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Vieux 24/11/2008, 11h08
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Rambo Morisien
 
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CYCLE SECONDAIRE
Baccalauréat international : une école de vie coûteuse

On ne tarit plus d’éloges sur ce programme d’études. Le ministère de l’Education voudrait qu’il remplace le HSC. Mais l’excellence a un coût et une maturité que ne possèdent pas tous les élèves.

En 1996, «Le Bocage International School» était la première institution à proposer le baccalauréat international.Le baccalauréat international, un «programme d’études exigeant», souligne ibo.org, site officiel de ce programme d’études. Et récemment, le ministre de l’Education, Vasant Bunwaree, a fait part de son envie de remplacer le Higher School Certificate (HSC) par le baccalauréat international, y trouvant par là «un système qui offre une formation plus complète» se concentrant sur «la formation globale de la personne». Quels en sont véritablement les enjeux et les défis ?

Ce programme d’études s’étend sur deux ans et est destiné aux élèves en fin de cycle secondaire. Ce programme d’études n’existe que dans deux écoles payantes de Maurice, notamment Le Bocage International School (LBIS) depuis 1996 et Northfields International High School, depuis septembre de cette année. S’il présente de nombreux avantages, un aspect qui préoccupe plusieurs parents est d’abord le coût.

«Les frais d’inscription aux examens s’élèvent à environ Rs 20 000. Pour le reste, il faudrait que je vous fasse part du budget de l’école : professeurs qualifiés et formation, salaires, équipements, infrastructures et services…et j’en passe. Nous sommes une institution privée coûteuse», concède l’International Baccalaureate Coordinator de LBIS, Marie-Claire Luchmun. «Ce n’est pas donné. Moi, j’ai eu la chance d’être aidé financièrement par chaque membre de ma famille», commente de son côté Sébastien Bax, jeune homme de 30 ans qui a passé ce concours en 1997.

Mais hormis son coût, ce programme d’études présente de nombreux atouts. Ceux qui le suivent acquièrent «bien plus qu’une masse de connaissances. Le programme du diplôme les prépare à des études supérieures et les encourage à poser des questions judicieuses, à apprendre, à développer leurs capacités de communication…», lit-on sur le site ibo.org.

Vishen Pillay, 18 ans, fait partie des 83 étudiants de La Bocage International School (LBIS) qui ont participé au baccalauréat international cette année. Ce programme d’études l’a rendu «à un certain degré extraverti grâce à nos nombreuses activités extrascolaires».

Qui plus est «chaque élève est obligé de faire une langue à un haut niveau, ainsi qu’une science humaine – économie, business ou histoire et un sujet scientifique – physique, biologie ou chimie. On est aussi obligé de faire les mathématiques à trois niveaux».


Un programme «difficile»

Le frère et la sœur de Vishen ayant passé par le HSC, ce dernier est apte à faire la comparaison. « Je suis sûrement subjectif mais je crois que dans le système de baccalauréat international on devient plus des all-rounders que dans celui du HSC qui oriente vers une filière particulière.»

Marie-Claire Luchmun juge les deux programmes d’études «incomparables». «Le bac international est un tout, dont les matières en option moyenne sont elles-mêmes d’un niveau élevé.» Incomparable aussi ce qu’elle appelle le cœur du Bac. «Il est composé de trois éléments : créativité, action, service (CAS) qui pousse les jeunes à s’engager dans des activités diverses pour se mettre au service de la société tout en acquérant de nouveaux savoir-faire ; le mémoire de recherche qui prépare vraiment à l’université et la théorie de la connaissance, qui est une démarche de questionnement et de pensée critique.»

La première promotion de LBIS s’est présentée au HSC en 1995. Dès 1996, ils ont tenté le baccalauréat international, ce système ayant été «identifié par les autorités de l’école comme un programme vraiment intéressant, fondé sur une philosophie et un idéal exigeants», précise Marie-Claire Luchmun.

Autrement dit, c’est un programme «difficile», fait savoir Nakshidil Sadien, 16 ans, en première année de baccalauréat international à Northfields. «Mais, c’est le prix à payer pour l’excellence, car cela vous prépare mieux pour l’université que le HSC.» En plus d’«offrir une connaissance plus variée que le HSC. Ce qui fait que vous êtes en mesure de vous diriger vers un éventail de choix de cours quand vient le moment d’entrer à l’université», ajoute Dean Leung Pah Hang qui a également opté pour le baccalauréat international à Northfields.

Cette école offre le baccalauréat international pour la première fois cette année. Aux côtés de l’International A Level, un examen sanctionné par l’université de Cambridge. Cette année, 16 étudiants ont opté pour l’International A Level et 10 pour le diplôme de baccalauréat international.

Un décalage numérique qui résulte de la difficulté du programme ? «Je ne sais pas si c’est plus difficile. En revanche, cela demande beaucoup plus de maturité de l’élève. Deux ans de travail continu demandent plus de maturité que de bachoter à la fin de l’année», estime Thierry Adam, chef de département des sciences et technologies à Northfields. Vishen Pillay en sait quelque chose. «Avec toutes les activités extrascolaires qu’on a à faire, ça ne m’a pas laissé autant de temps que je l’aurais souhaité pour réviser… Mais peut-être que j’aurais dû être mieux organisé.»

L’exigence du baccalauréat international fait aussi que certains n’arrivent pas à compléter leur diplôme. «Ils font un IB Certificate à la place. Mais, ce n’est pas très reconnu, ce qui leur bloque l’accès à de bonnes universités», explique Sébastien Bax.

Aujourd’hui, LBIS affiche un taux de réussite de 84 % au baccalauréat international en 2007. Il était de 82 % en 2005. Le taux de réussite au diplôme augmente ainsi pour la cinquième année consécutive.

De quoi accroître l’attrait pour ce programme d’études. Mais Sébastien Bax prévient : «Ce n’est pas uniquement le bac international qui est important. On peut avoir un bon programme, mais si l’école elle-même n’a pas le standard requis, ou si les professeurs ne sont pas à la hauteur, ça ne vaut pas la peine.»







Corinne MINERVE
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