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Vieux 12/09/2008, 12h20
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Rambo Morisien
 
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Philosophie. Street Brothers est perçu comme un modèle par une certaine jeunesse. Les frères des rues sont un exemple de persévérance. Pour s'en sortir et se faire une place au soleil. La persévérance mais aussi la foi en Dieu, renchérit Bruno Raya. La croyance est un des éléments importants qui, avec le travail et la motivation, sont à la base du succès de Street Brothers autant que d'OSB par la suite.
Prendre une plume et écrire sa propre destinée. Une phrase qui résume bien la philosophie prônée par Master Cool B. "Mo ti anvi dir dimoun : pa atann ki pei-la kapav fer pou twa ; to'em to bizin guété ki to kapav fer pou pei-la. Sa ve dir pran to plim desynn to destiné."
Après Ragga Kreol survient une scission au sein de Street Brothers. Ceux qui restent à bord du bateau mené par Master Cool B sont Kenny Raya, et Did Steph. Rejoints par d'autres jeunes talents : Blakkayo ou encore un danseur passé derrière les platines et qui aujourd'hui s'appelle Dj Kingdom. Nous sommes en 1997. Année de sortie de Xpresyon Libere. Le groupe prend le nom de Otentikk Street Brothers. Authentique pour dire la fierté d'appartenir à la créolité.
OSB est accompagné par les musiciens de Natir Samarel et invite aussi Tian Corentin. Le message se précise. Ce deuxième opus s'affiche ouvertement "contre l'injustice du pouvoir." Le charisme de Cool B s'affirme résolument. Il est désormais un homme mûr. Un homme qui constate que les problèmes de société s'aggravent autour de lui. Les sujets abordés dans ses chansons sont plus profonds et d'inspiration sociale.
Le problème du Sida est évoqué autant que la prostitution et la recrudescence des utilisateurs de drogues injectables. "Nou ti'nn deside pou vinn coze ; pou vinn dir bann zafer ki pa ti pe tro coze, ki pa ti pe tro dir." Son répertoire dénonce notamment la pauvreté profonde que le système semble ne pas voir. Bruno Raya concède dans le même souffle avoir toujours été pour une île Maurice égalitaire et pour l'unité des Mauriciens.
Des valeurs d'abord véhiculées par le seggae et qui vaudront à Master Cool B d'affirmer : "Le seggae est notre musique." Une musique mauricienne dans laquelle on se retrouve avec fierté et qui en même temps est une musique militante contre les injustices. Raison pour laquelle OSB ne laissera jamais tomber le seggae. Les années passent. La transition du raggamuffin vers le roots est déjà bien entamée. Le toaster arbore désormais des dreadlocks.
Roots. Bruno Raya sort son opus solo Live n Direct en 1999 avec le soutien de ses frères d'armes. L'année suivante Blakkayo cartonne avec Tchek to life. Cool B se mue en combattant social et acquiert une maturité qui le conduit à prendre sa destinée en main. À prendre ses responsabilités d'homme. La suite logique de son évolution artistique. Ses dreadlocks sont un moyen pour lui de montrer sa désapprobation du formatage social institué par le système. Le leader de OSB approfondit sa démarche.
"Se mo fason pou montre ki mo opoze a sa sistem-la ; parski a lepok dreadlocks ti mal vu. Mo'nn gard dreadlocks pou montre ki mem si to ena dreads to gaygn drwa intelizan. Aret ziz dimoun akoz li ena dreadlocks ; se so personalite. Se enn kestion de liberte dan enn vre demokrasi. Sa ve dir ki pa akoz ou enn dread, ou pa kapav al lekol koumsa, ou to pa kapav gaygn tel travay. Moi, mo ti tou'l'tan kont sa bann prezize-la. E pou defie sa, mo ti bizin kapav rant ladan ek viv-li."
