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Discussion: Arche de Zoé
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Vieux 30/10/2007, 11h28
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Rambo Morisien
 
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Cinq questions sur l'Arche de Zoé

Cinq questions sur l'Arche de Zoé 1 Quelle est l'origine de l'Arche de Zoé ? Zoé, c'est le prénom d'une orpheline du tsunami. Pompier volontaire dans le Val-d'Oise, Eric Breteau crée une association au lendemain du raz-de-marée de décembre 2004. Ses statuts, déposés en préfecture de Paris le 13 juin 2005 et que « le Parisien » et « Aujourd'hui en France » se sont procurés, ne mentionnent que deux responsables. Lui, présenté comme « cadre dirigeant », et Stéphanie Lefebvre, « directrice adjointe » d'une association loi de 1901 dont le nom n'est pas précisé. Sur son site, l'Arche de Zoé revendique être « un refuge pour les enfants », mobilise « des volontaires de tous horizons » et use des subventions et dons recueillis dans les zones sinistrées d'Indonésie : mise en place de « camps temporaires » à Banda Aceh puis d'un village pour enfants, organisation de l'accueil et de l'opération en France d'un petit garçon estropié... En 2006, Eric Breteau évalue ses besoins annuels à 658 000 . Il en a réuni alors 70 000, via un système de parrainage. A l'époque, les soutiens à l'Arche de Zoé sont nombreux, de l'hôpital d'Eaubonne, où l'enfant est opéré, à la caserne d'Argenteuil, où travaille Breteau, en passant par des amateurs de 4 x 4 ou des employés d'Air France. L'ancienne championne de ski Carole Montillet et le pilote Hubert Auriol répondent à l'appel.

2 Qui en sont les membres ? « Aujourd'hui, l'Arche de Zoé, c'est deux responsables, un président et une secrétaire générale et une cinquantaine de bénévoles actifs », détaillait Stéphanie Lefebvre, secrétaire générale et trésorière (voir nos éditions du 26 octobre). Les mêmes sentiments soudent les deux « piliers » de l'association et leur entourage : la conviction qu'une « petite » ONG a autant de légitimité à intervenir qu'une « grande » et qu'ils ont fait leurs preuves ; l'indignation face à ce qu'ils qualifient « d'incapacité » de « la communauté internationale » à agir au Darfour, où l'association décide d'orienter son action après « un voyage de repérage » d'Eric Breteau. Le 28 avril, un communiqué annonce une « opération d'évacuation des orphelins du Darfour ». Il est y question de 10 000 enfants, orphelins de moins de 5 ans, « au statut de réfugié de guerre » - puis de 1 000 enfants. L'Arche de Zoé assure qu'elle peut disposer sur place d'équipes « composées de médecins, d'infirmières, de sapeurs-pompiers ».

3 Comment l'ONG trouve-t-elle soutiens et argent ? Au printemps, l'association multiplie les annonces de l'opération sur les forums de discussion sur Internet. Elle utilise ceux d'ONG reconnues, notamment en matière d'adoption. L'ambiguïté est alors totale. Ainsi, début mai, la mission adoption de Médecins du monde et plusieurs antennes d'Enfance et familles d'adoption (EFA) sont interrogées par des familles sur le projet. La première saisit la justice pour faire retirer son logo, utilisé sans son accord. La seconde ferme l'accès de l'Arche de Zoé à ses groupes de discussion. En août, France Terre d'asile met en garde à son tour contre « les dangers d'une initiative fantaisiste ». Malgré cela, plus de 300 familles, dont certaines disposent d'un agrément d'adoption, répondent aux sollicitations. Leur participation à l'opération est fixée à 2 400 €, le budget total de « l'évacuation » à 550 000 €. Des réunions à Paris et en province sont organisées, avec le soutien d'avocats et de juristes, chargés de « préparer le statut juridique » des enfants à leur arrivée en France. Le 17 juillet, une autre association loi 1901, le Collectif des familles pour les orphelins du Darfour (Cofod), voit le jour. La date de « l'évacuation » des enfants est fixée au 25 octobre. Les familles « d'accueil » ne sont prévenues de l'opération que quarante-huit heures à l'avance.

4 Comment l'opération s'est-elle organisée au Tchad ? Arrivés à Abéché à partir du 9 septembre, les membres de l'association se donnent d'abord « deux mois pour rassembler les enfants et les évacuer ». Sur place, sous le nom de Children Rescue, ils équipent une grande bâtisse dans le centre-ville comme « centre de soins ». Ils multiplient les déplacements par avion dans la zone. D'abord avec ceux de l'armée française à au moins trois reprises. Ensuite avec un appareil acheté sur place 50 000 €. Le pilote belge arrêté dimanche les conduit notamment à Adré, où les enfants sont sélectionnés. Les « attestations fournies par les chefs des villages darfouris » sont censées certifier qu'il s'agit bien d'orphelins. Pour le retour en France, l'Arche fait appel à la compagnie espagnole Cargoleasing, qui affrète le Boeing, loué 165 000 € pour une « évacuation médicale ». Le 22 octobre, l'aviation civile tchadienne délivre une autorisation de survol et d'atterrissage à cet avion en vue d'une « évacuation sanitaire ».

5 Comment les autorités ont-elles été alertées ? En France, la première mise en garde lancée par le ministère des Affaires étrangères date du 25 mai. L'inquiétude porte alors sur « l'action d'intermédiaire qu'elle entendait jouer en matière d'adoption sans être habilitée ». C'est d'ailleurs sur cet aspect que la justice est saisie une première fois, le 9 juillet, puis le 24 octobre, soit vingt-quatre heures avant l'arrestation de l'équipe sur le tarmac d'Abéché. En revanche, on ignore toujours comment les informations ont circulé entre la France et les autorités tchadiennes.


Pascale Egré, avec Daniel Pestel et Olivier Sureau

Le Parisien , mardi 30 octobre 2007
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