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Vieux 11/05/2007, 07h39
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ÉCLAIRAGE
Culture mauricienne : Quelle place ?
Le ministère du Tourisme soutient la culture et l’événementiel à Maurice pour… les touristes et les besoins de notre économie. Mais qu’en est-il de la culture des Mauriciens par et pour les Mauriciens ?

La compagnie événementielle de l’Etat, Events Mauritius Ltd, sera bientôt en opération. Elle sera chargée de promouvoir et d’organiser des événements internationaux à Maurice. Le but de cette initiative, du ministère du Tourisme, est d’attirer plus de touristes et particulièrement en basse saison par l’organisation d’événements internationaux avec des artistes de renom venant sur la scène mauricienne.

Cependant, ces concerts de grands artistes internationaux qui se produisent dans des salles, telles que celle du Centre Vivekananda, ne sont pas forcément accessibles aux Mauriciens. La vente de billets, souvent à des prix inaccessibles pour une large part de la population, vise plutôt les résidents étrangers, les classes moyennes et hautes et les touristes. “Zot pe organiz bann konser zis pou enn kalite dimoun alor ki a traver. Live N Direk Entertainment, nou donn dimoun lokazyon trouv bann profesyonel a pri abordab”, explique Bruno Raya, membre d’Otentik Street Brothers (OSB) Crew. On peut alors se demander si cet élitisme dans l’accès à l’art et la culture ne va pas à l’encontre d’un processus de démocratisation de l’art en cours ?

D’un autre côté, qu’en est-il est des artistes mauriciens ? Quels sont les coups de pouce qui aideraient à les promouvoir et les encourager ? L’ironie, c’est de voir à quel point les nombreux artistes mauriciens autant créatifs que talentueux, ont des difficultés à s’en sortir en raison d’un manque de fonds, d’infrastructures, de soutiens…

Le Centre for Applied Social Research mène actuellement une étude, commandée par le ministère des Arts et de la Culture, sur l’état des différents secteurs culturels de Maurice. Une étude qui vise notamment à connaître les besoins des artistes et quelles sont les structures à mettre en place, de façon adaptée, qui viendront répondre aux besoins des artistes mauriciens. Cela démontre une certaine volonté de développer l’industrie culturelle comme un des piliers de l’économie à la suite de la signature de la déclaration de Nairobi avec l’Unesco.


Vers la culture pour tous

La culture est un élément central de toute société qui demande une place à part entière. C’est donc primordial de promouvoir la culture mauricienne et de faciliter l’accès à cet élément unificateur au cœur du processus de renforcement de l’identité mauricienne. Faute de soutien, les artistes talentueux, qui foisonnent dans l’île, développent leurs propres productions artistiques et contribuent ainsi au développement de la culture mauricienne.

À Maurice malheureusement et bien souvent, quand on parle de culture on voit des compartiments clos qui abritent les festivités religieuses et autres arts ancestraux. Pourtant, il est grand temps d’arrêter de toujours chercher à communaliser la culture, notre patrimoine qui concerne l’expression artistique de la réalité, du monde qui nous entoure, de notre identité, que ce soit au moyen de la musique, des arts plastiques et de la danse dans un langage universel.

Les artistes mauriciens ont-ils de vraies occasions de se produire et d’être reconnus à leur juste valeur ? “Mo panse ki pena landrwa kot kav eksprim nou dan Moris !” estime Bruno Raya.

Les hôtels offrent aux touristes des spectacles allant du séga à la danse indienne en passant par des spectacles chinois. “Les hôtels sont un créneau pour les artistes mais il y a un manque de reconnaissance et de créativité même s’ils offrent de l’emploi aux artistes voire un tremplin pour aller exercer dans d’autres pays”, explique Vincent Rousseau, chanteur et animateur à l’hôtel Sofitel Imperial depuis cinq ans.

Certains concerts, organisés par des entreprises d’événementiel comme Live N Direk Entertainment ou Cyper Produktion, contribuent à la promotion des artistes locaux. Mais en dernière minute le concert risque d’être annulé en raison d’un refus d’autorisations alors que tout est fin prêt, comme nous avons pu voir récemment pour le festival Reggae Donn Sa 3. “Enn problem politik ek relizie ki liye ar sa lanilasyon la, affirme un Bruno Raya frustré, e nou pa gaygn koudmin, pena okenn soutyen.” Selon lui, les artistes mauriciens ont bien besoin de courage, de force et de positivité. “Nou mem premie group losean indiyen ki pe al fer pli gran festival reggae ki ena dan lerop, Summer Jam Festival, me li pa normal ki to pey pa pran sa kont, pa donn okenn koudmin. Zot pa rann zot kont ki inpak sa pou ena.”

Constat de Percy Yip Tong : “Au niveau de la production locale, c’est mort, c’est trop cher et c’est risqué. Ce n’est pas rentable.” Les artistes doivent souvent se tourner vers l’autoproduction. Pour ce producteur, ce serait bon d’avoir des subsides de l’État, des studios d’enregistrement ou des locaux de répétition subventionnés par l’Etat. “Il faut aussi des salles de concert à des prix abordables pour les producteurs privés.” Manque de rentabilité aussi au niveau de l’organisation d’événements musicaux, selon Percy Yip Tong qui constate que les artistes locaux n’ont pas toujours l’occasion de faire de la scène.

Maya DE SALLE-ESSOO
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