Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice - Afficher un message - Postes de vice-Premier ministres à Maurice
Afficher un message
  #10 (permalink)  
Vieux 15/09/2008, 14h04
Avatar de Dev
Dev Dev est déconnecté
Rambo Morisien
 
Date d'inscription: août 2006
Localisation: région Parisienne IDF
Messages: 5 519
Envoyer un message via Yahoo à Dev
Entre légitimité constitutionnelle et titres honorifiques…



Poste de vice-Premier ministre

Entre légitimité constitutionnelle et titres honorifiques…


Le Premier ministre annonce une simple loi en vue de contourner le jugement de la Cour Suprême et maintenir ses deux vice-Premiers ministres honorifiques, Xavier-Luc Duval et Rama Sithanen. Le poste de vice-Premier ministre fut introduit dans la Constitution après le 60/0 de 82 et c'est, entre 86 et 91, que l'on a vu l'apparition de fonctions honorifiques de vice-Premiers ministres dévolues à deux autres ministres, pratique qui a disparu de nos mœurs avant de refaire surface en 2005. Petite histoire d'une fonction très convoitée….
C'est donc après le premier 60/0 de l'histoire qui a balayé le Parti travailliste en 82 que le poste de vice-Premier ministre, un seul, est introduit dans la Constitution à l'occasion d'un exercice qui supprimait, pour l'occasion, quelques clauses d'exception qui étaient, en fait, éminemment liberticides ; et c'est ainsi que fut garantie la tenue des élections générales tous les cinq ans et des partielles qui avaient été abolies après la débâcle rouge de Pamplemousses/Triolet de 1970.
1982 : Harish Boodhoo premier VPM
Comme annoncé durant la campagne électorale, c'est Harish Boodhoo qui est nommé au poste de vice-Premier ministre en 1982. Il l'occupe jusqu'à août 83, date des élections tenues après la cassure du gouvernement MMM/PSM et la naissance du MSM, qui est une fusion d'une aile du MMM avec le PSM.
1983 : C'est Kader Bhayat qui est annoncé mais c'est, au final, SGD
Bien que ce soit Kader Bhayat qui est annoncé et "vendu" comme vice-Premier ministre tout au long de la campagne électorale de 83, c'est un brusque retournement qui se produit après les élections. Considérant que la sensibilité que représente Kader Bhayat n'ayant pas soutenu l'alliance MSM/PTr/PMSD, Sir Anerood Jugnauth installait, au final, Sir Gaëtan Duval au poste de vice-Premier ministre.
De graves turbulences vont secouer ce gouvernement bleu-blanc-rouge lesquelles débouchent sur la démission de quatre Senior Ministers Anil Gayan, Kader Bhayat, Kadress Pillay et Kailash Purryag. Sir Satcam Boolell est, lui, révoqué peu de temps après.
1986 : Enter SSB et Vishnu Lutchmeenaraidoo
C'est en 86 qu'apparaissent les premiers VPM honorifiques. A son retour au gouvernement, au grand dam de ses amis contestataires de la politique du gouvernement, Sir Satcam pose ses conditions, il veut le poste de VPM et, comme il y a déjà Sir Gaëtan Duval au seul poste constitutionnel, Sir Anerood Jugnauth crée deux postes de vice-Premiers ministres honorifiques, l'un pour SSB qui l'avait demandé et, l'autre, pour Vishnu Lutchmeenaraidoo qui ne voulait pas être en reste.
Après 88, place au VPM Beergoonath Ghurburrun
Après les élections de 87, c'est le même schéma qui est proposé, SGD au poste de VPM constitutionnel et les deux autres honorifiques conservant leurs fonctions. Avec la démission de Sir Gaëtan Duval du gouvernement en 1988 et le retrait du PMSD de la coalition, c'est SSB qui devient le vice-Premier ministre constitutionnel avec pour VPM honorifiques, Vishnu Lutchmeenaraidoo et le Dr Beergoonath Ghurburrun.
En 90, les tractations entre le MSM et le MMM aboutissent et il y a un projet pour introduire la République et faire de Paul Bérenger le président. Il n'aboutit pas, en dépit du fait que le texte passe le cap du conseil des ministres, qui comprenait alors les ministres travaillistes.
Arrivé au pays, le Dr Navin Ramgoolam fait opposition au projet de République et il enjoint les parlementaires travaillistes à en faire de même. Il y a la fameuse nuit d'août 90 où c'est en personne et dans l'hémicycle même que Navin Ramgoolam viendra veiller qu'aucun des élus rouges ne vote le projet républicain, le bureau de Sir Satcam Boolell aux Affaires Étrangères étant le théâtre de cette nuit de tractations visant à saboter le changement de statut du pays.
90 : Cassam Uteem, VPM de transition
Sir Anerood Jugnauth révoque tous les ministres travaillistes, y compris SSB, le lendemain même et la mesure vise aussi deux ministres MSM, Vishnu Lutchmeenaraidoo et Dinesh Ramjuttun. Les tractations avec le MMM étant concluantes, les mauves font leur entrée au gouvernement sous prétexte qu'il y a urgence pour le pays après la guerre du Golfe et l'invasion du Koweït par l'Irak.
Paul Bérenger ne siège pas au Parlement à cette époque n'ayant pu se faire élire à Quatre-Bornes et c'est Prem Nababsing, alors leader du MMM qui dirige l'équipe mauve au Parlement. Lorsque le MMM entre au gouvernement en 90, Prem Nababsing devient le vice-Premier ministre constitutionnel et en sus de Beergoonath Ghurburrun, Cassam Uteem est fait deuxième VPM honorifique.
1991 : Fin des titres de pacotille
L'alliance MSM remporte haut la main les élections de septembre 91 avec 57 députés contre trois à l'alliance PTr/PMSD. Et bien que disposant d'une majorité constitutionnelle qui lui a permis d'introduire la République sans difficulté, le poste de VPM n'est pas touché et il n'en existe toujours qu'un seul reconnu par la loi suprême du pays et c'est Prem Nababsing. Paul Bérenger est le n°3 du gouvernement et Madan Dulloo le n°4. Avant même l'avènement de la République, ce fut la fin des VPM honorifiques.
Et cette pratique va continuer après 95, après la victoire de 60/0 de l'alliance PTr/MMM, qui aurait pu ouvrir toutes les portes à des changements de la Constitution, rien et toujours un seul vice-Premier ministre constitutionnel en la personne de Paul Bérenger. Lorsqu'il est révoqué en 97 par Navin Ramgoolam, c'est Kailash Purryag qui occupe ce poste.
En 2000, avec une grosse majorité de 54/6, toujours pas de changement pour accommoder des VPM honorifiques. Le Premier ministre est Sir Anerood Jugnauth et le vice-Premier ministre Paul Bérenger. Lorsque SAJ va à la State House en 2003, Paul Bérenger devient Premier ministre et Pravind Jugnauth le vice-Premier ministre. C'est ce qui a fait justement dire au leader du MMM, la semaine dernière, qu'il n'y a jamais eu de VPM "décoratifs" dans les gouvernements auxquels il a participé.
2005 : le grand retour du toc… C'est en 2005, alors que l'Alliance sociale ne dispose que d'une majorité simple à l'Assemblée Nationale, que l'on assiste au grand retour du toc avec la nomination de Rashid Beebeejaun comme vice-Premier ministre constitutionnel et de Xavier Duval et de Rama Sithanen comme VPM honorifiques. Une décision qui, comme on le sait, a essuyé un bien cruel rappel des dispositions de la constitution par la Cour Suprême. Lesquelles ont été tout simplement enfreintes…
Réponse avec citation