Enfants sniffeurs de colle - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 24/09/2006, 10h27
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Enfants sniffeurs de colle



Enfants sniffeurs de colle

Le phénomène continue à prendre de l'ampleur


Depuis qu'il est venu aux devants de l'actualité il y a trois ans, le problème d'enfants sniffeurs de colle n'a fait qu'accroître. Il touche davantage de jeunes de plus en plus tôt. Aucune solution véritable semble n'avoir été trouvée à cette situation qui découle d'un ensemble de maux sociaux affectant des familles et des régions entières. La situation inquiète, surtout que les réponses restent particulièrement timides.
Jordan a 6 ans. Initié, il y a plusieurs mois, à la colle par un de ses frères, le petit garçon avait commencé à y prendre goût. Avec son frère, Richard, âgé de 15 ans, et d'autres garçons de la cité, il découvrait les effets procurés par la substance. "Enn fwa monn rémarké ki so labous santi lakol. Lerla monn al dekouver ki li sniffé li ousi", raconte Cindy, sa mère. À 36 ans, la jeune femme vient d'accoucher de son… dixième enfant. Depuis qu'il a été découvert, Jordan ne sniffe plus de la colle, affirme sa mère.
Tel n'est pas le cas pour Richard et Hansley, 11 ans. Dans cette cité de la périphérie de Port-Louis, la colle gagne de plus en plus du terrain auprès des enfants et des adolescents. Les trois fils de Cindy n'y ont pas échappé ! Suivi à l'hôpital psychiatrique depuis qu'il est tout petit, Richard s'est davantage accroché à la colle. Malgré son état de santé, l'adolescent a arrêté son traitement. "Pena larzan pou avoy li lopital", se plaint Cindy. Richard et ses frères ont le profil classique des enfants de rue, dépendants de la colle. Issus d'une cellule familiale fragile où chaque enfant est né d'un père de passage, où la précarité les expose à des risques multiples, Richard et ses frères n'ont que la rue pour échappatoire.
Après avoir été soutenue par une organisation non-gouvernementale, par le biais d'un programme d'intégration, Cindy n'a pas pu s'en sortir pour autant. Elle est retournée dans la précarité de son environnement initial. La jeune mère ne travaille pas, ne peut subvenir aux besoins des huit enfants à sa charge ! Après avoir été scolarisés durant le programme d'intégration de leur mère, les six enfants de celle-ci ne vont plus à l'école. Cela fait un an depuis que filles et garçons ne sont pas retournés en classe ! Comme l'argent fait défaut, et que la nourriture ne rentre pas toujours, Richard a trouvé un moyen d'éviter la faim en sniffant régulièrement de la colle. Celle-ci, de par ses composants, agit comme coupe-faim. Pour se procurer cette substance, Richard, à l'instar de la plupart des sniffeurs de la cité, fait de menus travaux ci et là. Mais sa dépendance à la colle le conduit parfois dans des situations délicates. "Lot fwa, la polis kinn vinn dir mwa ki li dan stasyon. Zot ti ramass li ar enn group, ladan ena ki ti pe riss lakol", raconte Cindy.
De plus en plus tôt
Depuis trois ans cependant, le nombre de jeunes toxicomanes dépendant de la colle ne cesse d'amplifier. S'il est possible de relever les régions concernées par ce fléau qui affecte essentiellement des enfants et des adolescents, il est actuellement difficile d'avancer un chiffre exact et dresser l'ampleur du dégât. Malheureusement, à chaque trimestre, les données changent. Notamment sur le nombre même des sniffeurs.
Sur le terrain, l'on a pu remarquer que des enfants de plus en plus jeunes (5-6 ans) savent déjà comment s'y prendre pour sniffer. Le mode d'inhalation a aussi changé depuis peu. En effet, l'indispensable sac en plastique des sniffeurs est souvent remplacé par la… paume de la main. La colle y est directement placée avant qu'elle ne soit inhalée. Dans le cas d'anciens sniffeurs, ceux qui ont commencé il y a six ans ou plus, les effets recherchés auprès de la colle ne procurant plus les mêmes sensations fortes qu'au début, ils ont tendance à faire de l'alcool un complément de la colle, avant de passer à des substances dures.
