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Vieux 04/09/2008, 13h44
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Rambo Morisien
 
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Ganesh Chaturthi : louanges au dieu de l’intelligence

Ganesh Chaturthi : louanges au dieu de l’intelligence
Dévotion vécue à travers le carême, la préparation des gâteaux, des chants et danses traditionnels. Pour louer Ganesh, celui qui enlève les obstacles.

La famille Becceea à Moka fait monter des louanges vers Ganesh, le dieu de l’intelligence.Chez les Becceea, une nouvelle journée commence, après le travail. La cour, les couloirs et toutes les pièces de la maison sont illuminés chez Atmaram Becceea, à Moka. La télé, à laquelle on a ajouté des haut-parleurs diffuse des chants pieux en boucle que l’on entend où que l’on soit.

A la cuisine, devant le mur d’enceinte, dans la cour, dans l’entrée convertie en salle de prières, partout, des membres de la famille et des voisins préparent la fête de Ganesh Chaturthi, le dieu à tête d’éléphant.

Dans la vaste maison familiale, il y a bien une trentaine de personnes. «La fête de Ganesh ne peut pas se passer dans l’anonymat», explique Atmaram, une paire de ciseaux et un rouleau de raphia à la main.

Avec ses voisins Suresh et Colin Seenauth, ils installent une banderole en l’honneur de Ganesh, sur le mur d’enceinte de sa maison.


«Un coup de main»

Suresh Seenauth, l’assistant maître d’école de la Reverend Edward Walter Government School descend d’un escabeau. Avec son cousin Colin, conseiller de village, ils sont venus en voisins, pour donner un coup de main. «Je suis là parce que je ne connais pas bien tous les rites», explique Suresh.

Sur la banderole, bien en évidence, le nom d’une banque. Signe que la famille, s’est organisée bien à l’avance. Suffisamment pour frapper à la porte de quelques sponsors. Et si Atmaram reste discret sur le montant des donations, il dira qu’une marque de soda et une unité de production de chips ont été mises à contribution, grâce à une belle-sœur, un frère ou une cousine qui travaille dans l’une ou l’autre de ces entreprises.

Des contributions qui servent surtout à financer le «mahaprasad». «C’est un dîner que l’on donne à tous ceux qui viennent prier chez nous. Nous avons placardé des affiches dans tout le village, il y a dix jours et il devrait y avoir environ 200 personnes.»

Les préparatifs ont commencé samedi dernier. Deux semaines auparavant, un groupe de volontaires – dont Atmaram et quelques voisins – a choisi la maison des Becceea pour louer le dieu Ganesh. «Cela se fait chez moi à la demande générale», dit-il en présence des voisins qui acquiescent.

Dans une pièce vide, à l’écart du bruit et de l’agitation, la statue de Ganesh entièrement voilée d’une toile blanche avec des motifs, repose sur un socle. «Personne ne doit voir le visage de la statue», dit Atmaram.

Point culminant de la fête, elle sera immergée aujourd’hui au bassin Dall Magie, 400 mètres plus loin. En tant que conseiller municipal, Colin Seenauth affirme avoir obtenu l’aménagement de la route qui y conduit.


«Chacun son domaine»

Exigence d’Atmaram : une statuette en terre glaise et pas en plâtre de Paris. La sienne, il l’a commandée il y a un mois chez un fournisseur de Vacoas. «Quand elle est en terre, elle se dissout plus facilement et elle ne contient pas de mercure.»

L’artisan qui a fabriqué la statue ne se fait pas payer. «Nou donn coco, enn mouchoir bolom et Rs 1.25.» La veille de la fête, des prières seront dites pour, «met la vi dan stati la».

Interdiction aux fidèles – qui sont en carême depuis 40 jours - de regarder la lune. Rajeebye Navjee, tante d’Atmaram, qui du haut de ses 66 ans est la plus âgée de la famille, explique que c’est parce que la lune s’est moquée de Ganesh. Sa mère, la déesse Parvati a alors défendu à quiconque de regarder la lune.

Déjà 20 heures. La cuisine est une ruche, où s’affairent les femmes les plus âgées de la famille. Une dizaine de mains pétrissent de la farine, y ajoutent un peu d’huile. Jouent du rouleau à pâtisserie. «Nous devons préparer environ 2000 gâteaux», sourit timidement Rajeebye. «Parce que chaque personne doit repartir avec au moins deux gâteaux.»

Les kanawla, préparés avec du coco râpé et les modak à base de riz blanc sont de saison. Est-ce que les hommes vous aident à la cuisine ? Rajeebye sourit tout en secouant la tête. Avec une infinie patience et un peu de lassitude, elle explique : «zot okip dekoration, mont la tant, nou nou fer gato». Chacun son domaine.

Loin de cette ambiance d’épices et d’huile chaude brûlent des bâtons d’encens, dans la salle de prières. Anju, la jeune sœur d’Atmaram, y a rassemblé ses cousins, cinq ou six neveux et des voisins pour une énième répétition.

Jetant de temps en temps des coups d’œil à un petit carnet, où elle a noté les paroles de chants pieux et leur ordre de passage. C’est aussi elle qui lance le «jhackri», danse traditionnelle exécutée par des chanteurs placés en cercle autour d’un joueur de dholok. Ils rythmeront chacune des prières à Ganesh.








> PROTECTION ET PROSPERITE

■ Ganesh Chaturthi est une fête marathi en l’honneur du dieu de l’intelligence, de la sagesse et de la prospérité. Il est également celui qui enlève les obstacles. «Dans toutes les prières, c’est son nom qui vient en premier», explique Atmaram Becceea. Parmi ses attributs : une corde pour tirer les fidèles vers leurs objectifs les plus ambitieux. Un ventre arrondi pour digérer tout le bien et le mal dans la vie. Une hache pour couper les liens avec la vie matérielle. Et une main ouverte en signe de protection sur la voie vers le suprême.






Atmaram Becceea s’assure que tout est prêt pour le bon déroulement de la fête.

Aline GROËME-HARMON
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