Afficher un message
  #2 (permalink)  
Vieux 31/08/2008, 11h39
Avatar de Dev
Dev Dev est déconnecté
Rambo Morisien
 
Date d'inscription: août 2006
Localisation: région Parisienne IDF
Messages: 5 519
Envoyer un message via Yahoo à Dev
L’OPPOSITION ATTEND AU TOURNANT

« J’ai ma propre prévision, mais attendons de voir qui Ramgoolam proposera. » C’est l’affirmation de Paul Bérenger, leader de l’opposition, invité à commenter, samedi, les tractations autour du poste de président de la République. Et qui remplacera sir Anerood Jugnauth ? Bérenger esquive la question en répondant par une litote : « Vu la personnalité de Ramgoolam et ses agissements dans le passé, il est difficile de savoir. » Bref, pour le leader du MMM, Ramgoolam est un homme imprévisible.

Et les mauves ont-ils un candidat favori ? « Par respect pour la République, nous n’allons exprimer aucune préférence », lâche le leader de l’opposition.

Le 19 septembre lorsque le Premier ministre présentera la motion pour désigner officiellement le remplaçant éventuel de SAJ, le MMM choisira d’être présent à l’hémicycle de l’Assemblée nationale « si le candidat désigné fait honneur à la République. Et probablement ce jour-là, par déférence, nous n’allons pas poser de Private Notice Question », annonce Paul Bérenger.

Quant au MSM, lors de sa conférence de presse de samedi, son état-major ne s’est pas prononcé sur la question des présidentiables.









QUESTIONS A REX STEPHEN, JURISTE

« Une question de personnalité »


L’exercice de la présidence cahote sur les chemins poussiéreux des honneurs et de la routine. Comment moderniser la fonction de chef d’Etat ?


Tout dépend de ce que l’on entend par moderniser. S’il s’agit de donner plus de pouvoirs au président de la République - je pense qu’il en a suffisamment -, il faut réviser la Constitution. Mais s’il s’agit d’apporter un sursaut de dynamisme présidentiel, là, c’est une question de personnalité. Soit le titulaire du poste possède ce dynamisme, soit il ne l’a pas. Personne n’a vraiment d’emprise là-dessus.

Notre Constitution n’empêche pas le président de nourrir le débat public sur des sujets d’intérêt général. Dans les faits, ce n’est pas le cas. Pourquoi les présidences sont-elles si effacées ?

Cette discrétion n’a rien de négatif en soi. Le président est un symbole d’unité, de rassemblement, il se doit d’être au-dessus de la mêlée. Donc, il ne peut pas intervenir à tout bout de champs. Cela dit, rien ne l’empêche de s’exprimer sur des questions d’intérêt général. Mais là encore, je crois que c’est une question de personnalité.

Aspirer à une présidence « impliquée », est-ce donc trop en demander ?

Tout le problème est de trouver le bon équilibre : s’impliquer tout en respectant le caractère neutre et impartial de la présidence.

A force de neutralité, le président n’a-t-il pas aujourd’hui l’image d’un personnage artificiel, d’un monarque enfermé dans sa tour d’ivoire ?

Deux éléments concourent à cette image. D’abord, les pouvoirs exécutifs du président sont limités. Ensuite, les moyens à sa disposition ne sont pas clairs. Sa mission, elle, l’est. Le président est le garant de la Constitution, il veille à la bonne marche des institutions, au respect des droits et des libertés des citoyens. Mais comment ? Avec quels moyens ? Le flou demeure.

La présidence a toujours approuvé, à une exception près, tous les projets de loi depuis 1992. Cette docilité vous inspire quel commentaire ?

Logique. Le président n’est ni élu par le peuple, ni même par un collège électoral. Et s’il renvoie un projet de loi, celui-ci ne pourra faire l’objet d’un second « veto » présidentiel. Cela explique l’usage exceptionnel de cette pratique.

L’ « ethnicité » influence le choix du président. Y voyez-vous une vertu démocratique ou une verrue archaïque ?

Ce réflexe est très pernicieux, pire qu’une verrue. Au nom d’une soi-disant réalité mauricienne, on justifie des aberrations.







LES BIEN-AIMES DU TROTTOIR

Ah ! si les Mauriciens choisissaient leur président… Le candidat, ils l’ont déjà. Aussi lorsque prend l’envie de se livrer à un micro-trottoir, rares sont les silences perplexes. Au contraire, Monsieur Tout-le-monde aime à défendre sa « préférence », son « favori », son « chouchou » pour les plus câlins des supporters.

Alors, qui ? Pour le savoir, rendez-vous à la sortie des bureaux, vendredi à Port-Louis. Premier constat : la shortlist du Premier ministre s’étire comme un chat au soleil.

Khaudeer, 30 ans, verrait bien à la tête de l’État… Paul Bérenger. « Li ena boukou lexperians, li kapav met un pe lorde », justifie-t-il. Zehra, étudiante en informatique, double-clique : « Un ancien Premier ministre, ça le fait. »

Autre grosse cote : Cassam Uteem. Le « président idéal », aux yeux Reshma. Ses atouts ? « Classe » et « compétence », résume la jeune mère. Pascal, assureur, la rejoint : « Uteem a fait ses preuves comme président. C’est le plus important, non ? »

Pas pour Jessen. Ce banquier nommerait plutôt au château du Réduit « quelqu’un qui n’a jamais fait de politique, une femme de préférence ». « C’est sûr qu’une femme apporterait un souffle nouveau », renchérit Rosyda, secrétaire de direction. Elle ajoute, rieuse : « Une présidente, ça oui ! Notre Obama à nous ! »

Remontant le Jardin de la compagnie d’un pas franc, Raman fait valoir d’autres arguments. « Donne sa poste la ene sinoi. Zot meme ki fer sa pays la monte ekonomikmen », tonne cet ancien haut fonctionnaire en joignant le geste à la parole.

Port-Louis bouderait à ce point les favoris ? Kapeshwar, helper de son état, remet les pendules à l’heure. « Bizin repren bonhomme Jugnauth. Li kon bien travay la. En plis, li ena ene bon kontak ek Premier minis. » Emporté par son élan, Shalil le cleaner balaie l’idée même d’une relève : « Sel Jugnauth kompran job la. »

Louis aurait pu s’étrangler. « Mo konne bien parkour de l’Estrac**, prévient ce chauffeur. Li ene boug kale. Bizin ene dimoune koume sa pou represente nou pays. » Didier, fonctionnaire, en est convaincu. « De l’Estrac, c’est le choix de la prestance et du changement ». Et vous, qui nommeriez-vous ?









Hareeta CUNNIAH
Elwyn CHUTEL
Fabrice ACQUILINA
Réponse avec citation