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Sir Anerood Jugnauth serait le favori
Sir Anerood Jugnauth serait le favori
SAJ aurait laissé comprendre que si son mandat était renouvelé, il ne refuserait pas. Selon un proche collaborateur du PTr, Navin Ramgoolam serait en train d’envisager cette option par pure «stratégie politique».
«Sir Anerood Jugnauth demeure le favori pour se succéder à lui-même.» Ces propos sont ceux d’un proche collaborateur du Premier ministre. Le choix de SAJ ne serait pas, du reste, contesté par le Parti travailliste (PTr) qui voit, là, une façon de couper l’herbe sous les pieds du MMM. Ce parti aurait appris que les mauves seraient en de «très bons termes» avec le leader du MSM, Pravind Jugnauth.
Ce proche collaborateur du Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a requis l’anonymat, a confié hier à l’express que ce dernier envisage de renouveler le mandat de SAJ. Cependant, il se propose «de faire un deal» avec SAJ pour que celui-ci quitte la présidence avant la fin de son mandat, soit au moment où le PTr aura décidé de la configuration de l’alliance qu’il présentera aux prochaines législatives de 2010.
Notre source explique que «le choix du futur président de la République est lié à la configuration de l’alliance dans laquelle se trouvera le PTr lors des prochaines législatives. Voilà, je ne peux vous dire plus».
La décision de proposer à sir Anerood Jugnauth de rester à la State House relèverait donc d’une stratégie politique qui vise à embarrasser le MSM en cas d’éventuelles négociations avec le MMM. Le PTr, serait en présence de renseignements selon lesquels il y a un réchauffement des relations entre le MSM et le MMM. Les récentes tractations seraient sur la bonne voie avec une «winning formula» proposée par le MMM au MSM. La proposition semble tentante pour Pravind Jugnauth.
Mais avec un éventuel renouvellement du mandat de SAJ, le PTr espère renverser la situation et pouvoir se rapprocher du MSM. Un dirigeant du parti au pouvoir évoque même la possibilité qu’en cas de partielle dans la circonscription n° 8, Moka-Quartier-Militaire, Pravind Jugnauth pourrait bénéficier du soutien du PTr. Ce parti compte déjà deux élus dans cette circonscription. Pravind Jugnauth y verrait une occasion d’être élu au Parlement.
«SAJ a tenu des propos corrects»
Raj Ringadoo, candidat battu en 2005 mais qui a remporté une bataille légale contre Ashock Jugnauth en Cour suprême pour corruption électorale alléguée, ne ferait pas le poids en cas d’élections partielles, estiment les services de renseignements du gouvernement mais aussi les faucons Rouges. Le PTr ne veut, du coup, pas prendre le risque de perdre une éventuelle partielle à deux ans des élections générales, a indiqué ce proche de Navin Ramgoolam. D’autant plus que les derniers rapports du State Security Service (SSS) sur la popularité du gouvernement ne seraient guère favorables dans la conjoncture actuelle.
Le vieux loup de la politique aurait, lui, laissé entendre lors d’apartés privés avec certains dirigeants Rouges tout récemment, que si on lui demandait de rester à la State House pour quelque temps encore, il ne compte pas refuser. Il en aurait donné l’assurance et aurait affirmé qu’il ne donnerait pas sa bénédiction à une alliance MSM-MMM tant qu’il sera là.
Hormis le coup de froid entre sir Anerood Jugnauth et Navin Ramgoolam au début même de l’arrivée des Rouges au pouvoir en 2005, la situation a complètement changé entre les deux hommes. C’est même le dégel total. Ils sont devenus de véritables complices, relèvent plusieurs dirigeants rouges de même que de nombreux observateurs de la scène politique.
Les récents propos de sir Anerood Jugnauth sur Radio One critiquant la nomination plus d’un vice-Premier ministre n’ont-ils pas définitivement réduit les chances de sir Anerood d’être maintenu à son poste ? «Il est lui-même légiste de carrière. Je ne considère pas ses propos comme un blâme au gouvernement. Sir Anerood Jugnauth a tenu des propos corrects», souligne notre source travailliste qui ajoute que «SAJ n’a pas critiqué le Premier ministre mais les techniciens de son bureau».
Mais les spéculations vont aussi bon train quant à la possibilité de nommer une personne autre que sir Anerood Jugnauth. D’abord, il y a Angidi Chettiar, l’actuel vice-président de la République, dont le nom est le plus cité en deuxième position. Le gouvernement pourrait alors ouvrir une porte vers le MMM. Angidi Chettiar avait été lui-même un de ceux qui avaient conduit à une alliance PTr-MMM en 1995.
Quoi qu’il en soit, le joker dans cette situation serait davantage Pravind Jugnauth qui ne serait pas sur la même longueur d’onde que son père. Mais pour combien de temps ?
SAJ se dissocie de la nomination de plus d’un VPM
■ «Zot mem zot cone ti ena boukou presion lor mwa. Papie ti vinn en retar et mo pa finn capav fer nanie. Me mo ti trouve ki ena couilonad ladan.» Ainsi s’exprime sir Anerood Jugnauth après une récente interprétation de la Cour Suprême, déclarant que la nomination de plus d’un vice-Premier ministre n’est pas prévue dans la Constitution. Le président de la République explique qu’il compte aborder le sujet avec le Premier ministre. Cassam Uteem, ancien président de la République, a déclaré à «l’express» hier qu’il faut situer les responsabilités. «Je pense que c’est le bureau du chef du cabinet de la fonction publique qui aurait dû informer le Premier ministre qu’il ne peut y avoir trois vice-Premiers ministres. Mais, attention, je ne blâme pas les fonctionnaires.» Cassam Uteem ajoute, par contre, que si ces hauts fonctionnaires ont bien informé le Premier ministre mais que celui-ci n’a rien fait, «la faute incombe au Premier ministre». Si d’aucuns au gouvernement ne veut commenter le sujet, tous affirment cependant que «c’est le Premier ministre qui devra décider de la marche à suivre». De l’avis d’un juriste, même si la nomination des deux vice-Premiers ministres, Xavier Duval et Rama Sithanen, est invalidée, il ne leur sera pas nécessaire de prêter à nouveau serment. Ils l’ont déjà fait en tant que ministres. Le Premier ministre devrait aussi trancher le cas de Rama Valayden qui ne peut être «attorney general» et s’occuper à la fois du portefeuille des Droits humains. C’est la deuxième fois depuis qu’il est président de la République que SAJ se dissocie des décisions prises par Navin Ramgoolam. Il y avait d’abord eu, au début de son mandat en 2005, son opposition à la liste de noms que le Premier ministre lui avait donnée pour la nomination de certains membres de la «Public Service Commission» et de la «Local Government Service Commission». Le Premier ministre avait dû revoir sa copie.
Bernard SAMINADEN
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