christian1
30/04/2007, 18h27
OPÉRETTE
Sourire entendu
Vivre de grands malheurs sans perdre le sourire. Franz Léhar adapté au MGI, c’est un “Pays du sourire” où il fait bon se promener.
http://www.lexpress.mu/images/85453_1.jpgLes tutus dirigés par Ingrid Blackburn. En bas, le duo de solistes : Nicole Kuster (Lisa) et Patrick Bladek (Sou Chong). Une histoire d’amour contrariée. Avec ce qu’il faut de chansons à fendre l’âme. Un zeste de vaudeville. Et plein de fantaisie.
Joyeux divertissement que ce voyage au Pays du sourire, actuellement à l’affiche au Mahatma Gandhi Institute( MGI) à Moka. Une traversée en deux actes avec entracte de vingt-cinq minutes. Nous avons assisté à la répétition générale mercredi.
L’opérette est d’abord d’un format auquel le spectateur moyen local s’est déshabitué. Les saisons lyriques ont disparu depuis 1996. Nourri à l’aune des divertissements d’une heure et demie maxi, il risque de trouver le temps long.
Pourtant, il tendra l’oreille en entendant certains refrains. Là dans le noir, en voyant pointer les archers qui courent sur les violons, au-dessus de la fosse d’orchestre improvisée (la salle du MGI n’étant pas équipée d’une vraie fosse, un espace a été aménagé), il se dira : “Mais je connais ça, tiens, je ne savais pas que c’était dans Le Pays du sourire.”
Pris par les élans vocaux des solistes, Nicole Kuster et Patrick Bladek (Lisa et Sou Chong, les rôles principaux), le spectateur reconnaîtra sans se faire prier : “Waow, quels coffres, quelle énergie.” Avant d’applaudir à tout rompre. En voyant la petite Mi (Véronique Zuel-Bungaroo, “notre” diva) minauder avec son officier de marine (Benoit Harter), il pensera : “Pas mal, elle a de la classe.”
Ses yeux habitués à la pénombre, le temps de l’exposition des thèmes par l’orchestre (de longues minutes à écouter de la musique dans le noir), remarqueront les projections mal cadrées. Surtout le Buddha au début. Il sourira de bon cœur (quand ce n’est pas un rire jaune), en se disant : “Je savais que je n’allais pas échapper à tous les jeux de mots genre : ‘chiner, chinetoque, chinoiseries’.” Exercice incontournable du style de Franz Léhar, compositeur de l’opérette. Tout comme les fantaisies associées à la figure de l’eunuque, joué par Christian Sauzier.
Le spectateur notera également que le metteur en scène, Gil Kether, dans son œuvre d’actualisation de cette opérette, “tout en respectant l’esprit de Léhar” met quelques mots de créole dans la bouche de l’officier de marine. Fraîchement débarqué en Chine, il s’exclame : “Mari pei sa.” Un metteur en scène qui endosse au second acte les habits du méchant prince Tchang, de manière convaincante.
Que des bonnes notes à l’orchestre
Au fil de l’intrigue, le spectateur se dira que tout compte fait, il y a du vrai là-dedans. Les mariages mixtes, on a beau s’aimer, jusqu’où peut-on surmonter les préjugés ? Et accepter que son mari épouse cinq royales fiancées, au nom de la tradition.
Décidément alerte, le spectateur se fera la réflexion qu’il est quand même un peu invraisemblable que des dames de la haute société, qui rencontrent un prince chinois dans un salon mondain, s’asseyent par terre (dans leur robe de soirée contemporaine), pour l’écouter raconter comment on flirte du côté de chez lui, au Céleste Empire.
En ouverture, alors qu’assis dans le noir, il essaye à la fois de scruter les visages des chœurs (reconnaissant au passage Jean Michel Ringadoo et Sandra O’Reilly) et d’admirer les volutes des tutus blancs, du corps de ballet dirigé par Ingrid Blackburn, le spectateur se surprendra à penser :
“Elles sont un peu gênées dans leur mouvement les petites ballerines. La scène n’a pas l’air assez grande pour accommoder deux tables et des chaises, les chœurs et le ballet en même temps.”
