Une coûteuse tentative d'émigration - Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice

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Vieux 03/09/2006, 09h30
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Une coûteuse tentative d'émigration

Une coûteuse tentative d'émigration


Depuis quelque temps, les candidats à l'émigration augmentent, comme les agences proposant de leur faciliter la tâche en entreprenant les démarches à leur place. En sus des agences officielles, il existe également des "institutions", qui, sous le couvert de programmes d'études, proposent aux candidats au départ de contourner certaines difficultés. Cette manière de faire peut parfois coûter très cher à ceux qui prennent le risque de les accepter. C'est ce qui est arrivé à un couple et leurs deux enfants, qui voulaient passer par un "chemin coupé" pour s'installer en Australie.
Voici leur mésaventure racontée par la jeune mère de famille.
P. et M. font partie de ce que l'on appelle la classe moyenne. P. travaille depuis plus de vingt ans dans une entreprise du secteur privé où il occupe un poste de responsabilité. M., son épouse, travaille comme secrétaire dans le secteur privé et ils gagnent à eux deux plus de Rs 40 000 par mois. De quoi vivre confortablement avec leurs deux enfants de moins de sept ans. Ils possèdent chacun une voiture et une maison qu'ils ont hypothéquée pour les besoins d'un prêt bancaire d'une valeur de Rs 1 million destiné à des travaux d'agrandissement et d'embellissement.
Cette petite famille a tout pour être heureux, mais P. porte en lui un rêve: aller s'établir en Australie où certains de ses proches sont déjà installés. Mais ses démarches pour obtenir un permis n'ont jamais abouti et plusieurs de ses lettres sont restées sans réponse car il n'exerce pas un de ces métiers recherchés en Australie et n'a pas le profil idéal. À la fin de 2004, P. découvre tout à fait par hasard, en passant devant son siège social, l'existence d'Australian International Education, dont le motto est "your future starts here". P. fait la rencontre du propriétaire, qui lui explique que son institution - qui porte également le nom d'Australo-Mauritian Ltd - donne des cours d'informatique et de comptabilité, mais qu'il met également son expérience d'ancien fonctionnaire du gouvernement fédéral australien au service des Mauriciens. Plus précisément, il "aide les Mauriciens qui veulent aller en Australie à faire leurs démarches".
P. explique qu'il veut aller en Australie mais que ses démarches n'ont jamais abouti. L'ancien fonctionnaire pose quelques questions à son interlocuteur, et à partir des réponses obtenues, déclare qu'il a la solution au problème de P.: au lieu d'essayer d'obtenir un Permanent Residence en passant par la filière classique, il faut passer par le chemin des études. L'Australie accorde un visa d'étudiant à ceux qui entreprennent des études tertiaires dans une de ses institutions et - fait intéressant - ce visa englobe aussi le conjoint et les enfants de l'étudiant. Comme P. est un peu trop âgé selon les normes australiennes pour entreprendre des études, l'ancien fonctionnaire suggère que ce soit M. qui fasse les études et demande le visa. En ce qui concerne le choix des études, aucun problème: Australo-Mauritian Ltd organise justement des cours pour l'obtention d'un diplôme en comptabilité, dont la première année commence à Maurice et la deuxième a lieu dans une institution australienne de Melbourne, dont la compagnie mauricienne est le représentant à Maurice. La deuxième année en Australie permet d'obtenir un diplôme qui autorise celui qui le détient à devenir tax agent et d'obtenir rapidement le permis de résidence.
Séduit, P. parvient à convaincre sa femme d'entreprendre des études en compatibilité, en part time, après ses heures de bureau. Ces cours durent deux semestres de six mois et coûtent Rs 70 000. C'est un peu cher, et il faut réorganiser la vie de la famille, trouver des personnes pour garder les enfants les après-midi de cours. Mais il y a au bout de ces études le visa d'étudiant et l'entrée en Australie. Cet avenir assuré vaut bien quelques sacrifices.
"Nous étions en Australie, mon mari était ravi, les enfants aussi"
Si P. est enthousiaste, M. est un peu plus mitigée au départ, mais finit rapidement par se laisser séduire et passe sur certaines choses. Entrée en février 2005 dans la classe de comptabilité, elle découvre que certains des dix élèves ont commencé en octobre de l'année précédente et que d'autres seront admis plus tard. Elle découvre qu'il existe en fait deux groupes d'étudiants en compatibilité qui travaillent en parallèle. Elle trouve que le cours est un peu désorganisé et que les horaires sont élastiques et que la finalité des élèves n'est pas de passer les examens mais d'obtenir le permis d'étudiant en Australie.
