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Vieux 06/09/2008, 09h58
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Rambo Morisien
 
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Le rhum s’ouvre au monde

Le rhum s’ouvre au monde
Le rhum mauricien cherche aujourd’hui à conquérir de nouveaux marchés. Ainsi, outre les trois distilleries existantes, on aura sous peu deux nouveaux producteurs de rhum agricole. Jusqu’ici, seuls 5 des 15 millions de litres produits sont exportés.

Quand les Hollandais ont découvert la canne à Maurice, leur intention première n’était pas de produire du sucre, mais de «l’arack», eau-de-vie tirée de la distillation du jus de canne. Connu sous le nom de «tafia» aux Antilles, ce breuvage, destiné à remonter le moral des marins et des colons, allait très vite changer d’appellation. L’on trinquait dès lors à la santé du rhum…

L’image de cette boisson, car elle leur était accessible, a longtemps été associée aux esclaves, aux fermiers modestes, aux commerçants, aux marins, aux domestiques et aux pauvres. Aujourd’hui encore, des 15 millions de litres produits, seuls 5 millions sont exportés, les producteurs, à quelques exceptions près, n’étant pas intéressés à améliorer la qualité du produit pour séduire les éventuels acheteurs étrangers.

En effet, pendant des siècles, Maurice a produit du rhum, légalement ou illégalement, sous les noms de rhum «illicite» ou «tilanbic» , sans vraiment se soucier d’améliorer la qualité du produit, contrairement à d’autres pays comme la Martinique et Haïti d’où provient le rhum Barbancourt, par exemple, (voir hors-texte). Mais les producteurs de rhum local comptent désormais changer de cap. Poussés par Enterprise Mauritius, mais également par des succès obtenus lors des campagnes de promotion à l’étranger, ils prévoient désormais de tout mettre en œuvre afin d’exploiter ce filon longtemps négligé.

«C’est en 2006 que le projet d’exportation du rhum a été lancé. Les campagnes de promotion en Inde et en Grande-Bretagne ont été très fructueuses. Cependant, c’est toute une culture qu’il a fallu modifier, car les emballages élémentaires et les types de bouteilles utilisées par nos producteurs locaux ne se prêtaient pas à la clientèle étrangère. Il n’a pas été facile de changer les mentalités. Mais les initiatives novatrices ont été couronnées de succès», explique Arun Ramduny, directeur d’Enterprise Mauritius. Aujourd’hui, selon lui, les producteurs sont prêts à se regrouper pour investir dans le «branding», afin de redorer le blason du rhum mauricien et lui donner une nouvelle visibilité au niveau international.

Mis à part le rhum «ferraille», un produit bas de gamme de plus en plus consommé à Maurice, d’autres variétés de rhum, de par leur qualité, sont en mesure de se faire une place au soleil sur le plan international.

«Certains de nos produits sont loin d’être mauvais. Ils se classent parmi les meilleurs. C’est ce qu’ont déclaré des connaisseurs américains lors d’une de nos campagnes de promotion. D’ailleurs, nous comptons commencer l’exportation de notre produit vers New York le mois prochain,» explique Frédéric Bestel de la rhumerie de Saint Aubin, qui produit du rhum agricole depuis cinq ans déjà.

Il faut savoir que Saint Aubin bénéficie déjà de l’expertise martiniquaise pour la production de son rhum agricole et bénéficie ainsi de l’appellation d’origine contrôlée réservée au rhum de la Martinique.

Par ailleurs, les producteurs locaux recherchent l’expertise de leurs collègues francophones afin de donner au rhum mauricien ses lettres de noblesses. Dans cette optique, Pierre Raffray de la rhumerie des Mascareignes, qui se lancera bientôt dans la production de rhum agricole, s’est associé au groupe Isautier, qui en produit lui depuis 150 ans à La Réunion. Pierre Raffray est d’avis que les producteurs mauriciens devront se regrouper en syndicat pour harmoniser les lois et les méthodes de production.