Un petit tour et les tutus s’en vont. Remplacés au deuxième acte par les éclats de couleur du ballet chinois, exécuté par les élèves du centre Ming Tek. Se laissant aller à taper du pied sur le même rythme que le tambour qui fait danser les loups chinois, le spectateur, toujours lui, se dit : “C’est sans doute l’un des meilleurs moyens pour intéresser des ados à une opérette : les mettre sur scène. D’accord ils restent dans leur registre de danses folkloriques, mais ils n’oublieront pas qu’ils ont joué dans Le Pays du sourire.”
Et en parlant de jeunes, le spectateur ne donnera que des bonnes notes à l’orchestre du conservatoire François Mitterrand. Sous la direction de Daniel Furnemont, et avec le doigté du pianiste Denis Lesage, cette conscience assise dans la salle se dira : “ils ne se sont pas contentés de lire la partition. Ils l’ont jouée.”
Alors, plus de deux heures trente après le lever de rideau, il se dira, lui qui à 30 ans passés, est venu avec ses parents, parce que depuis plusieurs jours, ils n’arrêtaient pas d’en parler (eux qui ne sortent plus si souvent), qu’ils ont eu plutôt raison d’insister.
http://www.lexpress.mu/images/1x1grey.gif
INFOS PRATIQUES
Cinq représentations jusqu’au 6 mai, à 20 heures les vendredi et samedi et à 15 heures les dimanches. Prix des billets, dans la fourchette Rs 100 - Rs 250 - Rs 400 - Rs 600 et Rs 800. Réductions pour adhérents Otayo et seniors. Places spécifiques pour handicapés avec rampes d’accès. Billets : Rézo Otayo,
Tel. 466 99 99 - Info@otayo.com
http://www.lexpress.mu/images/85453_2.jpgVéronique Zuel Bungaroo (Mi) et Benoit Harter, un duo rafraîchissant
http://www.lexpress.mu/images/85453_3.jpg
Sourire entendu
Vivre de grands malheurs sans perdre le sourire. Franz Léhar adapté au MGI, c’est un “Pays du sourire” où il fait bon se promener.
http://www.lexpress.mu/images/85453_1.jpgLes tutus dirigés par Ingrid Blackburn. En bas, le duo de solistes : Nicole Kuster (Lisa) et Patrick Bladek (Sou Chong). Une histoire d’amour contrariée. Avec ce qu’il faut de chansons à fendre l’âme. Un zeste de vaudeville. Et plein de fantaisie.
Joyeux divertissement que ce voyage au Pays du sourire, actuellement à l’affiche au Mahatma Gandhi Institute( MGI) à Moka. Une traversée en deux actes avec entracte de vingt-cinq minutes. Nous avons assisté à la répétition générale mercredi.
L’opérette est d’abord d’un format auquel le spectateur moyen local s’est déshabitué. Les saisons lyriques ont disparu depuis 1996. Nourri à l’aune des divertissements d’une heure et demie maxi, il risque de trouver le temps long.
Pourtant, il tendra l’oreille en entendant certains refrains. Là dans le noir, en voyant pointer les archers qui courent sur les violons, au-dessus de la fosse d’orchestre improvisée (la salle du MGI n’étant pas équipée d’une vraie fosse, un espace a été aménagé), il se dira : “Mais je connais ça, tiens, je ne savais pas que c’était dans Le Pays du sourire.”
Pris par les élans vocaux des solistes, Nicole Kuster et Patrick Bladek (Lisa et Sou Chong, les rôles principaux), le spectateur reconnaîtra sans se faire prier : “Waow, quels coffres, quelle énergie.” Avant d’applaudir à tout rompre. En voyant la petite Mi (Véronique Zuel-Bungaroo, “notre” diva) minauder avec son officier de marine (Benoit Harter), il pensera : “Pas mal, elle a de la classe.”
