Radio Moris Sega Music Mauritius Ile Maurice - Afficher un message - Othentikk Street Brothers - Le Site Officiel
Afficher un message
  #8 (permalink)  
Vieux 12/09/2008, 13h19
Avatar de Dev
Dev Dev est déconnecté
Rambo Morisien
 
Date d'inscription: août 2006
Localisation: région Parisienne IDF
Messages: 5 519
Envoyer un message via Yahoo à Dev
PARCOURS : BRUNO RAYA

The Street Brother











De Boogie Side Gang à OSB. Une révolution musicale et culturelle instiguée par Master Cool B. Il retrace son parcours de ses débuts à nos jours. Parle de son évolution artistique. De ses convictions et de cette philosophie professée en compagnie de ses frères des rues. Une authenticité jamais démentie. Que se soit dans le militantisme social ou culturel. Bruno Raya : Our Street Brother.
Une deuxième vague culturelle frappe Maurice dans le sillage du phénomène seggae. Des enfants du ghetto prennent les devants et installent une musicalité nouvelle. Le calendrier affiche 1994 : année de parution du premier opus raggamuffin en créole. La proposition artistique émane d'une bande de jeunes de Plaisance, Rose-Hill. On les appelle Street Brothers.
Street Brothers a pour fondateur un certain Bruno Raya. Nom de scène : Master Cool B. Un gars branché de presque dix-neuf ans. Le cool Bruno est aussi engagé dans un militantisme culturel. Pour représenter la voix du peuple. Les frères des rues embrayent ainsi sur une contestation du système et disent leurs préoccupations de banlieusards dans Ragga Kreol.
Cet opus est rapidement popularisé : 35 000 exemplaires vendus sur format cassette. Ragga Kreol sera aussi le premier album raggamuffin de l'océan Indien publié sur Compact Disc. Street Brothers prend dès lors une ampleur à peine soupçonnée par ses membres. Sa configuration comprend à ce moment Cool B et son frère Kenny Raya au micro et des danseurs à l'instar des frères Bouton.
Flash-back. La bande à Bruno n'avait que les rues pour logistique. Que les rues pour exprimer leur talent. Les rues pour seule scène. Et sans doute aussi les rues comme source d'inspiration. Ce qui nous amène au début des années 90. Le premier regroupement du jeune Bruno a pour nom Boogie Side Gang. Puis MCD avant de devenir Street Brothers, pour finalement aboutir à Otentikk Street Brothers (OSB). Nous ne sommes cependant pas encore à ce chapitre.
On aperçoit Cool B et ses camarades pour la première fois sur scène un 26 août 1992 au stade de Rose-Hill. Lors d'une fête municipale. Jour retenu comme date d'anniversaire par Master Cool B. Lui seul aura persévéré dans la musique, parmi ceux qui furent à ses côtés au tout début de cette aventure. D'autres passeront avant de se disperser à leur tour. Cool B continue son cheminement. Poursuit sa mission.
Urbain. Crâne rasé et marqué de raies. Grosses godasses et shorts à carreaux. Bruno déambule dans Rose-Hill. Squatte les galeries marchandes. Plus tard le toaster et danseur sera suivi dans ses moindres déplacements par tout un fan club. On retrouvera parmi un certain Dario Gâteau. Il sera connu sous le pseudonyme de Blakkayo. Entre-temps les frères des rues se regroupent à Plaisance dans un garage cédé par le père de Bruno Raya pour des répétitions.
Étape décisive : Ragga Kreol. Album arrangé par Patrick Antoine et enregistré au Studio Piros en 1993 à La Réunion. L'année suivante un retentissant succès est au rendez-vous. Street Brothers en fera cependant les frais. Son producteur d'alors arnaque le groupe. "Me mo pa kass latet ar sa. Bann-la inn kokin-nou ; me nou matière grise, zot pa'nn kapav kokin", philosophe Bruno Raya.
La cote du groupe grimpe lors des concerts populaires. Les gars de Plaisance sont au premier Jump Around Concert au stade de Rose-Hill. Ils ont aussi invité à conclure la dernière de Teen+1. Une émission télévisuelle qui donnait l'opportunité aux talents mauriciens de se faire connaître. "Enn mari sans pou nou. Sa mem ki'nn fer baow ! Tou dimoun inn kon nou. Tou dimoun inn aste lamizik-la. Tou dimoun ekout-sa. Radio pe zwe-sa…"
Culture.La notoriété de Street Brothers n'est dès lors plus confinée au ghetto. Elle se propage et prend des allures de révolution culturelle. Reste que la presse de l'époque tend à cantonner le style du groupe dans un registre pour adolescents. Les boyz de Zance-Plai prennent cependant la critique de manière constructive. Pour approfondir leur souffle musical et dégager un accent militant prononcé.
Le ghetto connaîtra un regain de dignité. Une culture est popularisée à travers la musique des Brothers. Elle contribuera à tomber les préjugés notamment envers les habitants des banlieues. Et viendra soutenir la mouvance seggae. Raggamuffin et seggae sont tous deux des streets sounds, souligne notre interlocuteur avant d'enchaîner sur l'apport culturel du raggamuffin mauricien.
Un apport qui, outre la musique, se situe sur un plan langagier. Street Brothers inaugure la locution "kas dan ta". Dit "xplik to ka."Et demande"ki rol" ?Un langage ghetto qui au fur et à mesure viendra enrichir le vocabulaire créole usuel jusqu'au "bonnto" en vigueur aujourd'hui. Les Mauriciens découvriront aussi le concept de sound system introduit par la formation. C'était dans la salle du Baden Powell.
Réponse avec citation