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Vieux 20/03/2007, 11h14
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Rambo Morisien
 
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PAIEMENT DES FRAIS D’EXAMENS
Le chemin de croix des parents

Files d’attente très longues, des allers-retours pour ramener des documents, liste interminable de justificatifs à fournir. C’est le lot de bien des parents qui subissent des tracasseries administratives.

Comme à Quatre-Bornes, l’attente a été souvent longue dans les bureaux de la Sécurité sociale.Des parents sont venus s’assurer qu’ils peuvent bénéficier des subventions pour les frais d’examens. “Mo pe atann depi 9 h, la enn misie inn ferm laport, dir nou atann 13 h parski zot pe al manze”, nous explique un des parents rassemblés devant le bureau de la Sécurité sociale de Rose-Hill.

C’est le sort de plusieurs parents qui patientent ces jours-ci dans les différents bureaux de la Sécurité sociale. Ils doivent attendre pour savoir s’ils peuvent bénéficier des subventions pour le paiement des frais d’examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC). Et cette attente est loin d’être de tout repos…

Il y a d’abord une liste interminable de justificatifs à fournir. Certains parents se voient contraints de faire plusieurs allers-retours avant que leurs dossiers ne soient complets. Il y a aussi l’éternelle file d’attente dans les bureaux. Ces parents, qui travaillent pour la plupart, regrettent qu’ils doivent se libérer une demi-journée pour ces démarches. Hier à Rose-Hill, plusieurs ont attendu toute la matinée avant d’être reçus.

Les parents subissent aussi la pression des dates limites fixées par les écoles pour le paiement des frais d’examens. Comment faire quand, étant exonéré, on n’a pas le document nécessaire pour le prouver au responsable du collège ? Document qui tarde à venir car la Sécurité sociale étudie le dossier. Savina Beeharry fait partie des parents qui sont exonérés à 100 %. Mais hier, dans le bureau de la Sécurité sociale de Terre-Rouge, “la personne qui doit signer les certificats pour l’exonération n’est pas là. Ils me demandent de revenir. Mais à l’école, ils n’attendront pas”.

Et puis, il y a certaines incohérences de l’administration. Comme dans le cas de Doorgawati Meena qui reçoit une pension de veuve de la Sécurité sociale de Quatre-Bornes et à qui l’on demande l’acte de décès de son mari ! Arrivée à 9 heures au bureau de Quatre-Bornes, elle y était encore à 13 heures, car il lui a fallu repartir chercher cet acte de décès indispensable pour son dossier.


“Pena manier koze”

Il y a aussi le cas de Doris Emma, couturière et mère de cinq enfants, qui sort d’un bureau en larmes. “Zot pena manier koze, mo pe explik zot mo sitiasyon, zot dir mwa mo bizin debriye. Sa ve dir mo pa pou gayn ed ?”. Cette femme explique qu’elle a été abandonnée par son mari depuis un an et qu’elle a fait plusieurs demandes d’aide auprès de la Sécurité sociale. “Comment vais-je payer Rs 8 000 de frais d’examen ? Je travaille nuit et jour mais mes revenus dépassent rarement Rs 2 000 par mois.”

Raffick Seegoolam, assistant commissaire du bureau de la Sécurité sociale de Rose-Hill, nous explique que ses employés font de leur mieux. “Nous avons des critères bien définis et nous ne pouvons sortir de ce cadre-là. Nous avons jusqu’au 23 mars pour délivrer les certificats aux parents bénéficiant de l’exonération partielle ou totale.”

Interrogé sur le cas de Doris Emma, il nous explique que les choses sont plus compliquées pour les personnes qui ne peuvent fournir des fiches de salaire. De plus, “si sa séparation avec son mari n’est pas officielle et qu’elle ne touche aucune aide de la Sécurité sociale, nous devons mener une enquête pour vérifier ses dires”.