Ses yeux habitués à la pénombre, le temps de l’exposition des thèmes par l’orchestre (de longues minutes à écouter de la musique dans le noir), remarqueront les projections mal cadrées. Surtout le Buddha au début. Il sourira de bon cœur (quand ce n’est pas un rire jaune), en se disant : “Je savais que je n’allais pas échapper à tous les jeux de mots genre : ‘chiner, chinetoque, chinoiseries’.” Exercice incontournable du style de Franz Léhar, compositeur de l’opérette. Tout comme les fantaisies associées à la figure de l’eunuque, joué par Christian Sauzier.
Le spectateur notera également que le metteur en scène, Gil Kether, dans son œuvre d’actualisation de cette opérette, “tout en respectant l’esprit de Léhar” met quelques mots de créole dans la bouche de l’officier de marine. Fraîchement débarqué en Chine, il s’exclame : “Mari pei sa.” Un metteur en scène qui endosse au second acte les habits du méchant prince Tchang, de manière convaincante.
Que des bonnes notes à l’orchestre
Au fil de l’intrigue, le spectateur se dira que tout compte fait, il y a du vrai là-dedans. Les mariages mixtes, on a beau s’aimer, jusqu’où peut-on surmonter les préjugés ? Et accepter que son mari épouse cinq royales fiancées, au nom de la tradition.
Décidément alerte, le spectateur se fera la réflexion qu’il est quand même un peu invraisemblable que des dames de la haute société, qui rencontrent un prince chinois dans un salon mondain, s’asseyent par terre (dans leur robe de soirée contemporaine), pour l’écouter raconter comment on flirte du côté de chez lui, au Céleste Empire.
En ouverture, alors qu’assis dans le noir, il essaye à la fois de scruter les visages des chœurs (reconnaissant au passage Jean Michel Ringadoo et Sandra O’Reilly) et d’admirer les volutes des tutus blancs, du corps de ballet dirigé par Ingrid Blackburn, le spectateur se surprendra à penser :
“Elles sont un peu gênées dans leur mouvement les petites ballerines. La scène n’a pas l’air assez grande pour accommoder deux tables et des chaises, les chœurs et le ballet en même temps.”
Un petit tour et les tutus s’en vont. Remplacés au deuxième acte par les éclats de couleur du ballet chinois, exécuté par les élèves du centre Ming Tek. Se laissant aller à taper du pied sur le même rythme que le tambour qui fait danser les loups chinois, le spectateur, toujours lui, se dit : “C’est sans doute l’un des meilleurs moyens pour intéresser des ados à une opérette : les mettre sur scène. D’accord ils restent dans leur registre de danses folkloriques, mais ils n’oublieront pas qu’ils ont joué dans Le Pays du sourire.”
Et en parlant de jeunes, le spectateur ne donnera que des bonnes notes à l’orchestre du conservatoire François Mitterrand. Sous la direction de Daniel Furnemont, et avec le doigté du pianiste Denis Lesage, cette conscience assise dans la salle se dira : “ils ne se sont pas contentés de lire la partition. Ils l’ont jouée.”
Alors, plus de deux heures trente après le lever de rideau, il se dira, lui qui à 30 ans passés, est venu avec ses parents, parce que depuis plusieurs jours, ils n’arrêtaient pas d’en parler (eux qui ne sortent plus si souvent), qu’ils ont eu plutôt raison d’insister.
http://www.lexpress.mu/images/1x1grey.gif
INFOS PRATIQUES
Cinq représentations jusqu’au 6 mai, à 20 heures les vendredi et samedi et à 15 heures les dimanches. Prix des billets, dans la fourchette Rs 100 - Rs 250 - Rs 400 - Rs 600 et Rs 800. Réductions pour adhérents Otayo et seniors. Places spécifiques pour handicapés avec rampes d’accès. Billets : Rézo Otayo,
Tel. 466 99 99 - Info@otayo.com
http://www.lexpress.mu/images/85453_2.jpgVéronique Zuel Bungaroo (Mi) et Benoit Harter, un duo rafraîchissant
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