Bruno Raya n'est pas pour autant rastafarien. Il dit avoir foi en un Dieu tout-puissant. Un Dieu universel. Poursuit ne pas se retrouver dans une religion spécifique. Dit respecter toutes les religions et tous les mouvements. Ce qui ne l'empêche pas de se sentir proche du mouvement rasta. Reste que ses dreadlocks sont une façon de dire que les membres d'une société doivent apprendre à s'accepter. Apprendre à cohabiter. À respecter les opinions des uns et des autres.
"Mo'nn gard rasta pou fer enn konba. Mo'nn anvi dimoun aksepte-mwa kouma mo ete. Sa pa anpess mwa, demin, raz mo latet, osi, pou enn lot konba. Me si to kontan-mwa, to bizin aksepte-mwa kouma mo ete." Le langage que tient Bruno dans cette période est empreint de mysticisme et imprégné de spiritualité. Le toaster ne cache guère plus ses convictions.
Convictions. Il participe en février 1999 à une manifestation pour la dépénalisation de la gandja, organisée par le Mouvement Républicain, Place Edward VII à Rose-Hill. De nombreux artistes sont présents à ce rassemblement, parmi lesquels le seggaeman Kaya. "Mo ti krwar dan gandja parski mwa ek sa bann lezot artis-la, nou vinn depi enn sosyete kot sa realite-la anba nou nene. Sa realite-la tou dimoun ti konn-li. Depi so premye minis ziska so dernye minis."
Et de poursuivre que toutes les communautés consomment la gandja. Parallèlement le business du brown-sugar bat son plein dans le pays. D'aucuns auraient par conséquent cherché à éliminer la gandja pour que se propage le brown sugar. Les artistes présents ont cherché à déjouer cette manigance du système. "Mo ti tou'l'tan pour la gandja parski mo'nn trouv la destriksyon de Mister Brown. Ki kalite li fer ditor a benn zen. (…)"
Bruno Raya précise que OSB n'a jamais pour autant incité qui que ce soit à consommer du cannabis. Il insiste bien que fumer de l'herbe ou pas relève d'un choix personnel de l'individu. "Zame mo pu konsey enn zen fime pou li senti li myeu (…) Bizin konpran grander lanatir ek ena enn respe pou lanatir osi. (…) Mwa mo dir benn dimoun : si to konsom gandja, to bizin kone kifer to konsom-li."
Ne surtout pas céder aux effets de mode, recommande notre interlocuteur en ajoutant que nombre de chanteurs de reggae ne fument pas. Ce qui nous ramène à nouveau à la musique. En 2001, OSB sort Nou Kkila. Dagger Kkilla et Tikenzo sont déjà des membres à part entière. OSB se positionne sur le plan national et entreprend en même temps des sorties à l'étranger.
Structuration. Les assises sont prises. OSB passe dans l'événementiel. Organisation du premier Reggae Sunsplash à Chamarel. Reggae Sunsplash reviendra chaque quatre ans. Contrairement au Reggae Donn Sa qui s'inscrit comme un festival annuel d'ordre international. OSB Company Ltd et Live n Direct Entertainement font venir des pointures : Alpha Blondy, Pierpoljak et Daddy Mory, Steel Pulse et dernièrement The Wailers, Sean Paul ainsi que Morgan Heritage.
Le combo jouira d'un rayonnement transocéanique en 2004 avec Revey twa. Ce quatrième album lui vaudra de même la consécration indéniable de son talent. Bruno, l'enfant du ghetto aura cette phrase, reprise dans la presse de l'époque : "La culture est aussi un moyen de faire du social." OSB s'engage dans la conscientisation et la lutte contre le VIH/SIDA auprès d'un peuple qui semble s'endormir sur lui-même.
Le quatuor prendra pour devise : "Lamizik nou mesaz" à l'approche de ses quinze ans d'existence. Un leitmotiv qui explique que la philosophie prônée depuis 1992 n'a pas changé. Elle a évolué pour se raffermir au fil du temps. Sa musique est un message pour la construction d'une île Maurice meilleure. Pour une société meilleure. Pour des individus meilleurs. Un message de positivité pour avancer. "Benn zen bizin ena la perseverans pou fer zot ghetto gaygn enn fyerte."
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