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Analyse critique sur l'oeuvre de Cabon
Marie-Josée Baudot : "C'est lui qui m'a lancée. . ."
De tous ceux qui ont connu Marcel Cabon, Marie-Josée Baudot peut s'enorgueillir de l'avoir côtoyé jusqu'au bout. La jeune fille de 17 ans qui faisait ses premiers pas hors du collège se souvient d'ailleurs d'un homme "qui avait un tic". "Il passait souvent sa langue sur ses lèvres. Il dégageait une espèce de sensualité. Quand je montais l'escalier en colimaçon qui menait à son bureau, à Advance, je devais passer dans un couloir obscur. Je tremblais déjà !".
La jeune Marie-Josée Hervel, "avec encore des nattes à l'époque !", se souvient de ces années soixante et du cours de diction d'Yves Forget. "J'étais une de ses élèves. Et les cours avaient lieu les samedis, sous l'égide de la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill. Lors de la grande finale, qui se tint au Plaza, le jury était présidé par Marcel Cabon. J'ai gagné le premier prix de comédie et de diction".
Séduit par le talent de la jeune fille, Cabon l'invite alors à venir le voir à Advance. "Il en était le rédacteur en chef. Il y avait également Jehan Zuel et Francis Collendavelloo, le beau-père de Renganaden Seeneevassen. Je peux dire que j'ai rencontré toute l'intelligentsia de ce pays à l'époque". Cabon propose alors à la jeune fille de mettre en scène 'Les contes de Brunepaille'. C'est ainsi que Marie-Josée Hervel fait ses premiers pas à la radio. C'est Marcel Cabon qui m'a lancée. Nous avons également mis en scène ses souvenirs de voyage au Cambodge et ses Chroniques". Le bouche-à-oreille fera le reste. André Masson, André Decotter, Madeleine Mamet et Pierre Renaud, entre autres écrivains ayant entendu la douce voix de la jeune demoiselle, font alors tous appel à elle. Et c'est en toute logique que Hilda Tyack, directrice de Radio Maurice, propose à Marie-Josée Hervel d'y travailler.
Elle prête sa voix à "Kéliba Kéliba", lors de la mise en scène de ce poème d'inspiration Malgache, au Morne. "J'étais tout le temps avec Cabon. Je dirais que c'était quelqu'un de très sûr de lui. Il avait le verbe haut. Sa voix, son parler, son intonation me fascinaient énormément. Il avait, je dois le dire, beaucoup d'autorité sur moi". Mais si Cabon engueulait souvent son voisinage, "il était tout miel quand il s'agissait de sa muse". "Mais quand il est devenu directeur de la radio, ce n'était plus le même homme. Il y avait comme un amoindrissement dans la liberté d'expression qui se dégageait de lui. Mais je peux dire que je l'ai côtoyé jusqu'à la fin".
Comment conclure sur Cabon ? En lui laissant tout simplement le dernier mot. Celui qu'il a écrit dans la biographie qu'il écrivit en hommage à Rémy Ollier : "Il a été de ce pays comme personne. Il en a aimé à la fois la terre et les hommes ; à la passion et d'un c?ur de feu. Et c'est bien pour l'entente qu'il combattit contre tels éléments de la population. C'est qu'il se refusait à croire que l'homme est irrémédiablement mauvais et que la diversité n'est pas richesse ; que si grandes que soient les distances entre les êtres, il n'est pas possible de les raccourcir. Et comme le poète, peut-être pensait-il que notre affaire ici-bas, ce n'est pas de toucher le but, mais d'être en marche".
Analyse critique sur l'oeuvre de Cabon
Aslakha Callikan-Proag, exégète de Marcel Cabon, plus connue dans les cercles littéraires comme "Madame Cabon" a consacré maints ouvrages d'analyse critique à Cabon. Elle est d'ailleurs la seule chercheuse à avoir eu une telle constance dans ses travaux sur un auteur mauricien. Si Cabon est resté vivant dans la mémoire des Mauriciens, c'est en grande partie grâce au formidable travail de recherche entrepris par Aslakha Callikan-Proag. Parmi les ouvrages qui portent sa signature, figurent 'De Marcel Cabon à Malcolm de Chazal, deux "perdi bande"', un essai paru dans 'Sur Malcolm', paru aux éditions L'Ether Vague-Vizavi, et 'La pertinence de Marcel Cabon à l'aube du XXIe siècle', autre essai édité par les éditions Karthala et les presses de l'université de Maurice. Mme Callikan-Proag a également édité un recueil de contes de Cabon. Elle prépare une anthologie des oeuvres de son maître.
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