En attendant, un produit bien de chez nous, jouissant déjà d’une solide réputation, a déjà conquis plusieurs marchés étrangers, comme la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Afrique du Sud, l’Autriche, l’Australie et Madagascar, entre autres. Il s’agit du «Green Island». «Le Green Island est un rhum exquis, raffiné et fortement aromatisé. La recette, secrète, est jalousement gardée», explique Kamal Jagan, d’International Distillers, producteur de ce fameux breuvage.

Produire un rhum différent. Selon une recette unique, qui n’existe pas ailleurs. C’est ce que tentent de faire les producteurs, pour que Maurice soit aussi connu pour son rhum.





Rhum Barbancourt

Ayant déjà obtenu plusieurs distinctions sur le plan international, la réputation du rhum Barbancourt, produit en Haïti depuis 1862, n’est plus à faire. C’est Dupré Barbancourt, un Français originaire de Charente, région productrice de cognac, qui se lance dans la production de ce rhum. Il copie le procédé de fabrication du cognac, celui de la double distillation, pour concocter son rhum. Le produit de cette entreprise familiale connaît immédiatement un succès phénoménal. Outre la double distillation, pour donner un cachet particulier à son breuvage, Barbancourt va également soigneusement choisir les variétés de cannes utilisées et les régions dans lesquelles elles poussent. C’est le concept du terroir, bien connu des producteurs de vin. En 1952 l’entreprise familiale sera transformée en une compagnie moderne et exporte le Barbancourt vers une vingtaine de pays.





Rhum agricole et rhum industriel

Derrière l’appellation «rhum, il existe plusieurs produits différents : il y a, pour commencer, le rhum de sucrerie. C’est une eau-de-vie obtenue par la fermentation suivie de la distillation des mélasses de canne à sucre. C’est le produit le plus courant, appelé rhum industriel. Près de 90 % des rhums du monde sont des rhums industriels. Il y a ensuite le rhum agricole ou rhum blanc. On l’appelle aussi le rhum « habitant », parce que tous les petits exploitants des Antilles fabriquent le leur. Il est directement tiré du sirop de canne. Chose que les sucreries mauriciennes n’ont pas pu faire à travers les siècles, en raison d’une loi votée sous la colonisation anglaise et qui interdisait de produire autre chose que le sucre avec le jus de canne. Les producteurs ont alors opté pour la mélasse. Le rhum est généralement incolore. Le rhum blanc sert de base aux cocktails, aux punchs. Ils sont commercialisés sous trois grandes marques : « Saint-James», le «Old Nick» et Saint-Gilles. En troisième lieu, il y a le «rhum vieux», qui n’a droit à ce titre qu’après un vieillissement minimum de trois ans dans des fûts de chêne de moins de 600 litres. Comme au Cognac, c’est le tannin du chêne qui donne sa coloration naturelle (sans caramel) à ce rhum. Plus il vieillit, plus le rhum affine son bouquet et son arôme et plus il perd de sa force alcoolique. Aux Antilles, les négociants et producteurs ont généralement leurs réserves personnelles de vieux rhum, parfois de plus de trente ou quarante ans d’âge. Injustement méconnu, le bon rhum vieux peut être comparable à un bon Cognac. Le rhum peut évidemment se boire sec. Le plus souvent, il sert de base à des cocktails. La recette de punch la plus courante consiste à couvrir le fond du verre avec du sirop, à remplir à moitié de rhum (vieux si possible), à ajouter des glaçons et une tranche de citron vert. A Maurice, c’est le mélange rhum-coca qui est le plus prisé. Pour la petite histoire, lors d’une visite qui remonte à plusieurs années, l’ex-président seychellois, James Mancham, alors invité chez feu Sir Gaëtan Duval, avait demandé à son hôte de lui servir un bon rhum-coca à la mauricienne…






Raj JUGERNAUTH
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