurs promesses
Ils se sont enroulés comme des scolopendres
Notre soif est retournée au feu de notre gorge
Et la vie nous a tourné son dos
Tout homme qui s’en va défie l’entour
Dessouche une nation
Et lézarde une étoile
Et dans ses yeux grésillent une autre vie
Son feuillage est d’outre-mer
Quand tout au loin luit son désastre
Il fait troupeau vers les quatre saisons
Il fait tombeau aux bornages
O nègres marrons !
Ce sont forêts de béton et d’arbres chauves
Souviens-toi de l’enfant mort d’atterrir
En un seul bloc de froidure
Dessous le ventre de l’avion
Souviens-toi de sa mort d’oiseau gelé
Souviens-toi
Et toi reconduit
Econduit
Déviré
Jeté par-dessus bord
Taureau d’herbe sèche
Regarde toi passer sur ta terre
Les yeux baissés
Et sur la joue le crachat des nations

Ils ont faim du soleil
Mais le soleil a faim aussi
(Parole de poète)
Demande-toi où est ton lieu
Ton seul lieu d’accueil
Tu inventeras ta terre


Lamentin le 29 octobre 2006
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Vieux 03/02/2007, 16h00
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COOL Le Texte,c'est bien touchant tous ces mots dedant...
BONNE FÊTE à La Nation Mauricienne !!!
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Vieux 03/02/2007, 19h10
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Messages: 816
Quand mo pense zistoire mo zancet, larme vine dans mo lizié! Li fine souffert, li fine kitte so la terre, so fami, so liberté pou vinne esclave dans ene ti pays! Li ti ene objet, li ti ene marsandise, li né ti né pli éna aucène droit! Même quand li ti fine gagne so liberté, li pas ti libre, li ti fine perdi tout so bann repère! Li fine pran létemps pou relève so la tête et regagne so dignité. So coulère la peau ek so origine ti ene handicap dans beaucoup situation.

Mais paradoxalement li fine donne moi ene origine, ene nom, ene chemin, ene but. Li fine réussi donne moi tout cé ki li ti fine perdi lors ça négrier ki ti fine amène li lors ça tizil là... Zordi mo coulère la peau ek mo l'origine fer mo fierté!

Aussi bizarre ki li paret, mo fine vine vive dans ene la ville ki ti ene ancien comptoir de la traite négrière! Li pas ene revanche lors le passé. Li ene prise de pouvoir lors mo destiné...

Chagrin fine vine mo la force

Mo pas bliyé cote mo vini et ki mo été....
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  #7 (permalink)  
Vieux 03/02/2007, 21h43
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Rambo Morisien
 
Date d'inscription: août 2006
Localisation: région Parisienne IDF
Messages: 5 519
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Merci Momo et Bruno pour zot l'article touchants, fode zamais nous oublié nous ancetres
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172eme, anniversaire, fevrier, labolition, lesclavage

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