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Vieux 09/03/2007, 12h30
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Rambo Morisien
 
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Quand le diabète s’invite à l’école

Quand le diabète s’invite à l’école

L’école, lieu de toutes les tentations pour les petits enfants souffrant du diabète. Ils s’appellent Ingrid, Antoine Rishi… Ils ont entre cinq et 18 ans. Et ils ont le diabète de Type 1 (insulino-dépendant), la forme la plus sévère de la maladie. Alors que d’autres n’apprennent que l’alphabet, le calcul ou les verbes, eux apprennent aussi à se faire des injections ou encore à manger seulement les aliments qui leur sont permis, avec, en face d’eux, leurs camarades qui mangent de tout.

Quelque cinq millions de personnes qui vivent avec un diabète de Type 1 dans le monde. Ce diabète est une conséquence du système immunitaire qui détruit les cellules qui produisent l’insuline. Parmi ce chiffre, environ 395 000 sont des enfants souffrent de la maladie, estime la Fédération internationale du diabète. Et ce nombre inclut de jeunes Mauriciens.

L’association Ti Diams, à Vacoas, en comptait 130 à juillet 2006. Le diabète, c’est leur quotidien. Un quotidien qu’ils affrontent avec le soutien de leurs parents, certes. Mais vient un moment où ils doivent se débrouiller seuls. Ce moment, c’est les heures de classe. Comment se déroule la journée de ces enfants ? Qu’est-ce qui leur vaut le regard inquisiteur de leurs camarades ? Et qu’est-ce qui les singularise au moment de la récréation ou du break ?

Un enfant atteint du diabète de Type 1 doit se faire des injections à vie, explique le Dr Nasseema Lotun-Aumeer, pédiatre qui a d’ailleurs fait une étude sur le sujet. Et elles sont faites deux fois par jour. C’est d’abord le parent qui apprend à les faire et certains expliqueront graduellement à l’enfant comment se les faire lui-même.

Lorsqu’ils sont admis dans une école, ces enfants doivent être signalés comme diabétiques. Le parent doit écrire une lettre en ce sens à la direction. L’enseignant sera prévenu. Mais on n’attend pas de lui qu’il sache quoi faire en cas d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie (insuffisance ou excès du taux de glucose dans le sang). Il devra donc, suivant un tel cas de figure, alerter tout de suite le SAMU.

L’école, explique le Dr Lotun-Aumeer, est un grand problème quand il en vient à l’alimentation de l’élève diabétique. Ce dernier devrait consommer trois repas et trois collations par jour, à des heures fixes. Et la quantité consommée pour chaque groupe alimentaire (le repas doit être balancé) est également importante car leur teneur en sucre va influencer le taux de glycémie. A l’école, il est donc difficile d’avoir un bon contrôle car la tentation de manger comme les autres est très grande. L’enfant diabétique doit freiner par exemple ses envies de manger des aliments riches en matières grasses comme les fritures (gâteaux piment, gâteaux arouille, etc.), et autres chips.


Les ados plus affectés

A l’heure des classes d’éducation physique, il est aussi important de savoir certaines choses : le jeune diabétique devrait éviter l’activité physique à jeun. Afin de prévenir l’hypoglycémie, il lui est conseillé d’avoir une source de sucre à portée de main. Il faut aussi prévoir une collation supplémentaire (par exemple du jus de fruits) à prendre avant l’activité, dépendant de la durée de l’exercice.

“Il est très important de faire ressentir à l’enfant qu’il n’est pas différent des autres”, fait ressortir le Dr Lotun-Aumeer. Danielle Belloguet, de Ti Diams, abonde dans le même sens. Certains de ces jeunes diabétiques, explique-t-elle, ont du mal à admettre qu’ils le sont. Ce serait surtout le cas pour les patients qui développent ce mal à l’adolescence. Car les enfants, souligne-t-elle, ont eu le temps de s’y habituer. Ti Diams essaie donc de faciliter la vie de ces jeunes, notamment en leur procurant des appareils nécessaires, dont le glucomètre (un contrôle glycémique rigoureux étant essentiel) ou encore en les référant à un psychologue, qui les comprend et les aide, en leur obtenant des rendez-vous avec des nutritionnistes…

Mais parlant de la nutrition justement, le Dr Lotun-Aumeer fait pertinemment ressortir la difficulté d’avoir des produits diététiques à Maurice comme à Rodrigues. En effet, soit ces aliments sont difficiles à trouver, soit ils sont trop chers. Et tout le monde ne peut donc se les permettre…

A propos de Rodrigues, le Dr Lotun-Aumeer, qui s’y trouve actuellement, explique qu’elle s’occupe de six enfants diabétiques. Elle déplore le fait qu’il y a un “contrôle catastrophique” de la maladie dans l’île et a écrit au commissaire pour la santé à ce sujet.

Le diabète de Type 1 doit être pris très au sérieux. Il apparaît chez l’enfant, chez l’adolescent ou chez les jeunes adultes et il ne peut être prévenu. L’espérance de vie d’un diabétique de Type 1 serait d’environ 15 ans inférieure à celle de la population générale. Et il n’en tient qu’à nous de faire des années qui restent les années les moins astreignantes possibles. Il faut, pour cela, voir le diabétique comme une personne normale. En d’autres mots, le voir comme lui nous voit…






Lisie LABONNE
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