M. entame son deuxième semestre pour terminer sa première année d'études en août et démissionne de son travail quelque temps après pour faire ses démarches après l'obtention de son permis d'étudiant. Le couple vend une de ses deux voitures et prend ce qui reste du prêt bancaire de Rs 1 million pour payer les billets d'avions, le premier semestre des études en 2006 dans l'institution australienne, payable à Maurice (4 600 $ australiens) et pour que la famille puisse vivre en attendant le permis de résidence à la fin des études de M., fin 2006.
Toute la famille quitte Maurice pour Melbourne début janvier 2006 et va s'installer chez des parents, où ils doivent habiter à quatre dans une chambre. "Mais ce n'était pas grave. Nous étions en Australie, mon mari était ravi, les enfants aussi. Nous avons trouvé une école pour eux et j'ai commencé mes cours dans l'institution australienne, avec mes camarades du cours mauricien." Car tous les élèves du cours de comptabilité ont fait le même parcours que M. pour obtenir leur visa, ont vendu ce qu'ils pouvaient - ou ont fait les emprunts nécessaires - pour étudier et vivre pendant une année en Australie. En attendant d'obtenir le diplôme leur permettant de devenir tax agent, d'obtenir le permis de résidence et de commencer, enfin, la nouvelle vie rêvée depuis si longtemps.
En attendant, P., M. et leurs deux enfants découvrent Melbourne et commencent à s'organiser. Ils sont définitivement à l'étroit à quatre dans une chambre, mais cette situation n'est que provisoire, se disent-ils. Comme les deux parents ont droit à vingt heures de travail par semaine, ils commencent à se renseigner sur les possibilités de part time, car les choses sérieuses vont commencer à la fin d'avril. Car P., qui a vingt ans de carrière dans son entreprise, doit donner trois mois de préavis. En février, P. revient à Maurice, démissionne de l'entreprise où il avait travaillé pendant vingt ans, règle les dernières affaires familiales en cours, et se prépare à aller rejoindre définitivement sa famille en Australie.
Un million pour un séjour de six mois
C'est aux alentours du début d'avril que les étudiants mauriciens suivant le cours d'Advanced Diploma of Accounting apprennent la mauvaise nouvelle. La première année de cours de comptabilité à Maurice - qui, ils l'apprennent également, n'était pas complète - ne compte pas. C'est alors qu'ils s'aperçoivent qu'ils n'ont jamais reçu de certificat pour cette première année mais tout juste une attestation. Selon les règlements en vigueur, il faut étudier deux ans en Australie pour obtenir le diplôme nécessaire et éventuellement - et surtout, longtemps après - le fameux Residence Permit (RP). Alertés par les élèves affolés, les responsables de l'institution tertiaire soulignent qu'ils ne sont pas là pour régler les problèmes de visa d'étudiant mais pour dispenser des cours.
Une fois la stupeur passée, les élèves essayent de trouver une solution au problème qui n'avait jamais été évoqué par le responsable de l'Australo-Mauritian Ltd. Il n'y a que deux solutions: faire les deux années du diplôme ou s'inscrire dans un autre cours pour remplir les conditions nécessaires pour pouvoir rester et travailler en Australie. Mais pour ce faire, il faut des moyens financiers pour payer les cours et vivre pendant le temps des études. Et comme la plupart des étudiants ont déjà beaucoup emprunté pour le voyage, les cours, les frais de séjour, ce n'est pas évident. Chacun essaye de "tracer" son chemin en adoptant des solutions adaptées - autant que faire se peut - à chaque cas. Pour la majeure partie d'entre eux, la toute dernière éventualité serait de revenir à Maurice. Il faut tout essayer pour rester, quitte à vivre très mal. Dans des conditions pires que celles qu'ils connaissaient à Maurice.
Pour M., la situation est encore plus compliquée du fait qu'elle a deux petits enfants et que son mari a déjà démissionné et est revenu en Australie avant de découvrir l'histoire de la première année. "Nous avons essayé d'envisager toutes les solutions possibles pour rester en Australie. Mais mon mari et moi ne pouvions pas travailler plus de 20 heures par semaine et il fallait que je continue à étudier et à payer les études. Ce n'était plus possible. J'ai fait les comptes: entre les frais de scolarité, les billets d'avion et les frais pour vivre mal à Melbourne pendant à peine six mois, nous avions dépensé presqu'un million de roupies. Si j'avais poursuivi mes études, il aurait fallu trouver de quoi vivre pendant un an, sans que mon mari puisse travailler à plein-temps et en habitant chez des proches. Il aurait fallu pour cela vendre le dernier bien qui nous restait à Maurice: la maison. Nous avons bien réfléchi et décidé que nous ne pouvions pas prendre ce risque en entraînant nos enfants dans cette aventure. Nous avons donc décidé de rentrer à Maurice. C'était la seule solution qui nous restait."




