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Vieux 01/07/2007, 07h17
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Consommation:Denrées de base: Sous la menace de nouvelles augmentations et de pénurie

Consommation


Denrées de base: Sous la menace de nouvelles augmentations et de pénurie



Les premières secousses d'une crise alimentaire se font déjà sentir avec une évolution constante des prix à la hausse de la plupart des produits de première nécessité et celles des matières premières sur le marché mondial. Selon les premières analyses, les consommateurs en seront difficilement épargnés pour ce qui est de certains produits, déjà dans la spirale de la hausse, et d'autres qui ne sont pas loin d'atteindre le niveau le plus élevé depuis ces trois dernières années. Le riz et le lait sont déjà sous tension, alors que les grains secs, le blé ou les céréales devraient connaître le même sort dans les jours à venir, sans pour autant écarter la menace de pénurie, comme c'est déjà le cas actuellement dans certains pays d'Afrique pour le lait. Les stocks des importateurs s'épuisent. Les prochaines envolées de prix devraient, prédit-on, intervenir d'ici fin août, le lait en poudre accusant une nouvelle hausse de 10%, le sachet de "gros pois" pouvant atteindre les Rs 35 le demi-kilo, le riz en sachet de 2,5kg dépassant la barre des Rs 100 ou encore les céréales, importés d'Allemagne, enregistrant une augmentation de plus de 20%. Les conditions climatiques difficiles chez les gros producteurs mondiaux, leur incapacité de répondre à la demande, sans compter l'incertitude des récoltes, font que d'autres produits et matières premières ne sont pas à l'abri de nouvelles majorations. Le dernier exemple en date est la viande bovine surgelée, importée de l'Inde, l'Australie et le Brésil. Un demi-kilo de "top side" australien coûte actuellement Rs 99 alors qu'il coûtait mois de Rs 70, il y a quelques mois. Conséquence: la consommation a littéralement chuté ces quatre dernières semaines.

Allons-nous vers une crise sans précédent pour un certain nombre de produits ? Maurice étant un "petit" marché, les importateurs n'osent pas s'aventurer dans des analyses "trop pessimistes", mais la menace est bel et bien là. Les premiers effets ont commencé à se faire sentir avec les augmentations successives du lait en poudre, sur lequel le gouvernement a imposé un "mark-up" de 14% aux importateurs, et le riz "basmati" qui, depuis la semaine dernière a enregistré une nouvelle hausse. Les sources d'approvisionnement de ces deux produits de première nécessité ne sont pourtant pas les mêmes. Les gros importateurs locaux s'alimentent à partir de l'Australie et la Nouvelle-Zélande, alors que les importateurs de riz se tournent vers l'Asie, particulièrement le Pakistan et l'Inde.

Mais les lois qui dictent les marchés sont presque les mêmes ou alors ou retrouvent les mêmes acteurs, misant sur leur statut de gros producteur pour influencer les prix. Dans le cas de la production laitière, la sévère sécheresse qui a frappé l'Australie et la Nouvelle Zélande ramenant sa production à la moitié de sa capacité normale, a complètement changé la donne. Ajouté à cela, la suppression des subventions, les producteurs européens se tournant vers d'autres produits dérivés du lait (yoghourts ou les fromages), l'Argentine devenue importatrice de lait en poudre, après s'être illustrée comme l'un des plus grands exportateurs, l'Inde qui a suspendu ses exportations ou encore la Chine, qui est devenue soudainement plus gourmande que d'habitude avec une demande additionnelle de 5%.

Lait: l'Afrique souffre déjà…

Conséquence, le prix de la tonne de lait en poudre est passé de 3000 Dollars à plus de 4000 US Dollars en quelques jours. Et cela, entre le 1er et le 5 mai derniers. "C'est un marché versatile. Le prix peut changer du jour au lendemain", commente un des gros exportateurs locaux. Les projections pour la seconde moitié de l'année sont pour le moins alarmantes: une nouvelle augmentation variant entre 5% et 10% d'ici deux mois et au-delà du mois d'août, l'incertitude plane. La crise, selon les analystes, pourrait se prolonger au-delà de décembre 2007, alors que des pays de l'Afrique, le Sénégal, le Mali, l'Algérie ou encore le Maroc, font déjà face à une sévère pénurie de lait, entraînant des augmentations massives et manifestations anti-augmentations. Rien d'étonnant puisque le lait en poudre a subi une augmentation de plus de Rs 30 en six mois. La marque Red Cow, par exemple, coûte Rs 38 plus cher. Soit une hausse de 35 pour le premier semestre.

Presque le même scénario se dessine sur le marché international du riz. Les importateurs locaux misant largement sur les produits pakistanais n'arrivent plus à s'approvisionner de la même façon, le fait étant que les conditions climatiques et l'exportation illégale et massive de riz, a provoqué un "shortage" sur le marché, permettant ainsi à l'Inde, un des gros producteurs d'Asie, de déterminer les règles du marché. Conséquence, une tonne de riz a accusé une hause variant entre 200 et 250 US Dollars durant ces dernières semaines. Sur les étagères des boutiques ou des supermarchés, le "basmati" coûte encore plus cher depuis une dizaine de jours. Les marques, très prisées à Maurice, comme le Riz Héritage en logement de 5kg est passé de Rs 175 à Rs 225; Fatima en sachet de 2,5kg coûte Rs 99 au lieu de Rs 89; ou encore Ali's en 2,5kg qui se vend à Rs 87 au lieu de Rs 79.

Cette situation risque de se prolonger en attendant les prochaines moissons à la fin de l'année. "Vu notre expérience, nous voyons mal la situation se stabiliser avant avril-mai, où les produits de la nouvelle récolte seront prêts pour être mis sur le marché", déclare un des importateurs de riz.

Blé, maïs et céréales flambent

Les conditions climatiques difficiles dans les pays misant beaucoup sur l'agriculture, en Océanie ou en Asie, sont venues exacerber le problème en général. Le prix du blé, par exemple, commence à flamber, d'autant plus que la production mondiale a baissé par 5%, entraînant un déficit de près de 10 millions de tonnes, alors que les derniers exercices d'évaluation indiquent que les réserves mondiales ne couvriraient à l'heure actuelle que 71 jours de consommation mondiale. Et pour couronner le tout, l'attrait de plus en plus fort pour les biocarburants pousse nombre d'agriculteurs à changer de cultures pour produire de l'éthanol.

Conséquence: les céréales commencent à en pâtir, le maïs semble être destiné à produire de l'éthanol surtout avec les mesures économiques des États-Unis pour favoriser sa politique de l'indépendance énergétique et la nouvelle ruée vers l'or vert. Les répercussions devraient être encore plus néfastes pour le portefeuille des consommateurs locaux. Déjà un importateur indique que les produits céréaliers venant d'Allemagne devraient coûter plus de 20% plus cher. Une boîte de Weetabix, à titre d'exemple, a enregistré une augmentation de Rs 16 en moins d'une année. Les céréales de la marque Alpen coûtent plus de Rs 120. Le cours du blé, selon les indicateurs internationaux, progresse de près de 22% depuis début 2007. Ce qui laisse présager une inflation des produits dérivés et d'autres produits alimentaires qui en utilisent comme le blé et le maïs également, comme matière première. À titre d'exemple, un quart de la production mondiale des produits céréaliers sert à alimenter le bétail.



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