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Vieux 17/05/2007, 17h56
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Sirdar
 
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FILM DOCUMENTAIRE
Quand nos racines fleurissent en images
Alain Gordon Gentil et David Constantin coréalisent le documentaire sur l’immigration indienne. De la brique rouge. Des murs en bouse de vache. Pas d’électricité. La précarité. Celle du Bihar au 21e siècle. Au-delà de cette misère, c’est sur les visages qu’il faut s’attarder. Ces regards qui rappellent tellement celui des Mauriciens. Et pour cause, c’est de cet état indien, aujourd’hui partagé avec le Jharkhand, que sont partis nombre de travailleurs engagés au 19e siècle.

Aller au cœur des racines. Raconter en 52 minutes La saga de l’immigration indienne. C’est le sujet du film documentaire sur lequel travaillent actuellement Alain Gordon Gentil et David Constantin. Un tandem qui revient tout juste du tournage dans le Bihar, de Calcutta et de Bombay.


“Un pays où le lait coule des robinets...”

Raconter l’histoire sans prendre position. Avec pour seul parti pris, celui de faire un film qui ne vieillisse pas. “J’arrête l’histoire assez tôt pour ne pas rentrer dans le contemporain, pour rester dans le non-daté.” Ambition d’Alain Gordon Gentil : que le film ait toujours la même valeur de document dans une décennie d’ici.

Si pour Les moussons intimes, sorti en 2005, le réalisateur avait fait équipe avec Fareed Jangeerkhan, actuellement président du conseil d’administration de la Mauritius Broadcasting Corporation, Alain Gordon Gentil confie avoir eu envie de travailler avec David Constantin cette fois, “depuis que j’ai vu Bisanvil. C’est pour son regard”.

Double jeu d’yeux pour ce film documentaire articulé autour de 20 minutes en Inde et 30 minutes à Maurice. Une œuvre enrichie de témoignages “assez exceptionnels”, selon Alain Gordon Gentil, ceux de deux fils de Manilall Doctor, dont le plus âgé a dépassé les quatre fois 20 ans. “Ils ne sont jamais venus à Maurice, mais ils savent qu’il y a une statue de leur père au Jardin de la Compagnie. Ils ont conservé toutes les lettres, son passeport qui avait été saisi par les autorités britanniques.”

Toujours dans le registre des “retrouvailles”, ces histoires qui circulent toujours dans le Bihar. “Là-bas, personne n’a jamais entendu parler de Maurice. Ce qui n’est pas le cas à Calcutta. Pourtant, dans ce Bihar démuni, on raconte encore des histoires de gens partis parce qu’on leur a raconté que dans le pays où ils allaient, ‘le lait coule des robinets, et qu’il y a de l’argent sous la pierre’.”

Le parcours à rebours direction Bihar se poursuit à Maurice, notamment avec des interventions de Saloni Deerpalsingh, du Folk Museum du Mahatma Gandhi Institute, de Vijaya Teelock, présidente du conseil d’administration de l’Aapravasi Ghat. “Nous racontons aussi l’histoire de la famille Ramlallah. Le nom de Bickramsingh Ramlallah est indissociable de l’Aapravasi Ghat”, pour avoir été celui qui a entrepris la sauvegarde des registres de travailleurs engagés, aujourd’hui conservés au MGI.

Le film documentaire sera fait en trois versions : anglais, français et hindi. Conçu pour la télévision, il sera offert à l’AGTF le 2 novembre prochain, date de commémoration de l’arrivée des premiers travailleurs engagés. Il sera aussi édité en DVD.

La saga des travailleurs engagés fait en effet partie d’un projet plus large intitulé : “Nous sommes tous des fils d’immigrés.” Après avoir marché sur les traces des ancêtres venus de l’Inde, Alain Gordon Gentil compte raconter la saga de ceux venus de Madagascar et du Mozambique, puis de ceux qui ont quitté la Chine et l’Europe. Le tout aboutira à un coffret de quatre CD-ROM retraçant le peuplement de Maurice.




Aline GROËME-HARMON
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