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"Ne pas laisser le désir de quitter Maurice vous faire perdre le sens des réalités"
Si les enfants réintègrent facilement leur école, tout en regrettant celle de Melbourne, la tâche a été moins aisée pour leurs parents. P., qui avait démissionné de son poste, a été réembauché dans la même entreprise. Mais à un poste moins important que celui qu'il occupait jusqu'en février de cette année. M. a passé plusieurs interviews pour trouver un job et devrait avoir une réponse affirmative dans un proche avenir. Ils ont commencé une nouvelle vie à Maurice en puisant des leçons dans la coûteuse parenthèse australienne.
Contrairement à ce que l'on aurait pu penser, P. et M. ne sont pas allés demander des comptes ou faire des reproches au directeur d'Australo- Mauritian Ltd. "Qu'est-ce que vous voulez que j'aille lui dire ? Ça servirait à quoi ? Nous avons perdu du temps et beaucoup d'argent parce que nous avons fait confiance aveuglément, mais aussi parce que nous voulions tellement partir que nous n'avons pas fait attention à certains détails qui auraient dû nous avoir alertés. Le désir de partir, de quitter Maurice a pris le dessus sur le reste."
C'est pour éviter que d'autres Mauriciens fassent la même erreur et se retrouvent dans la même situation que M. a décidé de raconter la coûteuse mésaventure de sa famille. "Je voudrais éviter à d'autres de se retrouver dans la même situation. Il ne faut pas se fier uniquement à ce qu'on vous dit, mais il faut aller vérifier les informations sur les conditions d'admission dans une université, un pays. Il faut surtout essayer de ne pas laisser le désir de quitter Maurice vous faire perdre le sens des réalités pour éviter des situations qui peuvent être dramatiques."


Kishore Ramdayan, directeur d'Australo-Mauritian Ltd :"Je n'ai jamais reçu de complainte"


C'est dans les bureaux d'Australo-Mauritian Ltd à Quatre-Bornes que nous avons rencontré son propriétaire, Kishore Ramdayan, ancien fonctionnaire du gouvernement australien. Les salles de cours étaient remplies en raison du fait que Mme Chris Louey, Manager des Business Services du Chisholm Institute de Dandenong, Melbourne, se trouvait à Maurice pour des interviews d'élèves potentiels. Le syllabus des cours de comptabilité dispensés par Australo-Mauritian Ltd sont, affirme M. Ramdayan, "contrôlés par notre partenaire, Chisholm International. Le cours qui dure deux ans en Australie est réalisé en six mois à Maurice et coûte beaucoup moins cher. J'ai ouvert ces bureaux et organisé ces cours car je veux aider les Mauriciens qui veulent aller étudier en Australie. Depuis que ce bureau est ouvert, j'ai envoyé plus de six cents élèves en Australie et je n'ai jamais reçu de complainte. Je ne suis qu'un facilitateur entre les étudiants mauriciens et les universités australiennes. Nous travaillons en étroite collaboration avec la haute-commission australienne à Maurice pour venir en aide aux Mauriciens qui veulent aller étudier en Australie. Nous les aidons à trouver les écoles, à payer leurs fees, à faire leurs visas, leurs réservations, organisons des réunions de préparation. Nous faisons tout pour qu'ils fassent bien leurs études et passent leurs examens. Ce qui passe après les études ne nous concerne pas Je n'ai jamais eu une seule complainte."
Chose surprenante: à aucun moment de notre conversation, Kishore Ramdayan n'a cherché à connaître le nom de l'étudiant d'Australo-Mauritian Ltd qui nous avait raconté sa mésaventure.
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