Critères bien définis ? Certains parents se posent la question. Notamment celle de savoir si les heures supplémentaires sont comptabilisées ou non. “Le salaire de base de mon mari est de Rs 5 000, mais avec les heures supplémentaires, il peut toucher jusqu’à Rs 8 000. L’officier nous a expliqué que le calcul se fera sur le salaire de Rs 8 000 ”, nous dit cette mère de famille dans le bureau de la Sécurité sociale de Port-Louis.

Jongler avec les difficultés financières, la mauvaise humeur de certains employés, l’ignorance dans laquelle on les laisse concernant l’étude de leur dossier, patienter dans les files d’attente…voilà le sort de ces parents. De quoi se laisser décourager…



Pouspam RAMSAMY






Subventions : un dialogue s’engage

La plate-forme nationale contre la suppression des subventions de 50 % des frais d’examens de School Certificate (SC) et de Higher School Certificate (HSC) s’est réunie hier et a maintenu son mot d’ordre de manifestation et de grève. Mais, entre-temps, plusieurs acteurs du monde de l’éducation montent au créneau pour tenter de trouver une solution à la crise. Ils vont même jusqu’à prévoir des “développements”, dans les jours à venir. Voire un assouplissement…

L’enregistrement des candidatures à ces examens a débuté depuis une semaine déjà. Yahya Paraouty, président de l’Union of Private Secondary Education Employees et un des animateurs de la plate-forme, affirme que beaucoup d’élèves, dont les parents disposent de moyens insuffisants, n’ont pu s’acquitter des frais.

La pression se fait donc de plus en plus forte. Après les rues de Port-Louis et de Rose-Hill, ce sera au tour du village de Flacq, vendredi prochain, d’être le théâtre de la colère des collégiens. Ce village est dans la circonscription n°9, celle de Dharam Gokhool, le ministre de l’Education… Entre-temps, les élèves du collège Aleemiah sont descendus dans la rue vendredi. Maintenant, syndicalistes et étudiants prévoient un mouvement de désobéissance civile le 4 avril. Pourtant, les protagonistes gardent toujours l’espoir que le gouvernement assouplira sa position.

Yahya Paraouty a lancé une proposition, spontanément, hier matin, qui n’engage que lui et pas la plate-forme. Elle n’a pas été formellement communiquée aux ministères concernés. Il propose d’une part, une extension maximale, “le plus tard possible”, de la date limite pour payer les frais d’examens et, d’autre part, que le gouvernement intervienne pour qu’en mars, le jour de la paie soit exceptionnellement avancé. Cela permettrait à ceux en difficulté de s’acquitter des frais d’examens. “Dans certains collèges, l’échéance est déjà passée”, note-t-il. Mais une extension est toujours possible, même si le processus est long et compliqué.


“Geste de solidarité”

Hier matin, réagissant lui aussi spontanément, Dharam Gokhool s’est dit prêt à considérer la proposition de Yahya Paraouty, à condition qu’elle lui parvienne en bonne et due forme. Une partie de la proposition concerne le ministère des Finances. Dharam Gokhool et Yahya Paraouty ne dialoguent plus que par plate-forme interposée, depuis le début de la crise. Une porte serait-elle en train de s’ouvrir ?

Suttyhudeo Tengur, de son côté, fait un appel au gouvernement, en bonne et due forme . Le président de la Government Hindi Teachers Union a adressé hier, une lettre au ministre des Finances. Le gouvernement devrait faire “un geste de solidarité ”, dit-il.

De son côté, Christian Lecordier, animateur de la Plate-forme citoyenne, veut rester optimiste. “Lorsque nous avons rencontré le ministre Sithanen, les dix dernières minutes ont été déterminantes et j’ai compris qu’il fallait garder espoir”, insiste-t-il. Il penche plus pour le principe d’un moratoire d’un an.

Quoi qu’il en soit, tous les protagonistes s’accordent à dire qu’il faut aller vers l’assouplissement. “Cela permettrait au gouvernement de redonner confiance aux parents”, assure Suttyhudeo Tengur. Yahya Paraouty lui, affirme lutter exclusivement pour l’avenir des enfants. “L’essentiel c’est qu’ils en sortent gagnants”, conclut-il.


Thierry CHATEAU
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