Cela fait longtemps déjà que des travailleurs sociaux et d'autres engagés auprès des enfants en difficulté tirent la sonnette d'alarme sur la situation de la colle dans les régions de Port-Louis, à Rose-Hill et, tout récemment, à Mahébourg. À ce jour, les interventions spécialisées ont été rares. Celle entamée par des éducateurs de rue à l'époque relève maintenant du passé. Regroupés en organisation non-gouvernementale (SAFIRE) pour revenir sur le terrain, la majorité de ces éducateurs, faute de financement, peine toujours à reprendre l'encadrement des enfants sniffeurs de colle.
De son côté, le Mouvement pour le Progrès de Roche Bois, ayant mis en place un projet d'intervention auprès des enfants de rue, a déjà ciblé ceux touchés par la toxicomanie. Les 6, 7 et 8 octobre, dix-huit enfants de rue participeront à un camp résidentiel où ils seront amenés à réfléchir autour des sujets qui les concernent, notamment la colle et aussi le VIH et Sida.
D'autre part, l'Atelier du Savoir à Terre de Paix, Albion, propose une intervention à caractère pédagogique à des enfants de Rose-Hill, exposés à la toxicomanie. Cette prise en charge vise avant tout à l'intégration scolaire, souligne Alain Muneean de Terre de Paix. Ces enfants, scolarisés certes, mais sans repères, ont dû mal à s'exprimer dans le cadre éducatif dans lequel ils évoluent, pour plusieurs raisons. Retrouvant des activités spécialement conçues pour eux par Terre de Paix, ils développent peu à peu plus d'assurance et ne cherchent pas toujours d'autres modes d'expression, sur la rue et qui leur sont souvent néfastes.
Service fragmenté
Les interventions à même le terrain étant indispensables, il s'avère que la prise en charge spécialisée en structure demeure essentielle pour compléter l'accompagnement. Cependant, Alain Muneean relève que l'encadrement des enfants en difficulté est assuré par un service "extrêmement fragmenté" et une prise en charge incohérente. "Le travail que nous faisons dans l'encadrement des enfants de Camp Levieux à Rose-Hill est un exemple de réussite en matière de cohérence. Si elle a fonctionné, c'est parce que nous n'avons pas eu besoin de nous battre avec le ministère de l'Éducation pour avoir accès à l'école primaire. Nous travaillons en étroite collaboration avec des officiers du ministère, enseignants et le secteur privé. L'Atelier du Savoir contribue en apportant son expérience et sa connaissance pédagogique", explique Alain Muneean.
Quant à la question de savoir à qui revient la responsabilité d'encadrer les enfants toxicomanes, Alain Muneean estime que "la société civile et les ONG ont un rôle d'appoint non négligeable". Cependant, c'est aussi dans un cadre de partenariat cohérent que l'État, le secteur privé, la société civile, les ONG, entre autres, devraient conjuguer leur effort et volonté pour enrayer, sinon diminuer les problèmes auxquels sont exposés les enfants.
N'empêche, il revient à l'État de mettre en place des structures, outils ou facilités à la disposition de professionnels de l'enfance. Il y a quelques mois, la ministre du Développement des Enfants, interpellée sur la question de la colle, avait d'emblée émis le souhait de retirer ce produit du marché. Démarche qui ne pourrait être la prévention idéale et la solution définitive à un problème qui a déjà causé des dégâts.
Entre-temps, il est juste de rappeler que des commerçants continuent à vendre de la colle selon la quantité réclamée par les sniffeurs (allant de Rs 1 à plus) ou en tube à des enfants. Il revient que la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers (NaTRESA) a été chargée de faire un relevé des colles les plus utilisées par les enfants. Cependant, le président du board, Gérard Lesage, rappelle que "les enfants ont toujours accès aux traitements dispensés dans les centres…"



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Vieux 24/09/2006, 18h40
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Enfants sniffleurs

Ceci est encore une conséquence de la vie précaire d'un milieu défavorisé par la société dans laquelle nous vivons car ce n'est pas un cas unique dans ce monde oû l'argent a pris emprise sur la valeur humaine.Malheureusement ce sont encore des enfants qui en payent les pots cassés par leur innocence.
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colle, enfants, sniffeurs

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